Aller au contenu

514 606-3350

info@cliniqueomicron.ca​

FR / EN
Logo – Clinique Omicron
Infectiologie & Orthopédie & Médecine interne

Ostéomyélite - Test médical Clinique Omicron

L'ostéomyélite est une infection de l'os — cortex osseux, moelle osseuse et périoste — d'origine bactérienne dans la grande majorité des cas, plus rarement fongique ou mycobactérienne, caractérisée par une inflammation destructrice du tissu osseux pouvant évoluer vers la nécrose (formation de séquestres osseux avasculaires), la fistulisation cutanée et le passage à la chronicité si le traitement est inadéquat ou retardé. Elle est classifiée selon son mode de contamination — hématogène (dissémination bactérienne par voie sanguine, prédominante chez l'enfant) ou par contiguïté (extension depuis un foyer infectieux adjacent — plaie traumatique, ulcère du pied diabétique, chirurgie osseuse) — et selon son évolution — aiguë (moins de 2 semaines), subaiguë (2 semaines à 3 mois) ou chronique (au-delà de 3 mois). Staphylococcus aureus est l'agent pathogène responsable de 40 à 70 % de toutes les ostéomyélites quel que soit l'âge et le mode de contamination, en raison de ses multiples facteurs de virulence favorisant l'adhérence à la matrice osseuse (protéine A, acide teichoïque, fibronectine-binding proteins) et la formation de biofilm sur les séquestres osseux et le matériel prothétique — le biofilm staphylococcique étant particulièrement difficile à éradiquer par les antibiotiques et les mécanismes immunitaires de l'hôte. Chez les nouveau-nés et les nourrissons, les streptocoques du groupe B et les entérobactéries (Escherichia coli, Klebsiella) sont des agents fréquents. Chez les patients drépanocytaires, Salmonella spp. représente une cause spécifique et importante d'ostéomyélite. Les infections à SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) sont une préoccupation croissante, particulièrement dans les ostéomyélites nosocomiales et les infections sur matériel prothétique. Le diagnostic repose sur la combinaison de signes cliniques évocateurs, du syndrome inflammatoire biologique, et surtout de l'imagerie — l'IRM étant la méthode de référence — et de la microbiologie par biopsie osseuse guidée, qui est indispensable pour obtenir le diagnostic bactériologique précis permettant une antibiothérapie ciblée. Le traitement associe une antibiothérapie prolongée (4 à 6 semaines, parfois jusqu'à 3 à 6 mois dans les formes chroniques) et un débridement chirurgical des tissus nécrosés dans les formes compliquées.

