Hyperaldostéronisme primaire (syndrome de Conn)
Physiopathologie, étiologies et présentation clinique
- Physiologie de l'aldostérone et mécanismes de l'HAP : synthèse de l'aldostérone : zone glomérulée du cortex surrénalien → enzymes stéroïdogènes : CYP11B2 (aldostérone synthase) → étape finale et limitante → régulation physiologique : angiotensine II (voie SRAA — principale stimulation) + kaliémie (hyperkaliémie stimule directement la zone glomérulée) + ACTH (rôle mineur) + ANF (frein) → mécanisme d'action : fixation de l'aldostérone sur le récepteur aux minéralocorticoïdes (RM) nucléaire dans les cellules principales du tubule distal et collecteur → translocation nucléaire → induction de la transcription des sous-unités du canal ENaC (epithelial sodium channel) et de la Na/K-ATPase → réabsorption de Na⁺ → excrétion de K⁺ et H⁺ → expansion volémique → élévation de la PA → rétrofiltration : l'expansion volémique doit normalement supprimer le SRAA et la sécrétion d'aldostérone → dans le HAP : sécrétion autonome d'aldostérone → résistante à la suppression → rénine basse (supprimée par l'expansion volémique) → ratio aldostérone/rénine élevé ; effets extra-rénaux de l'aldostérone — organes cibles du HAP non traité : myocarde : fibrose interstitielle + hypertrophie ventriculaire gauche (HVG) → risque FA ×3,5 + insuffisance cardiaque → Milliez 2005 JACC : HAP vs HTA essentielle à PA équivalente → FA ×3,5 + AVC ×3,0 + IDM ×2,4 + vaisseaux : dysfonction endothéliale + inflammation vasculaire + remodelage → ALDOSTERONE AND THE HEART (Pitt 1999 NEJM — essai RALES : spironolactone → réduction mortalité IC sévère 30 %) + reins : glomérulosclérose + albuminurie + insuffisance rénale (Rossi 2006 — Journal of the American Society of Nephrology) + cerveau : augmentation du risque d'AVC indépendamment de la PA ; mutations somatiques et germinales dans le HAP : mutations de KCNJ5 (canal K⁺ Kir3.4) : la plus fréquente dans les adénomes → 40 % des adénomes de Conn → gain de fonction → dépolarisation de la cellule glomérulée → activation des canaux Ca²⁺ → sécrétion d'aldostérone + mutations de CACNA1D (canal Ca²⁺ de type L) + ATP1A1 + ATP2B3 + CTNNB1 → familles de HAP génétiques : HAP familial type I (FH-I) — «Glucocorticoid-Remediable Aldosteronism» : gène chimérique CYP11B1/CYP11B2 (croisement méiotique inégal) → aldostérone synthétisée sous contrôle de l'ACTH → traitement : dexaméthasone 0,5 mg/j + HAP familial type II (FH-II) : mutations CLCN2 (canal Cl⁻) + HAP familial type III (FH-III) : mutations KCNJ5 germinales → hyperplasie bilatérale sévère → surrénalectomie bilatérale parfois nécessaire + HAP familial type IV (FH-IV) : mutations CACNA1H
- Étiologies et prévalence — adénome vs hyperplasie bilatérale : adénome surrénalien producteur d'aldostérone (APA — aldosterone-producing adenoma) : 30–40 % des HAP → unilatéral → taille 0,5–3 cm → traitement curatif par surrénalectomie laparoscopique → mutations somatiques KCNJ5 (40 %) + CACNA1D + ATP1A1 + CTNNB1 → adénome de Conn classique : femmes > hommes + âge 30–60 ans + hypokaliémie souvent franche → hyperplasie bilatérale des surrénales (HBS — idiopathique) : 60–70 % des HAP → bilatérale → hypokaliémie moins marquée + aldostérone moins élevée + traitement médical par antagonistes RM → mécanisme : hyperresponsivité à l'angiotensine II + à la kaliémie → hyperplasie unilatérale (rare — <1 %) : équivalent fonctionnel d'un APA → traitement chirurgical + carcinome surrénalien producteur d'aldostérone : très rare + masse souvent >4 cm + marqueurs tumoraux + hyperplasie bilatérale primitive macronodulaire surrénalienne (PBMAH) : HAP rare + nodules bilatéraux visibles en imagerie ; prévalence réelle — sous-diagnostic historique : Douma 2008 — NEJM : étude multicentrique → HAP dans 11,2 % des hypertendus non sélectionnés en centres spécialisés → Mulatero 2004 — JCE&M : prévalence HAP 4,3–9,5 % dans les services d'hypertension → Schwartz 2023 — Annals of Internal Medicine : HAP sous-diagnostiqué dans >90 % des cas → seulement 1 patient sur 20 éligibles est testé → le RAR est réalisé dans moins de 3 % des hypertendus en soins primaires au Canada
