Schistosomiase (bilharziose)
Formes cliniques
| Forme | Espèce / Délai | Manifestations cliniques |
|---|---|---|
| Dermatite cercarienne (dermatite des nageurs) | Toutes espèces + quelques heures | Prurit intense + éruption papulo-urticarienne au site de pénétration + résolution en 24–72 h + peut aussi être causée par des cercaires aviaires dans les lacs tempérés (Laurentides) → forme bénigne sans complications systémiques |
| Fièvre de Katayama (schistosomiase aiguë) | Toutes espèces + 4–8 semaines post-exposition | Fièvre en plateau + frissons + malaise + myalgies + céphalées + toux sèche (migration pulmonaire des larves) + éosinophilie massive (20–70 %) + urticaire + hépatosplénomégalie + sérologie initialement négative (se positive après 6–12 semaines seulement) |
| Bilharziose urogénitale (S. haematobium) | S. haematobium + chronique | Hématurie terminale indolore (pathognomonique — « menstruation mâle » en Afrique) + pollakiurie + dysurie + calcifications vésicales + sténose urétérale + hydronéphrose + cancer de la vessie (carcinome épidermoïde — CIRC groupe 1 + risque × 3–5) + infertilité génitale |
| Bilharziose intestinale (S. mansoni + S. japonicum) | Chronique + mois à années | Diarrhée + douleurs abdominales + sang dans les selles + polypes intestinaux + saignements digestifs |
| Bilharziose hépato-splénique (S. mansoni + S. japonicum) | Chronique + années à décennies | Fibrose hépatique périportale de Symmers (fibre en « tuyau de pipe ») → hypertension portale → splénomégalie massive + ascite + varices œsophagiennes → hémorragie digestive haute + anémie + hypersplénisme → insuffisance hépatique tardive |
| Neuroschistosomiase | Rare + S. japonicum ++ | Granulomes cérébraux ou médullaires → épilepsie + déficits focaux + syndrome de la queue de cheval + myélite transverse → IRM cérébrale + médullaire + traitement urgent praziquantel + corticoïdes |
Diagnostic
- Parasitologie des selles (Kato-Katz) : recherche des œufs de schistosomes dans les selles + S. mansoni : œuf ovale avec éperon latéral + S. japonicum : petit œuf arrondi + sensibilité 50–80 % pour les charges faibles → répéter × 3 prélèvements + technique de concentration (Ritchie)
- Parasitologie des urines (S. haematobium) : examen direct sur urine de milieu de journée (10 h–14 h — pic de ponte) + filtre Nucleopore → recherche des œufs à éperon terminal + sensibilité 80–90 % si charge élevée
- Sérologie (ELISA + Western blot) : test de choix au Québec pour le bilan d'un voyageur de retour + se positive 6–12 semaines après l'exposition + très utile pour les faibles charges parasitaires + les anticorps persistent des années après guérison (cicatrice sérologique) → ne permet pas de juger de l'activité
- Éosinophilie : présente dans toutes les phases + particulièrement massive dans la fièvre de Katayama + un voyageur de retour avec éosinophilie persistante + contact eau douce en zone endémique = schistosomiase jusqu'à preuve du contraire
- Antigènes circulants (CAA + CCA) : détectent les antigènes produits par les vers adultes vivants → évaluent l'activité et la réponse au traitement → disponibles dans les laboratoires de référence
- Biopsie rectale ou vésicale : si sérologie et parasitologie négatives + suspicion clinique forte → sensibilité 90–95 %
Traitement
- Praziquantel (traitement de référence) : 40 mg/kg/jour en 2 prises espacées de 4–6 h × 1 jour (S. haematobium + S. mansoni) + ou 60 mg/kg/jour en 3 prises × 1 jour (S. japonicum) + mécanisme : augmentation de la perméabilité membranaire calcique des vers → contraction spastique + dégénérescence des téguments → efficacité : 85–90 % de réduction de la charge d'œufs + guérison complète dans 60–85 % des cas
- Fièvre de Katayama : praziquantel peu efficace à la phase aiguë (schistosomules jeunes insensibles) → corticoïdes (prednisone 1 mg/kg/j × 5 jours) pour contrôler la réaction immune → puis praziquantel 4 semaines après le début des symptômes (quand les vers adultes sont matures) + répéter 4–6 semaines plus tard
- Neuroschistosomiase : praziquantel + corticoïdes + antiépileptiques si convulsions
- Contrôle de guérison : parasitologie + sérologie (cicatrice sérologique persistante) + antigènes circulants (CAA) à 3–6 mois post-traitement
- Prévention : éviter tout contact avec les eaux douces stagnantes ou à débit lent en zone endémique + pas de vaccin disponible + programmes OMS de chimioprévention (praziquantel dose unique annuelle pour les enfants d'âge scolaire en zone endémique)
Consulter un médecin spécialisé en médecine des voyages ou en infectiologie si un retour de zone endémique (Afrique + Caraïbes + Amérique du Sud + Asie du Sud-Est) avec contact avec des eaux douces s'accompagne d'une éosinophilie + d'une fièvre + d'une fatigue persistante + d'une hématurie + ou de douleurs abdominales — la schistosomiase peut rester silencieuse pendant des années et causer des complications irréversibles. Pour le dépistage sérologique chez un voyageur ou immigrant d'une zone endémique, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Consulter à Clinique Omicron
Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron dépistent la schistosomiase chez les voyageurs de retour de zones endémiques et les immigrants récents, prescrivent la sérologie + la parasitologie des selles ou des urines, traitent par praziquantel, assurent le contrôle de guérison, et orientent vers la gastroentérologie ou l'urologie pour les complications établies. Des consultations de médecine des voyages sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin spécialisé en maladies tropicales ou en médecine des voyages. La schistosomiase est une parasitose chronique pouvant rester asymptomatique pendant des années tout en causant des lésions organiques progressives irréversibles. Tout contact avec des eaux douces en zone endémique justifie un dépistage sérologique au minimum 6 semaines après l'exposition.
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