Toux chronique
Classification par durée
- Toux aiguë (< 3 semaines) : cause principale = infection virale des voies aériennes supérieures (IVRS) + ou pneumonie bactérienne + ou exacerbation d'asthme + ou corps étranger (enfant)
- Toux subaiguë (3–8 semaines) : souvent séquellaire d'une infection virale (toux post-infectieuse = cause la plus fréquente) + ou coqueluche + ou aggravation d'une pathologie sous-jacente
- Toux chronique (> 8 semaines chez l'adulte) : nécessite un bilan étiologique structuré selon l'algorithme habituel
Principales causes chez le non-fumeur adulte
| Cause | Fréquence | Éléments cliniques orientants | Test diagnostique |
|---|---|---|---|
| SVAST / Rhinorrhée postérieure (PNDS) | 40–50 % | Sensation de mucus s'écoulant dans la gorge + raclements de gorge répétés + congestion nasale + rhinite allergique ou vasomotrice + sinusite chronique + toux surtout la nuit et le matin | Examen ORL + fibroscopie nasale + scanner des sinus si sinusite suspectée + test thérapeutique : antihistaminique + corticoïde nasal × 4–8 semaines |
| Asthme (dont variante toux) | 25–30 % | Toux sèche paroxystique + souvent nocturne + aggravée à l'effort + au froid + aux allergènes + aux AINS + peu ou pas de dyspnée dans la variante toux + atopie + tabagisme passif | EFR (spirométrie + test de réversibilité au bronchodilatateur) + test de provocation à la méthacholine (si spirométrie normale) + FeNO (oxyde nitrique exhalé — élevé si asthme éosinophilique) + test thérapeutique : CSI × 4–8 semaines |
| Reflux gastro-œsophagien (RGO) | 20–40 % | Toux sèche + souvent diurne + aggravée après les repas + en position allongée + sans pyrosis dans 40 % (RGO silencieux) + goût acide + enrouement + voix enrouée le matin | pH-métrie œsophagienne des 24 h (gold standard) + manométrie + pH-impédancemétrie + test thérapeutique : IPP double dose × 8 semaines + modification des habitudes de vie |
| IEC (inhibiteurs de l'enzyme de conversion) | 10–15 % des patients traités | Toux sèche + irritative + persistante + débutant dans les semaines à mois après l'initiation de l'IEC + non dose-dépendante + plus fréquente chez les femmes + les Asiatiques + disparaît en 1–4 semaines après l'arrêt de l'IEC | Relation temporelle avec l'initiation de l'IEC + disparition à l'arrêt + réapparition à la reprise → diagnostic clinique + substitution par un ARA II (sartans) → pas de toux |
| Bronchite à éosinophiles non asthmatique (BENA) | 10–15 % | Toux chronique sèche sans hyperréactivité bronchique ni obstruction + éosinophilie dans les expectorations induites (> 3 %) + réponse aux CSI | Expectorations induites (éosinophiles > 3 %) + FeNO élevé + test de méthacholine NORMAL (distingue de l'asthme) + test thérapeutique : CSI × 4–8 semaines |
| Causes organiques rares (< 5 %) | 5 % | Cancer bronchique + bronchectasies + fibrose pulmonaire + corps étranger + insuffisance cardiaque + diverticule de Zenker + fistule trachéo-œsophagienne | Radiographie thoracique + scanner thoracique + fibroscopie bronchique |
Red flags — toux chronique nécessitant une investigation urgente
- Hémoptysie (sang dans les crachats) : même minime → scanner thoracique + fibroscopie bronchique pour exclure un cancer bronchique ou une bronchectasie
- Amaigrissement involontaire + sueurs nocturnes + fièvre : tuberculose + cancer + lymphome
- Dyspnée progressive : fibrose pulmonaire + insuffisance cardiaque + BPCO
- Tabagisme actif + > 45 ans : risque élevé de cancer bronchique → radiographie thoracique + faible dose CT dépistage
- Apparition après 50 ans sans cause évidente : cancer bronchique + cancer ORL
- Stridor + toux aboyante : atteinte laryngée ou trachéale → fibroscopie + scanner cervico-thoracique
