Hépatite C - Test médical Clinique Omicron
Virologie, transmission, histoire naturelle et dépistage
- Virologie du VHC — génotypes et implications thérapeutiques : structure du VHC : flavivirus — ARN simple brin positif 9,6 kb → polyprotéine de 3 011 acides aminés clivée en 10 protéines structurales (core + E1 + E2 + p7) et non structurales (NS2 + NS3 + NS4A + NS4B + NS5A + NS5B) → réplication via l'ARN polymérase ARN-dépendante NS5B (sans mécanisme de correction des erreurs → taux de mutation élevé → quasi-espèces + résistance) ; génotypes et sous-types : 8 génotypes (GT1–GT8) + nombreux sous-types → distribution géographique variable → GT1 : le plus fréquent mondialement (46 %) + en Amérique du Nord (GT1a prédominant au Québec + Canada) + GT2 + GT3 : Amérique du Nord + Europe + GT4 : Afrique + Moyen-Orient + GT5 : Afrique du Sud + GT6 : Asie du Sud-Est + GT3 : associé à une progression fibrotique plus rapide et à un risque accru de stéatose + CHC + importance du génotypage : guide le choix du traitement AAD (pangenotypique vs génotype-spécifique) → durée de traitement → nécessité d'ajouter la ribavirine ; réplication hépatique et pathogenèse : VHC se réplique exclusivement dans les hépatocytes → pas d'intégration dans le génome (contrairement au VHB) → la destruction hépatique est principalement immunologique : réponse T cytotoxique inadaptée → inflammation chronique → activation des cellules stellaires (cellules d'Ito) → fibrose progressive → cirrhose + carcinome hépatocellulaire (CHC) → le VHC n'est pas directement cytopathique → la guérison par AAD arrête la progression de la fibrose et peut même permettre une régression de la fibrose/cirrhose non avancée
- Transmission, facteurs de risque et populations cibles pour le dépistage : voies de transmission : transmission percutanée (principale voie) : usage de drogues par injection (UDI) : voie de transmission dominante en Amérique du Nord + Canada — partage de seringues + aiguilles + cuillères + cotons + eau → un seul épisode de partage suffit pour transmettre le VHC → VHC 10× plus transmissible que le VIH par voie parentérale → tatouage + piercing dans des conditions non stériles + transfusion sanguine avant 1990–1992 (dépistage systématique depuis 1990 Héma-Québec/Canadian Blood Services) + produits dérivés du sang contaminés avant 1985 (hémophiles ++) + accidents d'exposition au sang (AES) en milieu de soins : risque de transmission 1,8 % par AES percutané (Alter 1990 — NEJM) + matériel médical insuffisamment stérilisé (endoscopes + instruments dentaires) → rare dans les pays à ressources élevées + transmission sexuelle : faible mais possible → plus élevée en présence d'infections sexuellement transmissibles (IST) ulcéreuses + lors de rapports traumatiques + entre hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) + VIH co-infection → réévaluer le dépistage régulièrement dans ces groupes + transmission verticale (mère–enfant) : risque 3–5 % + 10–15 % si co-infection VIH + pas de transmission par l'allaitement (si mamelons non lésés) + transmission communautaire : partage de pailles pour consommation de drogues nasales (cocaïne ++) → risque établi mais moindre que l'injection ; dépistage — recommandations Santé Canada + Société canadienne des maladies infectieuses (AMMI Canada 2018) : dépistage universel ponctuel recommandé pour toutes les personnes nées entre 1945 et 1975 (génération baby-boom → exposition aux procédures médicales avant le dépistage systématique du VHC) + dépistage régulier pour les personnes avec facteurs de risque persistants : UDI actifs ou passés + HARSAH avec partenaires multiples + détenus (incarcération passée ou actuelle) + personnes originaires de régions endémiques (Afrique subsaharienne + Asie du Sud-Est + Égypte → prévalence VHC jusqu'à 10–15 %) + partenaires sexuels de personnes VHC+ + enfants de mères VHC+ + personnel de soins avec AES → dépistage en première ligne : anticorps anti-VHC (Ac-VHC) → si positif → ARN-VHC par PCR quantitative → confirme l'infection active (distingue infection active vs guérie spontanément ou après traitement) → fenêtre sérologique des anticorps : 8–12 semaines post-exposition → en cas de forte suspicion avec Ac négatifs → ARN-VHC dès 1–2 semaines
