Lymphogranulomatose vénérienne (LGV)
Microbiologie, épidémiologie et formes cliniques
- Biologie de C. trachomatis LGV et épidémiologie : microbiologie de Chlamydia trachomatis dans la LGV : bactérie intracellulaire obligatoire à Gram négatif (pauvre en peptidoglycane) + cycle biphasique : corps élémentaires (CE — forme infectieuse + extracellulaire) → pénétration cellulaire → corps réticulés (CR — forme réplicative intracellulaire) → multiplication dans les inclusions intracytoplasmiques → lyse cellulaire → libération de nouveaux CE → les sérovars L1 + L2 (surtout L2b) + L3 de la LGV se distinguent des sérovars D–K (génito-urinaires habituels + trachome) par : plus grande invasivité pour les macrophages et les cellules dendritiques → dissémination lymphatique + tropisme pour les ganglions lymphatiques et la muqueuse rectale → production de cytokines pro-inflammatoires importantes → destruction tissulaire + fibrose → épidémiologie actuelle de la LGV : avant les années 2000 : cas rares en Europe et Amérique du Nord — essentiellement importés de régions tropicales + depuis 2003–2004 : épidémies répétées dans les grandes villes européennes + nord-américaines → populations principalement touchées : HARSAH + souvent VIH+ (60–80 % des cas dans certaines cohortes) + souvent sous PrEP (préexposition) → transmission : contacts anaux + oraux + génitaux + sex toys non protégés → période d'incubation : 3–30 jours (en moyenne 3–21 jours) + en France : 600–700 cas/an déclarés (sous-déclaration importante) + Québec : résurgence documentée depuis 2003 → INSPQ + MSSS : LGV = MADO + sérovar L2b : le sérovar le plus répandu dans les épidémies occidentales actuelles (variant génotypique apparu en Europe à partir de 2003)
- Formes cliniques selon la présentation et le stade : formes cliniques historiques des pays tropicaux (encore présentes + observées aussi chez les HARSAH) : stade primaire (3–30 jours après le contact) : petite ulcération indolore + herpétiforme → disparaît spontanément en quelques jours → souvent non remarquée + stade secondaire (2–6 semaines après l'ulcération primaire) : bubon(s) inguinal(aux) unilatéral(aux) → adénopathies inguinales volumineuses + fluctuantes + douloureuses + pouvant se fistuliser → signe de la rainure inguinale (groove sign) : adénopathies de part et d'autre du ligament inguinal = pathognomonique mais rare → fièvre + asthénie + myalgies → stade tertiaire (chronique — si non traité) : séquelles fibrotiques → éléphantiasis génital (obstruction lymphatique) + sténose urétrale + sténose rectale + forme actuelle la plus fréquente en Europe et Amérique du Nord — proctite LGV sévère (présentation rectale) : touche principalement les HARSAH pratiquant la réception anale → rectite hémorragique sévère + douleurs rectales intenses + ténesme + rectorragies + écoulements ano-rectaux purulents + fièvre + masse rectale palpable → peut mimer une maladie de Crohn rectale (colite granulomateuse + fibrose + sténose) → endoscopie : mucose rectale inflammatoire intense + ulcérations + friabilité + faux polypes → IMPORTANT : si proctite sévère chez un HARSAH → suspecter la LGV + dépister systématiquement + présentation génitale chez les femmes et les HARSAH : cervicite + urétrite + parfois bubon inguinal + co-infections fréquentes : VIH + gonorrhée + syphilis + hépatite C (ITSS associées à rechercher systématiquement)
Diagnostic et traitement
| Aspect / domaine | Données, modalités et protocoles | Références et recommandations |
|---|---|---|
| Diagnostic — PCR LGV et bilan complémentaire PCR Chlamydia trachomatis — génotypage sérovars L — PCR rectale — PCR urétrale — PCR bubon — sérologie non recommandée — NFS éosinophiles — proctoscopie — biopsie rectale — bilan ITSS complet — VIH syphilis gonorrhée hépatite C |
Diagnostic de la LGV — approche par PCR spécifique : diagnostic microbiologique : la culture de C. trachomatis est très difficile et peu disponible → PCR Chlamydia trachomatis sur prélèvement + génotypage pour identifier les sérovars L (LGV) : étapes diagnostiques : étape 1 : PCR C. trachomatis générique → détecte tous les sérovars de Chlamydia → si positive → étape 2 : PCR de génotypage LGV → identifie spécifiquement les sérovars L1 + L2 + L3 → certains laboratoires font la PCR LGV directement en seconde intention si LGV suspectée + sites de prélèvement selon la présentation clinique : proctite : écouvillonnage rectal → PCR C. trachomatis + génotypage → urétrite / cervicite : premier jet d'urine ou prélèvement urétral / endocervical → bubon fluctuant : aspiration du pus à la seringue (ponction à distance de la lésion — pas d'incision) → PCR + génotypage sur le liquide + sérovars L = LGV confirmée → sérovars D–K = Chlamydia génital habituel → sérologie C. trachomatis : peu recommandée pour le diagnostic de LGV en pratique courante (faible spécificité + titres élevés retrouvés aussi dans d'autres chlamydioses) → parfois utilisée en soutien diagnostique (titre >1:256 = LGV possible) → endoscopie rectale (proctoscopie ou rectosigmoïdoscopie) : si proctite sévère → muqueuse rectale très inflammatoire + ulcérations + friabilité + faux polypes + biopsie rectale : granulomes histiocytaires + nécrose → peut mimer la maladie de Crohn rectale histologiquement → bilan ITSS complet systématique : VIH (sérologie 4e génération + charge virale si déjà positif) + VDRL + TPHA + FTA (syphilis) + TAAN gonorrhée (urètre + rectum) + hépatite B + hépatite C (sérologie + PCR ARN si cofacteurs de risque) + NFS : hyperleucocytose + éosinophilie fréquente dans les formes avec adénopathies | Haar 2013 — Sexually Transmitted Infections : LGV + PCR + génotypage → diagnostic → référence + De Vries 2006 — JAIDS : LGV en Europe + HARSAH + L2b → épidémiologie + Nieuwenhuis 2004 — The Lancet : LGV + réémergence + Europe + HARSAH + CDC 2021 STI treatment guidelines : LGV → diagnostic + traitement → référence + ASPC (Agence de santé publique du Canada) 2021 : Lignes directrices canadiennes sur les ITSS → LGV → diagnostic + traitement → INSPQ Québec : LGV + surveillance + épidémiologie → MSSS Québec : LGV = MADO → déclaration 5 jours + Laboratoires de santé publique du Québec (LSPQ) : PCR C. trachomatis + génotypage LGV disponibles |
| Traitement — doxycycline et alternatives Doxycycline 100 mg 21 jours — azithromycine non recommandée LGV — proctite sévère hospitalisation — ponction bubon aspiration — corticoïdes proctite — partenaires traitement — dépistage — PrEP — préservatif — MADO déclaration 5 jours |
Traitement de la LGV — protocoles selon la présentation : traitement de référence — doxycycline : doxycycline 100 mg PO × 2/j × 21 jours → durée plus longue que pour les Chlamydia génitaux habituels (sérovars D–K → 7 jours) → l'efficacité est excellente : guérison microbiologique >95 % → résolution clinique progressive + CDC 2021 (STI Treatment Guidelines) : doxycycline 100 mg × 2/j × 21 jours = standard of care + ASPC 2021 lignes directrices canadiennes : doxycycline 100 mg × 2/j × 21 jours → alternative si contre-indication à la doxycycline (allergie + grossesse + enfant) : érythromycine 500 mg × 4/j × 21 jours → ou amoxicilline (grossesse) + azithromycine dose unique 1 g → NON recommandée pour la LGV (insuffisante pour les sérovars L — durée de traitement trop courte) + proctite LGV sévère : si forme sévère (ulcérations étendues + faux polypes + saignements abondants + fièvre élevée) → hospitalisation + doxycycline IV si nécessaire → corticoïdes oraux discutés si composante inflammatoire très marquée mimant la MICI (données limitées) + ponction d'un bubon fluctuant : aspiration à l'aiguille fine à distance de la lésion (NE PAS inciser — risque de fistulisation persistante) → soulagement de la douleur + prélèvement pour PCR + gestion des partenaires : tous les partenaires sexuels exposés dans les 60 jours précédant le diagnostic → notification + dépistage (PCR urétral + rectal + gorge si indiqué) → traitement des partenaires exposés : doxycycline 100 mg × 2/j × 7–21 jours selon la forme + contrôle de guérison : PCR C. trachomatis de contrôle 4 semaines après la fin du traitement → vérification de l'éradication microbiologique + suivi clinique → dépistage régulier des ITSS chez les HARSAH : PCR C. trachomatis (urètre + rectum + gorge) + gonorrhée + syphilis + VIH → tous les 3–6 mois selon le niveau de risque → PrEP : réduction du risque VIH chez les HARSAH → ne protège pas contre la LGV ni les autres ITSS → utilisation du préservatif recommandée | CDC 2021 STI Treatment Guidelines : LGV → doxycycline 100 mg × 2/j × 21 jours → référence internationale + ASPC 2021 — Lignes directrices canadiennes sur les ITSS : LGV → traitement + gestion des partenaires + référence canadienne + De Vries 2006 — JAIDS : LGV + HARSAH + traitement + épidémique + Haar 2013 — STI : LGV + proctite + diagnostic + traitement + ECDC 2013 : LGV → épidémiologie européenne + traitement → INSPQ Québec : LGV + MADO + traitement + gestion des partenaires + MSSS Québec : MADO → déclaration 5 jours → médecin inspecteur régional + LSPQ : contrôle de guérison PCR + RAMQ : doxycycline remboursée + INESSS Québec : LGV + dépistage HARSAH + protocoles |
| Prévention, dépistage et contexte épidémique au Québec HARSAH dépistage systématique — PrEP — préservatif — chemsex — réduction des méfaits — partenaires multiples — dépistage PCR 3 sites — syphilis co-infection — VIH — hépatite C — stigmatisation — déclaration MADO — INSPQ surveillance |