Classification, voies de contamination et agents pathogènes

Forme clinique Population et contexte Agents pathogènes principaux
Ostéomyélite hématogène aiguë de l'enfant Enfant 2 à 12 ans + atteint préférentiellement les métaphyses des os longs à forte vascularisation (fémur distal + tibia proximal + humérus proximal) + bactériémie transitoire (souvent après un traumatisme mineur) → emboles septiques dans les capillaires métaphysaires (boucles vasculaires sinusoïdes à faible flux → rétention bactérienne) S. aureus (50–70 %) + Streptococcus pyogenes (groupe A) + Streptococcus agalactiae (groupe B — nourrisson) + Haemophilus influenzae (enfant non vacciné < 5 ans — rare depuis Hib) + Kingella kingae (enfant < 5 ans — en augmentation)
Ostéomyélite hématogène de l'adulte Adulte + foyer infectieux primaire identifiable dans 50 % des cas (endocardite + infection urinaire + cathéter + accès IV chez UDIV) + vertèbres +++ (spondylodiscite — voir diagnostic différentiel) + os longs moins fréquents que chez l'enfant S. aureus (40–60 %) + Streptococcus spp. + entérobactéries (E. coli + Klebsiella) chez les patients âgés ou urologiques + Pseudomonas aeruginosa (UDIV + héroïnomanes) + Candida spp. (immunodéprimés)
Ostéomyélite par contiguïté — ulcère du pied diabétique Forme la plus fréquente chez l'adulte dans les pays occidentaux + neuropathie périphérique + artériopathie oblitérante + ulcères chroniques plantaires + atteinte préférentielle des os du pied (métatarses + phalanges + calcanéum) + diagnostic souvent retardé par la douleur absente (neuropathie) Polymicrobien dans 50–75 % des cas : S. aureus (dominant) + streptocoques + entérobactéries (Proteus + E. coli) + anaérobies (Bacteroides + Peptostreptococcus) + Pseudomonas aeruginosa (plaie chronique + exposition à l'eau)
Ostéomyélite post-traumatique ou post-chirurgicale Fractures ouvertes + chirurgie orthopédique (ostéosynthèse + prothèses articulaires) + contamination peropératoire ou plaie traumatique + matériel chirurgical (plaques + clous + prothèses) favorise la formation de biofilm bactérien S. aureus (dominant) + staphylocoques coagulase-négatifs (S. epidermidis — biofilm ++ sur matériel) + Gram négatifs (Pseudomonas + entérobactéries)
Ostéomyélite de l'immunodéprimé et formes spéciales Drépanocytose : Salmonella spp. (cause spécifique — ischémie médullaire + bactériémie) + VIH : Mycobacterium avium + fungi + Bartonella + tuberculose osseuse (mal de Pott — spondylodiscite tuberculeuse) Selon le terrain : Salmonella (drépanocytose) + Mycobacterium tuberculosis (tuberculose osseuse) + Aspergillus + Candida (immunodéprimés) + Bartonella henselae (VIH)

Présentation clinique

  • Ostéomyélite hématogène aiguë de l'enfant : début souvent brutal + fièvre élevée (39–40 °C) + douleur osseuse localisée intense + refus d'appui ou de mobilisation du membre atteint (boiterie + pseudo-paralysie du nourrisson) + point douloureux exquis à la palpation de la métaphyse + érythème + chaleur + œdème locaux en quelques heures à jours + sans traitement → abcès sous-périosté + drainage spontané + fistule cutanée + passage à la chronicité
  • Ostéomyélite de l'adulte — pied diabétique : ulcère chronique plantaire non cicatrisant + souvent indolore (neuropathie) + os palpable au fond de l'ulcère (signe du stylet positif — sensitivity 89 %, specificity 85 %) + érythème + œdème + chaleur locale + odeur caractéristique si anaérobies + drainage purulent + l'absence de douleur ne doit pas rassurer — le diabétique neuropathique peut avoir une ostéomyélite avancée sans plainte douloureuse
  • Ostéomyélite chronique : douleur osseuse chronique sourde + intermittente + exacerbée lors des poussées + fistule cutanée avec drainage purulent chronique (pathognomonique d'ostéomyélite chronique) + séquestre osseux (fragment osseux nécrosé et avasculaire visible à l'imagerie) + absence de fièvre en dehors des poussées aiguës + biologie inflammatoire moins perturbée qu'en phase aiguë
  • Biologie : hyperleucocytose avec polynucléose neutrophile (surtout en phase aiguë) + CRP élevée (souvent > 50–100 mg/L) + VS accélérée + PCT (procalcitonine) élevée dans les formes bactériémiques + hémocultures positives dans 50–60 % des ostéomyélites hématogènes aiguës de l'enfant + moins souvent positives dans les formes de l'adulte et les formes par contiguïté

