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Tiques : morsures et maladies transmises au Québec

Les tiques sont des acariens ectoparasites hématophages obligatoires — elles se nourrissent exclusivement de sang en se fixant sur un hôte vertébré — et constituent les principaux vecteurs de maladies infectieuses en Amérique du Nord après les moustiques. Au Québec, l'espèce d'importance médicale principale est Ixodes scapularis (tique à pattes noires ou tique des chevreuils) — vecteur de la maladie de Lyme (Borrelia burgdorferi) + de l'anaplasmose (Anaplasma phagocytophilum) + et de la babésiose (Babesia microti) — dont la distribution géographique s'est étendue progressivement vers le nord ces 20 dernières années sous l'effet des changements climatiques + de la prolifération des cervidés (chevreuils) et des rongeurs (réservoirs principaux du pathogène). Les régions les plus à risque au Québec incluent notamment la région de la Montérégie + les Cantons-de-l'Est + la région de Montréal + les Laurentides + et le Bas-Saint-Laurent. La maladie de Lyme est la maladie à vecteur la plus fréquente au Canada + avec environ 3 000–5 000 cas déclarés annuellement au Canada + et une incidence en forte augmentation au Québec. La transmission des pathogènes nécessite généralement une fixation de la tique pendant au moins 24 à 36 heures (pour B. burgdorferi) — ce qui offre une fenêtre d'opportunité pour la détection et le retrait précoce de la tique avant la transmission. La prévention par les mesures de protection personnelle (répulsifs + vêtements longs + inspection cutanée après la randonnée) + le retrait rapide et correct des tiques fixées + et la prophylaxie post-exposition par doxycycline (dose unique) dans les situations à risque élevé constituent les piliers de la prise en charge des morsures de tiques au Québec.

Principales tiques au Québec et maladies transmises

Espèce Nom commun Maladies transmises au Québec Régions à risque
Ixodes scapularis Tique à pattes noires / tique des chevreuils Maladie de Lyme (B. burgdorferi) ++ + Anaplasmose (A. phagocytophilum) + Babésiose (B. microti) + Ehrlichiose Montérégie + Cantons-de-l'Est + Montréal + Laurentides + Bas-St-Laurent (en expansion)
Dermacentor variabilis Tique américaine du chien Fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses (R. rickettsii) — rare au Québec + paralysie à tiques Régions plus au sud + rare au Québec
Amblyomma americanum Tique à étoile solitaire Ehrlichiose + STARI (B. lonestari) + Tularémie Rare au Québec — présence en expansion aux États-Unis

Retrait d'une tique fixée — technique correcte

  • Matériel : pince à tiques à bec fin (ou pince fine sans dents) + alcool 70 % pour désinfecter + ne pas utiliser : doigts nus + vaseline + huile + alcool sur la tique avant le retrait + chaleur (briquet) → ces méthodes provoquent une régurgitation du contenu intestinal de la tique et augmentent le risque de transmission
  • Technique : saisir la tique aussi près que possible de la peau avec la pince fine + tirer fermement et progressivement vers le haut (perpendiculaire à la peau) sans tourner + sans écraser → extraire la tique en un seul mouvement
  • Après le retrait : désinfecter le site avec de l'alcool 70 % ou de l'eau et du savon + noter la date du retrait + conserver la tique dans un sac hermétique ou un pot d'alcool pour identification éventuelle + surveiller le site et l'état général pendant 30 jours
  • Identification et soumission de la tique : certaines provinces (dont le Québec) offrent des programmes de surveillance des tiques → soumettre la tique au laboratoire de santé publique pour identification d'espèce + test d'infection → résultats orientent la décision thérapeutique

Maladie de Lyme — stades cliniques

  • Stade 1 — Lyme précoce localisée (J3–J30 après la morsure) : érythème migrant (EM) = lésion cutanée pathognomonique présente dans 70–80 % des cas → macule ou plaque érythémateuse expansive (> 5 cm) + centrifuge + avec ou sans centre clair (aspect cible — présent dans seulement 20–30 % des cas) + à partir du site de morsure + indolore + non prurigineux + dure 3–4 semaines sans traitement + symptômes associés : fièvre légère + céphalées + myalgies + arthralgies + fatigue
  • Stade 2 — Lyme précoce disséminée (semaines à mois) : érythèmes migrants multiples (dissémination hématogène) + neuroborreliose précoce (méningite lymphocytaire + paralysie faciale périphérique — unilatérale ou bilatérale + radiculopathie douloureuse + neuropathie des nerfs crâniens) + cardite de Lyme (BAV du 1er au 3e degré + BAV de haut degré → pacemaker temporaire si symptomatique)
  • Stade 3 — Lyme tardive (mois à années) : arthrite de Lyme (arthrite oligoarticulaire intermittente puis persistante + genou +++ + grosse articulation + effusion) + neuroborreliose tardive (encéphalopathie + polyneuropathie) + acrodermatite chronique atrophiante (ACA — peau violacée atrophique + membres + Europe surtout)
  • Symptômes post-traitement de la maladie de Lyme (PTLDS) : fatigue + douleurs + troubles cognitifs persistant > 6 mois après traitement adéquat et documenté + mécanisme incertain (pas d'infection active persistante démontrée) + ne pas prolonger les antibiotiques (pas de bénéfice démontré + risques)

