Whiplash — Entorse cervicale (coup du lapin)
Classification de Québec (Quebec Task Force — QTF 1995)
- Grade 0 : absence de plainte cervicale + absence de signe physique → pas de whiplash cliniquement évident
- Grade I : plainte cervicale de douleur + raideur ou hypersensibilité uniquement + absence de signe physique objectif → entorse légère + traitement symptomatique + reprise rapide des activités
- Grade II : plainte cervicale + signes musculosquelettiques objectifs (limitation de l'amplitude de mouvement + douleur à la palpation) → entorse modérée + forme la plus fréquente → traitement conservateur actif + physiothérapie + AINS
- Grade III : plainte cervicale + signes neurologiques (déficit sensitif + moteur + réflexes ostéotendineux diminués ou absents) → atteinte radiculaire associée → investigation par imagerie (TDM + IRM) + prise en charge neurologique ou chirurgicale selon les cas
- Grade IV : plainte cervicale + fracture ou luxation cervicale → urgence chirurgicale → immobilisation + neurochirurgie ou orthopédie rachidienne
Présentation clinique
- Douleur cervicale : débute souvent plusieurs heures à 24–48 h après l'accident (latence caractéristique) + douleur nucale + cervicalgie postérieure + raideur + aggravée par les mouvements cervicaux + peut irradier vers les épaules + les bras + ou la tête (céphalées de tension cervicogéniques)
- Céphalées cervicogéniques : céphalées occipitales irradiant vers le front + déclenchées par les mouvements cervicaux ou la palpation des muscles sous-occipitaux + très fréquentes dans le whiplash
- Symptômes associés fréquents : vertiges + acouphènes + troubles de la concentration + troubles du sommeil + fatigue + anxiété + irritabilité → souvent regroupés sous le terme «syndrome post-commotion cervicale» ou «syndrome whiplash»
- Signes neurologiques (grade III) : paresthésies + engourdissements + faiblesse des membres supérieurs + diminution ou abolition des réflexes → radiculopathie cervicale associée → imagerie obligatoire
- Red flags nécessitant une imagerie urgente : déficit neurologique (faiblesse + paresthésies) + suspicion de fracture (mécanisme à haute énergie + douleur osseuse localisée) + âge >65 ans + paresthésies dans les quatre membres (myélopathie) → critères de Ottawa pour les cervicalgies traumatiques (Canadian C-Spine Rule)
Imagerie — Canadian C-Spine Rule
- Radiographies cervicales (face + profil + bouche ouverte) : indiquées si un des facteurs de risque de la Canadian C-Spine Rule est présent → âge ≥65 ans + mécanisme dangereux (chute ≥1 m + coup sur la tête + collision à haute vitesse) + paresthésies des membres + impossibilité de rotation cervicale de 45° dans chaque sens
- TDM cervical : si suspicion de fracture + ou si radiographies anormales ou non interprétables + ou si grade III–IV
- IRM cervicale : si symptômes neurologiques (radiculopathie + myélopathie) + ou douleur réfractaire au traitement après 4–6 semaines → visualise les hernies discales + les lésions des cordons médullaires + les atteintes ligamentaires sévères
- Grade I–II sans red flags : aucune imagerie nécessaire en urgence → traitement conservateur d'emblée → imagerie si pas d'amélioration à 4–6 semaines
Traitement
- Mobilisation précoce active (principe fondamental — grade I–II) : reprendre les activités normales dès que possible + exercices d'amplitude cervicale actifs dès J1–J3 + éviter l'immobilisation prolongée → la mobilisation précoce est supérieure au repos et à l'immobilisation pour la récupération à court ET long terme → message essentiel à transmettre au patient
- AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) : ibuprofène 400–600 mg × 3/j + ou naproxène 500 mg × 2/j × 7–14 jours → réduction de la douleur et de l'inflammation aiguë + facilitent la mobilisation précoce + paracétamol en alternative ou en combinaison
- Myorelaxants (courte durée) : méthocarbamol + cyclobenzaprine × 5–7 jours → utiles si contracture musculaire sévère limitant la mobilisation + ne pas prolonger (dépendance + sédation)
- NE PAS prescrire de collier cervical rigide : le collier cervical prolongé favorise la chronicisation + l'atrophie musculaire + la dépendance + et retarde la guérison → si collier utilisé → uniquement quelques heures pour soulager les premières 24–48 h si vraiment nécessaire → ne jamais prescrire à porter jour et nuit pendant des semaines
- Physiothérapie (grade II–III) : programme de physiothérapie active centré sur les exercices de mobilisation + renforcement des muscles cervicaux profonds + techniques manuelles (mobilisations) + éducation du patient + démarrage dès J3–J7 + éviter les modalités passives exclusives (chaleur + TENS seuls sans exercices actifs)
- Infiltrations facettaires (grade II chronique réfractaire) : injections de corticoïdes + anesthésique local dans les articulations facettaires cervicales sous guidage fluoroscopique + ou radiofréquence (neurotomie) si réponse initiale aux blocs diagnostiques → pour les douleurs facettaires chroniques réfractaires
- Psychologie + TCC (WAD chronique) : approche biopsychosociale si chronicisation + catastrophisme + peur du mouvement (kinésiophobie) → TCC + thérapie d'acceptation et d'engagement + désensibilisation progressive
Composer le 911 ou ne pas bouger si une douleur cervicale survient après un traumatisme à haute énergie (accident de la route à haute vitesse + chute importante + plongeon) — particulièrement si elle s'accompagne de faiblesse des membres + de paresthésies dans les bras ou les jambes + d'une difficulté à marcher + ou d'une perte de connaissance (suspicion de fracture cervicale + lésion médullaire). Ne pas mobiliser la colonne cervicale avant l'évaluation médicale. Pour la prise en charge du whiplash grade I–II sans red flags et l'orientation vers la physiothérapie, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron appliquent la Canadian C-Spine Rule pour décider de l'imagerie, classifient le whiplash selon la classification de Québec (QTF), prescrivent AINS et myorelaxants à court terme, insistent sur la mobilisation précoce active et déconseillent le collier cervical prolongé, orientent vers la physiothérapie dès J3–J7 pour les grades II et III, prescrivent l'IRM cervicale si symptômes neurologiques ou douleur réfractaire, et assurent le suivi de la récupération avec détection précoce des facteurs de chronicisation. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un physiothérapeute. Ne jamais mobiliser une colonne cervicale après un traumatisme à haute énergie avant une évaluation médicale complète incluant l'application de la Canadian C-Spine Rule. Le collier cervical rigide prolongé (plus de 48 heures) est déconseillé dans les grades I–II car il retarde la guérison et favorise la chronicisation.
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