Prévention de la LGV et contexte épidémique québécois : contexte épidémique au Québec : résurgence documentée depuis 2003 → foyers récurrents à Montréal + Québec + autres grandes villes → principalement chez les HARSAH + souvent VIH+ ou sous PrEP → souvent associée à d'autres ITSS (syphilis + gonorrhée + hépatite C) + rôle du chemsex (utilisation de drogues [crystal meth + GHB + poppers] lors de rapports sexuels) → comportement sexuel à risque accru + réduction de l'utilisation du préservatif → INSPQ : surveillance épidémiologique active + bulletins épidémiologiques + MSSS : MADO → déclaration obligatoire au médecin inspecteur régional dans les 5 jours → signalement confidentiel + traçabilité des partenaires + prévention primaire : utilisation systématique du préservatif lors des relations anales + vaginales + orales → PrEP (ténofovir/emtricitabine — Truvada ou Descovy) : réduit de 99 % le risque de VIH chez les HARSAH à risque élevé → HARSAH sous PrEP ont accès à un dépistage régulier tous les 3 mois → cadre idéal pour le dépistage systématique de la LGV → dépistage systématique des ITSS chez les HARSAH : PCR C. trachomatis + gonorrhée (urètre + rectum + gorge — 3 sites) + sérologie syphilis (VDRL + TPHA) + VIH 4e génération + hépatite C (si VIH+ ou facteurs de risque) → tous les 3–6 mois selon le niveau de risque → cliniques de santé sexuelle au Québec : CLSC + cliniques médicales spécialisées en santé sexuelle + cliniques LGBT+ → réduction des méfaits et approche sans jugement : approche centrée sur la réduction des risques + information sur les pratiques sexuelles plus sûres + accès facilité aux préservatifs + lubrifiant + PrEP + dépistage + traitement → lutter contre la stigmatisation → améliorer l'accès aux soins pour les populations marginalisées + gestion des partenaires (partner notification / contact tracing) : notification directe par le patient + ou notification assistée par le médecin inspecteur régional via le programme de gestion des partenaires (MSSS Québec) | De Vries 2006 — JAIDS : LGV HARSAH + chemsex + comportements à risque + Haar 2013 — STI : LGV + résurgence + épidémiologie + Nieuwenhuis 2004 — Lancet : LGV Europe HARSAH + première description réémergence + CDC 2021 STI Treatment Guidelines : dépistage HARSAH + ASPC 2021 lignes directrices canadiennes ITSS : dépistage + notification partenaires → référence canadienne + INSPQ Québec : LGV + surveillance + bulletins épidémiologiques + Santé Montréal : cliniques santé sexuelle + MSSS Québec : MADO LGV + notification partenaires + programme gestion partenaires + INESSS Québec + RAMQ : dépistage PCR ITSS + PrEP Truvada Descovy → remboursés selon critères |
HARSAH avec proctite sévère (douleur rectale intense + rectorragies + écoulements purulents + fièvre + ténesme + masse rectale) simulant une poussée de maladie de Crohn rectale → LGV proctite à suspecter en priorité → PCR C. trachomatis + gonorrhée sur prélèvement rectal → bilan ITSS complet (VIH + syphilis + hépatite C) → doxycycline 100 mg × 2/j × 21 jours sans attendre le génotypage si le tableau est évocateur → proctoscopie si diagnostic incertain → NE PAS traiter avec les immunosuppresseurs des MICI sans avoir exclu une LGV.
Patient avec bubon inguinal fluctuant + douloureux + unilatéral + fièvre + ATCD de voyage en zone tropicale ou partenaires multiples → LGV stade secondaire → aspiration à l'aiguille fine du bubon (NE PAS inciser) + PCR sur le liquide aspiré + génotypage → bilan ITSS complet → doxycycline 100 mg × 2/j × 21 jours → déclaration MADO + notification des partenaires.
Patient diagnostiqué LGV + refus de notification des partenaires + partenaires multiples à risque identifiés → programme de gestion des partenaires du MSSS Québec → signalement confidentiel au médecin inspecteur régional → notification assistée des partenaires → dépistage + traitement des contacts exposés dans les 60 jours.
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Les médecins de Clinique Omicron dépistent la LGV chez les HARSAH symptomatiques (proctite + adénopathies inguinales) et dans le cadre du dépistage régulier des ITSS (PCR C. trachomatis + gonorrhée — 3 sites — tous les 3–6 mois), prescrivent la doxycycline 100 mg × 2/j × 21 jours, assurent le bilan ITSS complet (VIH + syphilis + hépatite C), effectuent la déclaration MADO dans les 5 jours, et participent à la notification des partenaires. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un spécialiste en maladies infectieuses ou en santé sexuelle. La LGV est une maladie à déclaration obligatoire (MADO) au Québec avec un délai de déclaration de 5 jours. La notification des partenaires est obligatoire dans le cadre de la gestion des ITSS au Québec.
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