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Couple assis près d'une fenêtre, discutant sur le dépistage des ITSS, avec le titre "Dépistage des ITSS : qui devrait se faire tester et à quelle fréquence" en superposition, ambiance chaleureuse et moderne.

Dépistage des ITSS au Québec : qui se faire tester et à quelle fréquence ?

Le dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang est l’un des gestes préventifs les plus efficaces en santé sexuelle. Pourtant, beaucoup de gens le reportent, souvent par gêne, parfois parce qu’ils ne savent pas à quelle fréquence le faire ou à qui s’adresser. Au Québec, l’accès au dépistage des ITSS ne nécessite pas de médecin de famille attitré, et les options sont plus nombreuses qu’on ne le croit.

La plupart des ITSS ne présentent aucun symptôme pendant des semaines, des mois, voire des années. Se sentir bien n’est pas un indicateur fiable d’absence d’infection.

Les ITSS les plus fréquentes au Québec

La chlamydia est l’ITSS bactérienne la plus déclarée au Québec. Elle est causée par la bactérie Chlamydia trachomatis et passe dans la très grande majorité des cas sans aucun symptôme, particulièrement chez les femmes. Non traitée, elle peut provoquer des complications graves comme une maladie inflammatoire pelvienne, des douleurs chroniques et des problèmes de fertilité. Chez les hommes, elle peut causer une urétrite, mais reste souvent asymptomatique.

La gonorrhée connaît une recrudescence marquée au Québec depuis plusieurs années. Elle peut affecter le col utérin, l’urètre, le rectum et la gorge. Comme la chlamydia, elle est souvent silencieuse. Sa résistance croissante aux antibiotiques en fait une priorité de santé publique (INSPQ, 2024).

Le VIH reste une infection grave, mais les traitements actuels permettent aux personnes séropositives de vivre avec une charge virale indétectable, ce qui les protège et protège leurs partenaires. Le dépistage précoce est fondamental : plus le diagnostic est posé tôt, plus la prise en charge est efficace. Au Québec, le test rapide de dépistage du VIH est disponible dans plusieurs cliniques et organismes communautaires.

La syphilis connaît également une hausse significative au Québec, notamment chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Elle évolue en plusieurs stades et peut atteindre le système nerveux central si elle n’est pas traitée. Le dépistage par prise de sang permet de la détecter à tous les stades.

L’hépatite B et l’hépatite C se transmettent par voie sanguine et sexuelle. L’hépatite C, en particulier, peut évoluer silencieusement pendant des décennies avant de provoquer une cirrhose ou un cancer du foie. Des traitements très efficaces existent aujourd’hui, mais ils nécessitent un diagnostic préalable.

Qui devrait se faire dépister et à quelle fréquence

Les recommandations de dépistage varient selon le profil de risque. Toute personne sexuellement active qui a eu un nouveau partenaire ou plusieurs partenaires au cours de la dernière année devrait envisager un dépistage annuel des ITSS courantes, soit la chlamydia, la gonorrhée et le VIH au minimum. Pour les personnes avec des pratiques à risque plus élevé, notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes qui consomment des drogues par injection ou celles qui ont des partenaires multiples sans protection, un dépistage tous les trois à six mois est recommandé (INSPQ, 2024).

Le dépistage de l’hépatite C est recommandé une fois dans la vie pour tous les adultes nés entre 1945 et 1975, en raison de l’exposition possible à du matériel médical non stérilisé avant l’adoption des protocoles actuels. Il est également recommandé pour toute personne ayant partagé du matériel d’injection.

Pour les femmes enceintes, le dépistage de la chlamydia, de la gonorrhée, du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B fait partie du bilan prénatal standard au Québec.

Comment se passe un dépistage des ITSS

Un dépistage complet comprend généralement une prise de sang pour le VIH, la syphilis, l’hépatite B et C, un prélèvement urinaire ou un écouvillonnage pour la chlamydia et la gonorrhée, et selon les pratiques sexuelles, des prélèvements rectaux ou pharyngés. La consultation dure entre 15 et 30 minutes. Les résultats sont généralement disponibles dans les sept à dix jours ouvrables.

Un résultat positif ne signifie pas nécessairement une maladie grave. La plupart des ITSS bactériennes se traitent efficacement par antibiothérapie. Le VIH se gère avec des traitements qui permettent une vie normale. Ce qui compte, c’est de savoir pour pouvoir agir.

Questions fréquentes sur le dépistage des ITSS

Faut-il avoir des symptômes pour se faire dépister ?
Non. C’est même le contraire. La majorité des ITSS ne causent aucun symptôme perceptible. Le dépistage préventif est précisément là pour détecter les infections asymptomatiques avant qu’elles ne causent des complications ou soient transmises à d’autres.

Le dépistage des ITSS est-il confidentiel ?
Oui. Les résultats sont confidentiels et protégés par le secret médical. Certaines ITSS, comme la syphilis, le VIH et la gonorrhée, sont des maladies à déclaration obligatoire au Québec, mais cette déclaration se fait de façon nominative uniquement dans certains cas et selon des protocoles stricts.

Peut-on se faire dépister sans médecin de famille ?
Oui. Les cliniques médicales, les pharmacies, les organismes communautaires et les CLSC offrent des services de dépistage des ITSS sans référence médicale dans la plupart des cas.

Le condom protège-t-il contre toutes les ITSS ?
Il réduit significativement le risque de transmission de la plupart des ITSS, mais ne protège pas à 100 % contre toutes. Certaines infections comme le VPH ou l’herpès peuvent se transmettre par contact cutané dans les zones non couvertes.

Quand consulter un professionnel de santé

Si vous avez eu un rapport sexuel non protégé avec un nouveau partenaire, si vous présentez des symptômes inhabituels comme des sécrétions, des douleurs ou des lésions génitales, ou si vous n’avez pas fait de dépistage depuis plus d’un an malgré des pratiques à risque, une consultation médicale s’impose.

Un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée peut évaluer votre profil de risque, prescrire les analyses appropriées et assurer le suivi des résultats. Une consultation en présentiel ou en téléconsultation dans l’un des points de service de Clinique Omicron au Québec vous permet d’y accéder rapidement et en toute confidentialité.

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Geneviève Dostie
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