Aller au contenu

514 606-3350

info@cliniqueomicron.ca​

FR / EN
Logo – Clinique Omicron
Rhumatologie – Biologie et métabolisme des purines

Acide urique

L'acide urique est le produit terminal du catabolisme des purines chez l'être humain, résultant de l'oxydation de l'hypoxanthine et de la xanthine sous l'action de la xanthine oxydase hépatique et intestinale. Contrairement à la majorité des mammifères qui disposent d'une enzyme appelée uricase permettant de dégrader l'acide urique en allantoïne, beaucoup plus soluble, l'espèce humaine a perdu ce gène fonctionnel au cours de l'évolution, ce qui explique les concentrations sanguines d'acide urique nettement plus élevées que chez les autres vertébrés. Physiologiquement, l'acide urique est présent dans le sang sous forme d'urate monosodique à pH plasmatique normal et constitue l'un des principaux antioxydants de l'organisme, participant à la neutralisation des radicaux libres et à la protection des cellules contre le stress oxydatif. L'élimination de l'acide urique est assurée à environ deux tiers par voie rénale, par filtration glomérulaire suivie d'une réabsorption tubulaire prédominante, et à un tiers par voie digestive. Lorsque la production d'acide urique excède les capacités d'élimination, ou que l'excrétion rénale est insuffisante, la uricémie s'élève au-delà du seuil de saturation plasmatique de l'urate monosodique, fixé à environ 360 à 420 micromoles par litre selon les conditions physicochimiques. Au-delà de ce seuil, les cristaux d'urate monosodique peuvent se déposer dans les articulations, les bourses séreuses, les tendons, les tissus mous périarticulaires et le parenchyme rénal, donnant lieu aux manifestations cliniques caractéristiques de la goutte et de la néphropathie uratique. La goutte est l'arthropathie microcristalline la plus fréquente au monde, touchant environ 3 à 4 % de la population adulte canadienne, avec une nette prédominance masculine et une incidence croissante liée au vieillissement de la population, à l'augmentation de l'obésité et à l'usage répandu de médicaments hyperuricémiants.
Consultation médicale rapide recommandée

Une crise de goutte aiguë se manifestant par une douleur articulaire d'installation brutale, intense, accompagnée d'un gonflement, d'une chaleur et d'une rougeur marqués de l'articulation atteinte, avec ou sans fièvre, nécessite une consultation médicale dans les meilleurs délais pour confirmer le diagnostic, exclure une arthrite septique et instaurer un traitement anti-inflammatoire efficace. Une arthrite septique sur arthropathie microcristalline peut menacer l'intégrité articulaire en l'absence de traitement antibiotique rapide.

Valeurs de référence de l'uricémie

Les valeurs normales de l'uricémie varient selon le sexe, l'âge et le laboratoire effectuant le dosage. Les résultats peuvent être exprimés en micromoles par litre (µmol/L) ou en milligrammes par décilitre (mg/dL), avec un facteur de conversion de 59,5 entre les deux unités.

Population Valeurs normales (µmol/L) Valeurs normales (mg/dL) Commentaires
Homme adulte 200 – 420 µmol/L 3,4 – 7,0 mg/dL Valeurs plus élevées que chez la femme en âge de procréer en raison de l'effet uricosurique des œstrogènes
Femme avant la ménopause 140 – 360 µmol/L 2,4 – 6,0 mg/dL Les œstrogènes favorisent l'excrétion rénale de l'acide urique, abaissant la uricémie de 60 à 80 µmol/L par rapport aux hommes
Femme après la ménopause 200 – 420 µmol/L 3,4 – 7,0 mg/dL La chute des œstrogènes à la ménopause entraîne une élévation de la uricémie rejoignant progressivement les valeurs masculines
Enfant (avant la puberté) 120 – 300 µmol/L 2,0 – 5,0 mg/dL Valeurs basses liées à une clairance rénale relative plus élevée ; la uricémie augmente progressivement dès la puberté, surtout chez les garçons
Seuil de saturation plasmatique 360 – 420 µmol/L 6,0 – 7,0 mg/dL Au-delà de ce seuil, le risque de cristallisation de l'urate monosodique dans les tissus augmente significativement selon la température locale et le pH
Cible thérapeutique (goutte traitée) < 360 µmol/L < 6,0 mg/dL Cible minimale recommandée pour la dissolution progressive des dépôts d'urate existants ; cible inférieure à 300 µmol/L (5,0 mg/dL) dans les formes tophacées ou sévères
ℹ️ L'hyperuricémie est définie biologiquement par une uricémie supérieure à 420 µmol/L (7,0 mg/dL) chez l'homme et supérieure à 360 µmol/L (6,0 mg/dL) chez la femme, indépendamment de la présence ou non de symptômes. Il est essentiel de retenir qu'une hyperuricémie asymptomatique, sans dépôts d'urate documentés ni manifestations cliniques de goutte, ne nécessite pas systématiquement un traitement hypo-uricémiant médicamenteux mais impose une évaluation des causes sous-jacentes et des mesures hygiéno-diététiques adaptées.

