Acide urique
Une crise de goutte aiguë se manifestant par une douleur articulaire d'installation brutale, intense, accompagnée d'un gonflement, d'une chaleur et d'une rougeur marqués de l'articulation atteinte, avec ou sans fièvre, nécessite une consultation médicale dans les meilleurs délais pour confirmer le diagnostic, exclure une arthrite septique et instaurer un traitement anti-inflammatoire efficace. Une arthrite septique sur arthropathie microcristalline peut menacer l'intégrité articulaire en l'absence de traitement antibiotique rapide.
Valeurs de référence de l'uricémie
Les valeurs normales de l'uricémie varient selon le sexe, l'âge et le laboratoire effectuant le dosage. Les résultats peuvent être exprimés en micromoles par litre (µmol/L) ou en milligrammes par décilitre (mg/dL), avec un facteur de conversion de 59,5 entre les deux unités.
| Population | Valeurs normales (µmol/L) | Valeurs normales (mg/dL) | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Homme adulte | 200 – 420 µmol/L | 3,4 – 7,0 mg/dL | Valeurs plus élevées que chez la femme en âge de procréer en raison de l'effet uricosurique des œstrogènes |
| Femme avant la ménopause | 140 – 360 µmol/L | 2,4 – 6,0 mg/dL | Les œstrogènes favorisent l'excrétion rénale de l'acide urique, abaissant la uricémie de 60 à 80 µmol/L par rapport aux hommes |
| Femme après la ménopause | 200 – 420 µmol/L | 3,4 – 7,0 mg/dL | La chute des œstrogènes à la ménopause entraîne une élévation de la uricémie rejoignant progressivement les valeurs masculines |
| Enfant (avant la puberté) | 120 – 300 µmol/L | 2,0 – 5,0 mg/dL | Valeurs basses liées à une clairance rénale relative plus élevée ; la uricémie augmente progressivement dès la puberté, surtout chez les garçons |
| Seuil de saturation plasmatique | 360 – 420 µmol/L | 6,0 – 7,0 mg/dL | Au-delà de ce seuil, le risque de cristallisation de l'urate monosodique dans les tissus augmente significativement selon la température locale et le pH |
| Cible thérapeutique (goutte traitée) | < 360 µmol/L | < 6,0 mg/dL | Cible minimale recommandée pour la dissolution progressive des dépôts d'urate existants ; cible inférieure à 300 µmol/L (5,0 mg/dL) dans les formes tophacées ou sévères |
Métabolisme des purines et sources d'acide urique
La production d'acide urique résulte de deux sources principales : le catabolisme des purines endogènes issues du renouvellement cellulaire et la dégradation des purines exogènes apportées par l'alimentation. Le rapport entre ces deux sources détermine en partie le niveau de uricémie et les stratégies de prise en charge.
| Source | Mécanisme | Contribution à la uricémie |
|---|---|---|
| Purines endogènes (catabolisme cellulaire) | Dégradation des acides nucléiques (ADN et ARN) libérés lors du renouvellement cellulaire physiologique, de l'apoptose, de la destruction accélérée de cellules (hémolyse, cytolyse tumorale) ; les purines adénine et guanine sont converties en hypoxanthine puis en xanthine, puis en acide urique par la xanthine oxydase | Environ 70 % de la production totale d'acide urique ; particulièrement élevée en cas de prolifération cellulaire rapide, de lyse tumorale, d'hémopathies ou de psoriasis étendu |
| Purines exogènes (alimentation) | Dégradation intestinale des purines alimentaires contenues dans les viandes rouges, abats, gibier, fruits de mer, crustacés, sardines, anchois et certaines légumineuses ; absorption digestive des bases puriques et conversion hépatique en acide urique | Environ 30 % de la production totale ; l'adoption d'un régime pauvre en purines peut abaisser la uricémie de 60 à 120 µmol/L en moyenne |
| Fructose alimentaire | Le fructose est métabolisé dans les hépatocytes par la fructokinase, consommant de l'ATP et générant de l'AMP qui est dégradé en acide urique par la voie habituelle des purines ; mécanisme indépendant du contenu en purines de l'aliment | Contribue significativement à l'hyperuricémie associée à la consommation élevée de boissons sucrées au sirop de maïs riche en fructose (sodas, jus industriels) et d'alcool (notamment la bière, riche à la fois en purines et en fructose fermenté) |
Causes d'hyperuricémie
L'hyperuricémie résulte soit d'une surproduction d'acide urique, soit d'une sous-excrétion rénale, soit de la combinaison des deux mécanismes, qui est en réalité la situation la plus fréquente en pratique clinique. La distinction entre ces mécanismes guide le choix du traitement hypo-uricémiant.