- Présentation clinique, signes biologiques et indications de dépistage : présentation clinique classique (Conn 1955) : hypertension artérielle modérée à sévère + hypokaliémie franche (<3,5 mmol/L) + alcalose métabolique + polyurie/polydipsie (néphropathie hypokaliémique) + faiblesse musculaire + crampes + paresthésies → présentation actuelle (majorité des cas) : hypertension souvent modérée + kaliémie normale (60 % des HAP sont normokaliémiques) + pas de symptôme spécifique → le diagnostic repose sur le dépistage biologique systématique dans les groupes à risque → signes biologiques : hypokaliémie spontanée (<3,5 mmol/L sous aucun diurétique) → très évocatrice → hypokaliémie induite par les thiazides ou les diurétiques de l'anse → évocatrice → alcalose métabolique (HCO₃⁻ élevé) + aldostérone élevée + rénine basse + RAR élevé + pas d'hypernatrémie franche (rétention Na⁺ mais évasion à l'aldostérone par l'ANF) ; indications de dépistage par le RAR (Endocrine Society Guidelines 2016 — Funder 2016 — JCEM) : hypertension résistante (PA non contrôlée sous 3 antihypertenseurs incluant un diurétique) + hypertension + hypokaliémie spontanée + hypertension + incidentalome surrénalien + hypertension sévère (PA systolique >160 mmHg ou diastolique >100 mmHg) + hypertension d'apparition précoce (<40 ans) + hypertension + ATCD familiaux de HAP ou d'AVC/HTA précoce + hypertension + apnées du sommeil + hypertension + FA sans autre cause
Diagnostic, latéralisation et traitement
| Étape diagnostique / traitement | Méthodologie et interprétation | Données cliniques et suivi |
|---|---|---|
| Ratio aldostérone/rénine (RAR) — test de dépistage Conditions de prélèvement — médicaments interférents — seuils — faux positifs/négatifs |
Ratio aldostérone/rénine (RAR) — principe et conditions préalables : principe : dans le HAP → aldostérone autonome et élevée + rénine supprimée → RAR élevé → dans l'HTA essentielle ou rénovasculaire → SRAA activé → rénine élevée → RAR normal ou bas → conditions de prélèvement standardisées (Endocrine Society 2016 + SFE 2021) : patient assis depuis ≥15–30 minutes → prélèvement en position assise (éviter le décubitus — diminue la rénine) → heure : de préférence le matin (8h–10h) → correction de la kaliémie si hypokaliémie sévère (<3,0 mmol/L) avant le prélèvement → régime normosodé (pas de restriction sodée stricte — augmenterait la rénine et fausserait le RAR) + pas de restriction hydrique → antihypertenseurs à ajuster selon leur interférence ; médicaments interférant avec le RAR — gestion pratique : médicaments augmentant faussement le RAR (faux positifs — inhibent la rénine + augmentent l'aldostérone) : bêtabloquants → augmentent le RAR (inhibent la rénine ++) → si possible arrêter 2–4 semaines avant + AINS → augmentent le RAR → arrêter si possible + clonidine → à arrêter → médicaments diminuant faussement le RAR (faux négatifs — stimulent la rénine) : IEC/ARA-2 → augmentent la rénine → peuvent normaliser le RAR dans le HAP → arrêter 2 semaines avant si dépistage formel → inhibiteurs calciques dihydropyridines (amlodipine + nifédipine) : effet modeste → peuvent augmenter la rénine → arrêter si possible → diurétiques (thiazides + furosémide) : augmentent la rénine → arrêter 4 semaines avant → spironolactone + éplérénone : masquent le HAP + augmentent la rénine → arrêter 4–6 semaines avant → antihypertenseurs de substitution pendant le bilan : alpha-bloquants (prazosine + doxazosine) → n'interfèrent pas significativement avec le RAR + inhibiteurs calciques non-DHP (vérapamil) → neutre → hydralazine → neutre → réalisme en pratique clinique : si l'hypertension est sévère et le patient ne peut pas arrêter ses médicaments → interpréter le RAR en tenant compte des interférences → un RAR très élevé malgré les médicaments augmentant la rénine est hautement suggestif de HAP ; seuils du RAR et valeurs d'aldostérone : RAR seuil diagnostique (variable selon les unités) : RAR ≥30 (ng/dL) / (ng/mL/h) OU ≥750 (pmol/L) / (mU/L) → suggère le HAP → selon les lignes directrices Endocrine Society 2016 → sensibilité 79–99 % + spécificité 70–83 % selon les seuils et les méthodes → aldostérone plasmatique concomitante : doit être >15 ng/dL (416 pmol/L) pour que le RAR soit interprétable (si aldostérone très basse → rénine indétectable → RAR artefactuellement élevé sans HAP) → rénine mesurée par : activité rénine plasmatique (ARP — ng/mL/h) ou rénine directe (RD — mU/L ou pg/mL) → méthodes différentes → seuils de RAR différents → vérifier les unités du laboratoire → en pratique clinique québécoise : laboratoires utilisent souvent la rénine directe (méthode IRMA ou immunochimiluminescence) | Interprétation du RAR et étapes suivantes : RAR positif (≥30 avec aldostérone >15 ng/dL) → confirmation par test de charge sodée ou test au fludrocortisone → RAR négatif + forte suspicion clinique (hypokaliémie franche + HTA résistante) → reprendre dans des conditions optimales (arrêt des médicaments interférents + correction kaliémique) → RAR très élevé (>100) + aldostérone très élevée + hypokaliémie franche : haute probabilité d'APA → certains experts passent directement à l'imagerie + CVS sans test de confirmation formel (selon les lignes directrices Endocrine Society 2016) ; performance diagnostique du RAR dans les études clés : Stowasser 2003 — Journal of Hypertension : RAR ≥30 → sensibilité 90 % + spécificité 91 % pour le HAP dans une population à risque → Montori 1998 — Annals of Internal Medicine : méta-analyse → RAR meilleur test de dépistage → supérieur à l'aldostérone seule ou à la kaliémie → Schwartz 2023 — Annals of Internal Medicine : modélisation → si le RAR était systématiquement réalisé chez tous les hypertendus → 15 000 AVC supplémentaires évités/an aux États-Unis |
| Tests de confirmation du HAP Charge sodée orale — perfusion saline — test au fludrocortisone — test au captopril |
Quatre tests de confirmation validés (Endocrine Society 2016) — principe général : démontrer l'autonomie de la sécrétion d'aldostérone (non suppressible par l'expansion volémique ou les agents bloquant le SRAA) ; test de charge sodée orale (le plus utilisé en ambulatoire) : régime hyperchloruré sodé : 5–6 g de NaCl/j × 3 jours → aldostéronurie des 24h le 3e jour → résultat : >12–14 µg/24h (33–39 nmol/24h) → confirme le HAP → mesures associées : cortisolurie 24h (exclu hypercortisolisme) + kaliurie + ionogramme sanguin → contre-indications : insuffisance rénale sévère + insuffisance cardiaque + HTA non contrôlée sévère + arythmie cardiaque + risque d'hypokaliémie grave ; perfusion saline intraveineuse (test en hospitalisation ou HDJ) : NaCl 0,9 % 2 L en 4 heures → aldostérone plasmatique à la fin de la perfusion → résultat : aldostérone >10 ng/dL (277 pmol/L) → confirme le HAP → aldostérone <5 ng/dL → exclut le HAP → zone grise : 5–10 ng/dL → mêmes contre-indications que la charge sodée orale + contre-indiquée si FA + anasarque + HTA maligne ; test au fludrocortisone (test de Florinef — Endocrine Society 2016 : méthode de référence — «gold standard» de confirmation) : fludrocortisone 0,1 mg × 4/j × 4 jours + supplément KCl pour maintenir kaliémie ≥3,5 mmol/L + régime normosodé → aldostérone plasmatique le 4e jour (position assise) → résultat : aldostérone ≥6 ng/dL confirme le HAP → logistique complexe + hospitalisation ou surveillance rapprochée → utilisé dans les centres de référence ; test au captopril : captopril 25–50 mg per os → aldostérone mesurée à 1h et 2h → résultat : aldostérone non supprimée (>30 % de la valeur basale) → confirme le HAP → moins sensible que les autres tests → utile si contre-indications aux tests de charge sodée ; situations où le test de confirmation peut être omis (Endocrine Society 2016) : RAR très élevé + aldostérone très élevée + hypokaliémie spontanée documentée + imagerie compatible → probabilité pré-test très élevée → certains experts passent directement au CVS + en pratique québécoise : la plupart des endocrinologues réalisent un test de confirmation avant le CVS sauf dans les cas de probabilité très élevée | Performance comparative des tests de confirmation : Rossi 2007 — Journal of Hypertension : comparaison des 4 tests dans 100 patients avec HAP confirmé → charge sodée orale : sensibilité 96 % + spécificité 93 % → perfusion saline : sensibilité 88 % + spécificité 91 % → fludrocortisone : sensibilité 96 % + spécificité 95 % (standard de référence) → captopril : sensibilité 73 % + spécificité 85 % → conclusion : test au fludrocortisone = le plus performant mais le plus complexe → perfusion saline = bon compromis en hospitalisation de jour → charge sodée orale = meilleur test ambulatoire ; algorithme diagnostique québécois (centres endocrinologie CHUM + CHUS + CHU Laval) : RAR en consultation → si positif → test de confirmation (souvent charge sodée orale ou perfusion saline) → si confirmé → imagerie surrénalienne (TDM) → CVS si candidature chirurgicale → surrénalectomie si APA unilatéral confirmé au CVS → antagonistes RM si HBS bilatérale |
| Imagerie surrénalienne et cathétérisme des veines surrénaliennes (CVS) TDM — adénome — incidentalome — CVS — latéralisation — index de sélectivité |
TDM des surrénales — rôle et limites : indications : après confirmation biologique du HAP → localisation anatomique + dépistage d'un carcinome (grande taille) → technique : coupes fines (1–2 mm) + phases non injectée + artérielle + veineuse → mesure des densités (UH) + dimensions des nodules → résultats et interprétation dans le HAP : adénome typique : nodule hypodense (<10 UH) <4 cm → richesse en lipides intracytoplasmiques → APA : souvent 1–3 cm + homogène + densité <10 UH → hyperplasie bilatérale : glandes normales ou légèrement élargies + nodules bilatéraux ou glandes d'épaisseur augmentée → TDM normale (<1 cm d'épaisseur) + HAP confirmé biologiquement → n'exclut pas un microadénome → limites majeures du TDM dans le HAP : sensibilité 78 % + spécificité 75 % pour différencier APA vs HBS → incidentalomes non fonctionnels fréquents (prévalence générale des incidentalomes surrénaliens : 3–7 % après 50 ans → peut induire en erreur → nodule visible au TDM du côté controlatéral à l'APA → fausse latéralisation) → Kempers 2009 — Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism : méta-analyse → TDM seul → erreur de latéralisation dans 25 % des cas → conduit à une surrénalectomie du mauvais côté → conclusion : le TDM NE suffit PAS à latéraliser le HAP avant chirurgie → le CVS est indispensable chez TOUT patient candidat à la chirurgie sauf exception ; cathétérisme des veines surrénaliennes (CVS) — «gold standard» de latéralisation : principe : cathétérisme simultané ou séquentiel des veines surrénaliennes droite et gauche + veine cave inférieure → dosage de l'aldostérone et du cortisol dans chaque veine + en périphérie → stimulation par cosyntropine (ACTH synthétique 250 µg IV bolus ou en perfusion continue 50 µg/h) → augmente le gradient et améliore la sélectivité + indicateurs calculés : index de sélectivité (IS = cortisol veine surrénalienne / cortisol veine cave) → IS ≥2 (basale) ou ≥3 (post-ACTH) → confirme la cathétérisation correcte de la veine surrénalienne → index de latéralisation (IL = [Aldo/Cortisol côté dominant] / [Aldo/Cortisol côté non dominant]) → IL ≥4 (post-ACTH) → APA unilatéral → chirurgie → IL <3 → HBS bilatérale → traitement médical → zone grise IL 3–4 : interprétation multidisciplinaire → contre-suppression : [Aldo/Cortisol côté non dominant] / [Aldo/Cortisol veine cave périphérique] → valeur <1 → confirme la suppression du côté non dominant → renforce la latéralisation ; réalisation du CVS au Québec : procédure réalisée par radiologie interventionnelle dans les centres tertiaires (CHUM + CHU de Québec + Hôpital général de Montréal + CHU Sherbrooke) → succès technique : 90–95 % dans les centres experts (difficulté majeure : cathétérisation de la veine surrénalienne droite — courte + s'abouche directement dans la VCI) → Rossi 2011 — European Journal of Endocrinology : méta-analyse CVS → sensibilité 95 % + spécificité 100 % pour la latéralisation du HAP → taux de complications : <1 % (dissection de la veine surrénalienne + hématome + thrombose) | Situations où le CVS peut être évité (exception à la règle) : Endocrine Society 2016 : CVS optionnel si : âge <35 ans + APA évident et typique au TDM (>1 cm + densité <10 UH + controlatéral strictement normal) + HAP biochimique confirmé → probabilité d'APA unilatéral très élevée → certains centres pédiatriques et experts opèrent sans CVS dans ces cas très sélectionnés → Küpers 2020 — Journal of the American Medical Association : étude de cohorte → 30 % des patients avec TDM montrant un adénome unilatéral avaient en réalité une HBS bilatérale au CVS → confirme la nécessité du CVS en routine ; IRM surrénalienne : moins disponible que le TDM pour les surrénales → utilisée si TDM non concluant ou irradiation à éviter (jeune femme) → pas supérieure au TDM pour la latéralisation → NTF surrénalienne (NP-59 — scintigraphie au iodocholestérol) : disponibilité très limitée au Québec → intérêt limité en pratique courante + AVS échec : si le CVS ne peut pas être réalisé ou a échoué → certains centres utilisent l'IRM 3T fonctionnelle ou le TEP au 11C-métomidate (disponibilité très limitée au Canada) comme alternatives de latéralisation |
| Traitement chirurgical — surrénalectomie laparoscopique APA unilatéral confirmé — surrénalectomie — résultats — rémission biochimique — normotension |
Surrénalectomie laparoscopique — indication et technique : indication : APA ou hyperplasie unilatérale confirmée au CVS (IL ≥4) + candidature chirurgicale acceptable → technique de référence : surrénalectomie laparoscopique rétropéritonéoscopique ou transpéritonéale → voie rétropéritonéale postérieure : accès direct à la surrénale + moins de manipulation viscérale + conversion à ciel ouvert : <3 % + durée opératoire : 45–90 min → hospitalisation : 1–2 jours → préparation préopératoire indispensable : correction de la kaliémie (spironolactone 100–400 mg/j × 4–6 semaines pré-op) → correction de l'HTA → kaliémie ≥3,5 mmol/L avant l'intervention → bilan anesthésique complet (risque cardiovasculaire lié à l'HTA et à l'hypokaliémie chronique) ; résultats de la surrénalectomie dans l'APA : rémission biochimique (normalisation de l'aldostérone et du RAR) : 95–100 % des cas → rémission hypertensive complète (guérison de l'HTA sans antihypertenseur) : 30–60 % des cas selon les séries → amélioration significative de l'HTA (réduction du nombre d'antihypertenseurs) : 80–100 % → facteurs prédictifs de rémission hypertensive complète après chirurgie (Aldosteronoma Resolution Score — Zarnegar 2008 — Archives of Surgery) : ≤2 antihypertenseurs pré-op + IMC ≤25 + durée de l'HTA <6 ans + sexe féminin → score ARS : 0–4 → ARS ≥3 : 75 % de rémission