Diagnostic par imagerie

Imagerie Signes diagnostiques et performances Indications et limites
IRM — méthode de référence Sensibilité 90–100 % + spécificité 79–90 % + hypersignal T2 et STIR de la moelle osseuse (œdème médullaire infectieux) + hyposignal T1 remplacement de la graisse médullaire + prise de contraste après gadolinium + visualisation de l'abcès sous-périosté + étendue de l'infection dans les tissus mous + séquestre osseux (zone de non prise de contraste) Examen de choix pour le diagnostic précoce (positif dès J3–J5 de l'infection) + évaluation préopératoire + surveillance sous traitement + limites : coût + disponibilité + artefacts sur matériel métallique (prothèses + ostéosynthèse)
Radiographie standard Normale dans les 7 à 14 premiers jours de l'infection (délai avant la destruction osseuse visible) + signes tardifs : ostéolyse focale + réaction périostée + irrégularité corticale + séquestre (densification dans une zone d'ostéolyse) + involucrum (néoformation osseuse périphérique) Premier examen réalisé + peu sensible en phase aiguë précoce mais utile pour le diagnostic différentiel (fracture + tumeur) et le suivi à long terme + indispensable avant tout autre imagerie
Scintigraphie osseuse au technétium-99m Sensibilité 80–90 % + spécificité 70–80 % + hyperfixation dans les 3 phases (vasculaire + tissulaire + osseuse) dès J2–J3 de l'infection + exploration du squelette entier en une seule acquisition (utile si foyer multiple ou inconnu) Utile si IRM non disponible ou si recherche de foyers multiples + moins performante que l'IRM pour délimiter l'extension locale + faux positifs nombreux (fractures + tumeurs + inflammation non infectieuse) + SPECT-CT améliore la spécificité
TEP-scanner (18F-FDG) Sensibilité 96 % + spécificité 91 % + hypermétabolisme glucidique du foyer infectieux + particulièrement performant pour les ostéomyélites chroniques + les infections sur matériel prothétique et les spondylodiscites Meilleure performance que la scintigraphie pour les infections chroniques et sur matériel + disponibilité limitée et coût élevé au Québec + à réserver aux cas complexes ou discordants
Échographie Détection de l'abcès sous-périosté (collection liquidienne périostée) + épanchement articulaire associé + collection des parties molles + guide les ponctions et biopsies Utile surtout chez l'enfant pour détecter un abcès sous-périosté débutant + guide la biopsie osseuse ou la ponction de l'abcès + pas d'information sur la moelle osseuse (contrairement à l'IRM)
ℹ️ La biopsie osseuse avec culture microbiologique est indispensable avant tout traitement antibiotique prolongé de l'ostéomyélite — sauf en cas de sepsis nécessitant un traitement empirique urgent. Sans identification précise de l'agent pathogène et de son antibiogramme, le traitement risque d'être inadéquat, favorisant la sélection de résistances et le passage à la chronicité. Chez l'adulte atteint d'ostéomyélite du pied diabétique, la biopsie osseuse réalisée par voie chirurgicale propre (et non à travers la plaie infectée) est le standard diagnostique recommandé par les lignes directrices IDSA.

Traitement antibiotique

  • Principe général — antibiothérapie documentée : débuter une antibiothérapie empirique IV en urgence si sepsis ou ostéomyélite aiguë sévère + après prélèvements microbiologiques (hémocultures + biopsie osseuse) + puis adapter selon l'antibiogramme dès que possible + durée totale : 4 à 6 semaines pour les formes aiguës (dont 1 à 2 semaines IV suivies d'une relève orale pour les formes non compliquées) + 6 semaines à 6 mois pour les formes chroniques
  • Ostéomyélite à S. aureus méticilline-sensible (SAMS) : flucloxacilline 2 g IV toutes les 4 heures (Canada + Europe) + ou céfazoline 2 g IV toutes les 8 heures (équivalent bien toléré + voie SC possible) + relève orale : cloxacilline + céfalexine + ou amoxicilline-clavulanate selon la sensibilité + durée 4 à 6 semaines
  • Ostéomyélite à SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) : vancomycine IV (objectif AUC/CMI ≥ 400–600) + ou daptomycine 6 mg/kg/j IV + relève orale si bonne tolérance et bonne biodisponibilité : linézolide 600 mg × 2/j + ou cotrimoxazole + rifampicine (association synergique pour le biofilm) + durée 6 semaines minimum
  • Ostéomyélite polymicrobienne (pied diabétique) : pipéracilline-tazobactam IV + ou ertapénème + ou ampicilline-sulbactam + couverture anaérobie obligatoire + adaptation selon les cultures de biopsie osseuse + la rifampicine peut être ajoutée pour son activité sur le biofilm + durée 6 semaines après le dernier débridement chirurgical
  • Ostéomyélite tuberculeuse (mal de Pott) : quadrithérapie antituberculeuse standard (isoniazide + rifampicine + pyrazinamide + éthambutol × 2 mois + puis bithérapie × 4 mois) + avis infectiologique spécialisé + stabilisation chirurgicale si instabilité vertébrale
  • Rifampicine en combinaison : active sur les staphylocoques en phase de biofilm (stationnaire) + JAMAIS en monothérapie (sélection rapide de résistances) + toujours en association + interactions médicamenteuses nombreuses (inducteur enzymatique CYP3A4) + à initier après la phase de bactériémie active pour éviter la sélection de résistances

