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Vous changez de vêtements plusieurs fois par jour. Vous évitez de lever les bras en public. Vous refusez de serrer la main parce que vos paumes sont constamment mouillées. Vous annulez des activités sociales ou professionnelles par anticipation de la gêne.

L’hyperhidrose — la transpiration excessive — n’est pas un problème d’hygiène, ni une question de chaleur ou d’anxiété ordinaire. C’est une condition médicale reconnue qui affecte entre 1 et 3 % de la population canadienne, dont une proportion significative au Québec, et qui peut avoir un impact majeur sur la qualité de vie professionnelle, sociale et émotionnelle.

La bonne nouvelle : les options de traitement sont multiples, efficaces, et accessibles. Ce guide couvre l’ensemble du spectre thérapeutique disponible au Québec en 2026 — des traitements topiques de première ligne jusqu’aux options chirurgicales de dernier recours — avec les informations réelles sur l’efficacité, les coûts, la couverture RAMQ et assurances, et les indications cliniques pour chaque approche.

Qu’est-ce que l’hyperhidrose? Types et diagnostic

Le mécanisme physiologique

La transpiration est une réponse thermorégulatrice normale — les glandes sudoripares eccrines, distribuées sur toute la surface du corps mais concentrées dans les aisselles, les paumes, la plante des pieds et le visage, produisent de la sueur pour refroidir l’organisme. Dans l’hyperhidrose, ce mécanisme est hyperactivé de façon disproportionnée par rapport aux besoins thermorégulateurs réels — la transpiration se produit en dehors de tout stimulus thermique ou émotionnel adéquat, en quantité qui dépasse largement ce qu’exige la situation.

Le système nerveux autonome — plus précisément les fibres sympathiques cholinergiques qui innervent les glandes sudoripares — est hyperactif dans cette condition. Les traitements médicaux de l’hyperhidrose ciblent ce mécanisme à différents niveaux de la chaîne physiologique, ce qui explique la diversité des approches disponibles.

Hyperhidrose primaire vs secondaire — une distinction cliniquement essentielle

L’hyperhidrose primaire — également appelée hyperhidrose focale essentielle — est la forme la plus fréquente. Elle est idiopathique, c’est-à-dire qu’elle survient sans cause médicale sous-jacente identifiable. Elle débute typiquement dans l’enfance ou l’adolescence, affecte des zones focales et symétriques — les aisselles, les paumes, les plantes des pieds, le visage ou le cuir chevelu — et cesse généralement durant le sommeil. Elle est aggravée par le stress et les émotions, mais survient également au repos complet.

L’hyperhidrose primaire est la forme que traitent les cliniques médicales esthétiques et les dermatologues — c’est l’indication des traitements décrits dans ce guide.

L’hyperhidrose secondaire est une transpiration excessive généralisée causée par une condition médicale sous-jacente ou par un médicament. Les causes médicales incluent l’hyperthyroïdie, le diabète mal contrôlé, les infections chroniques, les lymphomes et certaines tumeurs, la ménopause et les dérèglements hormonaux, les maladies neurologiques, et l’insuffisance cardiaque. De nombreux médicaments peuvent induire une hyperhidrose secondaire — antidépresseurs, notamment les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et les tricycliques, certains antihypertenseurs, les opioïdes, et d’autres.

L’hyperhidrose secondaire nécessite d’abord le traitement de la cause sous-jacente ou l’ajustement médicamenteux. Elle est généralisée plutôt que focale, peut survenir la nuit, et débute souvent à l’âge adulte sans antécédent. Une évaluation médicale complète est indispensable avant de conclure à une hyperhidrose primaire — le médecin doit s’assurer qu’il ne manque pas une condition traitables.

Les zones affectées et leur fréquence relative

L’hyperhidrose axillaire — les aisselles — est la zone la plus fréquemment affectée et celle qui génère le plus de demandes de traitement, en raison de son impact direct sur les vêtements, l’apparence et les interactions sociales. L’hyperhidrose palmaire — les paumes des mains — est souvent la plus invalidante professionnellement et socialement, rendant les poignées de mains, la manipulation d’objets et le travail sur clavier inconfortables. L’hyperhidrose plantaire — les plantes des pieds — est fréquemment associée à l’hyperhidrose palmaire et peut causer des problèmes cutanés secondaires — macération, infections fongiques. L’hyperhidrose cranio-faciale — visage, cuir chevelu, cou — est moins fréquente mais particulièrement invalidante socialement. Certains patients présentent plusieurs zones affectées simultanément.

