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Femme assise sur un canapé, tenant son ventre, illustrant l'incontinence urinaire chez la femme, avec un titre de blog de la Clinique Omicron.

Incontinence urinaire chez la femme : ce qu’on n’ose pas toujours dire

Beaucoup de femmes vivent avec l’incontinence urinaire pendant des années sans en parler à leur médecin. La honte, l’idée que c’est inévitable après l’accouchement ou avec l’âge, ou simplement la croyance qu’on ne peut rien y faire poussent à se résigner plutôt qu’à consulter. C’est dommage, parce que l’incontinence urinaire se traite. Pas toujours complètement, mais souvent de façon très significative, avec des options qui vont de la rééducation périnéale à la chirurgie selon les cas.

Au Canada, environ 30 % des femmes souffrent d’incontinence urinaire à un moment ou l’autre de leur vie adulte (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, 2023). C’est l’une des conditions les plus fréquentes et les plus sous-traitées en médecine.

Les types d’incontinence urinaire

L’incontinence urinaire d’effort est la forme la plus fréquente chez les femmes. Elle survient lors d’une augmentation de la pression intra-abdominale, comme lors d’une toux, d’un éternuement, d’un effort physique ou d’un rire. Elle est liée à une faiblesse du plancher pelvien ou du sphincter urétral, souvent consécutive à des accouchements vaginaux, à une chirurgie pelvienne ou à la ménopause.

L’incontinence par hyperactivité vésicale, ou urgence mictionnelle, se caractérise par un besoin urgent et difficile à contrôler d’uriner, souvent accompagné d’une fuite avant d’atteindre les toilettes. Elle peut se produire sans raison déclenchante apparente ou en réponse à des stimuli comme le bruit de l’eau ou le contact avec le froid.

L’incontinence mixte combine les deux mécanismes et est fréquente chez les femmes plus âgées. D’autres formes moins fréquentes incluent l’incontinence par regorgement, liée à une rétention urinaire incomplète, et l’incontinence fonctionnelle, liée à une limitation physique ou cognitive qui empêche d’atteindre les toilettes à temps.

Les facteurs de risque

Les accouchements vaginaux, notamment les accouchements instrumentaux ou les grands bébés, augmentent le risque de lésions du plancher pelvien. La ménopause, avec la baisse des œstrogènes qui entraîne une atrophie des tissus urétraux et vaginaux, est un facteur contributif important. Le surpoids augmente la pression sur le plancher pelvien et le sphincter. La constipation chronique et les efforts répétés à la défécation contribuent également à l’affaiblissement du plancher pelvien avec le temps.

Les options de traitement

La rééducation périnéale, réalisée par un physiothérapeute spécialisé, est le traitement de première ligne pour l’incontinence d’effort. Les exercices de renforcement du plancher pelvien, connus sous le nom d’exercices de Kegel, améliorent le contrôle urinaire chez une majorité de femmes lorsqu’ils sont pratiqués correctement et régulièrement. Un physiothérapeute peut enseigner la technique adéquate et suivre la progression.

Pour l’hyperactivité vésicale, la rééducation vésicale, qui consiste à reprogrammer la fréquence des mictions, et des modifications comportementales sont les premières interventions. Des médicaments anticholinergiques ou bêta-3 agonistes peuvent être ajoutés si la rééducation seule est insuffisante. Pour les formes sévères résistantes, des injections de toxine botulinique dans la paroi vésicale ou une neuromodulation sacrée sont des options spécialisées disponibles au Québec.

Questions fréquentes sur l’incontinence urinaire

L’incontinence urinaire est-elle inévitable avec l’âge ?
Non. Elle est fréquente mais pas inévitable. Des facteurs de risque modifiables, comme le surpoids, la constipation et la sédentarité, peuvent être améliorés. Un renforcement préventif du plancher pelvien, même en l’absence de symptômes, est bénéfique.

Les exercices de Kegel sont-ils suffisants ?
Pour les formes légères à modérées d’incontinence d’effort, ils peuvent suffire s’ils sont bien réalisés. Beaucoup de femmes contractent les mauvais muscles sans s’en rendre compte. Un suivi par un physiothérapeute pelvien est recommandé pour s’assurer de la bonne technique.

Faut-il attendre que l’incontinence soit sévère avant de consulter ?
Non. Plus la prise en charge est précoce, meilleurs sont les résultats. Attendre aggrave souvent les conditions anatomiques sous-jacentes et réduit les options de traitement conservateur.

Quand consulter un professionnel de santé

Si vous présentez des fuites urinaires, même occasionnelles, si cela affecte vos activités ou votre qualité de vie, ou si vous souhaitez prévenir l’incontinence après un accouchement, une consultation médicale s’impose.

Un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée peut évaluer la nature de l’incontinence, prescrire une rééducation périnéale et vous orienter vers un urogynécologue si nécessaire. Une consultation en présentiel ou en téléconsultation dans l’un des points de service de Clinique Omicron au Québec vous permet d’y accéder rapidement.

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Geneviève Dostie
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