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Urticaire : aiguë et chronique, diagnostic et traitement antihistaminique | Clinique Omicron
Dermatologie & Allergologie & Médecine de famille

Urticaire

L'urticaire est une dermatose fréquente — touchant environ 20 % de la population au moins une fois dans sa vie — caractérisée par l'apparition de papules et plaques érythémateuses + œdémateuses + prurigineuses + migratrices (changeant de localisation) et éphémères (chaque lésion élémentaire dure moins de 24 heures puis disparaît sans laisser de trace) — résultant de la dégranulation des mastocytes cutanés et de la libération d'histamine + de prostaglandines + et de leucotriènes dans le derme superficiel → vasodilatation + augmentation de la perméabilité capillaire → œdème dermique + prurit. L'urticaire peut s'accompagner d'un angiœdème (œdème du derme profond et de l'hypoderme — non prurigineux + caractérisé par un gonflement des lèvres + des paupières + de la langue + du larynx + ou des extrémités) + dont la localisation laryngée constitue une urgence vitale par obstruction des voies aériennes. La classification clinique distingue principalement l'urticaire aiguë (durée < 6 semaines — souvent déclenchée par une allergie IgE-médiée + une infection virale + ou un médicament) + et l'urticaire chronique (durée > 6 semaines — spontanée dans la majorité des cas + dont seulement 15–25 % ont une cause identifiable + principalement auto-immune + avec des auto-anticorps anti-IgE ou anti-récepteur de haute affinité des IgE sur les mastocytes). L'urticaire chronique spontanée (UCS) est la forme la plus invalidante — touchant 0,5 à 1 % de la population + prédominant chez la femme (F:H = 2:1) + souvent associée à un angiœdème récidivant + et pouvant durer des années avec une impact significatif sur la qualité de vie.

Classification et causes principales

  • Urticaire aiguë (< 6 semaines) : allergie IgE-médiée (aliments — arachides + fruits de mer + œuf + lait + poisson + noix + latex + médicaments — pénicilline + AINS + aspirine + venin d'insecte) + infection virale (la plus fréquente chez l'enfant — VRS + rhinovirus + EBV + HCV) + réaction pseudo-allergique (colorants + conservateurs alimentaires + AINS — réaction non IgE-médiée par activation directe des mastocytes) + idiopathique dans 30–40 % des cas
  • Urticaire chronique spontanée (UCS — > 6 semaines) : idiopathique + ou auto-immune (auto-anticorps IgG anti-IgE ou anti-FcεRI → activation directe des mastocytes) + associations : infections chroniques (H. pylori + parasitiases + foyers infectieux) + maladies auto-immunes (Hashimoto + lupus + 20 % des UCS) + néoplasies (rares) + stress + dans 75–85 % des cas : aucune cause identifiable malgré bilan
  • Urticaires inductibles (déclenchées par un stimulus physique) : urticaire dermographique (frottement) + urticaire au froid (contact avec le froid → anaphylaxie possible si nage en eau froide) + urticaire solaire (UVA + UVB) + urticaire cholinergique (exercice + sueur + chaleur + stress — petites papules punctiformes caractéristiques) + urticaire à la pression + urticaire vibratoire + urticaire aquagénique
  • Angiœdème héréditaire (HAE) — à distinguer de l'urticaire : déficit en C1-inhibiteur (quantitatif ou fonctionnel) + ou dysfonction de la kallikréine (HAE type III) → œdème bradykinines-dépendant → NON histaminique → résistant aux antihistaminiques et aux corticoïdes → traitement spécifique (icatibant + C1-inhibiteur concentré) → voir fiche angiœdème héréditaire

Traitement par paliers

Palier Traitement Posologie et remarques
Palier 1 — Antihistaminiques H1 de 2e génération (non sédatifs) — 1re ligne Cétirizine (Reactine®) + loratadine (Claritin®) + fexofénadine (Allegra®) + bilastine + desloratadine Cétirizine 10 mg/j + loratadine 10 mg/j + fexofénadine 180 mg/j → traitement continu (pas uniquement à la demande) + 1 cp/j + sûrs + non sédatifs + pas d'effet anticholinergique + efficacité sur prurit et lésions
Palier 2 — Augmentation de dose des AH1 (jusqu'à 4×) Cétirizine jusqu'à 40 mg/j + ou loratadine 40 mg/j + ou fexofénadine 360–720 mg/j Quadrupler la dose standard → amélioration dans 40–60 % des UCS réfractaires au palier 1 + hors AMM mais recommandé EAACI 2022 + avant de passer aux paliers supérieurs
Palier 3 — Omalizumab (anti-IgE) — urticaire chronique réfractaire Omalizumab (Xolair®) 300 mg SC toutes les 4 semaines Approbation Health Canada + FDA pour l'UCS réfractaire aux AH1 + efficacité 60–70 % de contrôle complet + réponfse rapide (1–2 semaines) + bien toléré + traitement de 6 mois à 1 an + rémission prolongée possible après arrêt
Palier 4 — Ciclosporine (cas réfractaires sévères) Ciclosporine 2,5–5 mg/kg/j × 3–6 mois Inhibe la dégranulation des mastocytes + efficace dans les UCS auto-immunes + effets indésirables : néphrotoxicité + HTA + infections + surveillance biologique obligatoire + réservé aux cas très sévères réfractaires à l'omalizumab
Corticoïdes (usage limité) Prednisone 0,5 mg/kg/j × 5–7 jours (urticaire aiguë sévère ou poussée) Efficaces sur les poussées aiguës + mais NE PAS utiliser en traitement de fond de l'UCS (effets indésirables à long terme + rebond à l'arrêt) + réservés aux poussées sévères ou à l'anaphylaxie