- Histoire naturelle de l'infection — phases et complications : phase aiguë (6 mois post-infection) : symptomatique dans 15–25 % des cas seulement → ictère + fatigue + nausées + douleur au quadrant supérieur droit → dans 75–85 % des cas : infection silencieuse → guérison spontanée : 15–25 % des patients élimine le VHC spontanément en phase aiguë (souvent les femmes jeunes + génotype IL28B CC favorable) → la majorité passe à la chronicité ; phase chronique (après 6 mois) : la plus grande partie des patients développe une hépatite chronique → séquence de fibrose sur 20–30 ans : stade F0 (pas de fibrose) → F1 → F2 → F3 → F4 (cirrhose) [score METAVIR] → vitesse de progression variable → facteurs accélérant la fibrose : alcool (le plus important — synergique) + co-infection VIH ou VHB + obésité + résistance à l'insuline + âge au moment de l'infection + sexe masculin + GT3 (progression fibrotique plus rapide) → 20–30 % des patients chroniques développent une cirrhose en 20–30 ans + cirrhose compensée → risque annuel de décompensation 3–6 % + de CHC 2–5 % → cirrhose décompensée → ascite + encéphalopathie + hémorragie varicose + syndrome hépato-rénal → mortalité élevée → transplantation hépatique ; manifestations extra-hépatiques de l'hépatite C chronique : cryoglobulinémie mixte (type II — IgM monoclonale κ + IgG polyclonale) : purpura vasculaire + arthralgies + neuropathie périphérique + glomérulonéphrite membranoproliférative → fréquence 40–50 % des VHC+ pour les cryoglobulines biologiques + symptomatique dans 5–10 % + lymphome B non hodgkinien : risque × 2–3 chez les VHC+ → thyroïdite auto-immune (Hashimoto) + diabète de type 2 + résistance à l'insuline + lichen plan + syndrome de Sjögren + fatigue chronique + qualité de vie altérée → toutes ces manifestations peuvent régresser après guérison virologique par AAD ; évaluation de la fibrose hépatique — méthodes non invasives : élastométrie hépatique (FibroScan — Echosens) : mesure de la rigidité hépatique en kPa → valeurs seuils (VHC) : F0–F1 : <7,0 kPa + F2 : 7,0–9,5 kPa + F3 : 9,5–12,5 kPa + F4 (cirrhose) : >12,5 kPa → sensibilité 84 % + spécificité 89 % pour la cirrhose (Castera 2005 — Gastroenterology) → FIB-4 index : (âge × ASAT) / (plaquettes × √ALAT) → score <1,30 = fibrose faible (VPN 90 %) + >3,25 = fibrose avancée (VPP 65 %) → accessible en 1re ligne sans équipement spécialisé → biopsie hépatique : gold standard mais invasive → réservée aux cas douteux ou si maladie hépatique co-existante (stéatohépatite + VHB co-infection)
Traitement par antiviraux à action directe (AAD) et suivi post-traitement
| Situation / population | Traitement AAD et données cliniques | Suivi et cas particuliers |
|---|---|---|
| Traitement de 1re ligne — adultes sans cirrhose ou cirrhose compensée Child-Pugh A Sofosbuvir/velpatasvir — glécaprévir/pibrentasvir — RVS >97 % — 8–12 semaines |
Principes des AAD — mécanismes des classes thérapeutiques : inhibiteurs NS5B (polymérase) : sofosbuvir (SOF — Sovaldi) : analogue nucléotidique de la pyrimidine → bloque la réplication de l'ARN viral → haut barrier génétique → classe de résistance la plus robuste → inhibiteurs NS5A (réplication + assemblage) : velpatasvir (VEL) + pibrentasvir (PIB) + elbasvir + ledipasvir + ombitasvir + inhibiteurs NS3/4A (protéase) : glécaprévir (GLE) + grazoprévir + paritaprévir + simeprevir → sensibles aux polymorphismes de résistance (RAV) en NS3 → inhibés par le CYP3A4 → interactions médicamenteuses importantes ; traitements pangenotypiques de référence (Lignes directrices AASLD + EASL 2023 + AGHF Canada) : sofosbuvir/velpatasvir (SOF/VEL — Epclusa) : 400/100 mg 1 comprimé/j → efficace contre GT1–6 → RVS 97–99 % → durée 12 semaines sans cirrhose