Aller au contenu

514 606-3350

info@cliniqueomicron.ca​

FR / EN
Logo – Clinique Omicron
Néphrologie & Biochimie clinique & Médecine de famille

Sédiment urinaire (analyse microscopique des urines)

Le sédiment urinaire — également désigné analyse microscopique des urines ou examen cytobactériologique des urines (ECBU) dans sa composante cellulaire — est l'examen microscopique des éléments figurés présents dans les urines après centrifugation d'un échantillon d'urine fraîche (urine du milieu de jet + recueillie dans un contenant stérile + analysée dans l'heure suivant le prélèvement pour préserver l'intégrité morphologique des éléments cellulaires). La centrifugation concentre dans le culot urinaire les cellules + les cylindres + les cristaux + les bactéries qui sont ensuite remis en suspension dans un faible volume de surnageant et examinés au microscope optique à l'objectif × 10 (faible grossissement) puis × 40 (fort grossissement). L'analyse du sédiment urinaire fournit des informations diagnostiques irremplaçables sur la localisation et la nature d'une pathologie rénale ou des voies urinaires : la présence d'érythrocytes dysmorphiques et de cylindres hématiques oriente vers une glomérulonéphrite + la présence de cylindres granuleux et de cellules tubulaires rénales vers une nécrose tubulaire aiguë + la leucocyturie avec bactéries vers une infection urinaire + la présence de cylindres cireux et larges vers une insuffisance rénale chronique avancée. En pratique clinique, la bandelette urinaire (BU) — test semi-quantitatif à lecture rapide détectant les leucocytes (estérases leucocytaires) + les nitrites + le sang (hemoglobine) + les protéines + le glucose — constitue souvent l'examen de première ligne, mais le sédiment microscopique reste indispensable pour caractériser précisément la nature des anomalies (notamment pour différencier la nature des cylindres + l'origine des érythrocytes + et identifier les cristaux pathologiques) et pour guider la décision de biopsy rénale en cas de glomérulonéphrite suspectée.

Éléments normaux et seuils pathologiques

Élément Valeur normale Seuil pathologique
Érythrocytes (globules rouges) < 2–3 GR/champ (× 40) + ou < 5 GR/µL en cytométrie de flux ≥ 3–5 GR/champ = hématurie microscopique → investigation (origine glomérulaire vs urologiques)
Leucocytes (globules blancs) < 5 GB/champ (× 40) + ou < 10 GB/µL ≥ 10 GB/µL (ou ≥ 5–10/champ) = leucocyturie significative → infection urinaire + glomérulonéphrite + néphrite interstitielle + tuberculose rénale
Cylindres hyalins 1–2/champ (× 10) physiologique (principalement protéine de Tamm-Horsfall) Augmentés dans la déshydratation + exercice intense + insuffisance cardiaque → peu spécifiques
Bactéries Absentes sur urine fraîche Présence de bactéries + leucocyturie = infection urinaire probable → ECBU pour confirmation + antibiogramme
Cristaux d'acide urique Présents dans les urines acides (urines du matin) Abondants si hyperuricémie + régime riche en purines + urine très acide → lithiase urique possible
Cellules épithéliales (pavimenteuses) Présentes en petite quantité (contamination vaginale) Nombreuses = prélèvement contaminé → répéter le prélèvement

Cylindres urinaires — signification diagnostique

Type de cylindre Composition et aspect Signification clinique
Cylindres hématiques (érythrocytaires) Cylindres contenant des érythrocytes enrobés dans la protéine de Tamm-Horsfall + orangés-rougeâtres à la coloration + fragiles → se désintègrent rapidement → analyser l'urine fraîche PATHOGNOMONIQUES d'une glomérulonéphrite → le sang provient du glomérule + causes : GN post-infectieuse + GN rapidly progressive + néphropathie IgA + lupus + vascularite + syndrome de Goodpasture → biopsie rénale quasi-systématique
Cylindres leucocytaires Cylindres contenant des polynucléaires neutrophiles ou des lymphocytes + souvent associés à une leucocyturie Pyélonéphrite aiguë ++ + néphrite interstitielle aiguë (médicamenteuse + infectieuse) + moins fréquemment : glomérulonéphrite proliférative + lupus
Cylindres granuleux (grossiers ou fins) Cylindres contenant des granulations (débris cellulaires + protéines dégradées) + apparence granuleuse brun-sale (muddy brown casts) Nécrose tubulaire aiguë (NTA) +++ → contexte d'ischémie rénale + choc + néphrotoxiques (aminoglycosides + produits de contraste iodés) + myoglobinurie + hémoglobinurie + insuffisance rénale aiguë oligurique
Cylindres épithéliaux (cellules tubulaires) Cylindres contenant des cellules épithéliales tubulaires rénales + souvent associés aux cylindres granuleux Nécrose tubulaire aiguë + lésion tubulaire directe (toxique + ischémique) + rejet de greffe rénale
Cylindres cireux Cylindres larges + réfringents + à bords nets + aspect cireux + large diamètre (car formés dans les tubules dilatés) Insuffisance rénale chronique avancée (diamètre reflète la dilatation tubulaire compensatrice) + stase urinaire prolongée + pronostic péjoratif
Cylindres lipidiques (corps gras ovales) Cylindres contenant des gouttelettes lipidiques + biréfringents en croix de Malte en lumière polarisée Syndrome néphrotique ++ (lipidurie) + diabète + lupus + toute cause de protéinurie massive
Cylindres hyalins Transparents + homogènes + protéine de Tamm-Horsfall seule + peu réfringents + difficiles à voir Physiologiques en petite quantité + augmentés dans la déshydratation + exercice intense + diurétiques + insuffisance cardiaque + fièvre

