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Chirurgie colorectale & Proctologie & Médecine de famille

Prolapsus rectal - Test médical Clinique Omicron

Le prolapsus rectal est défini par l'extériorisation anormale de la paroi rectale — en totalité ou en partie — à travers le canal anal et l'orifice anal, résultant d'un affaiblissement progressif des structures de soutien et de fixation du rectum à la paroi pelvienne postérieure (mésorectum + ligament de Waldeyer + fascia pelvien) et d'un relâchement du plancher pelvien et de l'appareil sphinctérien. Il constitue l'une des pathologies du plancher pelvien les plus fréquentes et les plus invalidantes, touchant préférentiellement les femmes de plus de 50 ans (ratio femme/homme de 6 à 9/1), les personnes âgées institutionnalisées, et les personnes atteintes de constipation chronique sévère avec poussées défécatoires répétées — bien qu'il puisse également survenir chez l'homme adulte, les enfants (souvent transitoire et bénin avant 3 ans) et les adultes jeunes dans des contextes particuliers (syndromes de Marfan + maladies neuromusculaires + séquelles obstétricales). L'impact fonctionnel du prolapsus rectal est majeur et multidimensionnel : incontinence fécale (présente dans 50 à 75 % des cas par altération du sphincter et de la sensibilité rectale), troubles de la défécation (dyschésie + ténesme + sensation d'évacuation incomplète), rectorragies liées aux traumatismes répétés de la muqueuse prolabée, gêne périnéale permanente et retentissement psychosocial sévère (réduction des activités sociales + dépression réactionnelle + sentiment de honte). La classification distingue le prolapsus rectal complet (procidence rectale complète — toutes les couches de la paroi rectale extériorisées, y compris la musculeuse), le prolapsus muqueux (prolapsus partiel — seulement la muqueuse rectale et la sous-muqueuse extériorisées) et le prolapsus rectal interne (intussusception recto-rectale ou recto-anale — invagination de la paroi rectale sur elle-même sans extériorisation). La distinction entre ces types est cliniquement importante car elle conditionne le traitement — en particulier l'indication chirurgicale, qui est la règle dans le prolapsus rectal complet symptomatique.

Classification et types de prolapsus rectal

Type Description anatomique Présentation clinique et traitement
Prolapsus rectal complet (procidence) Extériorisation de toutes les couches de la paroi rectale (muqueuse + musculeuse + séreuse) à travers l'anus + intussusception recto-rectale descendant jusqu'à l'anus + plis concentriques circulaires (tout le tour) + signe majeur : pas de sillon entre les plis radiaux (contrairement aux hémorroïdes) + longueur variable de 1 à > 10 cm Initialement réductible spontanément ou manuellement + progressivement irréductible + incontinence fécale fréquente + rectorragies + traitement : chirurgical (rectopexie abdominale ou résection-anastomose périnéale selon le patient)
Prolapsus muqueux (partiel) Extériorisation de la muqueuse et de la sous-muqueuse uniquement + plis radiaux (en étoile) autour de l'anus + sillon entre le prolapsus et le canal anal préservé + souvent < 3–4 cm Lié aux hémorroïdes évoluées (prolapsus hémorroïdaire — stade III/IV) + prurit anal + rectorragies + soiling (salissures) + traitement : ligature élastique + hémorroïdectomie + ou procédure de Longo (agrafage muqueux)
Prolapsus rectal interne (intussusception) Invagination de la paroi rectale supérieure sur elle-même sans extériorisation + visible uniquement à la défécographie dynamique ou à l'IRM dynamique + peut être recto-rectale + recto-anale Symptômes fonctionnels (dyschésie + ténesme + évacuation incomplète + douleur pelvienne) + sans masse extériorisée visible + diagnostic par défécographie + traitement : rééducation + biofeedback + chirurgie si très symptomatique et résistant au traitement conservateur (ventouse STARR)

Facteurs de risque et pathogénie

  • Sexe féminin et multiparité : trauma obstétrical → lésion des nerfs pudendaux + rupture des muscles du plancher pelvien + dénervation progressive + la multiparité (≥ 2 accouchements par voie basse) multiplie le risque par 3 à 5 + accouchements prolongés + forceps + macrosomie fœtale
  • Constipation chronique et poussées défécatoires : efforts de poussée répétés → augmentation de la pression intra-abdominale → descente périnéale progressive → étirement des nerfs pudendaux → dénervation du sphincter externe → incontinence + aggravation du prolapsus
  • Âge avancé : perte de l'élasticité des ligaments pelviens + atrophie musculaire du plancher pelvien + ménopause (carence estrogénique → atrophie des structures pelvigénitales)
  • Troubles neuromusculaires : sclérose en plaques + myéloméningocèle + lésions médullaires + syndrome de la queue de cheval → dénervation du plancher pelvien → prolapsus
  • Prolapsus rectal de l'enfant : forme particulière avant 3 ans + souvent bénigne et transitoire + associée à la fibrose kystique (mucoviscidose) — dépistage systématique — + parasitoses intestinales + malnutrition + traitement conservateur dans 80 % des cas + chirurgie rarement nécessaire

