Incontinence urinaire
Classification, physiopathologie et évaluation clinique
- Physiopathologie de la continence et mécanismes de l'incontinence : mécanisme normal de la continence : sphincter urétral interne (col vésical — lisse) → tonus sympathique (α1-récepteurs) → fermeture → sphincter urétral externe (strié — périnée) → contrôle volontaire + tonus basal → plancher pelvien (muscles élévateurs de l'anus + muscles pubo-coccygiens) → soutien de la jonction vésico-urétrale + renforcé lors des efforts + innervation : sphincter interne → système sympathique (T10–L2) + pudendal (S2–S4) → sphincter externe → nerf pudendal (S2–S4) → détrusor → parasympathique (S2–S4) + inhibé par le sympathique lors du remplissage → miction normale : remplissage → inhibition centrale du détrusor + contraction sphinctérienne → quand la miction est décidée → relâchement sphincter + contraction détrusor coordonnée → vidange complète ; mécanismes de l'IUE : défaillance du mécanisme de soutien uréthral (hypermobilité urétrale — descente de la jonction vésico-urétrale lors des efforts → pression urétrale basse → fuite lors des pics de pression abdominale) + et/ou déficience sphinctérienne intrinsèque (ISD — Intrinsic Sphincter Deficiency — pression urétrale de clôture basse) → facteurs : grossesses multiples + accouchements vaginaux → traumatisme des structures pelviennes + du nerf pudendal → ménopause → atrophie uro-génitale + réduction du soutien collagénique et musculaire → obésité → augmentation chronique de la pression abdominale → chirurgie pelvienne antérieure → DeLancey 1994 — American Journal of Obstetrics and Gynecology : théorie des hamacs — le soutien urétral dépend d'une interaction entre la paroi vaginale antérieure + les fascias endopelviens + les muscles élévateurs de l'anus + mécanismes de l'IUU (hyperactivité du détrusor) : contractions non inhibées du détrusor pendant la phase de remplissage → activation inappropriée de la voie parasympathique (ACh → récepteurs M2/M3 → contraction) + réduction des voies inhibitrices (voies supra-pontines + pontines) + augmentation de la sensibilité des voies afférentes (C-fibres — substance P + TRPV1) → causes : idiopathique (85 %) + neurologiques (SEP + Parkinson + AVC + lésion médullaire) + obstruction sous-vésicale → cystite + calcul vésical → hyperactivité détrusor détectée à l'urodynamique : contractions instables >5 cmH₂O → OAB (Overactive Bladder) si symptômes fonctionnels sans preuve urodynamique → mécanismes de l'IUE par regorgement (overflow) : rétention urinaire chronique → distension vésicale → débordement → chez l'homme (obstruction prostatique) + chez la femme (cystocèle + prolapsus sévère + hypocontractilité du détrusor) → diasnostic différentiel important car le traitement est opposé (ni anticholinergiques ni chirurgie anti-incontinence)
- Évaluation clinique et bilan de l'incontinence urinaire : interrogatoire structuré — éléments clés : type d'incontinence : effort pur (toux + éternuement + sport + rire) → IUE + urgence + impériosité + fuite avant d'atteindre les toilettes → IUU + association des deux → IUM → quantification : nombre d'épisodes/jour + nombre de protections utilisées → questionnaire validé : International Consultation on Incontinence Questionnaire — Short Form (ICIQ-SF) → score 0–21 → sévérité + impact sur la qualité de vie + journal mictionnel : outil essentiel → patient note pendant 3 jours : heure de chaque miction + volumes mictionnels + urgences + fuites + apports hydriques → évalue : fréquence mictionnelle (normale <8 mictions/24h) + nycturie (normale <1/nuit) + volume mictionnel normal (250–400 mL/miction) + polydipsie ou polyurie → symptômes associés : dysurie → infection urinaire à exclure + flux urinaire faible + globe vésical → rétention → hématurie → cystite + lithiase + tumeur vésicale à