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Condition médicale – Urgence neurologique

AIT – Attaque Ischémique Transitoire

L'attaque ischémique transitoire (AIT), souvent appelée « mini-AVC », est un épisode bref de dysfonction neurologique causé par une interruption temporaire de la circulation sanguine dans une région du cerveau, de la moelle épinière ou de la rétine, sans infarctus cérébral permanent visible à l'imagerie. Par définition, les symptômes régressent complètement en moins de 24 heures, le plus souvent en quelques minutes. Malgré cette résolution rapide, l'AIT est une urgence médicale absolue : il constitue le signal d'alarme le plus puissant annonçant un AVC imminent. Sans prise en charge rapide, le risque d'AVC dans les 48 heures suivant un AIT atteint 10 à 15 %. Agir sans attendre peut littéralement sauver une vie ou éviter un handicap permanent.
Urgence absolue – Appelez le 911 immédiatement

Tout épisode neurologique brutal et transitoire doit être considéré comme un AIT ou un AVC jusqu'à preuve du contraire. N'attendez pas que les symptômes passent complètement avant d'appeler les secours. Chaque minute compte : le risque d'AVC constitué est maximal dans les heures qui suivent un AIT.

Ne conduisez pas vous-même à l'urgence. Ne prenez aucun médicament sans avis médical, y compris de l'aspirine, avant l'évaluation initiale.

Quelle est la différence entre un AIT et un AVC ?

Caractéristique AIT AVC constitué
Durée des symptômes Moins de 24 heures, le plus souvent moins de 60 minutes Persiste au-delà de 24 heures ou laisse des séquelles
Lésion cérébrale visible à l'IRM Absente par définition (pas d'infarctus constitué) Présente : zone d'infarctus ou de nécrose visible
Mécanisme Occlusion artérielle transitoire avec recanalisation spontanée rapide Occlusion artérielle prolongée avec mort neuronale irréversible
Récupération Complète, sans séquelle neurologique Partielle ou absente selon la sévérité et la rapidité de prise en charge
Urgence Oui, absolue : prédicteur puissant d'AVC imminent Oui, absolue : chaque minute perdue = neurones perdus

Comment reconnaître un AIT ? Méthode VITE

Les symptômes d'un AIT sont identiques à ceux d'un AVC en phase initiale. Ils surviennent brutalement, atteignent leur intensité maximale en quelques secondes à minutes, et régressent spontanément. La méthode VITE permet de les reconnaître rapidement :

Lettre Signe à rechercher Description
V – Visage Asymétrie faciale Un côté du visage s'affaisse, la bouche est déviée, demandez à la personne de sourire
I – Incapacité du bras Faiblesse ou paralysie d'un membre Un bras ou une jambe ne se lève pas ou tombe, faiblesse unilatérale soudaine
T – Troubles de la parole Aphasie ou dysarthrie Discours incompréhensible, mots incorrects, incapacité à trouver les mots ou à comprendre
E – Extrême urgence Appelez le 911 immédiatement Même si les symptômes régressent, l'évaluation médicale urgente est indispensable

D'autres symptômes peuvent accompagner ou remplacer les signes VITE dans le cadre d'un AIT :

  • Trouble visuel soudain : perte de vision monoculaire transitoire (amaurose fugace, souvent décrite comme un rideau qui descend devant un œil), vision double, perte du champ visuel d'un côté (hémianopsie)
  • Trouble de la coordination ou de l'équilibre soudain : ataxie, instabilité à la marche, chutes inexpliquées
  • Vertige intense d'installation brutale associé à d'autres signes neurologiques (nausées, diplopie, dysarthrie)
  • Engourdissement ou perte de sensibilité soudaine d'un côté du corps, du visage, du bras ou de la jambe
  • Céphalée brutale et intense, en éclair, sans cause évidente (évoque une hémorragie sous-arachnoïdienne à éliminer)
  • Confusion soudaine ou désorientation brutale
ℹ️ Un vertige isolé, des acouphènes seuls, une syncope sans autre signe neurologique, ou des symptômes qui évoluent progressivement sur des heures sont moins caractéristiques d'un AIT et orientent vers d'autres diagnostics. Cependant, seul un médecin peut écarter un AIT avec certitude : en cas de doute, l'urgence reste la règle.

Quels sont les mécanismes et causes d'un AIT ?

Mécanisme Description et causes principales
Thromboembolique cardiaque Un caillot se forme dans le cœur (fibrillation auriculaire, valvulopathie, thrombus intraventriculaire post-infarctus, endocardite) et migre vers une artère cérébrale qu'il obstrue temporairement avant de se dissoudre ou de migrer
Athéroembolique Rupture d'une plaque d'athérome dans une artère cervicale ou cérébrale (carotide interne, vertébrale, aorte), libérant des microembols qui obstruent transitoirement une artère distale. Cause la plus fréquente d'AIT
Lacunaire (petits vaisseaux) Occlusion d'une petite artère pénétrante intracérébrale par lipohyalinose liée à l'hypertension artérielle chronique ou au diabète
Hémodynamique Hypoperfusion cérébrale sur sténose artérielle serrée en amont lors d'une chute tensionnelle soudaine (hypotension, déshydratation, arythmie)
Causes rares Dissection artérielle (carotide ou vertébrale), troubles de la coagulation (syndrome des antiphospholipides, polyglobulie, thrombocytose), vasculites, cocaïne ou autres toxiques vasoconstricteurs

Quels sont les facteurs de risque ?