Traitement chirurgical

  • Indications formelles : abcès sous-périosté ou intraosseux collecté + séquestre osseux (tissu osseux nécrosé avasculaire inaccessible aux antibiotiques) + échec de l'antibiothérapie seule après 48–72 heures + arthrite septique associée (drainage articulaire urgent) + instabilité vertébrale (spondylodiscite compliquée) + matériel infecté (prothèse + matériel d'ostéosynthèse)
  • Techniques chirurgicales : curetage osseux (élimination du tissu infecté et nécrosé) + séquestrectomie + fistulectomie + irrigation-drainage + reconstruction osseuse (greffe osseuse + lambeaux musculocutanés pour combler les pertes de substance) + ablation du matériel infecté + remplacement prothétique en deux temps (ablation + antibiothérapie + reimplantation après éradication infectieuse)
  • Traitement du pied diabétique avec ostéomyélite : débridement chirurgical des tissus nécrosés + résection des os infectés (arthroplastie de résection + amputation de rayon ou transmétatarsienne si nécessaire) + revascularisation si artériopathie sévère limitant la cicatrisation + décharge strict du pied (plâtre de contact total + fauteuil roulant)
Situations nécessitant une évaluation médicale urgente

Composez le 911 ou rendez-vous immédiatement aux urgences si une douleur osseuse localisée intense s'accompagne de fièvre élevée + de frissons + ou de signes de sepsis (hypotension + tachycardie + confusion) — une ostéomyélite hématogène aiguë avec bactériémie peut évoluer vers un choc septique en quelques heures et requiert une antibiothérapie IV urgente après hémocultures. Chez un enfant présentant un refus d'appui ou de mobilisation d'un membre associé à une fièvre, une ostéomyélite ou une arthrite septique doit être suspectée et une évaluation aux urgences pédiatriques réalisée sans délai — le pronostic fonctionnel de l'articulation dépend de la précocité du drainage si une arthrite septique est associée.

Pour un patient diabétique présentant un ulcère du pied non cicatrisant depuis plus de 2 semaines, une consultation médicale rapide est recommandée pour évaluer la présence d'une ostéomyélite sous-jacente par examen clinique (test du stylet + IRM du pied) et initier une prise en charge pluridisciplinaire (infectiologie + chirurgie vasculaire + podiatrie). Pour prendre rendez-vous dans ses points de service au Québec ou en télémédecine, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron assurent le diagnostic précoce de l'ostéomyélite par l'évaluation clinique, la prescription du bilan biologique (NFS + CRP + PCT + hémocultures) et de l'IRM, et l'orientation urgente vers les équipes spécialisées en infectiologie et en chirurgie orthopédique pour la biopsie osseuse, l'antibiothérapie ciblée et le traitement chirurgical des formes compliquées. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un infectiologue ou d'un chirurgien orthopédiste. L'ostéomyélite est une infection grave nécessitant une prise en charge médicale et chirurgicale spécialisée pour éviter le passage à la chronicité et les complications irréversibles.

Clinique Omicron

Besoin de consulter un médecin ?

Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.