Métabolisme des purines et sources d'acide urique

La production d'acide urique résulte de deux sources principales : le catabolisme des purines endogènes issues du renouvellement cellulaire et la dégradation des purines exogènes apportées par l'alimentation. Le rapport entre ces deux sources détermine en partie le niveau de uricémie et les stratégies de prise en charge.

Source Mécanisme Contribution à la uricémie
Purines endogènes (catabolisme cellulaire) Dégradation des acides nucléiques (ADN et ARN) libérés lors du renouvellement cellulaire physiologique, de l'apoptose, de la destruction accélérée de cellules (hémolyse, cytolyse tumorale) ; les purines adénine et guanine sont converties en hypoxanthine puis en xanthine, puis en acide urique par la xanthine oxydase Environ 70 % de la production totale d'acide urique ; particulièrement élevée en cas de prolifération cellulaire rapide, de lyse tumorale, d'hémopathies ou de psoriasis étendu
Purines exogènes (alimentation) Dégradation intestinale des purines alimentaires contenues dans les viandes rouges, abats, gibier, fruits de mer, crustacés, sardines, anchois et certaines légumineuses ; absorption digestive des bases puriques et conversion hépatique en acide urique Environ 30 % de la production totale ; l'adoption d'un régime pauvre en purines peut abaisser la uricémie de 60 à 120 µmol/L en moyenne
Fructose alimentaire Le fructose est métabolisé dans les hépatocytes par la fructokinase, consommant de l'ATP et générant de l'AMP qui est dégradé en acide urique par la voie habituelle des purines ; mécanisme indépendant du contenu en purines de l'aliment Contribue significativement à l'hyperuricémie associée à la consommation élevée de boissons sucrées au sirop de maïs riche en fructose (sodas, jus industriels) et d'alcool (notamment la bière, riche à la fois en purines et en fructose fermenté)

Causes d'hyperuricémie

L'hyperuricémie résulte soit d'une surproduction d'acide urique, soit d'une sous-excrétion rénale, soit de la combinaison des deux mécanismes, qui est en réalité la situation la plus fréquente en pratique clinique. La distinction entre ces mécanismes guide le choix du traitement hypo-uricémiant.