  • Hypertension artérielle : principal facteur de risque modifiable, présent dans plus de 70 % des cas d'AVC et d'AIT
  • Fibrillation auriculaire : responsable d'environ 20 % des AVC emboliques, souvent asymptomatique et non diagnostiquée
  • Diabète de type 2 : accélère l'athérosclérose et favorise les lésions des petits vaisseaux
  • Dyslipidémie : hypercholestérolémie favorisant la formation de plaques d'athérome dans les artères carotides et cérébrales
  • Tabagisme : double à triple le risque d'AVC, effet synergique avec les autres facteurs
  • Antécédent personnel d'AIT ou d'AVC : risque de récidive élevé, notamment dans les premières 48 heures
  • Âge avancé : le risque double par décennie après 55 ans
  • Sédentarité et obésité abdominale
  • Consommation excessive d'alcool
  • Apnée obstructive du sommeil non traitée
  • Contraceptifs oraux combinés, surtout associés au tabagisme ou à une migraine avec aura

Quel est le bilan réalisé aux urgences après un AIT ?

  • IRM cérébrale en diffusion (séquence DWI) : examen de référence pour détecter un infarctus cérébral même minime, une hémorragie ou une autre lésion, réalisée idéalement dans les premières heures
  • Échographie-Doppler des artères carotides et vertébrales : recherche d'une sténose athéromateuse ou d'une dissection artérielle comme source embolique
  • Électrocardiogramme (ECG) 12 dérivations : détection d'une fibrillation auriculaire, d'un bloc ou d'une anomalie rythmique
  • Monitoring cardiaque prolongé (Holter ECG 24 à 72 heures, voire 4 semaines par capteur implantable) : recherche d'une fibrillation auriculaire paroxystique non détectée à l'ECG standard
  • Échocardiographie transthoracique ou transœsophagienne : recherche d'une cardiopathie emboligène (thrombus, valvulopathie, foramen ovale perméable, végétations)
  • Bilan biologique : NFS, coagulation (TP, TCA), glycémie, HbA1c, bilan lipidique complet, créatinine, ionogramme, CRP, TSH
  • Bilan de thrombophilie selon l'âge et le contexte : anticorps antiphospholipides, protéines C et S, facteur V Leiden, notamment chez les sujets jeunes sans facteur de risque cardiovasculaire évident
  • Score ABCD2 : outil clinique d'évaluation du risque d'AVC à court terme après un AIT (âge, pression artérielle, caractéristiques cliniques, durée des symptômes, diabète)

Quel est le traitement après un AIT ?

Traitement Indication et objectif
Antiplaquettaires (aspirine, clopidogrel ou association) Traitement de première intention dans les AIT d'origine non cardioembolique. Initié en urgence pour réduire le risque d'AVC dans les premières 48 heures. La double antiplaquettaire (aspirine + clopidogrel) est recommandée en phase aiguë pour les 21 premiers jours selon les lignes directrices récentes
Anticoagulants oraux (warfarine, dabigatran, rivaroxaban, apixaban) Indiqués en cas de fibrillation auriculaire ou d'autre cardiopathie emboligène identifiée, en remplacement des antiplaquettaires. Le délai d'initiation dépend de la taille de l'infarctus et du risque hémorragique
Statines à haute intensité Réduction du risque de récidive par stabilisation des plaques d'athérome et effet pléiotrope anti-inflammatoire, indépendamment du taux de LDL initial
Antihypertenseurs Contrôle strict de la pression artérielle, objectif général inférieur à 130/80 mmHg à distance de l'épisode aigu. La baisse tensionnelle immédiate en phase aiguë est nuancée selon le contexte
Endartériectomie carotidienne ou stenting carotidien Indiqués en cas de sténose carotidienne ipsilatérale serrée (70 à 99 %). L'intervention est recommandée idéalement dans les 2 semaines suivant l'AIT pour être efficace dans la prévention de l'AVC
Contrôle des facteurs de risque Arrêt du tabac impératif, équilibre glycémique optimal (HbA1c cible), traitement de l'apnée du sommeil, activité physique adaptée reprise progressivement, régime alimentaire méditerranéen

Quel est le risque d'AVC après un AIT ?

Le risque d'AVC constitué après un AIT est particulièrement concentré dans les premières heures et les premiers jours. Sans traitement urgent, environ 10 à 15 % des patients victimes d'un AIT font un AVC dans les 48 heures suivantes, et jusqu'à 20 % dans les 90 jours. Ce risque est nettement réduit grâce à une prise en charge rapide et optimale en unité neurovasculaire, réduisant la mortalité et le handicap d'environ 80 % selon les études. L'AIT ne doit jamais être banalisé sous prétexte que les symptômes ont disparu.

ℹ️ Après un AIT, certaines restrictions temporaires s'appliquent dans l'attente de l'évaluation médicale complète : il est recommandé de ne pas conduire de véhicule pendant au moins 1 mois (ou selon les recommandations provinciales en vigueur au Québec), et d'éviter les activités à risque en hauteur ou avec des machines. Votre médecin vous précisera la durée exacte selon votre situation.

Consulter à Clinique Omicron

Si vous avez présenté un épisode neurologique transitoire et que vous avez déjà été évalué aux urgences, les médecins de Clinique Omicron, dans ses points de service au Québec, peuvent assurer le suivi post-AIT, coordonner les investigations complémentaires, ajuster vos traitements de prévention secondaire et vous orienter vers un neurologue ou un spécialiste vasculaire si nécessaire. La prévention d'un AVC après un AIT repose sur un suivi rigoureux et durable.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Consultez un médecin pour tout symptôme, question ou décision relative à votre santé.

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