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Non-HDL-C (cholestérol non-HDL) : valeurs normales, calcul et interprétation | Clinique Omicron
Biochimie clinique & Cardiologie préventive & Médecine de famille

Non-HDL-C (cholestérol non-HDL)

Le cholestérol non-HDL (non-HDL-C) est un paramètre lipidique calculé qui représente la somme du cholestérol contenu dans toutes les lipoprotéines athérogènes du plasma — soit l'ensemble des lipoprotéines à l'exception du HDL — incluant les LDL (lipoprotéines de basse densité), les VLDL (lipoprotéines de très basse densité), les IDL (lipoprotéines de densité intermédiaire), la Lp(a) (lipoprotéine(a)) et les résidus de chylomicrons. Sa formule de calcul est d'une simplicité absolue : non-HDL-C = cholestérol total − HDL-C. Ce paramètre présente un avantage pratique et clinique majeur par rapport au LDL-C calculé par la formule de Friedewald — il ne nécessite aucun jeûne du patient, peut être calculé à partir d'un bilan lipidique standard réalisé en tout moment de la journée, et n'est pas sujet aux erreurs d'estimation introduites par la formule de Friedewald en présence d'hypertriglycéridémie (qui sous-estime le LDL-C quand les triglycérides dépassent 4,5 mmol/L). Plus fondamentalement, le non-HDL-C capture l'ensemble du risque athérogène lié aux lipoprotéines, car toutes les lipoprotéines non-HDL contiennent une apolipoprotéine B (apo B) à leur surface — cette apoB étant la protéine structurale permettant leur pénétration dans la paroi artérielle et leur rôle dans la formation des plaques d'athérosclérose. Les recommandations canadiennes de lipidologie (Lignes directrices de la Société canadienne de cardiologie 2021) et les lignes directrices européennes ESC/EAS 2019 reconnaissent le non-HDL-C comme un marqueur de risque cardiovasculaire au moins aussi puissant que le LDL-C, et supérieur à ce dernier dans certaines populations à risque élevé — particulièrement les patients avec diabète de type 2, syndrome métabolique, hypertriglycéridémie, syndrome néphrotique ou en prévention secondaire — pour qui les lipoprotéines autres que les LDL (VLDL + IDL + Lp(a)) représentent une part importante du risque résiduel non capturée par le LDL-C seul.

Biologie et lipoprotéines incluses dans le non-HDL-C

  • LDL (lipoprotéines de basse densité) : principale composante du non-HDL-C (représente 70 à 80 % du non-HDL-C chez un individu à jeun) + lipoprotéine la plus étudiée en cardioprotection + chaque LDL contient une molécule d'apoB-100 + transport du cholestérol du foie vers les tissus périphériques + les LDL oxydées (LDLox) sont particulièrement athérogènes (captées par les macrophages → cellules spumeuses → strie lipidique → plaque d'athérome)
  • VLDL (lipoprotéines de très basse densité) : synthétisées par le foie + transportent les triglycérides vers les tissus périphériques + chaque VLDL contient une molécule d'apoB-100 + les VLDL résiduels et les IDL (produits du catabolisme des VLDL) sont directement athérogènes + explication de pourquoi le non-HDL-C est un meilleur marqueur que le LDL-C chez les patients hypertriglycéridémiques (les VLDL sont alors très élevées)
  • IDL (lipoprotéines de densité intermédiaire) : produits du catabolisme des VLDL par la lipoprotéine lipase + fortement athérogènes (petites particules denses pénétrant facilement la paroi artérielle) + incluses dans le non-HDL-C mais absentes du LDL-C calculé par Friedewald
  • Lp(a) — lipoprotéine(a) : variant génétique du LDL contenant une apolipoprotéine(a) liée à l'apoB-100 par un pont disulfure + facteur de risque cardiovasculaire indépendant + concentrations déterminées à 80–90 % génétiquement + incluse dans le non-HDL-C + non reflétée par le LDL-C standard + à doser séparément si suspicion de risque résiduel élevé malgré LDL-C contrôlé
  • Résidus de chylomicrons : produits de la digestion des lipides alimentaires + directement athérogènes + elevés en état post-prandial + explication de la capacité du non-HDL-C à capturer le risque post-prandial même sur un prélèvement non à jeun

