Le hantavirus des Andes fait l’objet d’une surveillance accrue au Canada depuis qu’une éclosion liée à un navire de croisière a entraîné le suivi de voyageurs au pays. L’Agence de la santé publique du Canada a confirmé que des personnes considérées à faible risque d’exposition étaient contactées d’un bout à l’autre du pays. Voici un portrait clair de la situation, des symptômes à surveiller, du mode de transmission et de ce que recommandent les autorités fédérales et provinciales.
Dans cette page
- Ce que l’on sait de l’éclosion liée au MV Hondius
- Qui sont les personnes contactées?
- Faible risque ou risque élevé : quelle différence?
- Symptômes du hantavirus à surveiller
- Mode de transmission : ce que dit la science
- Risque pour la population au Canada et au Québec
- Prévention : les recommandations officielles
- Que faire si vous avez voyagé récemment?
- Mythes et idées reçues
- Questions fréquentes
Ce que l’on sait de l’éclosion liée au MV Hondius
L’éclosion actuelle est associée à un navire de croisière, le MV Hondius, qui circulait en Patagonie au moment de l’événement initial. Selon les données rapportées par l’Organisation mondiale de la Santé, on dénombrait jusqu’à présent huit cas signalés, dont six confirmés et deux probables, ainsi que trois décès parmi les passagers et l’équipage. Le virus identifié est le hantavirus des Andes, la seule souche connue de hantavirus capable d’une transmission d’humain à humain.
Au Canada, quatre passagers canadiens du navire sont rentrés au pays et ont été placés en isolement encadré dans l’Ouest canadien, pour une période minimale de 21 jours pouvant aller jusqu’à 42 jours selon la durée d’incubation possible.
Le portrait chiffré au moment de la mise à jour
| Indicateur | Donnée rapportée |
|---|---|
| Cas signalés (passagers et équipage) | 8 (6 confirmés, 2 probables) |
| Décès | 3 |
| Passagers canadiens rentrés au pays | 4, placés en isolement encadré |
| Personnes à faible risque contactées au Canada | 26 |
| Durée d’isolement encadré | 21 à 42 jours |
Qui sont les personnes contactées?
L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada a précisé en conférence de presse que les 26 personnes identifiées avaient voyagé sur un même vol qu’un cas confirmé, sans toutefois avoir été assises à proximité ni avoir eu de contact rapproché avec la personne malade. C’est cette absence de proximité qui justifie leur classement « faible risque ».
Ces personnes sont invitées à surveiller l’apparition de symptômes et à communiquer avec la santé publique en cas de manifestation respiratoire ou de fièvre.
Faible risque ou risque élevé : quelle différence?
La distinction entre les deux niveaux de risque détermine le type de suivi mis en place par les autorités. Elle repose sur la nature et la durée du contact avec un cas confirmé.
| Niveau de risque | Type d’exposition | Suivi associé |
|---|---|---|
| Risque élevé | Contact rapproché et prolongé avec un cas confirmé | Suivi actif et isolement encadré |
| Risque faible | Exposition possible sans proximité avérée (même vol, siège éloigné) | Auto-surveillance, sans dépistage systématique |
À retenir
- L’éclosion est liée à un navire de croisière en Patagonie
- Le hantavirus des Andes peut, lui, se transmettre d’humain à humain
- Cette transmission exige un contact rapproché et prolongé
- 26 personnes à faible risque sont contactées au Canada
- Le faible risque implique une auto-surveillance, pas un isolement
- Aucun cas symptomatique n’était confirmé en sol canadien à la mise à jour
Symptômes du hantavirus à surveiller
Selon les renseignements diffusés par Santé Canada et le gouvernement du Québec, les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition. La phase initiale ressemble à un syndrome grippal.
Signes de la phase initiale
- Fièvre
- Frissons
- Douleurs musculaires, notamment aux cuisses, au dos et aux épaules
- Maux de tête
- Fatigue importante
- Nausées, vomissements ou diarrhée
Après quelques jours, l’évolution peut être rapide et inclure une détresse respiratoire, dans ce qu’on appelle le syndrome pulmonaire à hantavirus. Toute personne ayant été potentiellement exposée et qui développe ces symptômes doit consulter rapidement un professionnel de la santé.
À retenir
- L’incubation s’étend d’une à huit semaines
- La phase initiale ressemble à une grippe
- Fièvre, douleurs musculaires et fatigue sont des signaux fréquents
- L’évolution vers une détresse respiratoire peut être rapide
- Une consultation rapide s’impose en cas de symptômes après exposition
- Mentionner ses déplacements récents aide à orienter le diagnostic
Vous avez voyagé récemment et présentez des symptômes inhabituels? Nos points de service au Québec offrent la consultation en personne et la téléconsultation. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne ou, pour les besoins de votre organisation, découvrir nos services aux entreprises.
Mode de transmission : ce que dit la science
Les hantavirus se transmettent habituellement par inhalation de particules virales provenant d’excréments, d’urine ou de salive de rongeurs infectés, par contact direct avec des muqueuses ou par ingestion d’aliments contaminés.
Le hantavirus des Andes présente une particularité : il est la seule souche documentée pouvant se transmettre d’humain à humain. Cette transmission exige toutefois un contact rapproché et prolongé. À ce jour, selon les autorités, rien n’indique qu’une personne porteuse mais sans symptômes puisse transmettre le virus.