| Mécanisme | Cause | Détails cliniques |
|---|---|---|
| Surproduction (environ 10 % des hyperuricémies) | Alimentation riche en purines et en fructose | Viandes rouges, abats, fruits de mer, bière, sodas ; contribution modérée mais facilement corrigeable par les mesures diététiques |
| Surproduction | Hémopathies et prolifération cellulaire accélérée | Leucémies, lymphomes, polyglobulie de Vaquez, myélome multiple, drépanocytose, thalassémies, anémie hémolytique chronique ; renouvellement accéléré des acides nucléiques cellulaires |
| Surproduction | Syndrome de lyse tumorale | Libération massive de purines intracellulaires lors de la destruction rapide de cellules tumorales sous chimiothérapie ; urgence métabolique pouvant entraîner une insuffisance rénale aiguë par précipitation d'urate dans les tubules |
| Surproduction | Déficits enzymatiques héréditaires rares | Syndrome de Lesch-Nyhan (déficit complet en HGPRT, lié à l'X) : hyperuricémie sévère, goutte précoce, lithiase urique, troubles neurologiques graves, automutilations ; déficit partiel en HGPRT (syndrome de Kelley-Seegmiller) : hyperuricémie, néphropathie, goutte juvénile sans atteinte neurologique ; suractivité de la PRPP synthétase |
| Surproduction | Psoriasis étendu, exercice physique intense et prolongé | Turnover cellulaire accru dans le psoriasis ; catabolisme musculaire et dégradation de l'ATP lors d'efforts physiques intenses et répétés |
| Sous-excrétion rénale (environ 90 % des hyperuricémies) | Insuffisance rénale chronique | Réduction de la filtration glomérulaire et de la sécrétion tubulaire de l'urate ; la uricémie s'élève progressivement parallèlement à la baisse du DFGe ; cause la plus fréquente d'hyperuricémie sévère |
| Sous-excrétion rénale | Médicaments hyperuricémiants | Diurétiques thiazidiques et de l'anse (inhibition de la sécrétion tubulaire d'urate) ; aspirine à faible dose (inhibition de la sécrétion d'urate à faible concentration) ; ciclosporine et tacrolimus (néphrotoxicité tubulaire) ; pyrazinamide et éthambutol (antituberculeux) ; acide nicotinique (niacine) à fortes doses ; bêtabloquants à moindre degré |
| Sous-excrétion rénale | Hypertension artérielle et syndrome métabolique | Réduction du flux plasmatique rénal et de la sécrétion tubulaire d'urate ; résistance à l'insuline augmentant la réabsorption tubulaire d'urate via le cotransporteur URAT1 ; association bidirectionnelle entre hyperuricémie et hypertension artérielle |
| Sous-excrétion rénale | Consommation chronique d'alcool | L'alcool inhibe l'excrétion rénale de l'urate par compétition avec l'acide lactique (acidose lactique alcoolique) ; la bière cumule l'effet inhibiteur rénal et un apport direct en purines (guanosine) ; le vin et les spiritueux ont un effet hyperuricémiant moindre à consommation équivalente |
| Sous-excrétion rénale | Hypothyroïdie, hypoparathyroïdie, intoxication au plomb (saturnisme) | Réduction de la clairance rénale de l'urate par des mécanismes variés ; le saturnisme entraîne une tubulopathie proximale avec réduction de la sécrétion d'urate (goutte saturnine historiquement connue sous le nom de « goutte des aristocrates ») |
| Déshydratation et jeûne prolongé | Causes mixtes | La déshydratation réduit la diurèse et concentre l'urate plasmatique ; le jeûne génère des corps cétoniques qui entrent en compétition avec l'urate pour la sécrétion tubulaire ; mécanisme déclencheur fréquent des crises de goutte aiguë lors d'hospitalisations ou de régimes stricts |
Causes d'hypouricémie
L'hypouricémie, définie par une uricémie inférieure à 120 µmol/L (2,0 mg/dL), est moins fréquente que l'hyperuricémie mais constitue elle aussi un signal biologique méritant investigation. Elle peut résulter d'une réduction de la production d'acide urique ou d'une augmentation de son excrétion rénale.