Mécanisme Cause Détails cliniques
Surproduction (environ 10 % des hyperuricémies) Alimentation riche en purines et en fructose Viandes rouges, abats, fruits de mer, bière, sodas ; contribution modérée mais facilement corrigeable par les mesures diététiques
Surproduction Hémopathies et prolifération cellulaire accélérée Leucémies, lymphomes, polyglobulie de Vaquez, myélome multiple, drépanocytose, thalassémies, anémie hémolytique chronique ; renouvellement accéléré des acides nucléiques cellulaires
Surproduction Syndrome de lyse tumorale Libération massive de purines intracellulaires lors de la destruction rapide de cellules tumorales sous chimiothérapie ; urgence métabolique pouvant entraîner une insuffisance rénale aiguë par précipitation d'urate dans les tubules
Surproduction Déficits enzymatiques héréditaires rares Syndrome de Lesch-Nyhan (déficit complet en HGPRT, lié à l'X) : hyperuricémie sévère, goutte précoce, lithiase urique, troubles neurologiques graves, automutilations ; déficit partiel en HGPRT (syndrome de Kelley-Seegmiller) : hyperuricémie, néphropathie, goutte juvénile sans atteinte neurologique ; suractivité de la PRPP synthétase
Surproduction Psoriasis étendu, exercice physique intense et prolongé Turnover cellulaire accru dans le psoriasis ; catabolisme musculaire et dégradation de l'ATP lors d'efforts physiques intenses et répétés
Sous-excrétion rénale (environ 90 % des hyperuricémies) Insuffisance rénale chronique Réduction de la filtration glomérulaire et de la sécrétion tubulaire de l'urate ; la uricémie s'élève progressivement parallèlement à la baisse du DFGe ; cause la plus fréquente d'hyperuricémie sévère
Sous-excrétion rénale Médicaments hyperuricémiants Diurétiques thiazidiques et de l'anse (inhibition de la sécrétion tubulaire d'urate) ; aspirine à faible dose (inhibition de la sécrétion d'urate à faible concentration) ; ciclosporine et tacrolimus (néphrotoxicité tubulaire) ; pyrazinamide et éthambutol (antituberculeux) ; acide nicotinique (niacine) à fortes doses ; bêtabloquants à moindre degré
Sous-excrétion rénale Hypertension artérielle et syndrome métabolique Réduction du flux plasmatique rénal et de la sécrétion tubulaire d'urate ; résistance à l'insuline augmentant la réabsorption tubulaire d'urate via le cotransporteur URAT1 ; association bidirectionnelle entre hyperuricémie et hypertension artérielle
Sous-excrétion rénale Consommation chronique d'alcool L'alcool inhibe l'excrétion rénale de l'urate par compétition avec l'acide lactique (acidose lactique alcoolique) ; la bière cumule l'effet inhibiteur rénal et un apport direct en purines (guanosine) ; le vin et les spiritueux ont un effet hyperuricémiant moindre à consommation équivalente
Sous-excrétion rénale Hypothyroïdie, hypoparathyroïdie, intoxication au plomb (saturnisme) Réduction de la clairance rénale de l'urate par des mécanismes variés ; le saturnisme entraîne une tubulopathie proximale avec réduction de la sécrétion d'urate (goutte saturnine historiquement connue sous le nom de « goutte des aristocrates »)
Déshydratation et jeûne prolongé Causes mixtes La déshydratation réduit la diurèse et concentre l'urate plasmatique ; le jeûne génère des corps cétoniques qui entrent en compétition avec l'urate pour la sécrétion tubulaire ; mécanisme déclencheur fréquent des crises de goutte aiguë lors d'hospitalisations ou de régimes stricts

Causes d'hypouricémie

L'hypouricémie, définie par une uricémie inférieure à 120 µmol/L (2,0 mg/dL), est moins fréquente que l'hyperuricémie mais constitue elle aussi un signal biologique méritant investigation. Elle peut résulter d'une réduction de la production d'acide urique ou d'une augmentation de son excrétion rénale.

  • Déficit en xanthine oxydase (xanthinurie héréditaire types I et II) : accumulation de xanthine et d'hypoxanthine, lithiase rénale à xanthine, myopathie cristalline ; uricémie effondrée voire indétectable
  • Traitement par allopurinol ou fébuxostat : inhibition de la xanthine oxydase réduisant la production d'acide urique ; hypouricémie iatrogène dans les surdosages thérapeutiques
  • Syndrome de Fanconi et tubulopathies proximales : perte rénale excessive d'urate par défaut de réabsorption tubulaire proximal ; associé à une glycosurie normoglycémique, une aminoacidurie et une phosphaturie
  • Maladies hépatiques sévères et insuffisance hépatocellulaire terminale : réduction de la synthèse hépatique d'acide urique par déficit des hépatocytes fonctionnels
  • Dénutrition sévère et apport protidique très bas : réduction du substrat purique disponible pour la synthèse d'acide urique
  • Médicaments uricosuriques : probénécide, benzbromarone, losartan (effet uricosurique partiel), fénofibrate, vitamine C à fortes doses
  • Grossesse : hémodilution et augmentation de la clairance rénale des urates au premier trimestre ; l'uricémie s'abaisse physiologiquement en début de grossesse puis remonte au troisième trimestre

Manifestations cliniques de l'hyperuricémie

L'hyperuricémie peut rester asymptomatique pendant de nombreuses années avant de se manifester cliniquement. Lorsqu'elle dépasse le seuil de saturation plasmatique de façon durable, la cristallisation de l'urate monosodique dans les tissus génère un spectre de manifestations cliniques progressives.

