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Le printemps devrait être une saison de soulagement pour la peau : fini le froid qui assèche, fini le chauffage central qui déshumidifie les pièces. Pourtant, pour beaucoup de personnes atteintes d’eczéma, le printemps est une période de poussées, parfois plus difficile que l’hiver. Les pollens, l’humidité variable, les changements de température et le contact avec de nouvelles plantes créent un environnement qui peut activer les mécanismes inflammatoires sous-jacents de l’eczéma.

L’eczéma, ou dermatite atopique, touche environ 15 à 20 % des enfants et 2 à 10 % des adultes au Canada (Eczema Society of Canada, 2023). Chez l’adulte, il prend souvent des formes moins typiques qu’en pédiatrie et peut passer longtemps sans diagnostic précis.

Pourquoi le printemps aggrave l’eczéma

Les pollens sont l’un des déclencheurs les plus fréquents des poussées printanières d’eczéma chez les personnes atopiques. La sensibilisation aux pollens, qui cause la rhinite allergique, peut également provoquer des manifestations cutanées par le biais d’une activation systémique du système immunitaire. Ce phénomène, appelé syndrome de l’eczéma pollinique, est bien reconnu cliniquement.

Les variations d’humidité jouent aussi un rôle. Une humidité trop faible assèche la barrière cutanée, et une humidité trop élevée peut favoriser la macération et les surinfections dans les plis. Les journées chaudes qui alternent avec des températures fraîches, typiques du printemps québécois, créent des conditions qui sollicitent particulièrement une barrière cutanée déjà fragilisée.

Les mécanismes de la dermatite atopique

L’eczéma est une maladie inflammatoire chronique de la peau caractérisée par une dysfonction de la barrière cutanée et une hyperréactivité immunologique. La barrière cutanée des personnes atopiques est structurellement différente : elle laisse passer davantage les allergènes et les irritants, et retient moins bien l’eau. Cette perméabilité accrue explique la sécheresse chronique et la vulnérabilité aux déclencheurs environnementaux.

L’inflammation qui en résulte est médiée principalement par des cytokines de type Th2, notamment les interleukines 4, 13 et 31. Cette dernière est particulièrement impliquée dans la transmission du signal de démangeaison au système nerveux, expliquant le prurit intense qui caractérise les poussées. Le grattage qui s’ensuit aggrave l’inflammation et favorise les surinfections, créant le cycle démangeaison-grattage-aggravation caractéristique de la maladie.

La prise en charge des poussées printanières

L’hydratation cutanée intensive est la mesure de base la plus importante dans la gestion de l’eczéma en toute saison. L’application d’émollients riches, de préférence sans parfum ni conservateurs irritants, deux fois par jour en dehors des poussées et plus fréquemment lors des poussées, maintient la barrière cutanée et réduit la fréquence et l’intensité des épisodes inflammatoires.

Pour les poussées actives, les corticostéroïdes topiques restent le traitement de première ligne. Leur puissance est adaptée à la sévérité et à la localisation des lésions. Les inhibiteurs de la calcineurine topiques, comme le tacrolimus et le pimécrolimus, sont une alternative pour les zones sensibles comme le visage et les plis.

Pour les formes modérées à sévères qui ne répondent pas aux traitements topiques, des options systémiques existent, incluant les immunosuppresseurs et, plus récemment, les biothérapies ciblées comme le dupilumab, qui a démontré une efficacité remarquable dans la dermatite atopique modérée à sévère de l’adulte.

Questions fréquentes sur l’eczéma printanier

L’eczéma est-il contagieux ?
Non. L’eczéma est une maladie inflammatoire non infectieuse. Il ne se transmet pas par contact. Les surinfections bactériennes des lésions eczémateuses, fréquentes et souvent causées par le Staphylococcus aureus, peuvent nécessiter un traitement antibiotique, mais elles ne rendent pas la condition contagieuse.

Les produits naturels sont-ils plus sûrs pour l’eczéma ?
Pas nécessairement. Certains produits naturels comme l’huile de noix de coco ou le miel de manuka sont utilisés, avec des données limitées. Certaines huiles essentielles et extraits de plantes peuvent en revanche provoquer des réactions de contact chez les personnes atopiques. La règle générale est d’opter pour des produits sans parfum, sans alcool et testés pour peau sensible.

L’eczéma disparaît-il à l’âge adulte ?
Pour beaucoup d’enfants, les symptômes s’atténuent à l’adolescence. Cependant, environ 30 % des adultes avec une dermatite atopique ont des symptômes persistants ou récidivants. Un diagnostic et une prise en charge adaptée permettent de maintenir une qualité de vie satisfaisante.

Quand consulter un professionnel de santé

Si vos poussées d’eczéma sont fréquentes, étendues ou résistantes aux traitements habituels, si vous présentez des signes de surinfection comme une rougeur chaude, un suintement jaune ou de la fièvre, ou si votre qualité de vie est significativement affectée, une consultation médicale s’impose.

Un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée peut évaluer vos lésions, adapter votre traitement et vous orienter vers un dermatologue si nécessaire. Une consultation en présentiel ou en téléconsultation dans l’un des points de service de Clinique Omicron au Québec vous permet d’y accéder sans délai.

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Geneviève Dostie
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