- Déficit en xanthine oxydase (xanthinurie héréditaire types I et II) : accumulation de xanthine et d'hypoxanthine, lithiase rénale à xanthine, myopathie cristalline ; uricémie effondrée voire indétectable
- Traitement par allopurinol ou fébuxostat : inhibition de la xanthine oxydase réduisant la production d'acide urique ; hypouricémie iatrogène dans les surdosages thérapeutiques
- Syndrome de Fanconi et tubulopathies proximales : perte rénale excessive d'urate par défaut de réabsorption tubulaire proximal ; associé à une glycosurie normoglycémique, une aminoacidurie et une phosphaturie
- Maladies hépatiques sévères et insuffisance hépatocellulaire terminale : réduction de la synthèse hépatique d'acide urique par déficit des hépatocytes fonctionnels
- Dénutrition sévère et apport protidique très bas : réduction du substrat purique disponible pour la synthèse d'acide urique
- Médicaments uricosuriques : probénécide, benzbromarone, losartan (effet uricosurique partiel), fénofibrate, vitamine C à fortes doses
- Grossesse : hémodilution et augmentation de la clairance rénale des urates au premier trimestre ; l'uricémie s'abaisse physiologiquement en début de grossesse puis remonte au troisième trimestre
Manifestations cliniques de l'hyperuricémie
L'hyperuricémie peut rester asymptomatique pendant de nombreuses années avant de se manifester cliniquement. Lorsqu'elle dépasse le seuil de saturation plasmatique de façon durable, la cristallisation de l'urate monosodique dans les tissus génère un spectre de manifestations cliniques progressives.
| Manifestation | Description clinique | Mécanisme |
|---|---|---|
| Crise de goutte aiguë | Arthrite monoarticulaire d'installation brutale, souvent nocturne, avec douleur d'emblée maximale, gonflement, chaleur et érythème de l'articulation ; la première métatarsophalangienne (podagre) est atteinte dans 50 à 70 % des premières crises ; genou, cheville, tarse et poignet sont également fréquents ; la crise dure 7 à 14 jours sans traitement et régresse spontanément | Précipitation de cristaux d'urate monosodique intra-articulaires phagocytés par les macrophages synoviaux, déclenchant une cascade inflammatoire massive via l'inflammasome NLRP3 et la libération d'IL-1bêta |
| Goutte intercritique | Période asymptomatique entre les crises durant laquelle les dépôts d'urate continuent à s'accumuler ; sans traitement de fond, les crises deviennent progressivement plus fréquentes, plus longues et touchent davantage d'articulations | Accumulation silencieuse de cristaux d'urate dans le cartilage, les tendons et les tissus périarticulaires sans réponse inflammatoire active |
| Goutte chronique tophacée | Dépôts visibles et palpables d'urate (tophi) sous la peau, classiquement aux oreilles (hélix), aux coudes (olécrane), aux doigts, aux orteils et aux tendons d'Achille ; arthropathie chronique avec destructions osseuses et cartilagineuses progressives ; stade tardif après des années d'hyperuricémie non traitée | Accumulation massive de cristaux d'urate formant des concrétions blanchâtres entourées d'une réaction inflammatoire chronique à cellules géantes |
| Lithiase urique rénale | Calculs rénaux radio-transparents (non visibles sur l'abdomen sans préparation standard mais visibles à l'échographie et au scanner), pouvant provoquer des coliques néphrétiques récidivantes | Précipitation de l'acide urique dans les voies urinaires favorisée par une urine acide (pH urinaire inférieur à 5,5), une hyperuricurie et un faible volume urinaire |
| Néphropathie uratique chronique | Dépôts d'urate dans le parenchyme rénal interstitiel, associés à une inflammation chronique et une fibrose progressive ; contribution à l'insuffisance rénale chronique, surtout dans les hyperuricémies sévères de longue date | Cristallisation de l'urate dans l'interstitium médullaire rénal, réaction inflammatoire granulomateuse locale et ischémie tubulaire progressive |
| Associations métaboliques et cardiovasculaires | L'hyperuricémie est fréquemment associée au syndrome métabolique, à l'obésité abdominale, à l'hypertension artérielle, à la résistance à l'insuline, à la dyslipidémie et à l'insuffisance rénale chronique ; relation bidirectionnelle complexe, possiblement causale pour l'hypertension et la néphropathie | L'acide urique inhibe la biodisponibilité du monoxyde d'azote endothélial (NO), active le système rénine-angiotensine et favorise l'inflammation vasculaire systémique |
Démarche diagnostique
Le diagnostic d'hyperuricémie est biologique et ne requiert qu'un dosage plasmatique à jeun pour être établi. La démarche diagnostique vise ensuite à identifier le mécanisme dominant (surproduction ou sous-excrétion), les causes sous-jacentes et les organes cibles potentiellement atteints.
