Bartholinite
Anatomie et physiopathologie
Comprendre la localisation et le fonctionnement des glandes de Bartholin aide à saisir le mécanisme de la bartholinite :
- Les glandes de Bartholin mesurent environ 0,5 à 1 cm et sont situées à la position 4 heures et 8 heures sur le cadran de l'orifice vaginal
- Chaque glande est reliée à la surface vulvaire par un canal excréteur d'environ 2 cm de longueur
- L'obstruction du canal, par traumatisme, inflammation ou épaississement du mucus, entraîne la formation d'un kyste
- La colonisation bactérienne du kyste déclenche la formation d'un abcès avec accumulation de pus sous pression
- En l'absence de drainage, l'abcès peut atteindre plusieurs centimètres et devenir très douloureux, rendant la marche et la position assise difficiles
Causes et agents infectieux
La bartholinite est le plus souvent polymicrobienne. Les agents responsables varient selon qu'il s'agit d'une infection de la flore endogène ou d'une infection transmissible sexuellement :
| Catégorie | Agents fréquents | Contexte |
|---|---|---|
| Flore vaginale endogène | Escherichia coli, streptocoques, staphylocoques, bactéries anaérobies (Bacteroides, Peptostreptococcus) | Cause la plus fréquente, indépendante de l'activité sexuelle |
| Infections transmissibles sexuellement | Neisseria gonorrhoeae (gonorrhée), Chlamydia trachomatis | Moins fréquentes mais à toujours exclure par prélèvement en cas de bartholinite |
| Autres agents | Mycoplasma hominis, Ureaplasma urealyticum, Trichomonas vaginalis | Agents moins fréquemment impliqués, détectés lors de cultures microbiologiques élargies |
| Cause non infectieuse | Obstruction mécanique du canal sans infection secondaire | Formation d'un kyste simple, souvent asymptomatique, sans inflammation ni fièvre |
Facteurs de risque
Certaines situations augmentent le risque de développer une bartholinite ou un kyste de la glande de Bartholin :
- Antécédent de bartholinite ou de kyste bartholinien : risque élevé de récidive
- Infections génitales récurrentes ou non traitées
- Relations sexuelles non protégées avec partenaires multiples : risque accru d'ITS
- Traumatismes locaux : épilation, rasage, micro-abrasions
- Hygiène vulvaire inadaptée : produits irritants, douches vaginales perturbant la flore
- Immunosuppression : VIH, diabète mal contrôlé, corticothérapie prolongée
- Port de vêtements trop serrés favorisant la macération et l'irritation locale
Symptômes
Le tableau clinique varie selon qu'il s'agit d'un simple kyste non infecté ou d'un abcès bartholinien développé :
| Stade | Présentation clinique | Symptômes associés |
|---|---|---|
| Kyste simple non infecté | Masse molle, arrondie, indolore ou légèrement inconfortable à la palpation, située à la base d'une grande lèvre | Souvent asymptomatique ; sensation de gêne lors des rapports sexuels ou de la marche si volumineuse |
| Bartholinite débutante | Gonflement progressif, rougeur et chaleur locales, douleur à la palpation | Inconfort à la marche et en position assise, légère sensibilité lors des rapports |
| Abcès bartholinien constitué | Masse fluctuante, très douloureuse, rouge et chaude, pouvant atteindre 3 à 5 cm ou plus | Douleur intense et pulsatile, impossibilité de marcher ou de s'asseoir normalement, fièvre possible, écoulement purulent si rupture spontanée |
| Bartholinite récidivante | Réapparition du kyste ou de l'abcès dans les mois suivant un premier épisode traité | Symptômes similaires aux épisodes précédents ; tissu cicatriciel pouvant favoriser les récidives |
Diagnostic
Le diagnostic de bartholinite est clinique dans la majorité des cas. Des examens complémentaires sont indiqués pour identifier l'agent infectieux et exclure une ITS ou une cause tumorale :
- Examen gynécologique complet : inspection et palpation de la vulve, localisation et caractérisation de la masse
- Prélèvement du pus lors du drainage : culture bactérienne aérobie et anaérobie pour antibiogramme
- Dépistage des ITS : TAAN (test d'amplification des acides nucléiques) pour Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis
- Bilan sanguin si fièvre ou signes d'infection systémique : numération formule sanguine, protéine C-réactive
- Glycémie ou HbA1c si premier épisode chez une femme sans antécédent, pour exclure un diabète favorisant
- Biopsie de la paroi kystique chez toute femme de plus de 40 ans ou en cas de récidive atypique
Traitements
La prise en charge dépend du stade de la bartholinite. Un kyste simple asymptomatique peut ne nécessiter aucun traitement immédiat, tandis qu'un abcès constitué nécessite un drainage chirurgical.