complète → ARS 0 : <25 % → PASO study (Hundemer 2018 — Lancet Diabetes and Endocrinology) : la rémission biochimique est quasi constante → la persistance de l'HTA post-op est liée à l'HTA essentielle sous-jacente préexistante (remodelage vasculaire chronique irréversible) → suivi post-chirurgical : aldostérone + rénine + kaliémie à 1 mois + 3 mois + 6 mois + 1 an → objectif : aldostérone normale + rénine remontée → RAR normalisé → sevrage progressif des antihypertenseurs selon la PA → attention : HTA persistante post-op ≠ échec chirurgical → peut être une HTA essentielle sous-jacente démasquée → ne pas opérer le côté controlatéral | Complications de la surrénalectomie et insuffisance surrénalienne post-opératoire : insuffisance surrénalienne post-opératoire transitoire : fréquente (30–60 % des cas) dans les 1–4 semaines post-surrénalectomie → mécanisme : suppression chronique de l'axe SRAA par l'excès d'aldostérone → la surrénale controlatérale a un axe rénine-angiotensine-aldostérone supprimé de longue date → délai de récupération : 1–6 mois → présentation : hyperkaliémie + hypotension orthostatique + fatigue → traitement : fludrocortisone si hyperkaliémie symptomatique + supplémentation sodée + kaliémie + TA surveillance rapprochée → éduquer le patient → insuffisance surrénalienne corticotrope (rare si surrénalectomie unilatérale) : survient si axe HPA concomitamment altéré → doser le cortisol post-op si symptômes → autres complications chirurgicales rares : hémorrhagie + infection → comparaison des résultats chirurgicaux : SOPRANO study (Hundemer 2018 — NEJM Evidence) : surrénalectomie vs spironolactone pour APA → surrénalectomie supérieure pour la rémission biochimique et l'amélioration de la qualité de vie → SPARTACUS (Dekkers 2016 — Lancet Diabetes and Endocrinology) : CVS-guidé vs TDM-guidé → CVS-guidé → meilleure rémission biochimique + meilleure réduction de la PA → confirme l'indispensabilité du CVS |
| Traitement médical — antagonistes des minéralocorticoïdes Spironolactone — éplérénone — HBS bilatérale — effets secondaires — surveillance |
Indications du traitement médical : hyperplasie bilatérale des surrénales (HBS) → traitement médical de 1re ligne → pas de chirurgie (surrénalectomie bilatérale → insuffisance surrénalienne définitive) + APA unilatéral chez un patient refusant la chirurgie ou ayant des contre-indications chirurgicales → antagonistes RM en traitement médical à vie + formes génétiques : FH-I → dexaméthasone ; spironolactone (antagoniste non sélectif des RM) : médicament de 1re ligne → mécanisme : bloque le RM dans le tubule collecteur → corrige l'hypokaliémie + l'HTA → essai RALES (Pitt 1999 — NEJM) : spironolactone 25–50 mg/j dans l'IC sévère → réduction mortalité 30 % → confirme les effets bénéfiques extrarénaux de l'antagonisme RM → posologie dans l'HAP : débuté à 25–50 mg/j → titration progressive jusqu'à 100–400 mg/j selon la réponse de la kaliémie et de la PA → objectif : kaliémie 4,0–4,5 mmol/L sans supplémentation + PA contrôlée → effets secondaires anti-androgènes de la spironolactone (effets de classe non-sélective) : gynécomastie (hommes — 10–25 % à doses élevées) + troubles érectiles + dysménorrhée + métrorragies + mastodynies → effets dose-dépendants → principal problème de tolérance chez l'homme → éplérénone : antagoniste sélectif du RM → pas d'affinité pour les récepteurs androgènes et progestatifs → pas de gynécomastie → moins d'effets sexuels → posologie : 25–50 mg × 2/j (demi-vie plus courte) → EMPHASIS-HF (Zannad 2011 — NEJM) : éplérénone dans l'IC systolique légère à modérée → réduction mortalité CV + hospitalisations → coût plus élevé que la spironolactone → indiqué en 2e ligne si intolérance à la spironolactone ou si effets anti-androgènes inacceptables + finerenone (Kerendia) : antagoniste RM non stéroïdien de 3e génération → FIDELIO-DKD (Bakris 2020 — NEJM) + FIGARO-DKD (Pitt 2021 — NEJM) : néphroprotection + cardioprotection dans la néphropathie diabétique → pas encore d'indication formelle dans l'HAP mais en cours d'évaluation | Surveillance biologique sous antagonistes RM : kaliémie + créatinine + sodium à 1 semaine puis à 4 semaines après initiation ou ajustement de dose → objectif kaliémie : 4,0–4,5 mmol/L → risque d'hyperkaliémie si DFGe <45 mL/min → surveillance rapprochée + contre-indications aux antagonistes RM : DFGe <30 mL/min (risque d'hyperkaliémie grave) + grossesse (tératogènes — catégorie C/D) + hyperkaliémie préexistante ≥5,5 mmol/L → association avec les IEC/ARA-2 + insuffisance rénale → hyperkaliémie + interactions médicamenteuses : AINS + IEC/ARA-2 + héparine → augmentent le risque d'hyperkaliémie + traitement complémentaire : antihypertenseurs additionnels si nécessaire (IEC ou ARA-2 → synergie avec les antagonistes RM + protection rénale) → restriction sodée (<5 g NaCl/j) → potentialise l'effet de la spironolactone → réduction de poids + exercice → mesures standard de l'HTA → objectif tensionnel : PA <130/80 mmHg (AHA/ACC 2017 + SHC 2020) → suivi à long terme : RAR annuel + kaliémie + créatinine + PA + imagerie surrénalienne si suspicion de progression → TDM à 2–3 ans si nodule initial non opéré ; régression de l'atteinte des organes cibles sous traitement (chirurgical ou médical) : HVG : régresse sous antagonistes RM et après surrénalectomie → Catena 2007 — Hypertension : régression de l'HVG à 12 mois + albuminurie : diminue + risque FA : réduit + risque métabolique : la spironolactone améliore la sensibilité à l'insuline (effets sur le RM dans le muscle et le tissu adipeux) |
Hypokaliémie sévère (<2,5 mmol/L) + faiblesse musculaire profonde + paralysie flasque + dysphagie + détresse respiratoire chez un patient hypertendu → hypokaliémie paralysante dans le cadre d'un HAP méconnu → urgence → correction IV du potassium + bilan RAR en urgence + TDM surrénalien → ne pas corriger la kaliémie seule sans identifier la cause → risque de fibrillation ventriculaire si kaliémie <2,0 mmol/L.
Hypertension maligne (PA >180/120 mmHg) + fond d'œil grade III–IV (hémorragies + exsudats + œdème papillaire) + signes d'atteinte d'organes cibles (créatinine en hausse + altération de la conscience + douleur thoracique) chez un patient avec hypokaliémie → urgence hypertensive → stabilisation en urgence + dépistage HAP en différé → ne pas débuter spironolactone en urgence si kaliémie inconnue.
Post-surrénalectomie pour APA : hyperkaliémie (>6,0 mmol/L) + hypotension orthostatique + nausées + fatigue sévère dans les 2–6 semaines post-opératoires → insuffisance surrénalienne aldostéronique transitoire + possiblement corticotrope → bilan cortisol + kaliémie + TA en urgence → fludrocortisone + supplémentation sodée → éviter les médicaments hyperkaliémiants (IEC + ARA-2 + AINS + potassium) pendant la phase de récupération.
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Les médecins de Clinique Omicron réalisent le dépistage de l'hyperaldostéronisme primaire par le dosage du ratio aldostérone/rénine chez les patients à risque, interprètent les résultats biologiques et coordonnent la référence vers l'endocrinologie spécialisée et la radiologie interventionnelle pour le cathétérisme des veines surrénaliennes lorsqu'indiqué. Le suivi à long terme des patients sous antagonistes des minéralocorticoïdes est assuré dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un endocrinologue. L'interprétation du ratio aldostérone/rénine doit tenir compte des médicaments en cours, des conditions de prélèvement et des méthodes utilisées par le laboratoire.
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