Urticaire aiguë — bilan et prise en charge

  • Anamnèse orientée : délai entre exposition et apparition des lésions + aliments ingérés dans les 2 heures + médicaments (AINS + pénicilline + IEC) + piqûres + contact (latex + cosmétiques) + infections récentes + activité physique + stress + antécédents personnels et familiaux d'atopie
  • Bilan minimal (urticaire aiguë isolée) : souvent aucun bilan nécessaire si cause évidente (aliment + médicament) + si récidivant ou cause non évidente → NFS + CRP + IgE totales + TSH + sérologie H. pylori + bilan hépatique
  • Tests allergologiques : prick-tests + dosage des IgE spécifiques → si suspicion d'allergie IgE-médiée + dans les 4–6 semaines après la guérison (pendant la crise les tests peuvent être négatifs)
  • Adrénaline (épinéphrine) auto-injectable : prescrire un auto-injecteur d'adrénaline (EpiPen® + Allerject®) si urticaire aiguë sévère avec risque anaphylactique + ou angiœdème sévère antérieur + ou allergie alimentaire grave confirmée → éducation du patient sur son utilisation

Urticaire chronique spontanée — bilan raisonné

  • Bilan de base recommandé (EAACI 2022) : NFS + VS + CRP + TSH + anti-TPO (Hashimoto — association fréquente) + sérologie H. pylori → recherche d'une cause traitable
  • Bilan étendu (si symptômes orientants) : bilan hépatique + sérologie HVB + HVC + antinucléaires + complément C3 + C4 + C1-inhibiteur (angiœdème récidivant) + IgE spécifiques si suspicion alimentaire + parasitologie des selles (eosinophilie)
  • Score UAS7 (Urticaria Activity Score 7 days) : outil validé pour évaluer la sévérité et suivre l'évolution de l'UCS → score de 0 à 42 basé sur le nombre de lésions + l'intensité du prurit sur 7 jours consécutifs → UAS7 > 28 = urticaire sévère
ℙ️ Dans l'urticaire chronique spontanée, contrairement à l'urticaire aiguë allergique, identifier la cause est souvent impossible malgré un bilan complet — dans 75 à 85 % des cas, aucun allergène ni facteur déclenchant n'est identifié. La recherche exhaustive d'une cause occulte (cancers + parasites + etc.) au-delà du bilan standard n'est pas recommandée en l'absence de symptômes orientants. L'objectif thérapeutique est le contrôle des symptômes par les antihistaminiques H1 — en augmentant la dose jusqu'à 4× si nécessaire avant d'envisager l'omalizumab.
Urgence médicale — composer le 911

Composer le 911 immédiatement si une urticaire s'accompagne d'un gonflement de la gorge + d'une difficulté à avaler ou à respirer + d'une voix rauque + d'une hypotension + d'une tachycardie + ou d'une perte de connaissance — ces signes indiquent une anaphylaxie ou un angiœdème laryngé nécessitant l'injection immédiate d'adrénaline (EpiPen®) en intramusculaire + puis le 911. Toute personne ayant déjà présenté une réaction anaphylactique doit porter sur elle un auto-injecteur d'adrénaline en permanence. Pour le traitement de l'urticaire chronique et la prescription de l'omalizumab, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent et traitent l'urticaire aiguë et chronique, initient les antihistaminiques H1 de 2e génération à dose standard puis à dose quadruplée si nécessaire, prescrivent le bilan étiologique selon le contexte clinique, orientent vers l'allergologie pour les tests d'allergène et la désensibilisation, prescrivent l'auto-injecteur d'adrénaline aux patients à risque anaphylactique, et orientent vers la dermatologie ou l'immunologie pour l'initiation de l'omalizumab dans les UCS réfractaires. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un dermatologue-allergologue. L'angiœdème laryngé est une urgence vitale — injecter l'adrénaline auto-injectable immédiatement et composer le 911. L'angiœdème héréditaire (déficit en C1-inhibiteur) ne répond pas aux antihistaminiques ni aux corticoïdes — il nécessite un traitement spécifique par icatibant ou C1-inhibiteur concentré.

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