exclure → antécédents : obstétricaux + gynécologiques + chirurgie pelvienne + médicaments (diurétiques + α-bloquants + anticholinergiques + psychotropes) + comorbidités (DT2 + BPCO + constipation + obésité) → examen physique : examen neurologique rapide (réflexe anal + bulbocaverneux + sensibilité périnéale) → gynécologique : prolapsus (classification POP-Q) + atrophie vaginale + tonus sphinctérien au toucher rectal → test à la toux : remplir la vessie → faire tousser en position debout → fuite synchrone = IUE + résidu post-mictionnel (RPM) : écho-vésicale → normal <50–100 mL → RPM >300 mL → rétention → IU par regorgement → bandelette urinaire : dépistage de l'infection urinaire → ECBU si BU positive → urodynamique (bilan urodynamique — BUD) : indiquée si : avant chirurgie anti-incontinence + IUU réfractaire + doute diagnostique + RPM élevé + incontinence masculine + échec d'un traitement bien conduit → mesures : cystomanométrie + débitométrie + profilométrie urétrale + EMG périnéal → Abrams 2002 — Urology : ICS définitions et recommandations pour les études urodynamiques → gold standard diagnostique + échographie pelvienne ou cystoscopie : selon les indications cliniques (hématurie + prolapsus + suspicion de fistule)
Traitement de l'incontinence urinaire
| Traitement / forme | Données, modalités et résultats | Études clés et recommandations |
|---|---|---|
| Mesures comportementales et rééducation périnéale — 1re ligne pour toutes les formes Exercices de Kegel — rééducation périnéale — biofeedback — entraînement vésical — réduction de la caféine — perte de poids — physiothérapeute pelvien |
Mesures comportementales — 1re ligne recommandée avant tout traitement pharmacologique ou chirurgical : réduction de la caféine et de l'alcool : la caféine est un irritant vésical + diurétique → réduction à <200 mg/j (2 tasses de café) → Minassian 2013 — BJOG : réduction de la caféine → amélioration de l'urgence et de la nycturie + apports hydriques optimisés : ni trop peu (<1 L/j) ni trop (>2 L/j) → viser 1,5 L/j répartis dans la journée + réduction ou suppression des apports le soir si nycturie + perte de poids : BMI ≥30 → augmentation × 2–4 du risque d'IUE → Subak 2009 — NEJM (PRIDE trial, RCT n=338 femmes obèses) : perte de poids de 8 % → réduction de 47 % des épisodes d'IUE et IUU vs 28 % groupe contrôle → perte de poids = intervention thérapeutique majeure dans l'IUE + constipation : traiter activement la constipation chronique (fibres + hydratation + laxatifs) → efforts de défécation → augmentation de la pression abdominale → IUE + IUU + traitement de la toux chronique (BPCO + médicaments — IEC) → réduction des épisodes d'IUE + oestrogènes vaginaux topiques (chez la femme ménopausée) : atrophie uro-génitale → fragilité de la muqueuse vésico-urétrale + réduction du tonus sphinctérien → oestrogènes vaginaux (crème Premarin + ovule Vagifem + anneau Estring) → restaurent l'épithélium urothélial → réduction des irritatifs vésicaux → Cody 2012 — Cochrane : oestrogènes locaux → amélioration de l'IUU et de l'IUE chez la femme ménopausée → pas d'oestrogènes systémiques pour l'IUE (pas d'efficacité + risque cardiovasculaire) ; rééducation périnéale — pilier du traitement de l'IUE et de l'IUU : exercices du plancher pelvien (Kegel) : contraction soutenue des muscles du plancher pelvien × 3 séries de 10 contractions/j (10 secondes contraction + 10 secondes relâchement) → renforcement du plancher pelvien → améliore le soutien uréthral + le réflexe de contraction pré-mictionnel → programme supervisé par un physiothérapeute spécialisé en santé pelvienne = résultats supérieurs à l'autoapprentissage → Hay-Smith 2011 — Cochrane : exercices du plancher pelvien (EPP) supervisés vs pas de traitement → IUE : réduction de 56–70 % des épisodes + IUU : réduction de 30–45 % → recommandation