Urétrite : symptômes, diagnostic et traitement à la Clinique Omicron
Agents pathogènes et présentation clinique
| Agent | Fréquence | Présentation clinique | Incubation |
|---|---|---|---|
| Neisseria gonorrhoeae (gonorrhée) | Urétrite gonococcique — très fréquente | Écoulement urétral purulent abondant (pus jaune-vert) + dysurie intense + méat érythémateux + prurit urétral + souvent symptomatique chez l'homme + asymptomatique chez la femme dans 50 % des cas | 2–7 jours |
| Chlamydia trachomatis | 30–50 % des urétrites non gonococciques | Écoulement mucoïde clair + peu abondant + parfois uniquement matinal («goutte du bonjour») + dysurie modérée + souvent asymptomatique (50–70 % des hommes + 70–80 % des femmes) | 7–21 jours |
| Mycoplasma genitalium | 15–25 % des urétrites non gonococciques | Similaire à Chlamydia + souvent asymptomatique + tendance à la chronicité si non traitée + résistances aux macrolides émergentes (azithromycine) → dépistage de la résistance recommandé | Variable — 1–3 semaines |
| Ureaplasma urealyticum | 10–20 % | Rôle pathogène parfois discuté + souvent asymptomatique + peut causer des urétrites légères + orchite + infertilité masculine | Variable |
| Trichomonas vaginalis | 5–10 % | Prurit urétral + écoulement clair + souvent asymptomatique chez l'homme (réservoir) + voir fiche dédiée | 5–28 jours |
| Herpes simplex virus (HSV-2) | Rare (1–2 %) | Dysuries intenses + vésicules/ulcérations sur le méat + adénopathies inguinales + fièvre + primo-infection souvent sévère | 2–12 jours |
Diagnostic
- TAAN (test d'amplification des acides nucléiques — PCR) : examen de référence pour la détection de N. gonorrhoeae + Chlamydia trachomatis + Mycoplasma genitalium → sensibilité > 95 % + spécificité > 99 % + prélèvement : premier jet d'urine du matin (≥ 1 h sans uriner avant) + ou écouvillonnage urétral + ou pharyngé + ou rectal selon les pratiques sexuelles → test de choix pour le dépistage et le diagnostic
- Prélèvement urétral + frottis + culture : culture avec antibiogramme pour N. gonorrhoeae → indispensable pour la surveillance des résistances + et si échec du traitement + moins sensible que le TAAN mais donne les données de résistance
- Examen microscopique direct du frottis urétral : coloration de Gram → diplocoques à Gram négatif intracellulaires (DNGI) = présomption de gonorrhée (sensibilité 95 % chez l'homme symptomatique + 50–60 % chez l'homme asymptomatique) + ≥ 5 polynucléaires neutrophiles (PNN) par champ = urétrite confirmée
- Bilan complémentaire systématique : sérologies VIH + syphilis + VHB + VHC + TAAN Chlamydia + gonorrhée + M. genitalium selon les pratiques + NFS si fièvre + bilan rénal si complications
- Sites extra-génitaux : pharynx (sexe oral) + rectum (sexe anal réceptif) → TAAN sur écouvillon pharyngé et/ou rectal selon les pratiques sexuelles déclarées → ne pas manquer une gonorrhée pharyngée ou rectale co-existante
Traitement
- Gonorrhée (N. gonorrhoeae) — traitement de choix (lignes directrices Santé Canada + ITSS Québec 2023) : ceftriaxone 500 mg IM dose unique (ou 1 g IM si poids > 150 kg) → traitement de référence en raison des résistances croissantes + si co-infection Chlamydia non exclue → ajouter doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours (ou azithromycine 1 g dose unique si doxycycline impossible)
- Gonorrhée — traitement alternatif si contre-indication à la ceftriaxone : céfixime 800 mg per os dose unique (moins efficace sur les souches résistantes) → uniquement si sensibilité documentée + ou si allergie aux céphalosporines : gentamicine 240 mg IM + azithromycine 2 g per os (dose unique) → toujours confirmer par TAAN de contrôle à 7–14 jours
- Chlamydia trachomatis — traitement de choix : doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours → supérieur à l'azithromycine dose unique (taux d'éradication 98 % vs 77 % + surtout pour les infections rectales) + ou azithromycine 1 g per os dose unique si observance douteuse ou si femme enceinte (contre-indication doxycycline)
- Mycoplasma genitalium — algorithme selon résistance : doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours (réduction de la charge + pas curatif seul) → puis azithromycine 1 g J1 + 500 mg J2-J4 (si pas de résistance aux macrolides au TAAN) + ou moxifloxacine 400 mg/j × 7–14 jours si résistance aux macrolides + TAAN de contrôle à 5–6 semaines indispensable
- Co-infection systématique : si gonorrhée confirmée ou fortement suspectée → traiter simultanément pour Chlamydia (doxycycline 7 jours) + en raison de la fréquence élevée des co-infections
- Notification et traitement des partenaires : notification de tous les partenaires sexuels des 60 jours précédant le diagnostic (gonorrhée + Chlamydia) + offrir test et traitement présomptif aux partenaires + counselling + ITSS Québec : déclaration obligatoire de la gonorrhée et de la Chlamydia
Consulter un médecin rapidement si un écoulement urétral + des brûlures mictionnelles + ou une douleur testiculaire apparaissent — particulièrement après un rapport sexuel non protégé — car une gonorrhée ou une Chlamydia non traitée peut progresser vers une épididymite + une orchite + ou une dissémination bactérienne (arthrite + dermatite gonorrhéique). Toute IST confirmée doit être déclarée à la Santé publique du Québec (gonorrhée + Chlamydia = MADO). Pour le dépistage + le TAAN + et le traitement des IST urétrales, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Consulter à Clinique Omicron
Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron réalisent le bilan complet des IST (TAAN gonorrhée + Chlamydia + M. genitalium + sérologies VIH + syphilis + VHB), traitent l'urétrite gonococcique par ceftriaxone 500 mg IM dose unique + doxycycline 7 jours pour Chlamydia, dépistent les sites extra-génitaux selon les pratiques sexuelles (pharynx + rectum), informent sur la notification et le traitement des partenaires, et déclarent les infections à la Santé publique (MADO). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. La gonorrhée et l'infection à Chlamydia sont des maladies à déclaration obligatoire (MADO) au Québec — tout cas confirmé doit être déclaré à la Direction régionale de santé publique. La résistance croissante de N. gonorrhoeae impose d'éviter les fluoroquinolones et de réaliser une culture avec antibiogramme à chaque cas de gonorrhée. Tous les partenaires sexuels des 60 jours précédant le diagnostic doivent être notifiés et traités.
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