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ORL & Médecine de famille & Médecine interne

Sialadénite (inflammation des glandes salivaires)

La sialadénite désigne l'inflammation d'une ou plusieurs glandes salivaires — les trois paires de glandes salivaires principales étant les glandes parotides (les plus volumineuses + situées en avant et en dessous de l'oreille + drainées par le canal de Stensen s'ouvrant en regard de la première molaire supérieure) + les glandes sous-mandibulaires ou submandibulaires (submaxillaires — situées dans le plancher buccal + drainées par le canal de Wharton débouchant sous la langue) + les glandes sublinguales (les plus petites + sous la langue) — pouvant résulter de causes infectieuses bactériennes ou virales, lithiasiques (obstruction par un calcul salivaire — sialolithiase), auto-immunes, granulomateuses ou néoplasiques. L'infection bactérienne ascendante — désignée sialadénite bactérienne aiguë ou parotidite suppurative aiguë — est la forme la plus fréquente et la plus urgente des sialadénites, résultant le plus souvent d'une réduction du flux salivaire (déshydratation + médicaments anticholinergiques + chirurgie abdominale majeure + anesthésie générale + radiothérapie cervico-faciale) favorisant l'ascension rétrograde de bactéries buccales (principalement Staphylococcus aureus + Streptococcus viridans + anaérobies) dans le canal excréteur et le parenchyme glandulaire. La sialadénite obstructive par lithiase salivaire (sialolithiase) est également très fréquente, touchant principalement les glandes sous-mandibulaires (80–85 % des calculs salivaires) en raison des caractéristiques de leur sécrétion (salive visqueuse + riche en mucine + flux contre-gravité) et de la longueur et de la tortuosité de leur canal excréteur (canal de Wharton). Les sialadénites chroniques — incluant le syndrome de Sjögren (infiltration lymphocytaire auto-immune des glandes salivaires et lacrymales entraînant une xérostomie + une xérophtalmie + un risque accru de lymphome) + la sialadénose (augmentation bilatérale des parotides d'origine métabolique dans le diabète + l'alcoolisme + la malnutrition + l'anorexie) + la sarcoïdose — nécessitent une investigation étiologique spécialisée.

Classification étiologique des sialadénites

Type Étiologie principale Glande préférentiellement touchée
Sialadénite bactérienne aiguë (suppurative) S. aureus (50–90 %) + streptocoques + anaérobies + Haemophilus influenzae → ascension rétrograde via le canal excréteur lors d'une hyposecrétion salivaire Parotide ++ (90 % des sialadénites bactériennes aiguës) + sous-mandibulaire + rarement sublinguale
Sialadénite obstructive (lithiasique — sialolithiase) Calcul salivaire (phosphate de calcium + carbonate de calcium + mucine) obstruant le canal excréteur → stase salivaire → distension douloureuse + infection secondaire possible Sous-mandibulaire/submandibulaire dans 80–85 % des cas + parotide dans 10–15 % + canal de Wharton 80 % + canal de Stensen 5 %
Parotidite ourlienne (oreillons) Virus des oreillons (Paramyxovirus — Rubulavirus) + transmission aérienne + incubation 14–25 jours + maladie à déclaration obligatoire (MADO) Parotide bilatérale (ou unilatérale au début) + gonflement bilatéral progressif en 48–72 h
Syndrome de Sjögren Auto-immunité lymphocytaire (anti-SSA/Ro + anti-SSB/La) → infiltration et destruction des acini salivaires et lacrymaux → xérostomie + xérophtalmie + gonflement parotidien bilatéral chronique Parotide bilatérale (gonflement symétrique + indolore + ferme) + glandes lacrymales
Sialadénose (parotidose) Cause métabolique non inflammatoire → hypertrophie acineuse sans infiltrat inflammatoire + diabète + alcoolisme chronique + malnutrition + anorexie + boulimie + hypothyroïdie Parotide bilatérale symétrique (hypertrophie indolore)
Sarcoïdose (syndrome de Heerfordt) Granulomes non caséeux → uvéite + fièvre + parotidite + paralysie faciale + pneumopathie Parotide bilatérale + glandes lacrymales

Sialadénite bactérienne aiguë — présentation et traitement

  • Présentation clinique : gonflement douloureux d'apparition rapide (heures à jours) + localisé à la glande atteinte + peau sus-jacente érythémateuse + chaude + tendue + trismus si atteinte parotidienne sévère + pression de la glande → sortie de pus par l'ostium canalaire (canal de Stensen pour la parotide — visible en regard de la deuxième molaire supérieure) + fièvre + altération de l'état général + leucocytose + CRP élevée
  • Facteurs favorisants à rechercher systématiquement : déshydratation + médicaments réduisant le flux salivaire (anticholinergiques + antihistaminiques de 1ère génération + diurétiques + antidépresseurs tricycliques + antipsychotiques) + hospitalisations récentes + chirurgie abdominale + radiothérapie cervico-faciale antérieure + immunodépression
  • Antibiothérapie : amoxicilline-clavulanate (Augmentin®) 875–125 mg × 2/jour per os × 7–10 jours (couverture de S. aureus + streptocoques + anaérobies) + ou céphalexine + métronidazole si allergie à la pénicilline + si SARM suspecté ou absence de réponse : TMP-SMX + ou clindamycine + antibiothérapie IV si forme sévère + ou sepsis + ou immunodépression
  • Mesures adjuvantes : hydratation orale ou IV abondante (augmenter le flux salivaire) + massage de la glande du fond vers l'ostium (aide à drainer le pus) + stimulation salivaire (citron + bonbons acides) + hygiène buccale rigoureuse + correction des facteurs favorisants (arrêt des médicaments asséchants + réhydratation) + chirurgie de drainage si abcès collecté (fluctuation + pas de réponse aux antibiotiques en 48 h)