de niveau A → durée : minimum 3 mois avant évaluation de l'efficacité → biofeedback périnéal : utilisation d'un capteur de pression intra-vaginale ou intra-rectale → aide le patient à visualiser les contractions du plancher pelvien → améliore l'efficacité des exercices + la coordination + les fuites d'effort + électrostimulation intra-vaginale ou trans-cutanée (TENS) : stimulation électrique des racines S2–S4 → inhibition réflexe du détrusor + renforcement musculaire → utile dans l'IUU + l'IUE par déficience sphinctérienne → entraînement vésical (bladder training) — pour l'IUU : allonger progressivement les intervalles inter-mictionnels → résistance à l'urgence → augmenter la capacité vésicale fonctionnelle + techniques de diversion de l'urgence (contractions rapides du plancher pelvien lors d'une urgence → réflexe d'inhibition du détrusor) → Wyman 1998 — Obstetrics and Gynecology : entraînement vésical → réduction de 57 % des épisodes d'IUU → comparable à l'oxybutynine avec moins d'effets indésirables + résultats globaux de la rééducation : IUE : cure ou amélioration significative dans 60–70 % des femmes après 3–6 mois + IUU : cure ou amélioration dans 40–60 % → durabilité : maintien des résultats à 1–2 ans si la pratique est maintenue → chez l'homme post-prostatectomie : EPP débutés précocement → retour à la continence significativement plus rapide (Centemero 2010 — European Urology) | Subak 2009 — NEJM (PRIDE trial RCT n=338) : perte de poids 8 % → −47 % épisodes d'IUE/IUU → perte de poids = traitement de niveau A + Hay-Smith 2011 — Cochrane : EPP supervisés → −56–70 % IUE + −30–45 % IUU → 1re ligne niveau A + Wyman 1998 — Obstetrics and Gynecology : bladder training → −57 % épisodes IUU → Cody 2012 — Cochrane : œstrogènes locaux → amélioration IUU + IUE chez la femme ménopausée + Centemero 2010 — European Urology : EPP précoces post-prostatectomie → retour continence plus rapide + Minassian 2013 — BJOG : réduction caféine → amélioration urgence + nycturie + American Urological Association (AUA) 2019 + Society of Urodynamics, Female Pelvic Medicine and Urogenital Reconstruction (SUFU) 2019 : rééducation périnéale = traitement de 1re ligne toutes formes + NICE 2019 NG123 : EPP 3 mois minimum avant traitement pharmacologique + SOGC 2018 : incontinence urinaire féminine → rééducation = 1re ligne |
| Pharmacothérapie — IUU et IUE Anticholinergiques — oxybutynine — tolterodine — solifenacine — mirabegron — bêta-3-agoniste — duloxétine — effets indésirables — sujets âgés — contre-indications |
Pharmacothérapie de l'IUU — hyperactivité du détrusor : anticholinergiques (antimuscariiniques) — mécanisme : blocage des récepteurs muscariniques M2 + M3 du détrusor → réduction des contractions non inhibées → réduction de la fréquence + urgences + fuites → médicaments disponibles au Canada : oxybutynine (Ditropan) 5 mg × 2–3/j ou LP 5–10 mg/j → agent le plus étudié + moins cher + mais : effets anticholinergiques les plus importants (xérostomie + constipation + troubles cognitifs) → oxybutynine transdermique (patch ou gel) : moins d'effets systémiques → tolterodine (Detrol) 2 mg × 2/j ou LP 4 mg/j → meilleur profil de tolérance qu'oxybutynine → solifénacine (Vesicare) 5–10 mg/j → trospium chlorure (Trosec) 20 mg × 2/j → fésotérodine (Toviaz) 4–8 mg/j → darifénacine (Enablex) 7,5–15 mg/j → efficacité des anticholinergiques : Chapple 2005 — European Urology (méta-analyse) : anticholinergiques vs placebo → réduction des urgences de 35–40 % + réduction des fuites de 40–50 % + réduction de la fréquence mictionnelle → taux d'abandon élevé (30–40 %) en raison des effets indésirables + effets indésirables communs : xérostomie + constipation + vision floue + tachycardie + troubles cognitifs (passage BHE) → particulièrement problématique chez le sujet âgé → CONTRE-INDIQUÉS si : glaucome à angle fermé + rétention urinaire (RPM >200 mL) + maladie d'Alzheimer + stase gastrique → Beers Criteria 2019 : oxybutynine + anticholinergiques → déconseillés chez le sujet âgé → risque de troubles cognitifs + confusion + chutes → préférer le mirabégron ; bêta-3-agoniste (mirabégron — Myrbetriq) — alternative aux anticholinergiques : mécanisme : agoniste des récepteurs β3-adrénergiques de la paroi vésicale → relaxation du détrusor pendant le remplissage → augmentation de la capacité vésicale + réduction des contractions non inhibées → Chapple 2013 — European Urology : mirabégron vs oxybutynine vs placebo → mirabégron non inférieur à l'oxybutynine + effets cardiovasculaires modestes (légère augmentation de la FC + TA) → pas d'effets anticholinergiques + profil de tolérance supérieur → posologie : 25–50 mg/j → bonne tolérance chez le sujet âgé (pas d'effet cognitif) → MAIS : effets cardiovasculaires → utiliser prudemment si HTA non contrôlée + contre-indiqué si : insuffisance hépatique/rénale sévère + HTA non contrôlée → Nitti 2013 — Journal of Urology : mirabégron × 12 semaines → réduction des fuites urgences + de la fréquence → bonne tolérance + mirabégron + anticholinergique (solifénacine) en combinaison : données positives (étude SYNERGY) → réduction supérieure vs monothérapie + approbation de l'association (Vibegron — Gemtesa — nouveau bêta-3 agoniste disponible au Canada + États-Unis 2020) → Botox vésical (toxine botulinique A — Onabotulinumtoxin A) : injection intravésicale × 20 sites → 100 UI (OAB neurogène : 200 UI) → inhibition de la libération d'ACh des terminaisons présynaptiques → paralysie partielle du détrusor → indiqué si IUU réfractaire à ≥2 médicaments → efficacité : 60–70 % de réduction des fuites → Nitti 2017 — Journal of Urology : Botox vésical 100 UI → 27 % de continence complète + taux de rétention urinaire post-injection : 5–6 % (sondage nécessaire temporaire) → durée de l'effet : 9–12 mois → réinjection si récidive ; pharmacothérapie de l'IUE : duloxétine (Cymbalta — antidépresseur IRSNA) : augmentation du tonus sphinctérien (renforcement du tonus du sphincter urétral externe par les voies sérotoninergique + noradrénergique du noyau d'Onuf) → posologie : 20–40 mg × 2/j → réduction des épisodes d'IUE de 50–60 % → pas d'AMM au Canada pour l'IUE spécifiquement (usage hors indication — off-label) → effets indésirables : nausées (30 % → réduisent après 4 semaines) + bouche sèche + troubles du sommeil + risque suicidaire (étiquette avertissement) → Norton 2002 — BJOG (méta-analyse) : duloxétine → réduction des épisodes d'IUE + qualité de vie → efficacité modeste vs chirurgie + alpha-agonistes (éphédrine + pseudoéphédrine) : anciens traitements → retirés ou peu utilisés (effets cardiovasculaires) + oestrogènes vaginaux : amélioration de l'IUE légère (voir section rééducation) | Chapple 2005 — European Urology (méta-analyse) : anticholinergiques vs placebo → réduction urgences 35–40 % + fuites 40–50 % + mais taux d'abandon élevé + Chapple 2013 — European Urology : mirabégron vs oxybutynine → non-inférieur + moins d'effets indésirables → recommandé chez le sujet âgé + Nitti 2013 — Journal of Urology : mirabégron → réduction fuites + fréquence + bonne tolérance + Nitti 2017 — Journal of Urology : Botox vésical 100 UI → 27 % continence complète + taux rétention 5–6 % + Norton 2002 — BJOG : duloxétine → réduction épisodes IUE + modeste vs chirurgie + Beers Criteria 2019 (AGS) : oxybutynine + sujets âgés → déconseillée (troubles cognitifs) → mirabégron + oxybutynine transdermique préférés + AUA/SUFU 2019 : pharmacothérapie 2e ligne après rééducation + anticholinergiques OU mirabégron → niveau A + NICE 2019 NG123 : traitement pharmacologique OAB → anticholinergiques ou mirabégron si EPP insuffisants + Botox si 2 médicaments insuffisants + SOGC 2018 : IU féminine → anticholinergiques + mirabégron = 2e ligne |
