Sclérose en plaques (SEP)
Formes cliniques
- SEP rémittente-récurrente (SEP-RR — 85 %) : poussées (nouveaux symptômes ou aggravation de symptômes existants pendant ≥ 24 h + en l'absence de fièvre + à plus de 30 jours d'intervalle) + récupération partielle ou complète entre les poussées + pas de progression entre les poussées + traitement de fond = standard of care + la forme la plus traitée
- SEP secondairement progressive (SEP-SP) : fait suite à une SEP-RR dans 50–60 % des cas (non traités) + progression clinique continue sans poussées distinctes + ou avec poussées surajoutées (SEP-SP active) + traitement de fond : siponimod (Mayzent®) + ocrelizumab dans les formes actives
- SEP primitivement progressive (SEP-PP — 10–15 %) : progression clinique dès le début sans poussées identifiables + tableau typique : paraparésie spastique progressive + homme ≥ 40 ans ++ + traitement de fond : ocrelizumab (Ocrevus®) = seul médicament approuvé pour la SEP-PP (étude ORATORIO)
- Syndrome cliniquement isolé (SCI) : premier épisode démyélinisant (névrite optique + myélite + syndrome du tronc cérébral) + ne remplit pas encore les critères McDonald de SEP + si IRM déjà évocatrice → initiation précoce d'un traitement de fond réduit le risque de conversion en SEP définie
- Syndrome radiologiquement isolé (SRI) : anomalies à l'IRM évocatrices de SEP + découvertes fortuitement + pas de symptômes neurologiques + risque de conversion en SCI ou SEP : 30–50 % à 5 ans
Symptômes cliniques selon la localisation des plaques
- Névrite optique rétrobulbaire (NORB) : douleur à la mobilisation oculaire + baisse d'acuité visuelle progressive unilatérale + dyschromatopsie (rouge désaturé) + défect pupillaire afférent relatif (DPAR) + signe de Uhthoff (aggravation à la chaleur ou à l'effort) + premier signe de la SEP dans 20 % des cas + récupération en 4–12 semaines + corticoïdes IV accélèrent la récupération sans l'améliorer à terme
- Myélite transverse partielle : déficit sensitivo-moteur des membres inférieurs + troubles sphinctériens + signe de Lhermitte (décharge électrique dans la colonne vertébrale à la flexion du cou = pathognomonique de plaques cervicales) + niveau sensitif + paraparésie spastique
- Atteinte du tronc cérébral et cervelet : diplopie (internucléaire → OIN = ophtalmoplégie internucléaire par plaque sur le FLM) + vertiges + ataxie + nystagmus + dysarthrie + dysphagie
- Symptômes constitutifs : fatigue chronique (le symptôme le plus fréquent — présent dans 80 % des cas) + troubles cognitifs (mémoire + attention + vitesse de traitement) + dépression + troubles vésicaux (urgenturies + incontinence + rétention) + spasticité + douleurs neuropathiques + troubles sexuels + phénomène d'Uhthoff
Diagnostic — critères McDonald 2017
- Principe fondamental : démontrer la dissémination dans le temps (DIT — Dissemination in Time) ET dans l'espace (DIS — Dissemination in Space) des lésions du SNC, en excluant tout autre diagnostic
- Dissémination dans l'espace (DIS) : lésions dans ≥ 2 des 4 régions typiques de la SEP : périventriculaire + juxta-corticale/corticale + infratentorielle + moelle épinière + une lésion symptomatique compte
- Dissémination dans le temps (DIT) : présence simultanée de lésions prenant le contraste (actives) + et de lésions non rehaussées (anciennes) sur la même IRM + ou nouvelle lésion T2 ou Gd+ sur une IRM de suivi + ou bandes oligoclonales dans le LCR (reflète une réponse immunitaire chronique intratbécale)
- IRM cérébrale et médullaire : hypersignaux T2/FLAIR ovoïdes périventriculaires (doigts de Dawson perpendiculaires aux ventricules) + lésions juxta-corticales + infratentorielles + médullaires + rehaussement au gadolinium = lésion active (brèche BHE) + atrophie cérébrale globale à mesurer
- LCR : bandes oligoclonales (BOC) IgG dans le LCR (absentes du sérum) = marqueur de l'inflammation intrathécale chronique + présentes dans 85–95 % des SEP + index IgG élevé + pléiocytose lymphocytaire légère
- Potentiels évoqués : PEV (potentiels évoqués visuels) → allongement de la latence P100 = signe de démyélinisation des voies optiques même infraclinique + PES + PEA + PEAu
Traitements de fond — selon l'efficacité