| Traitement | Modalités | Indications |
|---|---|---|
| Surveillance simple | Abstention thérapeutique avec réévaluation | Kyste simple petit, asymptomatique, chez une femme de moins de 40 ans |
| Bains de siège chauds | Immersion dans l'eau tiède 10 à 15 minutes, 3 à 4 fois par jour | Kyste ou abcès débutant ; peut favoriser le drainage spontané et réduire l'inflammation |
| Antibiothérapie | Amoxicilline-clavulanate, métronidazole ou doxycycline selon l'agent suspecté ou identifié | Infection bactérienne documentée, ITS associée, signes systémiques (fièvre) ; les antibiotiques seuls ne suffisent pas à drainer un abcès constitué |
| Drainage par incision et marsupialisation | Incision chirurgicale de l'abcès et création d'une ouverture permanente permettant l'écoulement continu du contenu glandulaire | Traitement de référence de l'abcès bartholinien ; réalisée en consultation ou sous anesthésie locale selon la taille et la douleur |
| Cathéter de Word | Insertion d'un petit cathéter à ballonnet gonflable dans l'abcès incisé, maintenu en place 4 à 6 semaines pour épithélialiser le trajet | Alternative à la marsupialisation ; technique moins invasive, utilisable en contexte ambulatoire |
| Ablation de la glande (bartholinectomie) | Exérèse chirurgicale complète de la glande sous anesthésie générale ou régionale | Récidives multiples malgré traitements conservateurs, suspicion de lésion tumorale, forme réfractaire |
Complications possibles
En l'absence de traitement ou en cas de prise en charge inadéquate, plusieurs complications peuvent survenir :
| Complication | Description | Facteurs favorisants |
|---|---|---|
| Récidive kystique ou abcédée | Réapparition du kyste ou de l'abcès après traitement, liée à une réobstruction du canal ou à une réinfection | Drainage insuffisant, absence de marsupialisation, terrain immunodéprimé |
| Cellulite périvulvaire | Extension de l'infection aux tissus mous environnants, avec rougeur et induration diffuses | Abcès volumineux non drainé, germes agressifs, immunosuppression |
| Fasciite nécrosante | Infection grave et rapidement progressive des fascias profonds, pouvant mettre en jeu le pronostic vital | Rare mais gravissime ; favorisée par le diabète, l'obésité et l'immunodépression |
| Dyspareunie persistante | Douleur lors des rapports sexuels liée aux cicatrices ou à la déformation anatomique après infection répétée | Récidives multiples, marsupialisation itérative |
| ITS non diagnostiquée | Gonorrhée ou chlamydia associée non traitée pouvant évoluer vers une infection génitale haute (salpingite, péritonite pelvienne) | Absence de dépistage systématique lors de l'épisode initial |
Certaines situations nécessitent une prise en charge médicale sans délai : abcès très volumineux avec douleur invalidante rendant impossible la marche ou la position assise, fièvre élevée avec frissons et altération de l'état général, extension rapide de la rougeur et du gonflement au-delà de la région vulvaire, ou nécrose cutanée localisée évoquant une fasciite nécrosante. Ces tableaux constituent des urgences chirurgicales et infectieuses.
En présence de ces signes, composez immédiatement le 911.
ou rendez-vous à l'urgence la plus proche sans attendre. Pour tout abcès ou kyste douloureux sans signe de gravité, une consultation rapide à Clinique Omicron est recommandée.
Consulter à Clinique Omicron
Clinique Omicron offre des consultations gynécologiques pour l'évaluation et la prise en charge des affections vulvaires, dont la bartholinite, dans plusieurs points de service au Québec. Un médecin ou un infirmier praticien spécialisé (IPS) peut examiner la lésion, prescrire les prélèvements microbiologiques appropriés, instaurer un traitement antibiotique si indiqué et orienter vers un gynécologue pour un drainage chirurgical ou une marsupialisation au besoin. Des consultations en personne et en télémédecine sont disponibles selon votre situation. Pour prendre rendez-vous dans l'une de nos succursales au Québec, visitez cliniqueomicron.ca.
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