Algorithme diagnostique
- Étape 1 — Éliminer les causes évidentes et les red flags : radiographie thoracique systématique + arrêt des IEC si en cours + sevrage tabagique si fumeur + traitement d'une BPCO ou d'une insuffisance cardiaque sous-jacente
- Étape 2 — Traiter séquentiellement les trois grandes causes (approche empirique) : commencer par la rhinorrhée postérieure → si pas d'amélioration → asthme → si pas d'amélioration → RGO → chaque essai thérapeutique : 4–8 semaines minimum → la réponse au traitement est à la fois diagnostique et thérapeutique
- Étape 3 — Si toux persistante malgré les traitements empiriques : pH-métrie + manométrie + spirométrie + test de méthacholine + FeNO + expectorations induites + fibroscopie bronchique + scanner thoracique + scanner des sinus
- Étape 4 — Toux réfractaire inexpliquée : syndrome de toux chronique par hypersensibilité (CTBS) → traitement de neuromodulation (gabapentine + prégabaline + amitriptyline faible dose) + thérapie comportementale de la toux (CTBT)
Traitement de la toux chronique par hypersensibilité (CTBS)
- Gabapentine (Neurontin®) : 100–900 mg/j → réduction de la sensibilité des voies tussigènes (mécanisme neuromodulateur) + amélioration significative dans les essais randomisés + effets indésirables : somnolence + vertiges
- Prégabaline (Lyrica®) : mécanisme identique + 75–150 mg/j
- Amitriptyline à faible dose : 10–25 mg au coucher → effet neuromodulateur + antitussif central
- Gefapixant (Lyfnua® — approuvé EMA 2022) : antagoniste sélectif du récepteur P2X3 sur les fibres afférentes tussigènes → réduction de 18–30 % de la fréquence de la toux → premier médicament ciblant spécifiquement la physiopathologie de la toux chronique → effet indésirable principal : dysgueusie (altération du goût — 70 %) → non encore approuvé Santé Canada
- Thérapie comportementale de la toux (CTBT — Cough Therapy Behavioral Training) : programme multimodal (education + techniques de suppression de la toux + respiration + hygiène laryngée) → réduction significative de la fréquence de la toux → efficacité comparable à la pharmacothérapie + sans effets indésirables + recommandée en parallèle du traitement médicamenteux
Consulter un médecin si une toux persiste plus de 8 semaines sans cause évidente + particulièrement si elle s'accompagne d'hémoptysie (sang dans les crachats) + d'amaigrissement + de fièvre + ou de dyspnée progressive — ces red flags justifient une radiographie thoracique urgente et une investigation approfondie pour exclure un cancer bronchique ou une tuberculose. Pour le bilan structuré de la toux chronique (radiographie + bilan ORL + spirométrie + test empirique) et la prescription des traitements ciblés, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Consulter à Clinique Omicron
Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron identifient la cause de la toux chronique selon l'algorithme structuré (IEC + tabac + radiographie + triade rhinorrhée-asthme-RGO), prescrivent les traitements empiriques séquentiels (antihistaminique + corticoïde nasal + CSI + IPP), orientent vers la pneumologie ou l'ORL selon les résultats, substituent les IEC par des ARA II si toux médicamenteuse, et gèrent les toux réfractaires par neuromodulation et thérapie comportementale. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pneumologue. Toute toux chronique avec hémoptysie + amaigrissement + ou chez un fumeur de plus de 45 ans doit bénéficier d'une radiographie thoracique en urgence pour exclure un cancer bronchique. La toux induite par les IEC disparaît généralement en 1 à 4 semaines après l'arrêt du médicament.
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