et avec cirrhose compensée (Child A) → essais ASTRAL-1 (Feld 2015 — NEJM : GT1,2,4,5,6 — RVS 99 %) + ASTRAL-3 (Foster 2015 — NEJM : GT3 — RVS 95 %) + ASTRAL-4 (Curry 2015 — NEJM : cirrhose décompensée — RVS 83–94 % avec ribavirine) → glécaprévir/pibrentasvir (GLE/PIB — Maviret) : 100/40 mg 3 comprimés/j avec un repas → pangenotypique → RVS 97–100 % → durée 8 semaines (sans cirrhose + naïf de traitement) + 12 semaines (cirrhose compensée) → essais SURVEYOR I+II + ENDURANCE + EXPEDITION (Zeuzem 2018 — NEJM : 8 semaines GT1–6 sans cirrhose) → avantage : durée courte (8 semaines) + profil résistance favorable + remboursé RAMQ ; sofosbuvir/ledipasvir (Harvoni) : GT1 + GT4 → RVS 94–99 % → moins utilisé depuis l'avènement des pangenotypiques ; critères de choix entre SOF/VEL et GLE/PIB : GLE/PIB privilégié si : IRC sévère (DFGe <30) — le sofosbuvir est contre-indiqué si DFGe <30 + durée courte souhaitée (8 semaines) + SOF/VEL privilégié si : patient avec IRC modérée (DFGe 30–60 — ajustement non requis) + co-infection VIH sous TAR avec interactions + décompensation hépatique (avec ou sans ribavirine) → ribavirine (RBV) : encore utilisée dans certains cas de cirrhose décompensée + GT3 avec cirrhose + rechuteurs sous AAD de 1re génération → dose-weight based 1 000–1 200 mg/j en 2 prises → effets secondaires : anémie hémolytique + tératogène → contraception obligatoire hommes et femmes × 6 mois post-RBV | Remboursement au Québec (RAMQ 2024) : sofosbuvir/velpatasvir (Epclusa) et glécaprévir/pibrentasvir (Maviret) : inscrits sur la Liste des médicaments RAMQ → couverts sans restriction de score de fibrose depuis 2018 (auparavant restreints F2+) → ordonnance par médecin de famille, omnipraticien ou spécialiste → coût unitaire non pris en charge par le patient si RAMQ assurance médicaments → programme d'accès spécial si non couvert (assurance privée ou statut particulier) → évaluation pré-traitement minimale requise : sérologie VHC (Ac-VHC + ARN-VHC) confirmée + génotype (si prescription de SOF/VEL : pangenotypique → génotype optionnel) + bilan hépatique : ALAT + ASAT + bilirubine + albumine + INR (évaluation de la fonction hépatique) + NFS (si ribavirine envisagée) + créatinine + DFGe (choix du traitement si IRC) + évaluation de la fibrose : FibroScan ou FIB-4 + tests de résistance aux antiviraux (RAV) : non nécessaires en 1re ligne avec les pangenotypiques actuels → réservés aux rechutes ou à l'exposition préalable aux NS5A ; définition de la guérison virologique — RVS12 : ARN-VHC indétectable 12 semaines après la fin du traitement = réponse virologique soutenue (RVS12) → synonyme de guérison virologique → le VHC ne peut pas se réactiver après une RVS authentique → sauf réinfection → la RVS ne protège pas contre la réinfection → prévention des comportements à risque obligatoire + dépistage annuel si exposition persistante (UDI) |
| Populations particulières — IRC, VIH, cirrhose décompensée, grossesse, UDI GLE/PIB si DFGe <30 — TAR VIH interactions — transplantation — réinfection |
VHC et insuffisance rénale chronique (IRC) : sofosbuvir : contre-indiqué si DFGe <30 (accumulation du métabolite GS-331007 → sécurité non établie + AASLD recommande d'éviter) → GLE/PIB (Maviret) : traitement de choix si DFGe <30 + chez les patients en hémodialyse → essai EXPEDITION-4 (Roth 2017 — NEJM) : GLE/PIB × 12 semaines chez les patients en hémodialyse → RVS 98 % → excellente tolérance + sofosbuvir + velpatasvir + voxilaprévir (VOX — Vosevi) : option de retraitement si DFGe ≥30 ; VHC et co-infection VIH : interactions médicamenteuses avec le traitement antirétroviral (TAR) → inhibiteurs NS3/4A (glécaprévir) inhibés par les inducteurs du CYP3A4 (efavirenz + nevirapine → éviter) + ritonavir/cobicistat (boosteurs pharmacologiques du TAR) → élèvent les concentrations de glécaprévir → CI avec certains TAR ritonavir-boostés → vérifier toutes les interactions (hep-drug interactions : www.hep-druginteractions.org) → sofosbuvir/velpatasvir : moins