Tendinite et tendinopathie
Principales tendinopathies par localisation
| Localisation | Nom clinique | Population à risque | Test clinique |
|---|---|---|---|
| Tendon d'Achille | Tendinopathie achilléenne (corporéale ou insertionnelle) | Coureurs + triathlètes + masters + augmentation rapide du volume d'entraînement | Palpation douloureuse du tendon + arc de douleur à la palpation lors de la mobilisation + test de la chaise (arc sign) + Royal London Hospital test |
| Tendon rotulien | Tendinopathie rotulienne (jumper's knee) | Sports de saut (volleyball + basketball + athlétisme) + adolescents + Osgood-Schlatter chez l'enfant | Douleur au pôle inférieur de la rotule à la palpation + test VISA-P + single-leg squat decline |
| Épicondyle latéral (coude) | Épicondylite latérale (tennis elbow) | Tennis + badminton + travaux manuels répétitifs (plombiers + peintres + bouchers) | Douleur à la palpation de l'épicondyle latéral + test de Cozen (extension contrariée du poignet) + test de Mill (flexion passive du poignet coude en extension) |
| Épicondyle médial (coude) | Épicondylite médiale (golfer's elbow) | Golf + tennis + sports de lancer + travaux de force | Douleur à l'épicondyle médial + flexion contrariée du poignet douloureuse |
| Coiffe des rotateurs (épaule) | Tendinopathie supra-épineux + sous-épineux + sous-scapulaire | Sports de lancers + natation + travaux au-dessus de la tête + 40–60 ans | Test de Neer + Hawkins-Kennedy + Jobe (arc douloureux) + Speed + résistance active des rotateurs |
| Fessier moyen (hanche) | Tendinopathie du moyen fessier (gluteal tendinopathy) | Femme péri-ménopausée ++ + coureurs + personnes sédentaires | Douleur au grand trochanter + aggravée en position debout jambe croisée + FABER + single-leg stance > 30 s → douleur |
| Ischio-jambiers (hanche) | Tendinopathie proximale des ischio-jambiers | Coureurs longue distance + cyclistes + maîtres athlètes | Douleur tubérosité ischiatique à la palpation + aggravée en position assise prolongée + test de Puranen-Orava |
Physiopathologie — modèle du continuum tendineux
- Stade 1 — Tendinopathie réactive : réponse adaptative rapide (non inflammatoire) à une surcharge aiguë → épaississement nodulaire du tendon + augmentation de la matrice → réversible si la charge est réduite rapidement → ne pas arrêter complètement l'activité (atrophie tendineuse) → gérer la charge
- Stade 2 — Dysréparation (tendinose débutante) : tentative de réparation désorganisée + ingrowth vasculaire + prolifération cellulaire anormale → partiellement réversible → réhabilitation progressive essentielle
- Stade 3 — Tendinose dégénérative : désorganisation majeure du collagène + zones acellulaires + calcifications + néovascularisation abondante → peu ou pas réversible structurellement + mais peut devenir asymptomatique avec la réhabilitation + risque élevé de rupture
- Facteurs de risque intrinsèques : âge (> 35 ans) + sexe féminin (effet des œstrogènes sur le collagène) + diabète (glycosylation du collagène) + hypercholestérolémie (dépôts lipidiques intra-tendineux) + fluoroquinolones (toxicité directe sur les ténocytes → risque de rupture tendineuse — particulièrement le tendon d'Achille) + corticoïdes systémiques
- Facteurs de risque extrinsèques : augmentation trop rapide du volume ou de l'intensité de l'entraînement (règle des 10 % par semaine) + technique de course ou de mouvement déficiente + équipement inadapté (chaussures) + surface de jeu
Traitement — approche par paliers
- Principe fondamental — gestion de la charge : le tendon a besoin de charge mécanique pour se régénérer (la charge stimule les ténocytes + la synthèse de collagène) mais une surcharge le détériore → l'objectif n'est pas le repos complet (délétère) mais la charge optimisée et progressive → maintenir l'activité dans les limites de la douleur (douleur ≤ 4/10 pendant + et retour à la normale dans les 24 h)
