Syphilis | Clinique Omicron Québec
Stades cliniques et manifestations
| Stadium | Délai après contamination | Clinical manifestations | Contagiosité |
|---|---|---|---|
| Primaire | 10–90 jours (moy. 21 j) | Chancre syphilitique : ulcération unique + indolore + bords nets + propre + base indurée (cartonnée) + génitale (gland + grande lèvre + col utérin) ou extragenitale (anus + rectum + bouche + doigts) + adénopathie satellite unilatérale non inflammatoire + indolore + le chancre guérit spontanément en 3–6 semaines même sans traitement → souvent passé inaperçu | Très élevée (tréponèmes dans le chancre) |
| Secondaire | 4–10 semaines après le chancre | Dissémination hématogène systémique → roséole syphilitique (macules roses pâles diffuses sur tronc + paumes + plantes — atteinte des paumes et plantes = quasi-pathognomonique) + plaques muqueuses (blanchâtres + buccales + génitales) + condylomes plats (végétations anogénitales larges + plates + très contagieuses) + alopécie en « clairières » (alopécie maculo-squameuse diffuse) + polyadénopathies généralisées + fièvre + malaise + méningite syphilitique + uvéite + hépatite + néphrite | Très élevée (lésions cutanéo-muqueuses riches en tréponèmes) |
| Latente précoce | Dans l'année suivant la contamination | Asymptomatique + sérologie positive + définie par une séroconversion < 1 an ou par des antécédents de signes primaires ou secondaires dans l'année précédente | Possible (récidives du secondaire) |
| Latente tardive | Au-delà d'un an de contamination | Asymptomatique + sérologie positive + durée indéterminée (années à décennies) + risque de transmission sexuelle très faible + mais risque de transmission materno-fœtale persiste | Très faible par voie sexuelle |
| Tertiaire | 1 à 30 ans après la primo-infection | Gommes syphilitiques (granulomes destructeurs de la peau + des os + des viscères) + syphilis cardiovasculaire (aortite syphilitique → anévrisme de l'aorte ascendante + insuffisance aortique) + neurosyphilis tardive (tabès dorsalis + paralysie générale progressive = démence syphilitique) | Non contagieuse |
Neurosyphilis — formes et indications de ponction lombaire
- Formes précoces (invasion du LCR possible dès le stade primaire) : méningite syphilitique aiguë (céphalées + méningisme + LCR pléiocytose lymphocytaire) + méningite basilaire (nerfs crâniens : III + VI + VII + VIII) + névrite optique syphilitique (baisse visuelle) + uvéite syphilitique (œil rouge + baisse visuelle + toujours exclure une syphilis devant une uvéite)
- Formes tardives : tabès dorsalis (démyélinisation des cordons postérieurs → ataxie + douleurs fulgurantes des membres + arthropathie de Charcot + signe de Romberg + signe d'Argyll Robertson — pupilles irrégulières répondant à l'accommodation mais pas à la lumière = pathognomonique) + paralysie générale progressive (démence + troubles psychiatriques + méningite chronique)
- Indications de ponction lombaire (LCR) : signes neurologiques ou psychiatriques + ou ophtalmologiques (uvéite + névrite optique) + ou auditifs (hypoacousie) + chez tout patient syphilitique + ou syphilis tertiaire + ou syphilis de stade inconnu + ou échec au traitement (VDRL non décroissant)
- Critères diagnostiques de neurosyphilis (LCR) : VDRL LCR positif (spécificité 99 % mais sensibilité 30–70 %) + ou pléiocytose (> 5 leucocytes/µL) + ou protéinorachie élevée + en contexte syphilitique confirmé + TPHA/FTA-ABS LCR positif = très sensible mais peu spécifique (peut être positif par contamination)
Sérologie syphilitique — interprétation
- Tests tréponémiques (spécifiques — restent positifs à vie) : TPHA (Treponema pallidum Hemagglutination Assay) + FTA-ABS (Fluorescent Treponemal Antibody Absorption) + TPPA + EIA/CLIA tréponémique → détectent les anticorps dirigés contre les antigènes spécifiques de T. pallidum → se positivent dès J10–J14 après le chancre → RESTENT POSITIFS À VIE même après guérison → ne permettent pas de juger de l'activité ni de la guérison
- Tests non tréponémiques (non spécifiques — corrèlent avec l'activité) : VDRL (Venereal Disease Research Laboratory) + RPR (Rapid Plasma Reagin) → détectent des anticorps anti-cardiolipine (réaction croisée avec les membranes cellulaires de T. pallidum) → se positivent 1–3 semaines après le chancre → titrés en dilutions (1/4 + 1/8 + 1/64 etc.) → DIMINUENT avec un traitement efficace (objectif : diminution du titre de 4 fois à 6–12 mois) → GUÉRISON : VDRL négatif ou titre très bas et stable (cicatrice sérologique)
- Algorithme diagnostique séquentiel : dépistage par test tréponémique (EIA/CLIA) → si positif → VDRL quantitatif pour établir le titre de base (activité) + déterminer le stade + guider le suivi + un VDRL élevé (≥ 1/8) avec TPHA positif = syphilis active probable + VDRL négatif avec TPHA positif = syphilis ancienne traitée ou latente tardive