L’impact sur la qualité de vie — une réalité médicalement reconnue

L’hyperhidrose n’est pas une coquetterie médicale. Les études de qualité de vie menées sur des populations hyperhidrotiques documentent un impact significatif et mesurable sur l’estime de soi, les relations sociales, les choix vestimentaires et professionnels, les activités de loisir, et la santé mentale — avec des taux d’anxiété sociale et de dépression significativement plus élevés dans cette population que dans la population générale.

La reconnaissance de cette réalité par le corps médical québécois a progressé — l’hyperhidrose est aujourd’hui une indication thérapeutique reconnue pour plusieurs traitements remboursés, et non plus un problème cosmétique à minimiser.

Le diagnostic — comment il est établi

Le diagnostic d’hyperhidrose primaire est clinique — il repose sur l’histoire médicale, la description des symptômes, l’examen physique, et l’exclusion des causes secondaires. Aucun test de laboratoire spécifique n’est requis pour confirmer le diagnostic, mais des analyses de base — TSH, glycémie, bilan sanguin — sont généralement demandées pour exclure les causes médicales sous-jacentes les plus courantes.

Le test à l’amidon iodé — application d’une solution iodée sur la zone, suivie d’une poudre d’amidon qui vire au bleu-noir en présence de sueur — permet de visualiser et de documenter la distribution exacte des zones de transpiration active. Ce test est utile avant les injections de Botox pour guider la cartographie des sites d’injection.

La sévérité peut être objectivée par la Hyperhidrosis Disease Severity Scale (HDSS) — une échelle de 1 à 4 basée sur l’impact perçu de la transpiration sur les activités quotidiennes — qui aide à documenter la sévérité initiale et à suivre la réponse au traitement.

Traitements topiques et médicamenteux

Le chlorure d’aluminium — la première ligne universelle

Le chlorure d’aluminium en solution concentrée est le traitement topique de première ligne de l’hyperhidrose primaire légère à modérée. Il agit en formant des complexes qui obstruent mécaniquement les canaux des glandes sudoripares eccrines, réduisant leur capacité à sécréter de la sueur.

Les formulations en vente libre — Certain Dri, Drysol OTC, Degree Clinical — contiennent entre 12 et 20 % de chlorure d’aluminium. Les formulations sur ordonnance — Drysol en solution à 20 % dans éthanol anhydre — sont plus concentrées et plus efficaces pour les cas modérés à sévères.

Mode d’utilisation : application sur peau parfaitement sèche — idéalement après séchage au séchoir à air chaud — le soir avant le coucher, avec rinçage le matin. La fréquence initiale est quotidienne jusqu’à l’obtention d’un contrôle satisfaisant, puis réduite à une à trois fois par semaine selon les besoins.

Efficacité : le chlorure d’aluminium est efficace chez 30 à 40 % des patients avec une hyperhidrose légère à modérée. Pour les cas sévères, son efficacité est limitée — il réduit la transpiration sans l’éliminer, et la tolérance à long terme peut diminuer.

Effets secondaires : irritation cutanée, prurit et érythème sont fréquents, surtout en début de traitement et dans les zones de peau sensible. L’application sur peau sèche et l’utilisation d’une crème hydratante le matin aident à réduire l’irritation.

Couverture RAMQ : le chlorure d’aluminium sur ordonnance (Drysol) est inscrit sur la liste des médicaments remboursés par la RAMQ pour les patients assurés remplissant les critères. Vérifiez la couverture spécifique auprès de votre pharmacien.

Les agents anticholinergiques — une option systémique

Les médicaments anticholinergiques inhibent la transmission cholinergique au niveau des ganglions sympathiques qui innervent les glandes sudoripares — ils réduisent la transpiration de façon systémique, affectant toutes les zones simultanément.

L’oxibutynine (Ditropan) est l’anticholinergique le plus utilisé en hyperhidrose au Québec. À doses de 2,5 à 7,5 mg par jour, elle réduit significativement la transpiration excessive chez une proportion substantielle des patients. Des études randomisées confirment son efficacité supérieure au placebo pour l’hyperhidrose primaire généralisée et palmaire.

Le glycopyrrolate — moins disponible en formulation orale standard au Canada mais prescrit dans certains cas — est parfois préféré pour son profil d’effets secondaires légèrement différent.