Manifestation Description clinique Mécanisme
Crise de goutte aiguë Arthrite monoarticulaire d'installation brutale, souvent nocturne, avec douleur d'emblée maximale, gonflement, chaleur et érythème de l'articulation ; la première métatarsophalangienne (podagre) est atteinte dans 50 à 70 % des premières crises ; genou, cheville, tarse et poignet sont également fréquents ; la crise dure 7 à 14 jours sans traitement et régresse spontanément Précipitation de cristaux d'urate monosodique intra-articulaires phagocytés par les macrophages synoviaux, déclenchant une cascade inflammatoire massive via l'inflammasome NLRP3 et la libération d'IL-1bêta
Goutte intercritique Période asymptomatique entre les crises durant laquelle les dépôts d'urate continuent à s'accumuler ; sans traitement de fond, les crises deviennent progressivement plus fréquentes, plus longues et touchent davantage d'articulations Accumulation silencieuse de cristaux d'urate dans le cartilage, les tendons et les tissus périarticulaires sans réponse inflammatoire active
Goutte chronique tophacée Dépôts visibles et palpables d'urate (tophi) sous la peau, classiquement aux oreilles (hélix), aux coudes (olécrane), aux doigts, aux orteils et aux tendons d'Achille ; arthropathie chronique avec destructions osseuses et cartilagineuses progressives ; stade tardif après des années d'hyperuricémie non traitée Accumulation massive de cristaux d'urate formant des concrétions blanchâtres entourées d'une réaction inflammatoire chronique à cellules géantes
Lithiase urique rénale Calculs rénaux radio-transparents (non visibles sur l'abdomen sans préparation standard mais visibles à l'échographie et au scanner), pouvant provoquer des coliques néphrétiques récidivantes Précipitation de l'acide urique dans les voies urinaires favorisée par une urine acide (pH urinaire inférieur à 5,5), une hyperuricurie et un faible volume urinaire
Néphropathie uratique chronique Dépôts d'urate dans le parenchyme rénal interstitiel, associés à une inflammation chronique et une fibrose progressive ; contribution à l'insuffisance rénale chronique, surtout dans les hyperuricémies sévères de longue date Cristallisation de l'urate dans l'interstitium médullaire rénal, réaction inflammatoire granulomateuse locale et ischémie tubulaire progressive
Associations métaboliques et cardiovasculaires L'hyperuricémie est fréquemment associée au syndrome métabolique, à l'obésité abdominale, à l'hypertension artérielle, à la résistance à l'insuline, à la dyslipidémie et à l'insuffisance rénale chronique ; relation bidirectionnelle complexe, possiblement causale pour l'hypertension et la néphropathie L'acide urique inhibe la biodisponibilité du monoxyde d'azote endothélial (NO), active le système rénine-angiotensine et favorise l'inflammation vasculaire systémique
ℹ️ Lors d'une crise de goutte aiguë, la uricémie mesurée peut être normale ou même abaissée en raison de la redistribution des urates plasmatiques vers les espaces tissulaires sous l'effet de la réaction inflammatoire. Un résultat normal de l'uricémie pendant une crise n'exclut donc pas le diagnostic de goutte et ne doit pas conduire à écarter ce diagnostic. La mesure de l'uricémie est idéalement réalisée à distance d'une crise, au moins trois à quatre semaines après la résolution complète des symptômes inflammatoires.

Démarche diagnostique

Le diagnostic d'hyperuricémie est biologique et ne requiert qu'un dosage plasmatique à jeun pour être établi. La démarche diagnostique vise ensuite à identifier le mécanisme dominant (surproduction ou sous-excrétion), les causes sous-jacentes et les organes cibles potentiellement atteints.