Les principales voies de transmission
- Inhalation de particules issues de déjections de rongeurs
- Contact direct avec des muqueuses
- Ingestion d’aliments contaminés
- Contact rapproché et prolongé entre humains, propre à la souche des Andes
Risque pour la population au Canada et au Québec
L’Agence de la santé publique du Canada évalue le risque pour la population générale comme faible. Au Québec, les hantavirus circulant chez les rongeurs locaux ne sont pas du même type et ne se transmettent pas de personne à personne; on y dénombre seulement six cas humains depuis 2005.
Aucun cas symptomatique de hantavirus des Andes n’avait été confirmé en sol canadien au moment de la mise à jour. Les autorités demeurent toutefois vigilantes en raison d’une période d’incubation pouvant aller jusqu’à huit semaines.
À retenir
- Le risque pour la population générale est évalué comme faible
- Les hantavirus locaux du Québec ne se transmettent pas entre humains
- Le Québec compte seulement six cas humains depuis 2005
- Aucun cas symptomatique des Andes confirmé au pays à la mise à jour
- La vigilance persiste à cause d’une incubation longue
- L’information évolue selon les communications officielles
Prévention : les recommandations officielles
Les mesures de prévention reposent surtout sur la réduction du contact avec les rongeurs et leurs déjections, ainsi que sur une vigilance après un voyage en région touchée.
Gestes recommandés
- Éviter tout contact avec des rongeurs sauvages et leurs déjections
- Ne pas balayer ni aspirer les excréments de rongeurs sans les humidifier d’abord avec un désinfectant
- Conserver les aliments dans des contenants hermétiques
- Aérer chalets, cabanons et entrepôts fermés avant d’y entrer
- Au retour d’un voyage en Amérique du Sud, surveiller son état général durant les semaines suivantes
Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué contre le hantavirus. La prise en charge repose sur les soins de soutien, idéalement en milieu hospitalier.
Que faire si vous avez voyagé récemment?
Si vous avez voyagé en Patagonie, en Argentine ou à bord du navire concerné, ou si vous avez été contacté par la santé publique, quelques réflexes simples s’imposent.
- Suivez les consignes d’auto-surveillance transmises par l’Agence de la santé publique du Canada ou par la santé publique provinciale.
- Notez la date de votre dernier voyage et restez attentif aux symptômes pendant huit semaines.
- En cas de fièvre, de douleurs musculaires ou de difficulté respiratoire, consultez sans tarder et mentionnez vos déplacements récents.
Mythes et idées reçues
« Le hantavirus des Andes se transmet facilement entre humains »
Nuancé. C’est la seule souche connue à pouvoir se transmettre d’humain à humain, mais cette transmission exige un contact rapproché et prolongé. Un simple partage d’espace public n’équivaut pas à une exposition à risque élevé.
« Une personne sans symptômes peut me contaminer »
Faux. Selon les autorités, rien n’indique à ce jour qu’une personne porteuse mais asymptomatique puisse transmettre le virus.
« Le hantavirus québécois est le même que celui des Andes »
Faux. Les hantavirus circulant chez les rongeurs au Québec ne sont pas du même type et ne se transmettent pas de personne à personne.
« Si je n’ai pas de symptômes après mon voyage, je suis tiré d’affaire »
Nuancé. L’incubation peut aller jusqu’à huit semaines. C’est pourquoi la surveillance se poursuit même en l’absence de symptômes immédiats.
« Un vaccin permet de se protéger »
Faux. Il n’existe aucun vaccin homologué contre le hantavirus. La prévention repose sur la réduction des contacts à risque et la prise en charge sur les soins de soutien.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le hantavirus des Andes?
C’est une souche de hantavirus particulière, car elle est la seule documentée à pouvoir se transmettre d’humain à humain, lors d’un contact rapproché et prolongé. Elle peut entraîner un syndrome pulmonaire à hantavirus.
Quels symptômes doivent m’alerter après un voyage?
Une fièvre, des frissons, des douleurs musculaires, des maux de tête, une fatigue importante ou des troubles digestifs, surtout s’ils sont suivis d’une difficulté respiratoire, justifient de consulter rapidement en mentionnant vos déplacements récents.
Pourquoi 26 personnes ont-elles été contactées au Canada?
Ces personnes ont voyagé sur un même vol qu’un cas confirmé, sans proximité ni contact rapproché. Elles sont classées à faible risque et invitées à surveiller l’apparition de symptômes.
Le risque est-il élevé pour la population au Québec?
Le risque pour la population générale est évalué comme faible. Les hantavirus locaux du Québec ne se transmettent pas entre humains, et le Québec compte seulement six cas humains depuis 2005.
Existe-t-il un vaccin ou un traitement?
Aucun vaccin homologué n’existe contre le hantavirus. La prise en charge repose sur les soins de soutien, idéalement en milieu hospitalier.
Où consulter si je m’inquiète après un voyage?
Nos points de service au Québec offrent la consultation en personne et la téléconsultation. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne et mentionner vos déplacements récents au moment de la consultation.
Sources
- Agence de la santé publique du Canada (ASPC). canada.ca/sante-publique
- Santé Canada — Hantavirus. canada.ca/sante-canada
- Organisation mondiale de la Santé (OMS). who.int
- Gouvernement du Québec — Hantavirus. quebec.ca/sante
- Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS). msss.gouv.qc.ca
- Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). inspq.qc.ca
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