Effets secondaires des anticholinergiques : sécheresse buccale (très fréquente, souvent le facteur limitant), constipation, rétention urinaire, vision floue, tachycardie, et troubles cognitifs à doses élevées chez les patients âgés. La sécheresse buccale peut être particulièrement invalidante — certains patients préfèrent tolérer la transpiration plutôt que d’avoir la bouche constamment sèche.

Contre-indications : glaucome à angle fermé, rétention urinaire, obstruction gastro-intestinale, myasthénie grave.

Couverture RAMQ : l’oxibutynine est inscrite sur la liste RAMQ pour ses indications approuvées. La couverture pour l’hyperhidrose dépend de la formulation prescrite et des critères spécifiques — votre pharmacien peut confirmer la couverture applicable à votre prescription.

Les nouvelles options topiques — glycopyrronium tosylate

Qbrexza est un essuie-mains médicamenteux imprégné de glycopyrronium tosylate, un anticholinergique appliqué topiquement sur les aisselles, approuvé par Santé Canada pour l’hyperhidrose axillaire. Il offre l’avantage d’une action locale avec moins d’effets systémiques que les anticholinergiques oraux — mais son coût est significativement plus élevé et la couverture d’assurance est variable.

Botox pour l’hyperhidrose — le traitement le plus efficace

Le Botox thérapeutique pour l’hyperhidrose est l’option qui combine le mieux l’efficacité, la durée d’action et le profil de sécurité — pour les patients qui ne répondent pas suffisamment aux traitements topiques ou qui souhaitent un contrôle plus fiable et plus durable.

Le mécanisme d’action

La toxine botulinique de type A bloque la libération d’acétylcholine au niveau des jonctions neuroeffectrices des fibres sympathiques cholinergiques qui innervent les glandes sudoripares eccrines. Le résultat est une interruption fonctionnelle et réversible de la stimulation des glandes sudoripares dans la zone injectée — sans destruction des glandes, sans cicatrice, sans modification permanente.

Ce mécanisme d’action est indépendant de celui qui produit la relaxation musculaire en application cosmétique — les deux effets utilisent la même molécule, mais dans des tissus cibles différents et à des profondeurs d’injection différentes.

La procédure — ce qui se passe concrètement

L’hyperhidrose axillaire est la zone pour laquelle le protocole est le plus standardisé et les résultats les mieux documentés. La séance débute par un test à l’amidon iodé pour délimiter précisément les zones de transpiration active — cette cartographie guide le placement des injections et maximise l’efficacité du traitement. Des injections multiples sont réalisées en grille dans la zone axillaire, typiquement à des intervalles de 1 à 2 cm, avec une aiguille fine. Chaque aisselle reçoit entre 50 et 100 unités de toxine botulinique selon le protocole et la zone active documentée. La procédure dure généralement 20 à 30 minutes au total. La douleur est modérée — une crème anesthésiante topique (EMLA) peut être appliquée 30 à 45 minutes avant les injections pour améliorer le confort.

Les paumes des mains nécessitent une technique légèrement différente et un volume d’anesthésie plus important, car les paumes sont particulièrement sensibles. Des blocs nerveux — injection d’anesthésique local au niveau des nerfs médian et ulnaire — sont généralement nécessaires pour rendre la procédure confortable. Les injections sont réalisées en grille serrée sur toute la surface palmaire active. Le volume de toxine utilisé est plus élevé que pour les aisselles — 100 à 150 unités par main selon la zone à traiter.

La plante des pieds suit un protocole similaire aux paumes, avec anesthésie locale préalable nécessaire.

Efficacité et durée d’action

L’efficacité du Botox pour l’hyperhidrose axillaire est parmi les mieux documentées de toutes les applications thérapeutiques de la toxine botulinique. Les études cliniques rapportent une réduction de la transpiration de 80 à 90 %dans les zones traitées chez plus de 90 % des patients traités. Les résultats sont visibles dans les 5 à 7 jours suivant les injections et atteignent leur maximum à deux semaines.

La durée d’action pour l’hyperhidrose est généralement plus longue que pour les applications cosmétiques — entre 6 et 12 mois pour l’hyperhidrose axillaire dans la majorité des patients, avec une moyenne autour de 7 à 8 mois selon les études. Certains patients rapportent des effets persistant au-delà de 12 mois. La durée est généralement plus courte pour les paumes et les plantes (4 à 6 mois) en raison de la densité glandulaire plus élevée et des contraintes mécaniques dans ces zones.

Avec des traitements répétés, certains patients rapportent une durée d’action progressivement prolongée — un phénomène d’adaptation qui n’est pas universellement observé mais documenté dans des séries de patients suivis sur plusieurs années.

