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Endocrinologie & Biologie médicale & Gynécologie & Médecine de famille

Macroprolactine - Test médical Clinique Omicron

La macroprolactine est une forme moléculaire de la prolactine sérique caractérisée par la formation d'un complexe de haut poids moléculaire (150–170 kDa) résultant de la liaison de la prolactine monomérique (23 kDa — la forme biologiquement active) à des auto-anticorps IgG endogènes. Ce complexe immunoglobuline-prolactine est détecté par les immuno-essais de routine comme de la prolactine totale élevée (hyperprolactinémie biochimique) — mais sa bioactivité est fortement réduite, voire nulle, car la liaison à l'auto-anticorps empêche l'interaction de la prolactine avec son récepteur tissulaire. La macroprolactinémie — terme désignant une hyperprolactinémie dont la composante dominante est la macroprolactine — représente la cause la plus fréquente d'hyperprolactinémie modérée asymptomatique chez les patients qui bénéficient d'un dosage systématique de la prolactine. Sa prévalence parmi les patients avec hyperprolactinémie est estimée à 10–46 % selon les études et les méthodes utilisées. La distinction entre une macroprolactinémie bénigne et une véritable hyperprolactinémie (due à un prolactinome + médicaments + hypothyroïdie + grossesse + causes physiopathologiques) est cruciale, car leurs implications cliniques et thérapeutiques sont radicalement différentes : la macroprolactinémie ne nécessite généralement aucun traitement + pas d'IRM hypophysaire systématique + pas d'agoniste dopaminergique. La technique de référence pour identifier la macroprolactine est la précipitation au polyéthylène glycol (PEG) — si la prolactine résiduelle après PEG est <40–60 % de la prolactine initiale, la macroprolactine est le composant dominant.

Biochimie, mécanismes et diagnostic différentiel

  • Biochimie de la prolactine et formes moléculaires : formes moléculaires de la prolactine sérique : prolactine monomérique (little prolactin — 23 kDa) : forme biologiquement active principale → se lie aux récepteurs de la prolactine dans les tissus cibles (sein + gonades + foie) → responsable des effets physiologiques (lactation + effets sur la reproduction) → représente 80–90 % de la prolactine sérique normale + big prolactin (50–60 kDa) : dimère ou formes glycosylées → moins active biologiquement + macroprolactine (big-big prolactin — 150–170 kDa) : complexe prolactine monomérique + IgG → forme mal élaborée → clearance rénale réduite (trop grande pour être filtrée) → demi-vie prolongée → accumulation sérique → détectée comme prolactine totale élevée par les immuno-essais → bioactivité très réduite → mécanismes de formation de la macroprolactine : auto-anticorps IgG anti-prolactine → se lient à la prolactine monomérique → forment des complexes de haut poids moléculaire → ces auto-anticorps sont présents dans 15–40 % de la population générale à des titres variables → quand ces anticorps sont en quantité suffisante pour lier la majorité de la prolactine circulante → macroprolactinémie → pourquoi les auto-anticorps apparaissent ? Mécanisme exact inconnu — peut-être liés à des immunisations ou à une réponse auto-immune physiologique bénigne + détection analytique de la macroprolactine : les immuno-essais de routine (ECLIA + CLIA + ELISA) mesurent la prolactine totale (monomérique + macroprolactine) → résultat élevé → interprétation trompeuse + chromatographie d'exclusion stérique (gel filtration) : gold standard de séparation des formes → laborieux + cher + réservé à la recherche + précipitation au polyéthylène glycol (PEG 6000) : méthode pratique de laboratoire → le PEG précipite sélectivement les immunoglobulines et les complexes de haut poids moléculaire → centrifugation → dosage du surnageant (prolactine résiduelle) → si récupération <40–60 % de la prolactine initiale → macroprolactine dominante → recommandée par la Société européenne d'endocrinologie + the Endocrine Society
  • Causes d'hyperprolactinémie vraie et diagnostic différentiel avec la macroprolactinémie : causes d'hyperprolactinémie vraie (prolactine monomérique biologiquement active élevée) — à distinguer de la macroprolactinémie : causes médicamenteuses (la plus fréquente des hyperprolactinémies biologiquement actives) : antipsychotiques (halopéridol + rispéridone + amisulpride + chlorpromazine) : bloquent les récepteurs dopaminergiques D2 → levée de la tonalité inhibitrice dopaminergique sur les lactotropes hypophysaires → libération massive de prolactine → souvent prolactine >50–100 µg/L + antidépresseurs (ISRS + tricycliques) + antiémétiques (métoclopramide + dompéridone) + opioïdes + inhibiteurs calciques (vérapamil) + méthyldopa + réserpine + causes hypothalamiques et de la tige pituitaire : tumeur + granulome + craniopharyngiome + section de la tige → lèvent l'inhibition dopaminergique hypophysaire + prolactinome (adénome hypophysaire sécrétant de la prolactine) : microprolactinome (<1 cm) + macroprolactinome (>1 cm) → cause la plus fréquente des hyperprolactinémies tumorales + grossesse : prolactine physiologiquement élevée (jusqu'à 300–500 µg/L à terme) + allaitement + hypothyroïdie primaire : TRH ↑ (stimule les lactotropes) → hypothyroïdie → toujours doser TSH si prolactine élevée → IRC + cirrhose (réduction de la clairance) → stress physique + prise de sang après repas + coïts + stimulation mammaire → faux positifs des conditions de prélèvement → diagnostic différentiel macroprolactinémie vs hyperprolactinémie vraie : macroprolactinémie : souvent asymptomatique + pas de symptômes hormonaux (cycles normaux + pas de galactorrhée + libido conservée) + découverte fortuite + PEG positif + prolactine résiduelle <40–60 % → hyperprolactinémie vraie : galactorrhée + aménorrhée + infertilité + hypogonadisme + baisse de la libido + céphalées + troubles visuels si macroprolactinome + PEG négatif (prolactine résiduelle >60 %)