Valeurs normales et cibles thérapeutiques

Population et niveau de risque Cible non-HDL-C recommandée Cible LDL-C correspondante
Population générale adulte (risque faible) < 3,5 mmol/L (désirable) + < 4,0 mmol/L (acceptable) < 3,0 mmol/L (désirable)
Risque cardiovasculaire intermédiaire < 3,2 mmol/L selon les lignes directrices canadiennes SCC 2021 < 2,0 mmol/L ou réduction ≥ 50 % du LDL-C
Risque cardiovasculaire élevé (diabète + HTA + tabagisme + score de Framingham 10–20 %) < 2,6 mmol/L (lignes directrices ESC/EAS 2019) < 1,8 mmol/L ou réduction ≥ 50 %
Risque cardiovasculaire très élevé (prévention secondaire post-IDM + post-AVC + maladie coronarienne connue + artériopathie périphérique) < 2,2 mmol/L (lignes directrices ESC/EAS 2019 + SCC 2021) < 1,4 mmol/L ou réduction ≥ 50 % (lignes directrices ESC/EAS 2019)
Diabète de type 2 avec atteinte d'organe cible ou facteurs de risque multiples < 2,2 mmol/L + le non-HDL-C est le marqueur préféré dans le diabète car les lipoprotéines résiduelles riches en TG sont particulièrement athérogènes dans ce contexte < 1,4 mmol/L selon ESC/EAS 2019 pour les diabétiques à très haut risque
Syndrome néphrotique + insuffisance rénale chronique < 2,6 mmol/L + le non-HDL-C est préféré car le LDL-C est souvent sous-estimé par la formule de Friedewald dans ces contextes (hypertriglycéridémie fréquente) < 1,8 mmol/L ou individualiser selon la fonction rénale
ℹ️ La relation entre le non-HDL-C et le LDL-C est simple et constante : la cible de non-HDL-C est toujours égale à la cible de LDL-C + 0,8 mmol/L. Ainsi, si la cible de LDL-C est de 1,8 mmol/L, la cible de non-HDL-C correspondante est de 2,6 mmol/L. Ce décalage de 0,8 mmol/L correspond à la fraction de cholestérol contenu dans les VLDL à concentration normale de triglycérides (triglycérides × 0,44). Cette règle simple permet d'utiliser indifféremment le LDL-C ou le non-HDL-C selon le contexte clinique et la disponibilité des prélèvements à jeun.

Avantages du non-HDL-C par rapport au LDL-C calculé

Situation clinique Limite du LDL-C (formule de Friedewald) Avantage du non-HDL-C
Hypertriglycéridémie (TG > 4,5 mmol/L) La formule de Friedewald (LDL-C = CT − HDL-C − TG/2,2) devient invalide et sous-estime massivement le LDL-C réel quand les TG dépassent 4,5 mmol/L → de nombreux laboratoires affichent « LDL-C non calculable » + risque cardiovasculaire sous-estimé Non-HDL-C = CT − HDL-C → calcul direct + toujours valide quel que soit le niveau de triglycérides + capte le cholestérol des VLDL (élevées dans l'hypertriglycéridémie) qui représentent alors une part importante du risque athérogène résiduel
Prélèvement non à jeun Le LDL-C de Friedewald est moins fiable sur un prélèvement post-prandial (augmentation des chylomicrons et des VLDL qui faussent le calcul) Le non-HDL-C peut être utilisé sur un prélèvement non à jeun avec une fiabilité acceptable — recommandé comme paramètre de première intention pour les bilans lipidiques non à jeun (recommandation SCC 2021 et ESC/EAS 2019)
Diabète de type 2 et syndrome métabolique Le LDL-C est souvent dans les normes ou peu élevé dans le diabète de type 2 (phénotype lipidique caractéristique : TG élevés + HDL bas + LDL-C « normal » mais composé de petites particules denses très athérogènes = LDL-P élevé malgré LDL-C normal) Le non-HDL-C capture les VLDL élevées et les IDL athérogènes typiques du diabète de type 2 → meilleure prédiction du risque cardiovasculaire résiduel + lignes directrices SCC 2021 recommandent le non-HDL-C comme cible prioritaire dans le diabète
Patients sous statines à forte dose Sous statines à forte dose, le LDL-C peut atteindre des valeurs très basses (< 0,5 mmol/L) où la formule de Friedewald perd en précision relative + le LDL-C direct (ultracentrifugation) ou le LDL-C Nova (formule Martin-Hopkins) sont préférables Le non-HDL-C reste fiable même à des valeurs très basses + reflète mieux la persistance d'un risque résiduel lié aux lipoprotéines riches en TG même quand le LDL-C est très contrôlé + permet de détecter un risque résiduel non capturé par le LDL-C chez les patients traités
Insuffisance rénale chronique + syndrome néphrotique Ces conditions s'accompagnent d'une dyslipidémie complexe avec élévation des VLDL + IDL + Lp(a) en plus des LDL → le LDL-C seul sous-estime le risque Non-HDL-C capture l'ensemble des lipoprotéines athérogènes augmentées dans ces conditions + recommandé comme cible prioritaire dans l'IRC selon les lignes directrices KDIGO 2023

