TSH — Thyréostimuline (hormone thyréostimulante)
Valeurs de référence et interprétation selon le contexte
| Contexte | Valeur TSH cible / normale | Remarques |
|---|---|---|
| Adulte sain (population générale) | 0,4–4,0 mUI/L (selon le laboratoire) | Plage de référence établie sur la population sans maladie thyroïdienne connue — varie selon le réactif et l'automate du laboratoire |
| Grossesse — 1er trimestre | < 2,5 mUI/L (cible recommandée) | L'hCG stimule le récepteur TSH → TSH physiologiquement plus basse au 1er trimestre → cible <2,5 mUI/L pour la lévothyroxine en grossesse |
| Grossesse — 2e et 3e trimestres | < 3,0 mUI/L | TSH remonte progressivement → cible légèrement plus haute qu'au 1er trimestre |
| Sous lévothyroxine (hypothyroïdie standard) | 0,5–2,5 mUI/L (milieu de plage) | Objectif de normalisation complète — contrôle TSH 4–8 semaines après chaque changement de dose |
| Cancer thyroïdien différencié post-thyroïdectomie (risque faible) | 0,5–2,0 mUI/L (suppression légère) | Suppression légère — maintien dans la plage basse-normale pour réduire la stimulation des cellules tumorales résiduelles |
| Cancer thyroïdien différencié (risque élevé) | < 0,1 mUI/L (suppression forte) | TSH supprimée pour inhiber la croissance tumorale TSH-dépendante — réévaluation annuelle selon la réponse au traitement |
| Personne âgée (> 70 ans) | 1,0–5,0 mUI/L (tolérance plus large) | TSH physiologiquement plus haute avec l'âge + les cibles de traitement sont moins strictes pour éviter la surtraitance (risque de fibrillation auriculaire + ostéoporose) |
Algorithme d'interprétation de la TSH
- TSH élevée (4–10 mUI/L) + FT4 normale : hypothyroïdie subclinique → traitement discuté selon : TSH > 7–8 + symptômes évocateurs + anti-TPO positifs + grossesse ou projet de grossesse + âge < 65 ans → surveillance annuelle si pas de traitement
- TSH élevée (> 10 mUI/L) + FT4 basse : hypothyroïdie clinique franche → lévothyroxine indiquée + dose initiale : 1,6 µg/kg/j chez l'adulte jeune + commencer à 25–50 µg/j chez la personne âgée ou coronarienne
- TSH normale + FT4 basse : hypothyroïdie centrale (insuffisance hypophysaire) → bilan hypophysaire complet + IRM hypophysaire + FT4 est le paramètre de suivi (pas la TSH) dans ce contexte
- TSH supprimée (< 0,1 mUI/L) + FT4 élevée : hyperthyroïdie franche → bilan étiologique (anti-RTSH + scintigraphie) + traitement selon la cause
- TSH supprimée (< 0,1 mUI/L) + FT4 normale : hyperthyroïdie subclinique + ou hyperthyroïdie à T3 → doser FT3 → si FT3 élevée = hyperthyroïdie à T3 + si tout normal = TSH supprimée isolée (iatrogène + ou physiologique du 1er trimestre)
- TSH normale + FT4 élevée : hyperthyroïdie centrale (TSHome — adénome thyréotrope) + ou résistance aux hormones thyroïdiennes → IRM hypophysaire + consultation endocrinologie
- TSH discordante avec le tableau clinique : exclure une maladie non thyroïdienne (syndrome de T3 basse + syndrome eutiroïdien malade) + un surdosage en lévothyroxine + ou une interference analytique (anticorps anti-TSH hétérophiles)
Causes d'anomalie de la TSH — au-delà des maladies thyroïdiennes primaires
- Médicaments augmentant la TSH : lithium (inhibe la sécrétion de T4) + amiodarone (inhibe la conversion T4→T3 + inhibe la sécrétion thyroïdienne) + interféron alpha + immunothérapies anti-cancer (thyroïdite iatrogène) + métoclopramide (augmentation de la TRH) + certains antiépileptiques
- Médicaments supprimant la TSH : glucocorticoïdes à hautes doses + dopamine IV + octréotide + lévothyroxine (surdosage) + amiodarone (initialement en début de traitement)
- Maladies non thyroïdiennes (sick euthyroid syndrome) : maladie aiguë sévère + sepsis + chirurgie majeure + jeûne + → TSH basse ou normale + FT3 basse + FT4 normale ou basse → NE PAS traiter → traiter la cause
- Grossesse : TSH basse au 1er trimestre (hCG stimulant le récepteur TSH) → peut mimer une hyperthyroïdie subclinique + thyrotoxicose gestationnelle transitoire si hCG très élevée (grossesse gémellaire + mole hydatiforme)
- Insuffisance hypophysaire : TSH normale ou basse + FT4 basse → hypothyroïdie centrale → NE PAS se fier uniquement à la TSH
Suivi de la lévothyroxine — règles pratiques
- Délai de contrôle de la TSH : 4–8 semaines après chaque changement de dose (demi-vie de la T4 = 7 jours → équilibre atteint après 5 demi-vies = 5 semaines) → contrôle trop précoce (<4 semaines) → résultat non fiable
- Fréquence du suivi : tous les 6–12 mois une fois la dose stabilisée + + annuellement chez la personne âgée stable + + contrôle dans les 4 semaines si changement de marque + ou de formulation + ou de grossesse
- Prise de la lévothyroxine : à jeun 30–60 min avant le repas + ou au coucher (≥ 3 h après le repas) + absorption réduite par : café + calcium + fer + antiacides + IPP + cholestyramine → espacer de ≥ 4 h
- TSH trop basse sous lévothyroxine (surdosage) : risque de fibrillation auriculaire (× 3) + ostéoporose chez la femme ménopausée + insomnie + palpitations → réduire la dose + contrôle à 4–8 semaines
- Bioéquivalence entre marques : les différentes formulations de lévothyroxine ne sont pas strictement bioéquivalentes → éviter de changer de marque sans contrôle de TSH → si changement inévitable → contrôle à 6–8 semaines
Consulter un médecin si une TSH anormale est découverte — qu'elle soit élevée (hypothyroïdie possible) ou supprimée (hyperthyroïdie possible) — pour une interprétation contextuelle avec la FT4 + l'anamnèse médicamenteuse + et le tableau clinique. Une TSH très élevée (> 20–30 mUI/L) avec symptômes sévères (fatigue extrême + hypothermie + bradycardie) peut évoquer un coma myxœdémateux — urgence médicale → composer le 911. Pour le dépistage + la prescription de la lévothyroxine + et le suivi de la fonction thyroïdienne, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron prescrivent la TSH comme test de dépistage de la fonction thyroïdienne + l'interprètent avec la FT4 et les anticorps selon le contexte + initient et ajustent la lévothyroxine selon les cibles de TSH adaptées au patient (âge + grossesse + cancer thyroïdien + hypothyroïdie centrale) + assurent le suivi tous les 6–12 mois + et orientent vers l'endocrinologie pour les tableaux complexes (hypothyroïdie centrale + TSH discordante + nodule + cancer). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un endocrinologue. La TSH doit toujours être interprétée dans le contexte clinique — une TSH normale n'exclut pas une hypothyroïdie centrale (insuffisance hypophysaire). Le délai de contrôle de la TSH après un changement de dose de lévothyroxine est de 4 à 8 semaines minimum — un contrôle plus précoce ne reflète pas l'état d'équilibre réel.
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