d'interactions → préféré dans la co-infection VIH + TAR complexe → RVS similaire à la mono-infection VHC (95–98 %) si VIH contrôlé → traiter le VHC avant d'optimiser le TAR → essai ION-4 (Naggie 2015 — NEJM) : SOF/ledipasvir VIH/VHC GT1 → RVS 96 % ; VHC et cirrhose décompensée (Child-Pugh B ou C) : inhibiteurs de protéase (glécaprévir) : contre-indiqués → risque de décompensation hépatique (défaut de métabolisme hépatique → accumulation + toxicité) → SOF/VEL ± ribavirine → RVS 83–94 % (ASTRAL-4) → objectif : atteindre la RVS avant la transplantation hépatique si possible → ou traiter post-transplantation (rechute fréquente sur le greffon si charge virale élevée pré-greffe) + VHC et grossesse : les AAD ne sont PAS recommandés pendant la grossesse (données de sécurité insuffisantes — études animales + humaines limitées) → ribavirine : formellement contre-indiquée (tératogène de catégorie X) → surveiller la virémie VHC + bilan hépatique trimestriel pendant la grossesse → traiter après l'accouchement et la fin de l'allaitement → transmission verticale : 3–5 % → pas de modification du mode d'accouchement recommandée + allaitement : pas de contre-indication si mamelons non lésés (VHC non transmis par le lait) → dépistage de l'enfant : ARN-VHC à 2 mois de vie (les Ac maternels persistent jusqu'à 18 mois → Ac-VHC non interprétable avant 18 mois) | VHC et usagers de drogues par injection (UDI) — enjeux de santé publique : les UDI représentent la population avec la charge de VHC la plus élevée au Canada → prévalence VHC chez les UDI actifs : 50–70 % au Québec → traitement sans condition d'abstinence recommandé (AASLD + EASL + AGHF) : l'abstinence des drogues n'est PAS un prérequis au traitement → les patients actifs sous drogues ont les mêmes taux de RVS que les patients abstinents (Grebely 2020 — Lancet Gastroenterology) → traitement en contexte de réduction des méfaits → programmes de traitement de la dépendance aux opioïdes (TOO — méthadone + buprénorphine/naloxone) → services d'injection supervisée → distribution de matériel stérile → éducation sur la prévention de la réinfection + réinfection après RVS chez les UDI actifs : taux de réinfection 2–5 %/an → re-traitement indiqué si réinfection confirmée → la réinfection n'est pas une contre-indication au retraitement → dépistage VHC annuel si exposition persistante → programme simplifié de traitement communautaire (task-shifting) : infirmières praticiennes + pharmaciens + travailleurs en réduction des méfaits → prescriptions AAD déléguées → augmentation de l'accès dans les populations marginalisées au Québec ; retraitement des rechutes VHC après AAD de 1re ligne : SOF/VEL/VOX (Vosevi) : sofosbuvir 400 mg + velpatasvir 100 mg + voxilaprévir 100 mg → 1 comprimé/j × 12 semaines → pangenotypique + haut barrier de résistance → essais POLARIS-1 et POLARIS-4 (Bourlière 2017 — NEJM) : RVS 95–97 % chez les patients ayant échoué un traitement NS5A → traitement de référence pour les rechutes après pangenotypiques de 1re ligne |
| Suivi post-traitement — cirrhose résiduelle et surveillance CHC RVS ne guérit pas la cirrhose — CHC résiduel — surveillance échographique — fibrose réversible |
Suivi après obtention de la RVS — que signifie la guérison virologique : ARN-VHC indétectable = guérison virologique → le VHC ne peut plus se répliquer + les lésions hépatiques s'améliorent mais ne disparaissent pas instantanément → amélioration de la fibrose : des études d'élastométrie hépatique post-RVS documentent une réduction significative de la rigidité hépatique dans 60–70 % des patients après 1–3 ans → régression partielle de la cirrhose précoce possible (F4 → F3 dans 20–30 % selon Bachofner 2017 — Alimentary Pharmacology) → la cirrhose avancée ne régresse pas complètement → le risque de CHC persiste après la RVS en cirrhose (risque réduit mais non éliminé) ; surveillance du CHC après RVS en présence de cirrhose : risque résiduel de CHC : 1–2 % par an même après RVS chez les cirrhotiques (El-Serag 2012 — Gastroenterology → Kanwal 2017 — Gastroenterology : VHC cirrhotiques en RVS → risque CHC 0,9 %/an vs 3,3 %/an sans RVS) → surveillance obligatoire à vie si cirrhose documentée → protocole recommandé : échographie hépatique tous les 6 mois (± alphafœtoprotéine AFP — AASLD : AFP optionnel + EASL : AFP recommandé) → si nodule hépatique ≥1 cm → TDM ou IRM hépatique multiprotocole (LI-RADS) → biopsie si LI-RADS 4–5 non concluant + complications de la cirrhose : surveillance des varices œsophagiennes (gastroscopie tous les 2–3 ans si cirrhose compensée post-RVS) → si varices de grade 2+ → propranolol non sélectif ou nadolol en prophylaxie primaire → si cirrhose décompensée : maintenir sur liste de transplantation hépatique même si RVS + élastométrie hépatique de contrôle : 1 an post-RVS → si rigidité hépatique normalisée (<7 kPa) → sortir de la surveillance CHC si critères AASLD remplis (pas de cirrhose histologique documentée) → résolution des manifestations extra-hépatiques : cryoglobulinémie → régression dans 60–70 % des cas après RVS + diabète de type 2 → amélioration de la résistance à l'insuline + lymphome B → réponse partielle | Interactions médicamenteuses importantes avec les AAD — à vérifier systématiquement : antiacides (IPP — ésoméprazole + pantoprazole) : réduisent l'absorption du ledipasvir et du velpatasvir → espacer de 4h ou éviter les fortes doses d'IPP sous SOF/VEL → pas d'interaction avec GLE/PIB + antiépileptiques inducteurs (carbamazépine + phénytoïne + oxcarbazépine + rifampicine) : induisent CYP3A4 et P-gp → réduction drastique des concentrations de glécaprévir et de velpatasvir → contre-indiqués avec GLE/PIB → remplacer par levetiracetam ou lamotrigine si possible + statines : glécaprévir inhibe OATP1B1/1B3 → augmentation des concentrations de rosuvastatine + atorvastatine → risque de myopathie → réduire la dose de statine ou substituer par pravastatine pendant le traitement + amiodarone : contre-indication absolue avec tout traitement contenant du sofosbuvir → risque de bradycardie sévère (FDA black box warning) → remplacer l'amiodarone avant le traitement si possible + millepertuis (St. John's Wort) : inducteur P-gp → réduction majeure des concentrations d'AAD → contre-indiqué + cyclosporine + tacrolimus (greffés) : inhibent CYP3A4 → élèvent glécaprévir → monitoring des taux d'immunosuppresseurs impératif → outil de vérification des interactions : www.hep-druginteractions.org (University of Liverpool) → vérifier TOUTES les interactions avant de prescrire |
| Carcinome hépatocellulaire (CHC) sur VHC — dépistage et traitement LI-RADS — sorafénib — atézolizumab/bévacizumab — résection — ablation |
Surveillance et détection précoce du CHC : population cible pour la surveillance : cirrhose VHC (tous stades Child-Pugh) + fibrose F3 avancée avec co-facteurs (alcool + obésité + diabète + stéatohépatite associée) → protocole échographie 6 mois + AFP optionnel (AASLD) ou recommandé (EASL 2018) → les nodules <1 cm : surveiller à 4 mois → si stable → retour au protocole semestriel → si croissance → IRM ou TDM → diagnostic par imagerie (sans biopsie si critères remplis) : IRM hépatique multiprotocole ou TDM 4 phases → critères LI-RADS 2018 : LI-RADS 5 = CHC certain (wash-in + wash-out + capsule + croissance) → traiter sans biopsie → LI-RADS 4 = CHC probable → biopsie ou traitement selon le contexte → LI-RADS 3 = intermédiaire → surveiller à 3–6 mois + AFP >200 ng/mL dans le contexte cirrhotique → CHC très probable ; classification BCLC (Barcelona Clinic Liver Cancer) et traitement : BCLC 0 (très précoce — tumeur unique ≤2 cm + Child-Pugh A + PS 0) + BCLC A (précoce — 1–3 nodules ≤3 cm + Child-Pugh A-B + PS 0) → traitement curatif : résection chirurgicale (hépatectomie partielle) + ablation par radiofréquence (RFA) ou micro-ondes + transplantation hépatique si critères de Milan (1 nodule ≤5 cm ou 2–3 nodules ≤3 cm) → survie à 5 ans 50–70 % + BCLC B (intermédiaire — multifocal sans