Coût du traitement

Le coût du traitement Botox pour l’hyperhidrose axillaire au Québec en clinique médicale se situe généralement entre 700 $ et 1 200 $ pour les deux aisselles selon l’établissement, la région, et le nombre d’unités utilisées. Le traitement des paumes ou des pieds est souvent tarifé dans une fourchette similaire ou légèrement supérieure en raison de la technique d’anesthésie et du volume de produit requis.

Les tarifs spécifiques de Clinique Omicron pour le Botox thérapeutique sont disponibles sur cliniqueomicron.ca.

Couverture par les assurances privées

C’est un point important que beaucoup de patients ignorent : plusieurs régimes d’assurance collective et individuelle au Québec couvrent partiellement ou totalement le Botox thérapeutique pour l’hyperhidrose primaire sévère, à condition qu’une prescription médicale documente l’indication thérapeutique — par opposition au cosmétique.

La couverture varie significativement selon le régime — certains remboursent le produit (la toxine botulinique), d’autres le traitement complet incluant les honoraires médicaux, d’autres encore limitent à un montant forfaitaire par année. Avant votre traitement, contactez votre assureur pour vérifier votre couverture spécifique et demandez à votre médecin un reçu médical détaillé indiquant le diagnostic d’hyperhidrose primaire — ce document est nécessaire pour le remboursement.

La RAMQ ne couvre pas le traitement Botox pour l’hyperhidrose dans la grande majorité des cas, mais la prescription médicale de la toxine botulinique peut être couverte via certains programmes sous conditions spécifiques — votre médecin peut évaluer l’admissibilité à votre situation.

Iontophorèse — pour les mains et les pieds

L’iontophorèse est un traitement physique particulièrement adapté à l’hyperhidrose palmaire et plantaire — les deux zones où elle est la plus validée par les données cliniques et les plus difficiles à traiter par Botox au long cours en raison du coût et de la répétition des injections douloureuses.

Le fonctionnement

L’iontophorèse utilise un courant électrique de faible intensité — continu ou pulsé selon les appareils — pour faire pénétrer des ions chargés dans la peau via un bain d’eau du robinet dans lequel les mains ou les pieds sont immergés. Le mécanisme exact par lequel ce processus réduit la transpiration n’est pas entièrement élucidé — plusieurs hypothèses coexistent, incluant une modification du pH de la peau autour des canaux des glandes sudoripares, une interruption temporaire de la transmission nerveuse, et une kératinisation du canal excréteur. En pratique clinique, l’efficacité est bien documentée indépendamment de la compréhension mécanistique complète.

Les appareils d’iontophorèse sont composés de deux bacs d’eau dans lesquels les mains — ou les pieds — sont immergées en même temps, reliés à un générateur de courant. La session typique dure 20 à 30 minutes. La sensation est un léger picotement électrique — généralement bien toléré, mais inconfortable pour certains patients à des intensités élevées.

Efficacité et fréquence des séances

L’efficacité de l’iontophorèse pour l’hyperhidrose palmaire est bien établie — les études rapportent une réduction de la transpiration de 80 à 90 % chez les répondeurs, un chiffre comparable au Botox. La proportion de patients qui répondent favorablement est estimée entre 70 et 85 % selon les séries.

La limitation principale de l’iontophorèse est la fréquence requise des séances, particulièrement en phase d’induction. Pour obtenir un effet initial, la majorité des patients nécessitent 3 à 4 séances par semaine pendant 3 à 4 semaines — soit une dizaine à quinze séances initiales. Une fois le contrôle obtenu, une séance d’entretien toutes une à deux semaines est généralement suffisante pour maintenir le résultat. L’interruption du traitement entraîne le retour de la transpiration dans les semaines qui suivent.

Ce rythme de maintenance hebdomadaire est ce qui différencie fondamentalement l’iontophorèse du Botox — l’iontophorèse est efficace mais requiert un investissement en temps régulier à long terme, alors que le Botox offre 6 à 12 mois d’efficacité pour une seule séance.

Les appareils à domicile — une option viable

Les appareils d’iontophorèse à usage personnel sont disponibles au Canada et représentent une option économiquement intéressante à long terme pour les patients qui répondent bien au traitement et sont prêts à maintenir la fréquence des séances à domicile.

Les marques disponibles au Canada incluent Fischer Galvanic (un standard clinique depuis des décennies), Dermadry — une marque canadienne avec des appareils conçus pour les mains, pieds et aisselles — et Hidrex, une marque allemande bien établie. Le coût d’un appareil personnel se situe généralement entre 400 $ et 900 $ CAD selon le modèle et les fonctionnalités.