Démarche diagnostique et prise en charge

Aspect / situationDémarche, interprétation et conduite à tenirRéférences et recommandations
Démarche diagnostique devant une prolactine élevée
Prolactine valeurs normales — conditions de prélèvement — test PEG — interprétation récupération — TSH hypothyroïdie — bilan médicamenteux — prolactine 2e dosage — IRM hypophysaire — champ visuel — FSH LH estradiol — prolactinome critères
Approche diagnostique d'une hyperprolactinémie découverte : valeurs normales de la prolactine : femme non enceinte : 2–20 µg/L (valeurs varient selon les laboratoires et les méthodes) → homme : 2–15 µg/L → grossesse à terme : jusqu'à 300–500 µg/L → conditions pré-analytiques importantes : prélèvement le matin à jeun + 2h après le réveil + éviter le stress + la stimulation mammaire + le coïts dans les 24h précédentes (prolactine transitoirement élevée) → première étape — confirmer l'hyperprolactinémie : repeat de la prolactine dans des conditions optimales → exclure les faux positifs → deuxième étape — TSH (hypothyroïdie primaire → prolactine élevée par TRH) + bilan médicamenteux (antipsychotiques + métoclopramide + ISRS + opioïdes + vérapamil) → troisième étape — test PEG (polyéthylène glycol) : indication : prolactine modérément élevée (20–150 µg/L) + patient asymptomatique + ou symptômes discordants → précipitation PEG + dosage du surnageant → récupération >60 % → macroprolactine exclue → prolactine monomérique dominante → chercher la cause de l'hyperprolactinémie vraie → récupération <40–60 % → macroprolactinémie confirmée → généralement bénigne → pas de traitement → pas d'IRM systématique + quatrième étape (si hyperprolactinémie vraie confirmée) : IRM hypophysaire avec gadolinium : 1re intention pour diagnostiquer un prolactinome → si microprolactinome (<1 cm) → prolactine souvent 25–250 µg/L → si macroprolactinome (>1 cm) → prolactine souvent >250 µg/L → + bilan hormonal hypophysaire complet (TSH + cortisol + IGF-1 + LH + FSH + estradiol ou testostérone) → champ visuel si macroprolactinome (compression du chiasma optique) Melmed 2011 — Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism (Endocrine Society guidelines) : hyperprolactinémie + diagnostic + traitement → référence + Vilar 2019 — Neuroendocrinology : macroprolactine + PEG + diagnostic → revue + Kasum 2012 — Gynecological Endocrinology : macroprolactinémie + clinique + bilan + Cavaco 2010 — Clinical Endocrinology : PEG + macroprolactine + sensibilité + spécificité → Fahie-Wilson 2018 — Clinical Biochemistry Reviews : macroprolactine + diagnostic + PEG + CSEM (Société canadienne d'endocrinologie et métabolisme) + INESSS Québec + RAMQ : prolactine + TSH + PEG + IRM → remboursés selon indication
Macroprolactinémie — prise en charge et suivi
Macroprolactinémie bénigne — pas de traitement — pas d'IRM systématique — réassurance — suivi annuel — symptômes — galactorrhée rare — cycles menstruels normaux — infertilité exclue — traitement si symptômes — agonistes dopaminergiques si nécessaire
Prise en charge de la macroprolactinémie confirmée par le PEG : macroprolactinémie pure (récupération PEG <40 %) + patient asymptomatique (cycles normaux + pas de galactorrhée + pas d'hypogonadisme + pas d'infertilité) : rasssurance + pas de traitement médicamenteux → pas d'agoniste dopaminergique (cabergoline + bromocriptine) → pas d'IRM hypophysaire systématique → suivi annuel avec dosage de la prolactine totale → pas de modification du traitement tant que le patient reste asymptomatique → information du patient : la macroprolactinémie est une entité bénigne → la prolactine biologiquement active est normale → les complications de l'hyperprolactinémie vraie (ostéoporose + infertilité + hypogonadisme) ne sont pas attendues dans la macroprolactinémie → macroprolactinémie avec symptômes (cas rares) : galactorrhée chez certains patients avec macroprolactinémie → discuté → mais rare et peu invalidante → traitement des symptômes si nécessaire + macroprolactinémie et désir de grossesse : chez une femme avec macroprolactinémie + infertilité → évaluer d'autres causes d'infertilité car la macroprolactinémie est rarement responsable → cycles menstruels souvent normaux dans la macroprolactinémie → si aménorrhée + infertilité coexistent → chercher une hyperprolactinémie vraie résiduelle ou une autre cause d'anovulation + macroprolactinémie et ostéoporose : le risque d'ostéoporose n'est pas augmenté dans la macroprolactinémie (car la prolactine biologiquement active est normale) → DXA non nécessaire dans la macroprolactinémie isolée