Diagnostic de la maladie de Lyme

  • Érythème migrant typique : diagnostic clinique suffisant → initier le traitement antibiotique SANS attendre la sérologie (la sérologie est souvent négative aux stades précoces)
  • Sérologie (algorithme à deux niveaux — Santé Canada + CDC) : ELISA (Borrelia IgM + IgG) → si positif ou douteux → Western blot confirmatoire + sensibilité 50–60 % au stade précoce + 95–99 % aux stades tardifs + des faux positifs sont possibles (lupus + MNI + syphilis + autres spirochètes)
  • PCR : utile dans le liquide synovial (arthrite de Lyme — sensibilité 80 %) + ou le LCR (neuroborreliose) + peu utile sur le sang
  • NFS : leucopénie + thrombocytopénie + élévation des transaminases dans l'anaplasmose concomitante (co-infection fréquente dans les zones endémiques)

Traitement — antibiotiques selon le stade

Indication Traitement de choix Durée
Prophylaxie post-exposition (tique I. scapularis fixée ≥ 36 h en zone endémique) Doxycycline 200 mg dose unique PO Dose unique (dans les 72 h après retrait de la tique) → réduction du risque de 87 %
Érythème migrant (Lyme stade 1) Doxycycline 100 mg × 2/j PO + ou amoxicilline 500 mg × 3/j PO + ou céfuroxime 500 mg × 2/j PO 10–14 jours (doxycycline) + 14–21 jours (amoxicilline + céfuroxime)
Neuroborreliose précoce (paralysie faciale isolée) Doxycycline 100 mg × 2/j PO 14–21 jours
Neuroborreliose sévère (méningite + encéphalite) Ceftriaxone 2 g IV × 1/j 14–21 jours
Cardite de Lyme (BAV léger) Doxycycline 100 mg × 2/j PO 14–21 jours + monitoring cardiaque
Cardite de Lyme sévère (BAV de haut degré) Ceftriaxone 2 g IV × 1/j 14–21 jours + pacemaker temporaire si BAV ≥ 2e degré symptomatique
Arthrite de Lyme Doxycycline 100 mg × 2/j PO + ou amoxicilline 500 mg × 3/j 28 jours + si persistance → ceftriaxone IV 28 jours
Anaplasmose / Ehrlichiose Doxycycline 100 mg × 2/j PO 10–14 jours
Babésiose légère à modérée Atovaquone 750 mg × 2/j + azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg/j 7–10 jours
ℙ️ L'érythème migrant est le seul signe pathognomonique de la maladie de Lyme — il justifie à lui seul l'initiation du traitement antibiotique sans attendre la sérologie. La sérologie peut être faussement négative dans les 2 à 4 premières semaines de la maladie. L'aspect classique «en cible» (anneau rouge + centre clair + anneau rouge externe) n'est présent que dans 20–30 % des érythèmes migrants — toute macule érythémateuse expansive > 5 cm au site d'une morsure de tique doit être traitée comme un Lyme.

Prévention des morsures de tiques au Québec

  • Répulsifs cutanés : DEET 20–30 % (adultes + enfants > 6 mois) → protection 4–8 h + icaridine 20 % (alternative bien tolérée + peu odorante) + perméthrine sur les vêtements (insecticide rémanent → protection plusieurs semaines)
  • Vêtements protecteurs : manches longues + pantalons longs + rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes + chaussures fermées → réduit l'accès aux zones de peau exposée
  • Inspection cutanée systématique : après toute activité en milieu boisé ou herbeux → inspecter l'ensemble du corps + insister sur : cuir chevelu + oreilles + cou + aisselles + région ombilicale + aine + région génitale + creux poplités + espace entre les orteils → faire inspecter par un proche les zones non visibles
  • Douche après randonnée : dans les 2 heures suivant l'activité → réduction du risque de morsure non détectée
  • Vêtements au séchoir : 10 min à haute température (≥ 60 °C) après la randonnée → tue les tiques sur les vêtements
  • Animaux de compagnie : vérifier et traiter les chiens + chats contre les tiques (antiparasitaires vétérinaires) → les animaux peuvent ramener des tiques dans la maison
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin dans les 72 heures si une tique Ixodes scapularis est restée fixée ≥ 36 heures en zone endémique au Québec (Montérégie + Cantons-de-l'Est + autres régions à risque) pour évaluer l'indication d'une prophylaxie par doxycycline 200 mg dose unique. Consulter un médecin si une lésion cutanée rouge et expansive apparaît au site d'une morsure de tique dans les 3 à 30 jours suivants — même sans centre clair. Consulter aux urgences si fièvre élevée + paralysie faciale + palpitations + ou difficultés à marcher surviennent dans les semaines suivant une morsure de tique. Pour le retrait correct des tiques + la prophylaxie post-exposition + le diagnostic et le traitement de la maladie de Lyme, Clinique Omicron offre des consultations dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent les morsures de tiques et l'indication de la prophylaxie post-exposition par doxycycline, diagnostiquent la maladie de Lyme par l'érythème migrant (traitement sans attendre la sérologie) ou par la sérologie aux stades ultérieurs, traitent la maladie de Lyme et les co-infections (anaplasmose + babésiose) selon le stade clinique, orientent vers les urgences ou l'infectiologie pour les formes sévères (neuroborreliose + cardite), et prodiguent les conseils de prévention des morsures de tiques. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. La distribution des tiques Ixodes scapularis et la prévalence de la maladie de Lyme au Québec évoluent rapidement avec les changements climatiques — consulter les données de surveillance régionale de la Direction régionale de santé publique pour les zones endémiques les plus à jour. La sérologie de Lyme est faussement négative dans les 2 à 4 premières semaines — ne pas exclure le diagnostic sur une sérologie négative précoce si l'érythème migrant est présent.

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