Diagnostic

  • Examen clinique en position accroupie ou à la selle : faire pousser le patient comme pour déféquer → le prolapsus apparaît → évaluer sa taille + sa couleur (muqueuse rose ou violacée si ischémie) + sa réductibilité + les plis circulaires (complet) vs radiaux (muqueux) + palpation de l'apex (dédoublement de la paroi = complet) + toucher rectal : tonus sphinctérien souvent diminué
  • Rectoscopie rigide ou souple : évaluation de la muqueuse + recherche d'une ulcération solitaire du rectum (lésion souvent associée au prolapsus interne + aspect blanc nacré sur la face antérieure du rectum à 7–10 cm de l'anus)
  • Défécographie dynamique (ou IRM dynamique du plancher pelvien) : gold standard pour les prolapsus internes + visualise la descente périnéale + l'intussusception + l'élytrocèle + la cystocèle + la rectocèle associées + indispensable avant toute décision chirurgicale pour cartographier l'ensemble des troubles du plancher pelvien
  • Manométrie anorectale : évalue la pression sphinctérienne de repos et de contraction + la sensibilité rectale + le réflexe recto-anal inhibiteur (RRAI) + indispensable avant chirurgie pour évaluer la continence basale et prédire le résultat fonctionnel post-opératoire
  • EMG du sphincter anal : évalue la dénervation pudentale + utile si incontinence sévère ou antécédents obstétricaux
ℙ️ Le prolapsus rectal complet est souvent confondu avec le prolapsus hémorroïdaire extériorisé (stade III/IV) par le patient et parfois par le médecin. La distinction clinique est simple : les plis du prolapsus rectal complet sont circulaires et concentriques (comme des cercles emboîtés) et l'apex présente un dédoublement pariétal à la palpation (deux feuillets musculaires) — tandis que le prolapsus hémorroïdaire présente des mamelons séparés par des sillons radiaux en étoile et la palpation ne retrouve pas de dédoublement pariétal. Cette distinction est essentielle car le traitement est radicalement différent.

Traitement

  • Mesures conservatrices (traitement de la constipation + rééducation) : traitement de première intention pour les prolapsus symptomatiques légers ou chez les patients à haut risque chirurgical + régulation du transit (fibres alimentaires 25–30 g/jour + hydratation + éviction des efforts de poussée + laxatifs osmotiques) + rééducation périnéale avec biofeedback + électrostimulation du plancher pelvien + travail des muscles releveurs de l'anus + peut améliorer l'incontinence associée mais NE guérit PAS le prolapsus complet structurel → traitement d'attente ou adjuvant
  • Voie abdominale — rectopexie (laparotomie ou coelioscopie) : traitement chirurgical de référence du prolapsus rectal complet chez les patients opérables + mobilisation du rectum jusqu'au plancher pelvien + fixation du mésorectum à la face antérieure du promontoire sacré (rectopexie prothétique au filet — technique de Orr-Loygue + ou rectopexie suturée — technique de Wells) + ± résection sigmoïdienne concomitante si constipation sévère associée (technique de Frykman-Goldberg) + taux de récidive : 2–5 % + amélioration de la continence dans 50–75 % des cas + morbidité : dyspareunie + sténose anastomotique + troubles mictionnels (dissection du plancher nerveux)
  • Voie périnéale — résection-anastomose périnéale (opération de Altemeier) : résection du rectum prolabé par voie périnéale pure + anastomose colorectale manuelle transanale + indiquée chez les patients âgés + comorbides + à haut risque anesthésique + ou si refus de la voie abdominale + taux de récidive plus élevé (10–15 %) que la voie abdominale + mais morbidité péri-opératoire plus faible + moins bien tolérée sur la continence à long terme
  • Voie périnéale — proctopexie de Delorme : résection de la muqueuse prolabée + plication de la musculeuse + anastomose mucosale + préservation du rectum + indiquée pour les prolapsus courts (< 5 cm) + ou les patients fragiles + taux de récidive intermédiaire (5–10 %)
  • Réduction manuelle en urgence (prolapsus irréductible ou étranglé) : si le prolapsus est incarcéré (irréductible + oedémateux + douloureux) → application de sucre en poudre ou de solutions osmotiques sur la muqueuse pour réduire l'œdème → réduction manuelle douce + analgésie + si nécrose débutante (muqueuse noirâtre + nécrotique) → chirurgie urgente
Urgence chirurgicale — prolapsus irréductible ou nécrosé

Composez le 911 ou rendez-vous immédiatement aux urgences si un prolapsus rectal extériorisé ne peut plus être réduit manuellement + si la muqueuse extériorisée devient violacée puis noirâtre (ischémie + nécrose) + ou si une douleur intense et une fièvre accompagnent le prolapsus — ces signes indiquent un prolapsus rectal étranglé avec ischémie nécessitant une intervention chirurgicale urgente pour éviter la nécrose et la perforation intestinale. Consulter un médecin dans les 24 heures si un prolapsus rectal apparaît pour la première fois ou augmente rapidement de volume.

Pour l'évaluation initiale d'un prolapsus rectal, l'orientation vers la proctologie ou la chirurgie colorectale et la prescription de la rééducation périnéale, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent les symptômes évocateurs de prolapsus rectal (masse périnéale extériorisée + incontinence fécale + rectorragies + dyschésie), distinguent le prolapsus rectal complet du prolapsus hémorroïdaire, prescrivent la rééducation périnéale comme traitement conservateur de première intention, orientent vers la proctologie ou la chirurgie colorectale pour l'évaluation endoscopique, la défécographie et la décision chirurgicale, et traitent la constipation sous-jacente qui aggrave le prolapsus. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un proctologue ou d'un chirurgien colorectal. Le prolapsus rectal complet nécessite une évaluation spécialisée incluant une défécographie dynamique et une manométrie anorectale avant toute décision chirurgicale — la voie et la technique opératoire doivent être adaptées au profil individuel du patient.

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