Interprétation du non-HDL-C et démarche thérapeutique

  • Calcul : non-HDL-C (mmol/L) = cholestérol total − HDL-C + disponible sur tout bilan lipidique standard sans information supplémentaire + si non rapporté par le laboratoire → calculable manuellement en 5 secondes à partir du bilan lipidique standard
  • Non-HDL-C élevé avec LDL-C normal — signification clinique : situation fréquente dans le diabète + syndrome métabolique + hypertriglycéridémie + hyperlipidémie mixte (type III de Fredrickson) + indique une élévation des lipoprotéines athérogènes non-LDL (VLDL + IDL + résidus) + risque cardiovasculaire sous-estimé si on s'arrête au LDL-C seul + traitement : contrôle de l'hypertriglycéridémie (perte de poids + réduction des glucides simples + alcool + fibrates ou acides gras oméga-3 si TG > 5,6 mmol/L) + statines pour réduire l'ensemble de la charge en apoB
  • Non-HDL-C élevé avec LDL-C élevé : situation la plus fréquente en hypercholestérolémie primaire + traitement de première intention : statines à dose efficace + les statines réduisent le non-HDL-C de 30 à 55 % selon l'intensité + ézétimibe en addition si cible non atteinte sous statine seule (réduction supplémentaire de 15 à 20 %) + inhibiteurs de PCSK9 (évolocumab + alirocumab) si cible non atteinte sous statine haute dose + ézétimibe (réduction supplémentaire de 50 à 60 %)
  • Non-HDL-C élevé malgré LDL-C à la cible : risque résiduel lié aux lipoprotéines résiduelles + évoquer une hypertriglycéridémie secondaire non traitée (diabète + hypothyroïdie + obésité + alcool + médicaments) + Lp(a) élevée (doser si suspicion) + intensifier le traitement hypolipémiant ou cibler spécifiquement les TG (fibrates + acides gras oméga-3 à haute dose — icosapent éthyl Vascepa® qui a démontré une réduction de 25 % des événements cardiovasculaires dans l'essai REDUCE-IT)
  • Suivi du traitement : bilan lipidique avec calcul du non-HDL-C à 4 à 6 semaines après initiation ou modification du traitement hypolipémiant + puis annuellement si cible atteinte + à chaque visite de suivi cardiovasculaire en prévention secondaire

Non-HDL-C et apolipoprotéine B (apoB)

Le non-HDL-C et l'apolipoprotéine B (apoB) sont deux façons complémentaires de quantifier la charge en lipoprotéines athérogènes. Leur comparaison éclaire les forces et limites de chacun :

  • ApoB mesure le nombre de particules athérogènes : chaque lipoprotéine non-HDL (LDL + VLDL + IDL + Lp(a)) contient exactement une molécule d'apoB-100 → la concentration d'apoB reflète directement le nombre total de particules athérogènes circulantes + particulièrement supérieur au LDL-C et au non-HDL-C quand les LDL sont petites et denses (comme dans le diabète) car les petites LDL contiennent peu de cholestérol mais autant d'apoB qu'une grande LDL → le LDL-C sous-estime alors le risque + valeur normale apoB : < 0,9 g/L (risque intermédiaire) + < 0,8 g/L (risque élevé) + < 0,7 g/L (risque très élevé)
  • Non-HDL-C mesure la masse de cholestérol athérogène : reflète la quantité de cholestérol transporté dans les lipoprotéines athérogènes + moins direct que l'apoB pour les patients avec petites LDL denses + avantage : disponible sur tout bilan lipidique standard sans dosage supplémentaire + calcul immédiat + les deux marqueurs sont fortement corrélés (r = 0,87) + en pratique courante, le non-HDL-C est préféré pour sa simplicité et sa disponibilité universelle ; l'apoB est utilisé en seconde intention ou pour les cas complexes
  • Situation discordante LDL-C bas / non-HDL-C élevé / apoB élevée : phénotype typique du diabète de type 2 avec LDL petites et denses + l'apoB et le non-HDL-C détectent alors un risque cardiovasculaire résiduel que le LDL-C seul manque + les lignes directrices SCC 2021 recommandent de mesurer l'apoB en cas de discordance entre le LDL-C et le non-HDL-C ou le risque clinique global estimé
Situations nécessitant une prise en charge médicale rapide

Un non-HDL-C supérieur à 5,0 mmol/L découvert sur un bilan lipidique, surtout s'il s'accompagne d'un cholestérol total très élevé, de xanthomes tendineux, d'un arc cornéen avant 40 ans ou d'antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce (infarctus ou AVC avant 55 ans chez un homme ou 65 ans chez une femme dans la famille au premier degré), doit conduire à une évaluation médicale rapide pour exclure une hypercholestérolémie familiale — maladie génétique sous-diagnostiquée mais très fréquente (1 personne sur 250) qui multiplie par 20 le risque d'infarctus avant 50 ans si non traitée et qui bénéficie d'un traitement hypolipémiant intensif précoce.

Pour l'interprétation d'un bilan lipidique avec calcul du non-HDL-C, l'évaluation du risque cardiovasculaire global et l'initiation ou l'ajustement d'un traitement hypolipémiant, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron interprètent les bilans lipidiques complets incluant le non-HDL-C, évaluent le risque cardiovasculaire global (score de Framingham + présence de diabète + HTA + tabagisme + antécédents familiaux), initient et ajustent le traitement hypolipémiant (statines + ézétimibe + inhibiteurs de PCSK9 selon les indications et la couverture de la RAMQ), et assurent le suivi des cibles lipidiques en prévention primaire et secondaire. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un cardiologue. Les décisions concernant les cibles lipidiques et le traitement hypolipémiant doivent être individualisées selon le profil de risque cardiovasculaire global de chaque patient, sous supervision médicale.

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