Le cancer du col de l’utérus est l’un des rares cancers qui se prévient vraiment. La quasi-totalité des cas sont causés par le virus du papillome humain, un virus sexuellement transmissible extrêmement répandu dont certaines souches à haut risque peuvent, sur plusieurs années, transformer les cellules du col en lésions précancéreuses puis en cancer. Ce processus est lent, détectable et interruptible si le dépistage est fait régulièrement.
Au Québec, environ 350 nouveaux cas de cancer du col sont diagnostiqués chaque année, et plus de 80 décès y sont associés (Société canadienne du cancer, 2024). Ces chiffres sont évitables en grande partie avec un dépistage régulier et une vaccination adéquate.
Le test PAP : comment ça fonctionne
Le test de Papanicolaou, communément appelé test PAP ou frottis cervical, est l’examen de dépistage de référence pour le cancer du col. Il consiste à prélever des cellules du col de l’utérus lors d’un examen gynécologique et à les analyser en laboratoire pour détecter des anomalies cellulaires avant qu’elles n’évoluent vers un cancer.
Au Québec, le test PAP est recommandé tous les trois ans pour les femmes sexuellement actives entre 21 et 65 ans. Un premier test est recommandé dans les trois ans suivant le début de l’activité sexuelle. Après 65 ans, le dépistage peut être interrompu si les trois derniers tests étaient normaux. Ces intervalles peuvent être raccourcis selon les résultats antérieurs ou la présence de facteurs de risque.
Le test PAP peut être complété par un test de détection du VPH sur le même prélèvement. Cette co-analyse améliore la sensibilité du dépistage et permet d’identifier les femmes porteuses de souches à haut risque qui nécessitent un suivi plus rapproché.
La vaccination contre le VPH
Le vaccin contre le VPH protège contre les souches responsables de la majorité des cancers du col, ainsi que contre d’autres cancers associés au VPH comme les cancers de la vulve, du vagin, de l’anus et de l’oropharynx. Au Québec, la vaccination est offerte gratuitement aux élèves de 4e année du primaire dans le cadre du programme de vaccination scolaire.
Pour les personnes qui n’ont pas été vaccinées dans l’enfance, le vaccin est recommandé jusqu’à 45 ans et reste efficace même chez les personnes déjà exposées à certaines souches du VPH. La vaccination ne remplace pas le dépistage par test PAP : même les personnes vaccinées doivent continuer le dépistage régulier.
Ce que signifie un résultat anormal
Un résultat anormal au test PAP ne signifie pas qu’il y a un cancer. La grande majorité des anomalies détectées correspondent à des lésions précancéreuses de bas grade qui régressent spontanément dans beaucoup de cas, notamment chez les femmes jeunes. Le suivi dépend du type d’anomalie : surveillance rapprochée avec répétition du test, colposcopie pour examiner le col plus en détail ou biopsie pour analyser le tissu.
La colposcopie est un examen réalisé en clinique ou en consultation spécialisée, qui permet de visualiser le col avec un instrument grossissant et de prélever des biopsies ciblées si des zones suspectes sont identifiées. Ce n’est pas une procédure douloureuse, mais elle peut être inconfortable.
Questions fréquentes sur le dépistage du cancer du col
Faut-il faire un test PAP si on est vaccinée contre le VPH ?
Oui. Le vaccin ne protège pas contre toutes les souches à haut risque du VPH et ne couvre pas les infections déjà présentes au moment de la vaccination. Le dépistage régulier reste indispensable même pour les personnes vaccinées.
Le test PAP est-il douloureux ?
Il peut causer une légère gêne ou de l’inconfort pendant quelques secondes lors du prélèvement, mais il n’est généralement pas douloureux. Informer le professionnel de santé de toute douleur ou inconfort permet d’adapter la technique.
Les femmes qui ont des relations exclusivement avec des femmes ont-elles besoin du test PAP ?
Oui. Le VPH peut se transmettre par contact sexuel entre femmes. Le dépistage est recommandé pour toutes les personnes ayant un col utérin dès le début de l’activité sexuelle, indépendamment du type de partenaires.
Quand consulter un professionnel de santé
Si vous n’avez pas eu de test PAP depuis plus de trois ans, si vous n’avez jamais été vaccinée contre le VPH et souhaitez vous renseigner sur l’option, ou si vous présentez des saignements vaginaux inhabituels, des pertes anormales ou des douleurs pelviennes, une consultation médicale s’impose.
Un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée peut effectuer le test PAP, discuter de la vaccination et assurer le suivi des résultats. Une consultation en présentiel dans l’un des points de service de Clinique Omicron au Québec, ou en téléconsultation pour une première évaluation, vous permet d’y accéder rapidement.
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