- Phase aiguë — réduction de la charge irritante : identifier et réduire (mais pas éliminer) les activités aggravantes → substituer par des activités à faible impact sur le tendon (vélo + natation + exercices en décharge) + glace après l'activité (effet antalgique) + paracétamol ou AINS à courte durée (soulagement symptomatique) + attelle ou orthèse si nécessaire
- Exercices excentriques (pilier du traitement des tendinopathies chroniques) : contraction musculaire pendant l'allongement du tendon → programme d'Alfredson pour le tendon d'Achille (200 répétitions/jour × 3 séries de debout sur pointe → descente lente sur 3 temps) + programme de Stanish + réduction de la douleur de 60–90 % à 3 mois dans les tendinopathies achilléennes et rotulienne + mécanisme : stimulation de la synthèse de collagène + réorganisation des fibres + réduction de la néovascularisation
- Exercices isométriques (phase aiguë + tendinopathies réactives) : contraction statique intense (70–80 % de la force maximale) × 5 répétitions × 45 secondes → réduction immédiate de la douleur (effet analogue cortical) + sans charge dynamique sur le tendon → utile dans la phase initiale douloureuse
- Exercices isotoniques et pliométriques (phase de chargement progressif) : progression de l'isométrique → isotonique lent → isotonique rapide → pliométrique → activité sportive spécifique → retour au sport → la progression doit respecter l'absence de douleur résiduelle (> 24 h) avant de passer à l'étape suivante
- Infiltrations de corticoïdes : effet antalgique à court terme (4–8 semaines) + mais ne modifie pas l'évolution à long terme + répétition des infiltrations (≥ 3) fragilise le collagène + augmente le risque de rupture → limiter à 1–2 infiltrations maximum dans l'évolution + ne pas infiltrer le corps du tendon d'Achille (risque de rupture) + bursites associées peuvent bénéficier d'une infiltration ciblée
- PRP (plasma riche en plaquettes) : injection de plasma concentré en plaquettes (facteurs de croissance + PDGF + TGF-β + VEGF + IGF) → stimulation de la régénération tendineuse + études randomisées : résultats mitigés mais tendance positive pour les tendinopathies chroniques réfractaires (épicondylite + Achille) + moins de risque que les corticoïdes
- Ondes de choc extracorporelles (ESWT) : micro-traumatismes acoustiques → stimulation de la vascularisation + de la synthèse de collagène + désensibilisation des nocicepteurs → efficacité démontrée dans les tendinopathies calcifiantes de l'épaule + l'épicondylite + la fasciite plantaire + 3–5 séances hebdomadaires
Consulter aux urgences immédiatement si une douleur soudaine et intense accompagnée d'un «claquement» dans le mollet ou le talon survient lors d'un effort — en particulier chez une personne de plus de 40 ans + ou sous fluoroquinolones + ou sous corticoïdes — car ces signes peuvent indiquer une rupture complète du tendon d'Achille (signe de Thompson positif = absence de flexion plantaire lors de la compression du mollet → urgence chirurgicale orthopédique). Pour le bilan et la prise en charge d'une tendinopathie chronique, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent les tendinopathies à l'examen clinique (tests spécifiques selon la localisation), prescrivent les bilans d'imagerie appropriés (échographie + IRM si rupture suspecte), initient la gestion de la charge et orientent vers la physiothérapie pour les programmes d'exercices excentriques et de chargement progressif, prescrivent les AINS à court terme pour le soulagement symptomatique, évaluent l'indication des infiltrations de corticoïdes ou du PRP selon le tableau clinique, et dépistent les facteurs favorisants systémiques (diabète + dyslipidémie + fluoroquinolones). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un physiothérapeute ou d'un médecin du sport. La rupture complète d'un tendon (particulièrement le tendon d'Achille) est une urgence orthopédique. Les infiltrations répétées de corticoïdes dans un tendon fragilisent le collagène et augmentent le risque de rupture — limiter à 1–2 infiltrations maximum dans l'évolution d'une tendinopathie.
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