AVC – Accident Vasculaire Cérébral
Face à tout signe évocateur d'AVC, appelez le 911 sans délai. Ne conduisez pas vous-même à l'urgence. N'attendez pas que les symptômes passent : chaque minute sans traitement aggrave les séquelles.
Comment reconnaître un AVC ? Le moyen mnémotechnique VITE
La Fondation des maladies du cœur et de l'AVC du Canada recommande le repère VITE pour identifier rapidement les signes d'un AVC :
| Lettre | Signe à observer | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| V : Visage | Le visage est-il affaissé d'un côté ? La personne peut-elle sourire normalement ? | Observez si un côté du visage s'affaisse ou semble paralysé |
| I : Incapacité | Un bras est-il faible ou engourdi ? La personne peut-elle lever les deux bras également ? | Demandez à la personne de lever les deux bras simultanément |
| T : Trouble de la parole | La parole est-elle incompréhensible, confuse ou absente ? | Posez une question simple et écoutez la réponse |
| E : Extrême urgence | Si l'un de ces signes est présent, même fugace | Appelez le 911 sans attendre |
Quels sont les autres symptômes possibles ?
- Engourdissement ou faiblesse soudaine d'un côté du corps (visage, bras, jambe)
- Confusion soudaine, difficulté à comprendre ce qu'on dit ou à s'exprimer
- Perte de vision soudaine dans un œil ou dans les deux, vision double
- Mal de tête soudain et intense, décrit comme « le pire de sa vie », sans cause apparente
- Vertiges soudains, perte d'équilibre ou de coordination, chute inexpliquée
- Difficulté soudaine à avaler
Quels sont les deux grands types d'AVC ?
| Type | Mécanisme | Fréquence | Traitement de référence |
|---|---|---|---|
| AVC ischémique | Obstruction d'une artère cérébrale par un caillot (thrombose ou embolie), privant le cerveau d'oxygène | Environ 85 % des AVC | Thrombolyse intraveineuse (tPA) et/ou thrombectomie mécanique si éligible |
| AVC hémorragique | Rupture d'un vaisseau sanguin cérébral entraînant un saignement dans ou autour du cerveau | Environ 15 % des AVC | Contrôle de la pression artérielle, gestion de la coagulation, neurochirurgie selon les cas |
Quels sont les facteurs de risque ?
Les facteurs de risque d'AVC se divisent en deux catégories : ceux qui ne peuvent pas être modifiés et ceux sur lesquels il est possible d'agir.
| Facteurs non modifiables | Facteurs modifiables |
|---|---|
| Âge avancé (risque doublé tous les 10 ans après 55 ans) | Hypertension artérielle (premier facteur de risque modifiable) |
| Sexe masculin (légèrement plus à risque en dehors des âges extrêmes) | Fibrillation auriculaire non anticoagulée |
| Antécédents personnels ou familiaux d'AVC ou d'AIT | Diabète de type 2 non contrôlé |
| Origine ethnique (risque plus élevé chez les personnes d'origine africaine ou asiatique) | Tabagisme actif ou passif |
| Dyslipidémie (taux élevé de LDL, faible taux de HDL) | |
| Obésité, sédentarité, alimentation pro-inflammatoire | |
| Consommation excessive d'alcool | |
| Apnée du sommeil non traitée |
Comment l'AVC est-il diagnostiqué ?
- Évaluation neurologique d'urgence avec échelle NIHSS (National Institutes of Health Stroke Scale) pour quantifier la sévérité des déficits
- Scanner cérébral sans contraste : réalisé en urgence pour distinguer AVC ischémique et hémorragique et exclure d'autres causes
- IRM cérébrale avec séquences de diffusion : plus sensible que le scanner, notamment dans les premières heures
- Angiographie par scanner ou IRM : visualisation des artères cérébrales, détection d'une occlusion vasculaire ou d'un anévrisme
- Électrocardiogramme et monitoring cardiaque : recherche de fibrillation auriculaire ou d'autre arythmie emboligène
- Bilan biologique complet : glycémie, NFS, coagulation, bilan lipidique, fonction rénale
- Échocardiographie : recherche d'une source cardiaque d'embolie
Quels sont les traitements de la phase aiguë ?
Le traitement dépend du type d'AVC, du délai entre l'apparition des symptômes et l'arrivée à l'hôpital, et de l'état général du patient. La prise en charge en unité neurovasculaire (UNV) spécialisée améliore significativement le pronostic :
- Thrombolyse intraveineuse (altéplase ou ténectéplase) : dissolution du caillot par voie médicamenteuse, efficace jusqu'à 4h30 après le début des symptômes dans l'AVC ischémique éligible
- Thrombectomie mécanique : extraction du caillot par cathétérisme intra-artériel, possible jusqu'à 24 heures dans certains cas sélectionnés sur imagerie avancée
- Contrôle des constantes vitales : pression artérielle, glycémie, température, oxygénation
- AVC hémorragique : contrôle tensionnel strict, antagonisation des anticoagulants si nécessaire, drainage neurochirurgical selon la localisation et le volume
- Prévention des complications précoces : pneumonie d'inhalation, thrombose veineuse profonde, escarres, hypoglycémie
Quelles sont les séquelles possibles et la rééducation ?
Les séquelles d'un AVC varient considérablement selon la zone cérébrale touchée, l'étendue des lésions et la rapidité de la prise en charge. Elles peuvent inclure une hémiplégie ou hémiparésie, des troubles du langage (aphasie), des troubles cognitifs, des difficultés à avaler, des troubles visuels ou émotionnels tels que la dépression post-AVC ou la labilité émotionnelle. La rééducation intensive et pluridisciplinaire, associant physiothérapie, ergothérapie, orthophonie et neuropsychologie, constitue le pilier de la récupération fonctionnelle. Le cerveau possède une plasticité remarquable, particulièrement dans les premiers mois suivant l'AVC : une rééducation précoce et soutenue optimise la récupération des fonctions perdues.
Comment prévenir l'AVC ?
- Contrôle rigoureux de la pression artérielle : objectif tensionnel individualisé selon le profil de risque
- Traitement de la fibrillation auriculaire par anticoagulants oraux selon les recommandations
- Arrêt du tabac : le risque d'AVC diminue significativement dès les premières années suivant l'arrêt
- Contrôle du diabète et de la dyslipidémie : statines, antidiabétiques oraux ou insuline selon les cibles thérapeutiques
- Activité physique régulière : au moins 150 minutes d'activité modérée par semaine
- Alimentation équilibrée de type méditerranéen : riche en fruits, légumes, grains entiers, légumineuses et poissons
- Modération de la consommation d'alcool et maintien d'un poids santé
- Après un AIT ou un AVC : antiplaquettaires (aspirine, clopidogrel) ou anticoagulants selon la cause, pour prévenir la récidive
Consulter à Clinique Omicron
La prévention de l'AVC passe par la détection et le contrôle des facteurs de risque vasculaire. Les médecins de Clinique Omicron, dans ses points de service au Québec, peuvent réaliser un bilan cardiovasculaire complet, évaluer votre profil de risque, optimiser vos traitements et assurer le suivi post-AVC en coordination avec les équipes spécialisées. En cas de symptômes évocateurs d'AVC ou d'AIT, composez le 911 sans attendre et rendez-vous aux urgences hospitalières les plus proches.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Consultez un médecin pour tout symptôme, question ou décision relative à votre santé.
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