| Examen | Indication | Apport clinique |
|---|---|---|
| Uricémie à jeun | Examen de base ; à réaliser à distance de toute crise inflammatoire récente (au moins 3-4 semaines), sans modification alimentaire récente ni introduction ou arrêt de médicaments uricosuriques | Confirmation de l'hyperuricémie et quantification du degré d'élévation orientant la stratégie thérapeutique |
| Uricurie des 24 heures | Utile pour distinguer surproduction et sous-excrétion rénale ; à réaliser hors traitement hypo-uricémiant et sous régime alimentaire habituel | Uricurie supérieure à 700-800 mg/24h : surproduction d'acide urique ; uricurie normale ou basse avec hyperuricémie : sous-excrétion rénale prédominante ; guide le choix entre allopurinol/fébuxostat (toutes causes) et uricosuriques (sous-excrétion sans lithiase ni insuffisance rénale) |
| Créatininémie et DFGe | Systématique devant toute hyperuricémie confirmée | Évaluation de la fonction rénale, facteur déterminant du choix et du dosage du traitement hypo-uricémiant ; l'insuffisance rénale est à la fois cause et conséquence de l'hyperuricémie |
| Bilan métabolique complet | Glycémie à jeun, HbA1c, bilan lipidique, tension artérielle, tour de taille | Recherche systématique d'un syndrome métabolique associé, fréquent dans la goutte primaire ; conditionnant la prise en charge globale du risque cardiovasculaire |
| Analyse du liquide synovial | En cas de doute diagnostique, notamment pour distinguer une crise de goutte d'une arthrite septique ou d'une chondrocalcinose articulaire (pseudogoutte) | Mise en évidence des cristaux d'urate monosodique en forme d'aiguilles, à biréfringence négative en lumière polarisée, à l'intérieur ou à l'extérieur des polynucléaires ; examen de référence pour le diagnostic de certitude |
| Échographie articulaire | Imagerie de première ligne pour la détection des dépôts d'urate articulaires et périarticulaires | Signe du double contour (dépôt d'urate à la surface du cartilage hyalin) et tophi intra-articulaires hyperéchogènes sont très évocateurs de goutte ; sensibilité supérieure à la radiographie standard pour les lésions précoces |
| Scanner à basse dose (DECT) | Tomodensitométrie à double énergie permettant de caractériser la nature chimique des dépôts articulaires | Détection et quantification des dépôts d'urate monosodique avec grande précision ; utile dans les formes atypiques ou polyarticulaires, pour le suivi de la fonte des tophi sous traitement et dans les situations diagnostiques complexes |
| Radiographies des articulations atteintes | Utile dans les formes chroniques pour évaluer les lésions ostéo-articulaires évolutives | Géodes à l'emporte-pièce à distance des interlignes articulaires, avec liseré osseux dense, pathognomoniques de la goutte tophacée évoluée |
| Numération formule sanguine et bilan de cytolyse | En cas de suspicion d'hémopathie ou de lyse cellulaire accélérée comme cause de surproduction | Orientation vers une leucémie, un lymphome, une polyglobulie ou une hémolyse chronique en cas d'anomalie associée |
| TSH | Dépistage d'une hypothyroïdie sous-jacente contribuant à la réduction de l'excrétion rénale des urates | Normalisation partielle de la uricémie sous traitement substitutif par lévothyroxine en cas d'hypothyroïdie avérée |
Stratégies thérapeutiques
La prise en charge de l'hyperuricémie symptomatique est bimodale, distinguant le traitement de la crise aiguë visant à réduire rapidement l'inflammation, et le traitement de fond visant à abaisser durablement la uricémie en dessous du seuil de saturation pour prévenir les récidives et dissoudre les dépôts existants.