| Chirurgie de l'incontinence urinaire d'effort et traitement de l'IUU réfractaire TVT — TOT — bandelette sous-urétrale — colpopexie — sphincter artificiel — neuromodulation sacrée — Botox intravésical — stimulation tibiale postérieure — résultats — complications |
Chirurgie de l'IUE chez la femme — indications : échec de la rééducation périnéale ≥3 mois + IUE objectivée cliniquement + RPM normal + urodynamique recommandée avant chirurgie (si doute sur le type d'incontinence ou si prolapsus associé) ; bandelettes sous-urétrales (midurethral slings — MUS) — traitement chirurgical de référence de l'IUE : deux voies d'abord : TVT (Tension-free Vaginal Tape — passage rétropubien) + TOT (Trans-Obturator Tape — passage trans-obturateur) → principe : bandelette de polypropylène positionnée sous le méat urétral → soutien dynamique urétral lors des efforts → pas de tension à l'état basal → Ulmsten 1996 — International Urogynecology Journal : publication fondatrice du TVT → révolution chirurgicale → Ward 2004 — BMJ (RCT TVT vs colposuspension de Burch) : TVT = Burch à 2 ans (efficacité 85–90 % vs 80–86 %) + TVT : moindre morbidité + voie vaginale + Latthe 2010 — Cochrane : TOT vs TVT → efficacité similaire (80–85 %) + TOT : moins de perforations vésicales + moins de douleurs retropubiennes → TVT : moins de douleurs inguinales → complications des bandelettes : urgences de novo (5–20 %) + dysurie + rétention (2–5 %) → sondage temporaire → érosion vaginale ou urétrale (1–3 % → reprise chirurgicale) → douleurs chroniques (inguinales ou pelviennes — plus fréquentes avec le TOT) + résultats à long terme : continence à 10 ans : 60–70 % selon les séries → diminution progressive de l'efficacité avec le temps → Nilsson 2013 — International Urogynecology Journal : TVT à 17 ans → continence 70 % → durabilité confirmée + Burch colposuspension (voie laparoscopique ou ouverte) : suspension du col vésical + de la paroi vaginale antérieure aux ligaments pectinéaux (Cooper) → efficacité similaire aux bandelettes → voie laparoscopique → Lapitan 2012 — Cochrane : Burch laparoscopique vs TVT → résultats comparables → plus invasif → préférer les bandelettes aujourd'hui + sphincter artificiel urinaire (SAU — AMS 800) : IUE sévère + déficience sphinctérienne intrinsèque (pression urétrale de clôture <20 cmH₂O) + post-prostatectomie radicale + homme → manchon gonflable + pompe scrotale + réservoir + résultats chez l'homme : continence à 5 ans : 60–80 % → Gousse 2001 — Journal of Urology : SAU dans l'IUE post-prostatectomie → résultats à long terme + bandelette sous-urétrale masculine (Advance XP + Virtue) : IUE légère à modérée post-prostatectomie → alternative moins invasive au SAU ; traitement chirurgical de l'IUU réfractaire : neuromodulation sacrée (Interstim — SNM) : stimulation du nerf sacré S3 → modulation du contrôle vésical + sphinctérien → phase de test par électrode temporaire (2 semaines) → si réponse ≥50 % → implantation du générateur définitif → Siegel 2000 — Journal of Urology + Sacral Neuromodulation for Urgency Incontinence (SNM) → efficacité : 40–70 % de continence complète → Brazzelli 2006 — Cochrane : SNM → efficacité pour l'IUU réfractaire → remboursé en cas d'IUU sévère réfractaire + stimulation tibiale postérieure percutanée (PTNS — Percutaneous Tibial Nerve Stimulation) : stimulation du nerf tibial (racines L4–S3) → inhibition réflexe du détrusor → 12 séances hebdomadaires puis entretien → Peters 2010 — Journal of Urology (PLUS RCT) : PTNS vs oxibutynine → efficacité comparable + moins d'effets indésirables → non invasif → bonne tolérance → injectable péri-uréthral (agents de comblement) : dextranomer/acide hyaluronique (Deflux) + calcium hydroxyapatite (Coaptite) + macroplastique → IUE légère à modérée + déficience sphinctérienne → injection périurétrale sous cystoscopie → efficacité modérée à long terme (40–50 % à 12 mois) → réservé aux patients non candidats à la chirurgie | Ulmsten 1996 — International Urogynecology Journal : TVT → publication fondatrice + révolution chirurgicale + Ward 2004 — BMJ (RCT TVT vs Burch) : TVT = Burch à 2 ans + moins de morbidité → TVT = gold standard + Latthe 2010 — Cochrane : TOT vs TVT → efficacité similaire + profil de complications différent + Nilsson 2013 — International Urogynecology Journal : TVT à 17 ans → 70 % continence → durabilité confirmée + Siegel 2000 — Journal of Urology : SNM + IUU réfractaire → efficacité + Peters 2010 — Journal of Urology (PLUS RCT) : PTNS vs oxybutynine → efficacité comparable + moins d'effets indésirables + Lapitan 2012 — Cochrane : Burch laparoscopique vs TVT → comparable + AUA/SUFU 2019 : bandelettes = chirurgie de 1re ligne IUE réfractaire + SNM + Botox pour IUU réfractaire → recommandations de niveau A + NICE 2019 NG123 : TVT/TOT recommandées + SNM si Botox insuffisant + SOGC 2018 : chirurgie IUE + complications des bandelettes |
| Situations particulières — IU masculine, IU du sujet âgé, IU neurologique et grossesse Post-prostatectomie — HBP — sujet âgé — fragilité — incontinence neurologique — SEP — Parkinson — grossesse — post-partum — fistule vésico-vaginale — IU transitoire |
IU chez l'homme : IU post-prostatectomie radicale : cause la plus fréquente d'IUE masculine → mécanisme : déficience sphinctérienne post-chirurgicale → IUE sévère à la reprise de la marche → rééducation périnéale préopératoire + post-opératoire immédiate → retour continence chez la majorité en 3–12 mois → Centemero 2010 — European Urology : EPP précoces → retour continence plus rapide → si persistance >12 mois → SAU ou bandelette masculine + IU par impériosité + HBP (hyperplasie bénigne de la prostate) : obstruction sous-vésicale + instabilité vésicale secondaire → traitement : alpha-bloquants (tamsulosine 0,4 mg/j) → levée partielle de l'obstruction + 5-ARI (dutasteride + finastéride) si prostate >40 mL → anticholinergiques ou mirabégron si persistance de l'IUU après levée de l'obstruction → surveillance du RPM ; IU du sujet âgé — particularités : l'IU est souvent multifactorielle chez le sujet âgé → modèle DIAPPERS (Resnick 1984 — NEJM) : causes réversibles d'IU transitoire : Delirium + Infection urinaire + Atrophie vaginale + Pharmacologique (diurétiques + psychotropes + alcool) + Psychiatric (dépression) + Excess urine output (hyperglycémie + insuffisance cardiaque décompensée) + Restricted mobility + Stool impaction → traiter les causes réversibles en priorité + frailty + troubles cognitifs → éducation des soignants + protection absorbante + toilettes accessibles + programme mictionnel → médicaments chez le sujet âgé : anticholinergiques → ÉVITER (Beers Criteria 2019 → troubles cognitifs + confusion + chutes) → mirabégron 25 mg/j + oxybutynine transdermique → alternatives moins anticholinergiques → rééducation périnéale possible même chez les personnes âgées → résultats positifs (Burgio 1998 — Annals of Internal Medicine) ; IU neurologique : SEP (sclérose en plaques) : hyperactivité détrusor + détrusor-sphincter dyssynergie → urodynamique indispensable + traitement : Botox vésical + mirabégron + anticholinergiques + sondage intermittent si RPM élevé + Parkinson + maladie d'Alzheimer : impériosités + hyperactivité détrusor + médicaments dopaminergiques → aggravation possible de l'IUU → mirabégron préféré (pas d'effets centraux) + lésion médullaire : IU neurogène → selon le niveau de la lésion → sondage intermittent propre (SIP) en routine → Botox vésical ++ + neuromodulation + IU pendant la grossesse et le post-partum : IUE de grossesse → transitoire → EPP dès le 1er trimestre → rééducation post-partum