Sialolithiase — lithiase salivaire

  • Présentation clinique caractéristique : douleur et gonflement de la glande sous-mandibulaire (90 % des cas) déclenchés ou aggravés lors des repas (stimulation de la sécrétion salivaire + le calcul obstrue le flux → distension douloureuse de la glande en amont) + douleur disparaissant progressivement après le repas (flux reprend partiellement) + ce phénomène déjeuner-douleur est pathognomonique + calcul parfois palpable au plancher buccal + calculs parfois visibles en transillumination ou à la radiographie
  • Imagerie : échographie cervicale et du plancher buccal = examen de première intention (visualise le calcul + l'ectasie canalaire en amont + une éventuelle abcédation) + radiographie occlusale du plancher buccal (calculs radio-opaques — 80 % des calculs sous-mandibulaires) + scanner des glandes salivaires si échographie insuffisante + IRM + sialographie (injection de produit de contraste dans le canal excréteur — de moins en moins utilisée)
  • Traitement : calcul distal accessible (palpable dans le plancher buccal) → marsupialisation du canal et extraction manuelle sous anesthésie locale (chirurgie buccale + ORL) + calcul proximal intra-glandulaire → sialendoscopie interventionnelle (endoscopie mini-invasive du canal salivaire avec extraction au panier ou lithotritie intracanalaire) + lithotritie extracorporelle (ondes de choc) si calcul < 7 mm + parotidite + sous-mandibulaire → submandibulectomie (ablation de la glande) si calcul inaccessible ou récidivant + sialadénite chronique récurrente

Parotidite ourlienne (oreillons) — spécificités

  • Tableau clinique : fièvre modérée + céphalées + malaise + gonflement parotidien unilatéral au début puis bilatéral dans 70 % des cas en 1 à 2 jours + douleur à la palpation + gonflement remontant en avant du tragus + trismus possible + orifice du canal de Stensen érythémateux sans pus (viral — distingue de la bactérienne)
  • Complications : orchite (20–30 % des hommes post-pubères → risque d'atrophie testiculaire + d'infertilité → vaccination avant la puberté indispensable) + méningite aseptique (15 %) + encéphalite + pancréatite + oophorite + surdité neurosensorielle (rare mais possible)
  • Diagnostic biologique : amylase salivaire élevée (augmentation caractéristique) + sérologie IgM oreillons + ou PCR sur écouvillon buccal/urinaire + NFS : leucopénie + lymphocytose relative
  • Traitement : symptomatique uniquement (paracétamol + AINS + hydratation) + pas d'antiviral disponible + isolement respiratoire pendant 5 jours après le début du gonflement + MADO au Québec + vaccination RRO préventive = mesure la plus efficace
ℙ️ Le signe le plus utile pour distinguer une sialadénite bactérienne aiguë d'une parotidite ourlienne est l'examen de l'ostium canalaire : dans la sialadénite bactérienne, une pression douce sur la glande fait sourdre du pus ou de l'exsudat purulent à l'ostium canalaire (canal de Stensen pour la parotide — visible en regard de la 2e molaire supérieure) — ce signe est pathognomonique d'une infection bactérienne et indique une antibiothérapie urgente. Dans la parotidite ourlienne, l'ostium est érythémateux mais la salive est claire.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin dans les 24 heures si un gonflement douloureux d'une glande salivaire s'accompagne de fièvre + d'une rougeur cutanée + d'un trismus + ou d'un pus s'écoulant par l'ostium canalaire — ces signes indiquent une sialadénite bactérienne aiguë nécessitant une antibiothérapie. Consulter les urgences si le gonflement progresse rapidement vers le cou ou le plancher buccal (cellulite cervicale + angine de Ludwig), si la déglutition devient difficile, ou si une détresse respiratoire apparaît. Pour l'évaluation initiale et la prescription de l'antibiothérapie, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent les sialadénites aiguës et chroniques, distinguent les causes bactériennes (pus à l'ostium + fièvre) des causes virales (oreillons) et obstructives (lithiasiques), prescrivent l'antibiothérapie adaptée pour les sialadénites bactériennes, recommandent l'hydratation et les mesures de stimulation salivaire, prescrivent l'échographie cervicale pour rechercher un calcul salivaire, orientent vers l'ORL ou la chirurgie buccale pour la sialendoscopie ou l'extraction d'un calcul, et orientent vers la rhumatologie pour le syndrome de Sjögren suspecté. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un spécialiste ORL. La sialadénite bactérienne aiguë avec extension cervicale profonde (cellulite cervicale + angine de Ludwig) est une urgence chirurgicale nécessitant un drainage chirurgical et une antibiothérapie IV urgente pour prévenir l'obstruction des voies aériennes.

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