asymptomatique + si IRM demandée par erreur chez un patient avec macroprolactinémie : incidentalome hypophysaire possible (prévalence 10–15 % dans la population générale) → ne pas surtraiter → interprétation contextuelle + stabilité à long terme : la macroprolactinémie est une entité stable → la prolactine totale peut fluctuer mais la macroprolactine persiste généralement à vie Melmed 2011 — JCEM (Endocrine Society guidelines) : hyperprolactinémie → macroprolactine → pas de traitement si asymptomatique + Kasum 2012 — Gynecological Endocrinology : macroprolactinémie + clinique + bénignité + Vilar 2019 — Neuroendocrinology : macroprolactinémie + revue + prise en charge + Gibney 2005 — Clinical Endocrinology : macroprolactinémie + suivi + évolution → Hattori 2003 — European Journal of Endocrinology : macroprolactinémie + résultats long terme + CSEM (Société canadienne d'endocrinologie et métabolisme) + INESSS Québec + RAMQ : cabergoline + bromocriptine → remboursés si hyperprolactinémie vraie confirmée + prolactinome
Hyperprolactinémie vraie — prolactinome et traitement par agonistes dopaminergiques
Prolactinome microprolactinome macroprolactinome — cabergoline bromocriptine — réduction taille — galactorrhée aménorrhée traitement — vision chiasma optique — chirurgie transsphénoïdale — radiothérapie — femme enceinte prolactine — surveillance IRM annuelle
Hyperprolactinémie vraie — traitement du prolactinome (après exclusion de la macroprolactine) : agonistes dopaminergiques — traitement de 1re ligne du prolactinome : cabergoline (Dostinex) : traitement de référence → agoniste D2 à longue demi-vie → 0,25–1 mg × 2/semaine → efficacité : normalisation de la prolactine dans 80–90 % des microprolactinomes + réduction du volume tumoral dans 70–80 % des macroprolactinomes → effets indésirables : nausées + vertiges + hypotension orthostatique (moins fréquents qu'avec la bromocriptine) → à doses élevées (>3 mg/sem) : risque de valvulopathie cardiaque (données des maladies de Parkinson — doses très élevées) → pas de risque significatif aux doses utilisées pour les prolactinomes + bromocriptine (Parlodel) 2,5–15 mg/j : alternative + moins bien tolérée → utilisée pendant la grossesse (données d'innocuité sur 30+ ans) → microprolactinome : traitement par cabergoline si : galactorrhée + ou aménorrhée + ou infertilité + ou hypogonadisme + ou ostéoporose + macroprolactinome : traitement obligatoire (prolactinome >1 cm) + surveillance ophtalmologique (champ visuel si compression du chiasma) → IRM de contrôle à 3–6 mois → chirurgie transsphénoïdale : si échec des agonistes dopaminergiques (non répondeurs) + ou intolérance + ou urgence ophtalmologique (perte de vision progressive) → taux de guérison chirurgicale : 70–90 % pour les microprolactinomes + moins bonne pour les macroprolactinomes + grossesse et prolactinome : si désir de grossesse sous cabergoline → arrêter la cabergoline dès que la grossesse est confirmée + surveiller les symptômes visuels mensuellement + IRM si symptômes (pas d'IRM systématique) + si microprolactinome → risque de croissance tumorale pendant la grossesse très faible (<5 %) + si macroprolactinome → risque plus élevé de croissance (15–25 %) → bromocriptine parfois maintenue Melmed 2011 — JCEM (Endocrine Society guidelines) : prolactinome + cabergoline + traitement → référence + Molitch 2014 — JCEM : prolactinome + agonistes dopaminergiques + résultats → Colao 2012 — NEJM : prolactinome + revue + traitement → Dekkers 2010 — European Journal of Endocrinology : cabergoline + macroprolactinome + résultats + Auriemma 2013 — Journal of Clinical Endocrinology : prolactinome + grossesse + suivi + CSEM (Société canadienne d'endocrinologie et métabolisme) + INESSS Québec + RAMQ : cabergoline + bromocriptine → remboursés si prolactinome confirmé + IRM hypophysaire avec gadolinium → remboursée
ℹ️ La macroprolactinémie est la cause la plus fréquente d'hyperprolactinémie modérée asymptomatique — elle représente 10 à 46 % des hyperprolactinémies et ne nécessite ni traitement ni IRM hypophysaire systématique si le patient est asymptomatique : le test de précipitation au PEG est indispensable avant de débuter un traitement par agoniste dopaminergique ou d'ordonner une IRM hypophysaire chez un patient avec hyperprolactinémie modérée sans symptôme évident. Une récupération PEG inférieure à 40–60 % confirme la macroprolactinémie. La TSH doit toujours être dosée pour exclure une hypothyroïdie primaire comme cause d'hyperprolactinémie.
Situations nécessitant une évaluation endocrinologique urgente