systématique → Mørkved 2003 — BMJ (RCT) : EPP débutés dès le 1er trimestre → réduction significative de l'IUE à 36 SA + à 3 mois post-partum → déchirures périnéales grade III–IV → rééducation périnéale précoce → fistule vésico-vaginale (FVV) : perte urinaire continue + position déclive → cause : obstétricale (travail prolongé obstructif — fistule vésico-vaginale ou urétro-vaginale) + ou iatrogène (chirurgie pelvienne) → diagnostic : test au bleu de méthylène + cystoscopie + IRM → traitement chirurgical (fermeture par voie vaginale ou abdominale) | Centemero 2010 — European Urology : EPP précoces + post-prostatectomie → retour continence plus rapide → Resnick 1984 — NEJM : modèle DIAPPERS → causes réversibles d'IU transitoire → revue de référence + Burgio 1998 — Annals of Internal Medicine : rééducation périnéale chez les sujets âgés → aussi efficace que chez les jeunes → Mørkved 2003 — BMJ (RCT) : EPP pendant la grossesse → réduction significative de l'IUE à 36 SA + 3 mois post-partum + Beers Criteria 2019 : anticholinergiques → déconseillés chez le sujet âgé → mirabégron préféré + AUA/SUFU 2019 + NICE 2019 NG123 : IU masculine + IU neurologique + IU grossesse → recommandations spécifiques + SOGC 2018 : IU féminine + grossesse + post-partum → EPP recommandés dès le 1er trimestre + ICS 2002 (Abrams) : définitions standardisées IU → référence internationale + ICIQuest 2023 (International Consultation on Incontinence) : résumé des recommandations + niveaux de preuve pour toutes les formes d'IU |
Perte urinaire continue + position déclive + notion d'accouchement difficile ou de chirurgie pelvienne récente → fistule vésico-vaginale probable → consultation urologique urgente → test au bleu de méthylène + cystoscopie + IRM pelvienne → chirurgie de fermeture sans délai (résultats meilleurs si intervention précoce).
Incontinence urinaire d'apparition brutale (IU de novo) + rétention urinaire + douleurs lombaires ou abdominales + déficit neurologique des membres inférieurs (faiblesse + engourdissement + troubles de la marche) → syndrome de la queue de cheval ou lésion médullaire → urgences médicales ou neurochirurgicales → IRM médullaire urgente → décompression chirurgicale sans délai si lésion compressive.
Urgences mictionnelles sévères + hématurie macroscopique + douleurs vésicales + fièvre chez un patient non connu avec IUU → cystite hémorragique + ou tumeur vésicale irritante à exclure → ECBU + cystoscopie + échographie vésicale → ne pas traiter l'IUU d'un patient avec hématurie sans avoir écarté une tumeur vésicale.
RPM (résidu post-mictionnel) >500 mL découvert à l'échographie vésicale chez un patient se plaignant de fuites urinaires constantes + flux urinaire faible + prostate volumineuse → rétention chronique avec regorgement (overflow) → consultation urologique urgente → sondage vésical à demeure + traitement de la cause (HBP → alpha-bloquants + chirurgie prostatique si nécessaire) → ne jamais prescrire un anticholinergique dans ce contexte (aggrave la rétention).
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Les médecins de Clinique Omicron évaluent les troubles de la continence urinaire, prescrivent le journal mictionnel et le questionnaire ICIQ-SF, réalisent la bandelette urinaire et la mesure du résidu post-mictionnel, orientent vers le physiothérapeute en santé pelvienne pour la rééducation périnéale de première ligne, prescrivent les traitements pharmacologiques (mirabégron + anticholinergiques) et orientent vers l'urologue ou le gynécologue pour les procédures chirurgicales. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un physiothérapeute ou d'un urologue. Une incontinence urinaire de novo ou associée à une hématurie nécessite un bilan complet pour exclure une cause organique grave.
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