Xérophtalmie — Sécheresse oculaire
Causes principales
| Catégorie | Causes principales | Mécanisme |
|---|---|---|
| Syndrome de Sjögren primitif ou secondaire | Sjögren primitif + Sjögren secondaire (lupus + PR + sclérodermie + polymyosite) + anticorps anti-SSA (Ro) + anti-SSB (La) | Infiltration lymphocytaire des glandes lacrymales et salivaires → destruction progressive → sécheresse oculaire (xérophtalmie) + buccale (xérostomie) → keratoconjunctivitis sicca |
| Dysfonction des glandes de Meibomius (DGM — la plus fréquente) | Rosacée + dermatite séborrhéique + blépharite chronique + port de lentilles de contact + vieillissement + andropause + ménopause | Obstruction des glandes de Meibomius → déficit de la couche lipidique du film lacrymal → évaporation accrue → instabilité du film + inflammation |
| Médicaments | Antihistaminiques H1 + antidépresseurs tricycliques + antipsychotiques + diurétiques + bêtabloquants systémiques + isotrétinoïne + contraceptifs oraux + chimiothérapie + collyres bêtabloquants | Effet anticholinergique → réduction de la sécrétion lacrymale + ou effets directs sur les glandes lacrymales |
| Chirurgie oculaire (LASIK + cataracte) | Section des nerfs cornéens sensitifs lors de la chirurgie → réduction du réflexe lacrymal + dysfonction neurotrophique | Sécheresse oculaire post-LASIK fréquente (30–60 % des patients) + transitoire en général (3–12 mois) + parfois chronique |
| Environnementaux et comportementaux | Exposition prolongée aux écrans (réduction du clignement des yeux) + air conditionné + chauffage + air sec + port de lentilles de contact + exposition au vent + fumée | Évaporation accrue du film lacrymal + réduction du clignement palpébral (de 15/min à 5/min devant un écran) |
| Carence en vitamine A | Dénutrition (pays en développement) + malabsorption lipidique + chirurgie bariatrique | Déficit en rétinol → métaplasie squameuse de la conjonctive → perte des cellules caliciformes → déficit en mucine → taches de Bitot + kératomalacie si sévère |
| Maladies inflammatoires oculaires | Conjonctivite cicatricielle (pemphigoïde des muqueuses + syndrome de Stevens-Johnson + trachome) + brûlures chimiques | Destruction des glandes lacrymales accessoires + des cellules caliciformes + cicatrices conjonctivales |
Diagnostic
- Symptômes (OSDI — Ocular Surface Disease Index) : brûlures + picotements + sensation de sable ou de corps étranger + photophobie + larmoiement paradoxal (réflexe compensateur) + vision floue fluctuante (s'améliore après le clignement) + aggravation par la lecture + les écrans + le vent + la fumée + le chauffage
- Test de Schirmer : bandelette de papier buvard placée dans le cul-de-sac conjonctival inférieur × 5 minutes → mesure la quantité de larmes produites → <5 mm = hyposécrétion sévère + 5–10 mm = hyposécrétion modérée + >10 mm = normal → utile pour quantifier la composante aqueuse déficiente
- Temps de rupture du film lacrymal (BUT — Break-Up Time) : instillation de fluorescéine + observation à la lampe à fente → temps avant l'apparition de la première zone sèche sur la cornée → <5 secondes = instabilité sévère + 5–10 sec = borderline + >10 sec = normal → mesure l'instabilité du film lacrymal
- Coloration à la fluorescéine et au rose Bengale : visualisation des zones d'épithélium cornéen et conjonctival altérées → kératite ponctuée superficielle → scoring de la sévérité des lésions épithéliales
- Bilan Sjögren si hyposécrétion sévère : anti-SSA (Ro) + anti-SSB (La) + ANA + FR + NFS + VS + CRP + biopsie des glandes salivaires accessoires (lèvre inférieure) si diagnostic incertain
Traitement — paliers selon la sévérité
- Mesures générales : réduction du temps d'écran + règle 20-20-20 (toutes les 20 min d'écran → regarder à 20 pieds pendant 20 sec) + humidificateur d'air + protection contre le vent + arrêt du tabac + lunettes de protection + réduction des médicaments aggravants si possible
- Larmes artificielles sans conservateurs (1re ligne) : carmélose sodique (sodium carboxymethylcellulose) + acide hyaluronique + polyéthylène glycol → instillation 4–8×/j selon les symptômes → privilégier les formulations sans conservateurs (le chlorure de benzalkonium aggrave l'inflammation et l'instabilité du film) + gel lubrifiant la nuit (Lacri-Lube® + Refresh PM®) si symptômes nocturnes
- Traitement de la dysfonction meibomienne : compresses chaudes × 5–10 min + massage palpébral matin et soir → liquéfaction des sécrétions meibomiennes + amélioration de la couche lipidique + nettoyage des paupières (lingettes pré-imprégnées Blephagel® + ou solution diluée de shampoing pour bébé)
- Cyclosporine topique (Restasis® 0,05 % + Cequa® 0,09 %) : immunomodulateur topique → réduit l'inflammation de la surface oculaire + augmente la sécrétion lacrymale → 1 goutte × 2/j + délai 3–6 mois avant effet maximal + indication : sécheresse modérée à sévère insuffisamment contrôlée par les larmes artificielles seules
- Lifitégrast (Xiidra® 5 %) : antagoniste de l'intégrine LFA-1 → bloque l'interaction lymphocytes T-cellules épithéliales → réduit l'inflammation → 1 goutte × 2/j + approbation Santé Canada + effet dès 2–4 semaines + alternative ou combinaison à la cyclosporine
- Bouchons lacrymaux (punctal plugs) : occlusion des points lacrymaux supérieur et/ou inférieur → rétention des larmes dans le cul-de-sac → pour les formes hyposécrétrices sévères réfractaires aux traitements topiques
- Sérum autologue : collyre préparé à partir du propre sérum du patient (centrifugé + dilué 20 % + réfrigéré) → contient des facteurs de croissance + vitamines + IgA → pour les formes sévères réfractaires + kératites neurotrophiques + syndrome de Stevens-Johnson
Consulter un ophtalmologiste si une sécheresse oculaire s'accompagne d'une baisse de la vision + d'une photophobie intense + d'une douleur oculaire + ou de lésions cornéennes visibles — ces signes peuvent indiquer une kératite sévère nécessitant un traitement urgent. Consulter un médecin pour un bilan de Sjögren si la sécheresse oculaire s'accompagne d'une sécheresse buccale sévère + de douleurs articulaires + ou d'autres signes systémiques. Pour la prescription de larmes artificielles adaptées + de cyclosporine topique et l'orientation vers l'ophtalmologie, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent la sécheresse oculaire (symptômes OSDI + test de Schirmer si indication), recherchent les causes traitables (médicaments aggravants + carence en vitamine A + Sjögren), recommandent les larmes artificielles sans conservateurs adaptées au type de sécheresse, prescrivent la cyclosporine topique (Restasis®) ou le lifitégrast (Xiidra®) pour les formes modérées à sévères, prescrivent le bilan immunologique si Sjögren suspecté, et orientent vers l'ophtalmologie pour les kératites sévères + les bouchons lacrymaux + et le sérum autologue. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un ophtalmologiste. Les collyres contenant du chlorure de benzalkonium comme conservateur peuvent aggraver la sécheresse oculaire à long terme — privilégier les formulations sans conservateurs (unidoses) pour une utilisation fréquente. La cyclosporine et le lifitégrast nécessitent plusieurs semaines à mois avant de produire leur plein effet — ne pas les arrêter prématurément.
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