| Approche | Traitement | Indications et modalités |
|---|---|---|
| Crise aiguë : anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) | Indométacine, naproxène, ibuprofène à doses anti-inflammatoires | Traitement de première ligne de la crise aiguë chez les patients sans contre-indication ; à débuter le plus précocement possible dès les premières heures de la crise ; à poursuivre jusqu'à résolution complète des symptômes (7 à 14 jours) ; contre-indiqués en cas d'insuffisance rénale significative, d'ulcère gastroduodénal actif ou de traitement anticoagulant |
| Crise aiguë : colchicine | Colchicine à faible dose (0,5 mg deux à trois fois par jour) | Alternative aux AINS, particulièrement recommandée en cas de contre-indication aux AINS ou d'insuffisance rénale légère à modérée ; mécanisme d'action par inhibition de la polymérisation de la tubuline dans les polynucléaires, réduisant leur migration et leur activation ; attention particulière aux interactions médicamenteuses (inhibiteurs du CYP3A4 et de la P-glycoprotéine) et à la toxicité gastro-intestinale dose-dépendante |
| Crise aiguë : corticostéroïdes | Prednisone 30-40 mg/jour per os ou méthylprednisolone injectable ; injection intra-articulaire de triamcinolone en cas de mono-arthrite accessible | Réservés aux cas avec contre-indication aux AINS et à la colchicine (insuffisance rénale avancée, interactions médicamenteuses graves) ; efficacité équivalente aux autres traitements de la crise ; à éviter si une arthrite septique ne peut être exclue |
| Traitement de fond : inhibiteurs de la xanthine oxydase | Allopurinol (100 à 900 mg/jour selon la fonction rénale) ; fébuxostat (80 à 120 mg/jour) | Traitement de fond de référence de la goutte ; agissent en réduisant la production d'acide urique ; à initier à distance d'une crise aiguë (au moins 2 à 4 semaines après résolution), sous couverture anti-inflammatoire prophylactique (colchicine 0,5 mg/jour pendant 3 à 6 mois) pour éviter de déclencher une crise de mobilisation ; titration progressive de l'allopurinol avec adaptation à la fonction rénale ; le fébuxostat est plus puissant et ne nécessite pas d'adaptation rénale jusqu'à un DFGe de 30 mL/min |
| Traitement de fond : uricosuriques | Probénécide, benzbromarone (disponibilité variable selon les pays) ; losartan et fénofibrate comme uricosuriques accessoires | Augmentent l'excrétion rénale d'urate en inhibant les transporteurs tubulaires de réabsorption (URAT1, GLUT9) ; indiqués en cas de sous-excrétion rénale prédominante, de résistance ou d'intolérance aux inhibiteurs de la xanthine oxydase ; contre-indiqués en cas de lithiase urique active ou d'insuffisance rénale significative ; nécessitent une hydratation abondante et une alcalinisation urinaire |
| Traitement de fond : biothérapies | Anakinra (antagoniste du récepteur de l'IL-1) ; canakinumab (anticorps anti-IL-1bêta) | Réservés aux crises de goutte réfractaires aux traitements conventionnels ou en cas de contre-indication à tous les autres traitements de la crise ; le canakinumab est indiqué dans les crises récurrentes avec contre-indication aux AINS, colchicine et corticoïdes ; non disponibles pour le traitement de fond de l'hyperuricémie |
| Mesures hygiéno-diététiques | Réduction des aliments riches en purines, élimination des boissons sucrées au fructose, réduction ou arrêt de l'alcool (particulièrement la bière), hydratation abondante (2 à 3 L/jour), perte de poids progressive | Permettent de réduire la uricémie de 60 à 120 µmol/L en moyenne ; insuffisantes seules pour atteindre les cibles thérapeutiques dans la majorité des cas de goutte établie, mais indispensables en complément du traitement médicamenteux pour réduire les doses et améliorer le contrôle global du risque cardiovasculaire |
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