Examen Indication Apport clinique
Uricémie à jeun Examen de base ; à réaliser à distance de toute crise inflammatoire récente (au moins 3-4 semaines), sans modification alimentaire récente ni introduction ou arrêt de médicaments uricosuriques Confirmation de l'hyperuricémie et quantification du degré d'élévation orientant la stratégie thérapeutique
Uricurie des 24 heures Utile pour distinguer surproduction et sous-excrétion rénale ; à réaliser hors traitement hypo-uricémiant et sous régime alimentaire habituel Uricurie supérieure à 700-800 mg/24h : surproduction d'acide urique ; uricurie normale ou basse avec hyperuricémie : sous-excrétion rénale prédominante ; guide le choix entre allopurinol/fébuxostat (toutes causes) et uricosuriques (sous-excrétion sans lithiase ni insuffisance rénale)
Créatininémie et DFGe Systématique devant toute hyperuricémie confirmée Évaluation de la fonction rénale, facteur déterminant du choix et du dosage du traitement hypo-uricémiant ; l'insuffisance rénale est à la fois cause et conséquence de l'hyperuricémie
Bilan métabolique complet Glycémie à jeun, HbA1c, bilan lipidique, tension artérielle, tour de taille Recherche systématique d'un syndrome métabolique associé, fréquent dans la goutte primaire ; conditionnant la prise en charge globale du risque cardiovasculaire
Analyse du liquide synovial En cas de doute diagnostique, notamment pour distinguer une crise de goutte d'une arthrite septique ou d'une chondrocalcinose articulaire (pseudogoutte) Mise en évidence des cristaux d'urate monosodique en forme d'aiguilles, à biréfringence négative en lumière polarisée, à l'intérieur ou à l'extérieur des polynucléaires ; examen de référence pour le diagnostic de certitude
Échographie articulaire Imagerie de première ligne pour la détection des dépôts d'urate articulaires et périarticulaires Signe du double contour (dépôt d'urate à la surface du cartilage hyalin) et tophi intra-articulaires hyperéchogènes sont très évocateurs de goutte ; sensibilité supérieure à la radiographie standard pour les lésions précoces
Scanner à basse dose (DECT) Tomodensitométrie à double énergie permettant de caractériser la nature chimique des dépôts articulaires Détection et quantification des dépôts d'urate monosodique avec grande précision ; utile dans les formes atypiques ou polyarticulaires, pour le suivi de la fonte des tophi sous traitement et dans les situations diagnostiques complexes
Radiographies des articulations atteintes Utile dans les formes chroniques pour évaluer les lésions ostéo-articulaires évolutives Géodes à l'emporte-pièce à distance des interlignes articulaires, avec liseré osseux dense, pathognomoniques de la goutte tophacée évoluée
Numération formule sanguine et bilan de cytolyse En cas de suspicion d'hémopathie ou de lyse cellulaire accélérée comme cause de surproduction Orientation vers une leucémie, un lymphome, une polyglobulie ou une hémolyse chronique en cas d'anomalie associée
TSH Dépistage d'une hypothyroïdie sous-jacente contribuant à la réduction de l'excrétion rénale des urates Normalisation partielle de la uricémie sous traitement substitutif par lévothyroxine en cas d'hypothyroïdie avérée

Stratégies thérapeutiques

La prise en charge de l'hyperuricémie symptomatique est bimodale, distinguant le traitement de la crise aiguë visant à réduire rapidement l'inflammation, et le traitement de fond visant à abaisser durablement la uricémie en dessous du seuil de saturation pour prévenir les récidives et dissoudre les dépôts existants.