Hématurie microscopique — démarche diagnostique

  • Définition : ≥ 3 GR/champ (× 40) sur 2 prélèvements distincts sur un mois + ou ≥ 5 GR/µL en cytométrie de flux + toujours confirmer sur un 2e prélèvement avant d'investiguer (éviter la fausse hématurie par contamination menstruelle + effort physique intense + infection urinaire)
  • Érythrocytes dysmorphiques (acanthocytes) : GR déformés + irréguliers + membrane boursouflée + en forme d'anneau (donut) ou d'éperon → résultent du passage forcé des GR à travers la membrane basale glomérulaire endommagée → indicateur d'origine glomérulaire (sensibilité 80 % + spécificité 90 % si ≥ 5 % d'acanthocytes) + associés aux cylindres hématiques = GN quasi-certaine → biopsie rénale
  • Érythrocytes isomorphes (non dysmorphiques) : GR de morphologie normale + origine urologiques (voies urinaires basses ou hautes + pas d'altération par le glomérule) → causes : lithiase urinaire + tumeur urothéliale + cystite + prostatite + traumatisme
  • Démarche selon l'âge et les facteurs de risque : tout adulte > 35 ans avec hématurie microscopique confirmée → cystoscopie + uro-TDM (bilan urologique complet pour exclure une tumeur de la voie excrétrice) + si GR dysmorphiques + cylindres hématiques → bilan néphologique + biopsie rénale

Leucocyturie sans bactériurie (leucocyturie aseptique)

  • Tuberculose uro-génitale : leucocyturie abondante + absence de bactéries sur culture standard (bacille de Koch ne pousse pas sur gélose ordinaire) → ECBU sur culture de Löwenstein-Jensen (× 3 matins consécutifs) + PCR Mycobacterium tuberculosis urinaire → à évoquer chez tout patient avec leucocyturie aseptique persistante + surtout si origines d'une zone endémique
  • Néphrite interstitielle aiguë médicamenteuse (NIA) : leucocyturie + éosinophilurie (présence d'éosinophiles dans les urines — colorés par la coloration de Hansel) + IRA + fièvre + rash + éosinophilie sanguine + contexte de prise médicamenteuse récente (AINS + antibiotiques + IPP + allopurinol)
  • Chlamydia + Mycoplasme uréthral : urétrite non gonococcique + leucocyturie + PCR Chlamydia + Mycoplasme sur premier jet urinaire
  • Glomérulonéphrites : leucocyturie + hématurie + cylindres leucocytaires + protéinurie
ℙ️ Les conditions pré-analytiques sont fondamentales pour l'interprétation du sédiment urinaire. L'urine doit être analysée dans l'heure suivant le prélèvement — après 2 heures, les cylindres hématiques se désintègrent, les érythrocytes lysent (rendant l'hématurie invisible), et les bactéries prolifèrent. Toujours noter l'heure de prélèvement et l'heure d'analyse sur la demande. Utiliser de préférence le premier jet du matin (plus concentrée → éléments plus facilement détectables) et le mi-jet après nettoyage soigneux.

Cristaux pathologiques dans le sédiment

  • Cristaux d'oxalate de calcium (monohydraté + dihydraté) : oxalate de calcium monohydraté = haltères ou amandes → lithiase oxalique + oxalate de calcium dihydraté = enveloppes de courrier ou octaèdres → plus fréquents + souvent non pathologiques (alimentation riche en oxalates)
  • Cristaux d'acide urique : formes variables (prismes + losanges + aiguilles) + jaune-orangé + dans les urines acides + lithiase urique + hyperuricémie + syndrome de lyse tumorale
  • Cristaux de cystine : hexagonaux + incolores + pathognomoniques de la cystinurie héréditaire (défaut de réabsorption tubulaire de la cystine) → lithiase cystinique récidivante
  • Cristaux de struvite (phosphate ammoniocomagnesien) : cercueils + associés aux infections à bactéries uréase-positives (Proteus + Klebsiella) → lithiase de struvite (lithiase infectieuse)
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin ou un néphrologue si le sédiment urinaire montre des cylindres hématiques (GR dysmorphiques + cylindres rougeâtres) — ce tableau pathognomonique d'une glomérulonéphrite active impose une évaluation urgente (bilan immunologique + biopsie rénale) et un traitement précoce pour prévenir l'évolution vers l'insuffisance rénale chronique. Consulter également si des cylindres granuleux brun-sale (muddy brown casts) sont présents dans un contexte de réduction de la diurèse — ces cylindres sont pathognomoniques de nécrose tubulaire aiguë nécessitant une prise en charge rénale urgente. Pour la prescription et l'interprétation du sédiment urinaire, Clinique Omicron offre des consultations dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron prescrivent et interprètent le sédiment urinaire dans le bilan d'une hématurie (microscopique ou macroscopique) + d'une protéinurie + d'une infection urinaire + d'une insuffisance rénale + ou d'un suivi de maladie rénale chronique, distinguent les hématuries d'origine glomérulaire (érythrocytes dysmorphiques + cylindres hématiques) des hématuries d'origine urologique, prescrivent le bilan complémentaire adapté (biopsie rénale + uro-TDM + bilan immunologique + ECBU sur Löwenstein si tuberculose) et orientent vers la néphologie ou l'urologie selon la nature de l'anomalie identifiée. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un néphrologue. Le sédiment urinaire doit être analysé sur une urine fraîche dans l'heure suivant le prélèvement — un délai d'analyse trop long invalide les résultats. L'interprétation du sédiment doit toujours être corrélée avec la clinique, la bandelette urinaire et les résultats biologiques sanguins (créatinine + protéinurie quantifiée).

Clinique Omicron

Besoin de consulter un médecin ?

Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.