Hyperprolactinémie sévère (>250 µg/L) + ou macroprolactinome (>1 cm à l'IRM) + troubles visuels (réduction du champ visuel + diplopie) + ou céphalées + ou insuffisance hypophysaire (fatigue + hypogonadisme + polyurie) → macroprolactinome compressif → consultation endocrinologie urgente → cabergoline 0,25–0,5 mg × 2/sem immédiatement + champ visuel → si perte de vision rapide → neurochirurgie transphénoïdale en urgence.

Femme enceinte avec ATCD de macroprolactinome + céphalées nouvelles + aggravation des céphalées + ou troubles visuels → croissance tumorale durante graviditate → IRM hypophysaire (sans gadolinium si grossesse) → bromocriptine à reprendre si compression + consultation endocrinologie + ophtalmologie.

Hyperprolactinémie découverte + TSH très élevée + symptômes d'hypothyroïdie (frilosité + constipation + bradycardie + prise de poids) → hypothyroïdie primaire comme cause de l'hyperprolactinémie → traitement par lévothyroxine → normalisation attendue de la prolactine sous traitement de l'hypothyroïdie → PAS de cabergoline nécessaire → PAS d'IRM hypophysaire nécessaire si prolactine se normalise avec LT4.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins de Clinique Omicron évaluent toute hyperprolactinémie de découverte en vérifiant les conditions de prélèvement, en dosant la TSH, en réalisant le test PEG pour distinguer la macroprolactinémie d'une hyperprolactinémie vraie, en orientant vers l'endocrinologue et l'IRM hypophysaire si indiqué, et en prescrivant les agonistes dopaminergiques (cabergoline) si le diagnostic de prolactinome est confirmé. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un endocrinologue. La macroprolactinémie est une entité bénigne — ne pas traiter une macroprolactinémie asymptomatique par des agonistes dopaminergiques sans confirmation préalable de la nature de l'hyperprolactinémie par le test PEG.

Clinique Omicron

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