envahissement vasculaire + Child-Pugh A-B + PS 0) → chimio-embolisation trans-artérielle (TACE) → palliatif mais améliore la survie vs soins de support (Llovet 2002 — Lancet) + BCLC C (avancé — envahissement portal ou métastases + PS 1–2) → systémique : atézolizumab + bévacizumab (Atezo/Bev) : essai IMbrave150 (Finn 2020 — NEJM) → survie globale médiane 19,2 vs 13,4 mois vs sorafénib → 1re ligne standard depuis 2020 → sorafénib (Nexavar) : 1re ligne antérieure → essai SHARP (Llovet 2008 — NEJM) → 2e ligne : regorafenib + cabozantinib + ramucirumab (si AFP >400) | Transplantation hépatique dans l'hépatite C : indication : cirrhose VHC décompensée (Child-Pugh B-C + MELD ≥15) + CHC dans les critères de Milan → le traitement du VHC avant la transplantation est fortement encouragé (RVS → amélioration de la fonction hépatique → peut sortir le patient de la liste si amélioration suffisante) → VHC traitable sur le greffon si récidive post-transplantation (SOF/VEL ou GLE/PIB) → résultats excellents → Canada : liste de transplantation hépatique : CHUM Montréal + Hôpital général juif Montréal + London Health Sciences Centre + Toronto General Hospital → critères MELD + allocation régionale ; prévention de la transmission du VHC — santé publique : réduction des méfaits : programmes d'échange de seringues (PES) + salles de consommation supervisée + naloxone (Narcan) en vente libre + MUSE Canada → traitement comme prévention (TcP) : les patients traités et en RVS ne transmettent plus le VHC → modèles mathématiques : le traitement des UDI à haute prévalence réduit l'incidence communautaire de 50–80 % sur 10 ans (Martin 2013 — Lancet) → objectif OMS 2030 : élimination → réduction de 80 % des nouvelles infections + 65 % de la mortalité VHC → plan québécois d'élimination de l'hépatite C (INSPQ 2022) : dépistage élargi + traitement universel + réduction des méfaits + vaccination VHB systématique |
Patient cirrhotique VHC connu + hématémèse ou méléna abondant + hypotension → hémorragie variqueuse aiguë → appel 911 + hospitalisation en urgence → terlipressine ou octréotide IV + antibioprophylaxie (norfloxacine ou céftriaxone) + ligature élastique endoscopique urgente → transfert en soins intensifs → pronostic lié à la rapidité de la prise en charge.
Patient cirrhotique VHC + confusion + astérixis + odeur d'ammoniaque + abdomen distendu → encéphalopathie hépatique aiguë + ascite → urgences médicales → lactulose + rifaximine + recherche du facteur déclenchant (infection + hémorragie digestive + médicaments) + ponction d'ascite exploratrice (neutrophiles >250/mm³ = péritonite bactérienne spontanée → céfotaxime IV).
Nodule hépatique ≥1 cm découvert à l'échographie de surveillance chez un patient cirrhotique VHC → CHC à exclure → IRM hépatique multiprotocole (ou TDM 4 phases) en urgence relative (dans les 4 semaines) → ne pas biopsier sans concertation hépatologique → adresser en hépatologie/oncologie digestive pour évaluation BCLC et décision thérapeutique.
Découverte d'anticorps anti-VHC positifs chez une femme enceinte → confirmer avec ARN-VHC → si infection active : suivi hépatologique + obstétrical → pas de traitement pendant la grossesse → dépistage du nouveau-né par ARN-VHC à 2 mois + Ac-VHC à 18 mois → l'allaitement est permis si mamelons non lésés.
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Les médecins de Clinique Omicron assurent le dépistage de l'hépatite C, la prescription des antiviraux à action directe remboursés par la RAMQ, l'évaluation de la fibrose hépatique et le suivi post-traitement. Des consultations de télémedecine sont disponibles pour faciliter l'accès au traitement dans plusieurs points de service au Québec. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un hépatologue. Toute décision de traitement de l'hépatite C doit tenir compte du profil clinique complet du patient, des interactions médicamenteuses et du stade de la maladie hépatique.
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