- Faux positifs du VDRL (non tréponémiques) : grossesse + lupus + syndrome des antiphospholipides + infections aiguës (MNI + paludisme + lèpre + tuberculose) + hépatites virales + vieillissement → TPHA reste négatif dans ces situations → confirme l'absence de syphilis
Traitement — pénicilline G benzathine
- Syphilis primaire + secondaire + latente précoce (< 1 an) : benzathine pénicilline G 2,4 millions UI IM dose unique + ou amoxicilline 3 g/jour × 14 jours si injection IM refusée → taux de guérison > 95 % pour le stade primaire
- Syphilis latente tardive (> 1 an) + ou stade inconnu + ou tertiaire (sauf neurosyphilis) : benzathine pénicilline G 2,4 millions UI IM × 3 doses à 1 semaine d'intervalle (J1 + J8 + J15)
- Neurosyphilis + syphilis oculaire + syphilis otique : pénicilline G cristalline 3–4 millions UI IV toutes les 4 h × 10–14 jours (ou 24 millions UI/jour en perfusion continue) + ou ceftriaxone 2 g IV × 1/j × 10–14 jours si allergie à la pénicilline (après désensibilisation si disponible)
- Allergie à la pénicilline (non anaphylactique) : doxycycline 100 mg × 2/j × 14 jours (stades primaire + secondaire + latente précoce) + ou × 28 jours (latente tardive) → efficacité légèrement inférieure à la pénicilline + non utilisable en grossesse
- Pregnancy: pénicilline G benzathine obligatoire quel que soit le stade → seul traitement prouvé efficace pour la prévention de la syphilis congénitale + si allergie vraie à la pénicilline → désensibilisation avant traitement (recommandation SOGC + CDC) + la doxycycline est contre-indiquée en grossesse
- Réaction de Jarisch-Herxheimer : survient dans les 2–8 h suivant la première dose de pénicilline + fièvre + frissons + céphalées + myalgies + aggravation transitoire des lésions → réaction inflammatoire à la lyse massive des tréponèmes → traitement symptomatique (paracétamol) + prévenir le patient + risque de prématurité ou de souffrance fœtale si grossesse → surveillance accrue
- Suivi sérologique : VDRL quantitatif à 6 + 12 + 24 mois après traitement → objectif : réduction du titre ≥ 4 fois à 6–12 mois → échec si pas de réduction à 6 mois → nouvelle ponction lombaire + retreatement
Syphilis congénitale
- Transmission: transplacentaire à tout stade de la grossesse + mais risque maximal aux stades primaire et secondaire (tréponémie élevée) + transmission possible jusqu'au stade latente tardive
- Manifestations précoces (< 2 ans) : rhinite syphilitique mucopurulente (« snuffles ») + éruption bulleuse palmo-plantaire + hépatosplénomégalie + ostéochondrite (radiographie : bandes métaphysaires claires) + anémie + thrombocytopénie + méningite
- Manifestations tardives (> 2 ans) : dents de Hutchinson (incisives centrales échancrées en tournevis) + kératite interstitielle + surdité (VIII) + selle nasale en selle de cheval (destruction du septum) + tibias en sabre + triade de Hutchinson (dents + kératite + surdité = pathognomonique)
- Dépistage : sérologie syphilitique (TPHA + VDRL) obligatoire chez toutes les femmes enceintes au 1er trimestre + répétée au 3e trimestre et à l'accouchement si facteurs de risque au Québec (recommandation MSSS)
Consulter un médecin rapidement si une ulcération génitale + anale + ou buccale indolore apparaît + ou si une éruption diffuse incluant les paumes et les plantes se développe + ou si des symptômes neurologiques + visuels + ou auditifs accompagnent une IST connue ou suspectée. La syphilis est une MADO au Québec — tout cas confirmé fait l'objet d'une enquête de contacts par la Santé publique. Pour le dépistage de la syphilis (TPHA + VDRL) en contexte d'IST + ou pendant la grossesse + ou pour l'initiation du traitement à la pénicilline, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Consult at Clinique Omicron
Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent la syphilis à tous ses stades, prescrivent la sérologie syphilitique (TPHA + VDRL quantitatif), administrent la benzathine pénicilline G IM selon le stade, assurent le suivi sérologique, déclarent les cas à la Santé publique (MADO), orientent vers l'infectiologie ou la neurologie pour les neurosyphilis, et dépistent la syphilis systématiquement chez les femmes enceintes et les personnes à risque (IST multiples + HSH + VIH). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. La syphilis est une maladie à déclaration obligatoire (MADO) au Québec — tout cas confirmé doit être déclaré à la Direction régionale de santé publique pour enquête de contacts. La pénicilline G benzathine est le seul traitement recommandé chez la femme enceinte — la désensibilisation à la pénicilline est obligatoire en cas d'allergie documentée pendant la grossesse.
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