Approche Traitement Indications et modalités
Crise aiguë : anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) Indométacine, naproxène, ibuprofène à doses anti-inflammatoires Traitement de première ligne de la crise aiguë chez les patients sans contre-indication ; à débuter le plus précocement possible dès les premières heures de la crise ; à poursuivre jusqu'à résolution complète des symptômes (7 à 14 jours) ; contre-indiqués en cas d'insuffisance rénale significative, d'ulcère gastroduodénal actif ou de traitement anticoagulant
Crise aiguë : colchicine Colchicine à faible dose (0,5 mg deux à trois fois par jour) Alternative aux AINS, particulièrement recommandée en cas de contre-indication aux AINS ou d'insuffisance rénale légère à modérée ; mécanisme d'action par inhibition de la polymérisation de la tubuline dans les polynucléaires, réduisant leur migration et leur activation ; attention particulière aux interactions médicamenteuses (inhibiteurs du CYP3A4 et de la P-glycoprotéine) et à la toxicité gastro-intestinale dose-dépendante
Crise aiguë : corticostéroïdes Prednisone 30-40 mg/jour per os ou méthylprednisolone injectable ; injection intra-articulaire de triamcinolone en cas de mono-arthrite accessible Réservés aux cas avec contre-indication aux AINS et à la colchicine (insuffisance rénale avancée, interactions médicamenteuses graves) ; efficacité équivalente aux autres traitements de la crise ; à éviter si une arthrite septique ne peut être exclue
Traitement de fond : inhibiteurs de la xanthine oxydase Allopurinol (100 à 900 mg/jour selon la fonction rénale) ; fébuxostat (80 à 120 mg/jour) Traitement de fond de référence de la goutte ; agissent en réduisant la production d'acide urique ; à initier à distance d'une crise aiguë (au moins 2 à 4 semaines après résolution), sous couverture anti-inflammatoire prophylactique (colchicine 0,5 mg/jour pendant 3 à 6 mois) pour éviter de déclencher une crise de mobilisation ; titration progressive de l'allopurinol avec adaptation à la fonction rénale ; le fébuxostat est plus puissant et ne nécessite pas d'adaptation rénale jusqu'à un DFGe de 30 mL/min
Traitement de fond : uricosuriques Probénécide, benzbromarone (disponibilité variable selon les pays) ; losartan et fénofibrate comme uricosuriques accessoires Augmentent l'excrétion rénale d'urate en inhibant les transporteurs tubulaires de réabsorption (URAT1, GLUT9) ; indiqués en cas de sous-excrétion rénale prédominante, de résistance ou d'intolérance aux inhibiteurs de la xanthine oxydase ; contre-indiqués en cas de lithiase urique active ou d'insuffisance rénale significative ; nécessitent une hydratation abondante et une alcalinisation urinaire
Traitement de fond : biothérapies Anakinra (antagoniste du récepteur de l'IL-1) ; canakinumab (anticorps anti-IL-1bêta) Réservés aux crises de goutte réfractaires aux traitements conventionnels ou en cas de contre-indication à tous les autres traitements de la crise ; le canakinumab est indiqué dans les crises récurrentes avec contre-indication aux AINS, colchicine et corticoïdes ; non disponibles pour le traitement de fond de l'hyperuricémie
Mesures hygiéno-diététiques Réduction des aliments riches en purines, élimination des boissons sucrées au fructose, réduction ou arrêt de l'alcool (particulièrement la bière), hydratation abondante (2 à 3 L/jour), perte de poids progressive Permettent de réduire la uricémie de 60 à 120 µmol/L en moyenne ; insuffisantes seules pour atteindre les cibles thérapeutiques dans la majorité des cas de goutte établie, mais indispensables en complément du traitement médicamenteux pour réduire les doses et améliorer le contrôle global du risque cardiovasculaire
ℹ️ Une erreur fréquente consiste à introduire ou à modifier le traitement hypo-uricémiant pendant une crise de goutte aiguë. Toute variation rapide de la uricémie, à la hausse comme à la baisse, peut déclencher une crise par mobilisation des cristaux d'urate déposés dans les articulations. Le traitement de fond doit être initié à distance de la crise, accompagné d'une prophylaxie par colchicine à faible dose pendant au moins six mois pour couvrir la période de remodelage des dépôts d'urate. La uricémie cible doit être atteinte progressivement par paliers mensuels.

Consulter à Clinique Omicron

Clinique Omicron dispose de points de service au Québec offrant des consultations médicales pour l'évaluation de l'hyperuricémie, la prise en charge des crises de goutte aiguë et l'instauration des traitements de fond adaptés à chaque profil clinique. Les médecins et infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de la clinique réalisent le bilan complet incluant dosage de l'uricémie, évaluation de la fonction rénale et du bilan métabolique associé, et assurent le suivi thérapeutique à long terme incluant la titration des traitements hypo-uricémiants et l'ajustement des objectifs selon les cibles biologiques recommandées. Pour prendre rendez-vous dans l'une des succursales au Québec, visitez cliniqueomicron.ca ou communiquez directement avec la clinique.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Consultez un médecin pour tout symptôme, question ou décision relative à votre santé.

Clinique Omicron

Besoin de consulter un médecin ?

Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.