| Efficacité | Médicament | Mode d'action + remarques |
|---|---|---|
| Efficacité modérée (1re ligne) | Interféron bêta-1a (Avonex® + Rebif®) + interféron bêta-1b (Betaseron® + Extavia®) + acétate de glatiramère (Copaxone®) + diméthyl fumarate (Tecfidera®) + tériflunomide (Aubagio®) | Réduction des poussées de 30–50 % + bien tolérés + sécurité établie à long terme + option pour les formes légères à activité modérée + utilisés depuis 25–30 ans |
| Haute efficacité | Natalizumab (Tysabri® — IV mensuel) + fingolimod (Gilenya® — oral) + siponimod (Mayzent® — oral SEP-SP) + ozanimod (Zeposia®) + ponesimod (Ponvory®) | Réduction des poussées de 50–70 % + natalizumab : anti-intégrine α4 → empêche le passage des lymphocytes T dans le SNC + risque de LEMP (leucoencéphalopathie multifocale progressive — virus JC — risque stratifié par sérologie anti-JCV + nombre de doses) + fingolimod : séquestration des lymphocytes dans les ganglions lymphatiques |
| Très haute efficacité | Ocrelizumab (Ocrevus® — IV 6 mois) + ofatumumab (Kesimpta® — SC mensuel) + ublituximab (Briumvi®) + alemtuzumab (Lemtrada® — perfusions annuelles × 2 ans) + cladribine (Mavenclad® — oral × 2 années) | Réduction des poussées de 70–90 % + ocrelizumab et ofatumumab : anti-CD20 → déplétion des lymphocytes B + seul médicament approuvé pour SEP-PP (ocrelizumab) + alemtuzumab : anti-CD52 → déplétion profonde et prolongée T+B + risque d'auto-immunité secondaire (thyroïdite + PTI + néphropathie) + surveillance intensive |
Traitement des poussées et des symptômes
- Corticoïdes IV pour les poussées : méthylprednisolone 1 g/jour IV × 3–5 jours → accélère la récupération + ne modifie pas le niveau de récupération à 6 mois + ne prévient pas les séquelles à long terme + indiqués si poussée invalidante (NORB + myélite + atteinte tronc sévère) → pas de corticoïdes pour les poussées mineures non invalidantes
- Fatigue : amantadine 100 mg × 2/jour + modafinil (Alertec®) + exercice aérobique + traitement de la dépression et des troubles du sommeil concomitants
- Spasticité : baclofène (oral + pompe intrathécale pour les formes sévères) + tizanidine + toxine botulique + kinésithérapie + cannadinoïdes (nabiximols — Sativex® — approbation Health Canada pour la spasticité dans la SEP)
- Douleurs neuropathiques : gabapentine + prégabaline + amitriptyline + duloxétine + carbamazépine (névralgie du trijumeau)
- Troubles vésicaux : anticholinergiques (solifénacine + oxybutynine) pour les urgenturies + cathétérismes intermittents si rétention + desmopressine pour la nycturie + onabotulinumtoxine A intravésicale
- Dépression : ISRS + TCC + présente dans 50 % des patients SEP + risque suicidaire accru
Consulter un neurologue ou se rendre aux urgences si apparaissent de nouveaux symptômes neurologiques focaux — baisse visuelle unilatérale douloureuse + diplopie + faiblesse ou engourdissement d'un membre + troubles de l'équilibre + troubles sphinctériens d'apparition soudaine — chez un patient connu pour SEP (poussée possible) ou chez un jeune adulte sans antécédent (premier épisode démyélinisant à investiguer). Pour le suivi multidisciplinaire de la SEP stabilisée + la gestion des symptômes chroniques (fatigue + spasticité + douleurs) + et la coordination avec les équipes de neurologie, Clinique Omicron offre des consultations dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron assurent le suivi des patients avec SEP en coordination avec les équipes de neurologie — incluant la surveillance des effets des traitements de fond + la gestion des symptômes chroniques (fatigue + spasticité + douleurs neuropathiques + troubles vésicaux + dépression) + la prescription de la rééducation et de la physiothérapie + l'orientation vers le neurologue pour les poussées et les ajustements thérapeutiques. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un neurologue spécialisé en SEP. Le choix du traitement de fond doit être individualisé selon la forme clinique + l'activité de la maladie + le profil de risque du patient + ses préférences. Les traitements hautement efficaces nécessitent un suivi étroit pour détecter précocement les effets indésirables graves.
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