Avant d’investir dans un appareil à domicile, il est cliniquement recommandé de réaliser quelques séances en milieu médical ou en clinique spécialisée pour confirmer que vous êtes répondeur au traitement — la variabilité interindividuelle de réponse est réelle, et un investissement de 700 $ dans un appareil personnel est prématuré sans confirmation préalable de la réponse.

L’utilisation d’eau du robinet standard est généralement suffisante. L’ajout de bicarbonate de sodium dans l’eau peut potentialiser l’effet chez certains patients non répondeurs à l’eau seule.

Contre-indications à l’iontophorèse

La grossesse est une contre-indication. La présence d’implants métalliques dans les zones traitées — prothèses articulaires, vis chirurgicales, stimulateurs cardiaques — contre-indique le traitement dans les zones concernées. Les plaies ouvertes, les dermatites actives et les infections cutanées actives dans les zones à traiter contre-indiquent temporairement le traitement jusqu’à résolution.

Intervention chirurgicale — dernier recours

La sympathectomie thoracique endoscopique (STE) est l’option chirurgicale disponible pour l’hyperhidrose sévère réfractaire aux traitements conservateurs. Elle est présentée ici pour information complète — c’est une option à envisager uniquement après l’échec documenté des traitements médicaux, pour des raisons que les données cliniques rendent très claires.

La procédure

La sympathectomie thoracique endoscopique est une chirurgie minimalement invasive réalisée sous anesthésie générale. Le chirurgien introduit un endoscope dans la cavité thoracique et sectionne ou clippe les ganglions de la chaîne sympathique thoracique responsables de l’innervation des glandes sudoripares des zones cibles — typiquement au niveau T2 pour l’hyperhidrose palmaire et T3-T4 pour l’hyperhidrose axillaire.

La procédure se réalise en ambulatoire ou avec une nuit d’hospitalisation, et le temps de récupération est généralement de quelques jours à deux semaines. L’efficacité sur la transpiration des mains est très élevée — supérieure à 95 % dans la plupart des séries chirurgicales — et les effets sont permanents.

Pour qui?

La sympathectomie est envisagée pour les patients présentant une hyperhidrose palmaire ou axillaire sévère — HDSS de 3 ou 4 — ayant répondu insuffisamment ou de façon non durable aux traitements de première et deuxième ligne (chlorure d’aluminium, anticholinergiques, Botox, iontophorèse), et dont l’impact sur la qualité de vie est documenté et significatif.

La sélection des patients est rigoureuse — la chirurgie ne convient pas à tout le monde, et l’évaluation préopératoire comprend une consultation chirurgicale spécialisée, une imagerie thoracique, et une discussion exhaustive des risques et bénéfices.

Les risques — ce qui justifie la réserve médicale

La sympathectomie est une chirurgie efficace, mais elle est assortie d’un risque dont la fréquence et l’impact justifient amplement de la considérer comme dernier recours : la transpiration compensatoire.

La transpiration compensatoire est une hyperhidrose qui se développe dans des zones non traitées — typiquement le tronc, l’abdomen, les cuisses, le dos — en réponse à la sympathectomie. Elle survient chez 50 à 90 % des patients opérés selon les séries, avec une intensité variable. Chez une proportion significative des patients, cette transpiration compensatoire est sévère — parfois plus invalidante que l’hyperhidrose palmaire ou axillaire originale qui a motivé la chirurgie. Elle est permanente et non traitable chirurgicalement.

D’autres complications potentielles de la sympathectomie incluent le syndrome de Horner — ptosis palpébral, myosis et anhidrose du visage ipsilatérale par lésion des fibres sympathiques cervicales — qui survient dans 1 à 2 % des cas, la pneumothorax postopératoire transitoire, les douleurs thoraciques intercostales, et de rares complications anesthésiques générales.

C’est pourquoi la grande majorité des recommandations médicales actuelles positionnent la sympathectomie comme option de dernier recours, réservée aux cas sévères réfractaires avec impact documenté sur la qualité de vie, et uniquement après information exhaustive du patient sur le risque de transpiration compensatoire. De nombreux patients qui ont subi cette chirurgie et développé une transpiration compensatoire sévère rapportent qu’ils auraient préféré maintenir leur hyperhidrose originale s’ils avaient pleinement compris ce risque avant l’intervention.

Questions fréquentes

Comment distinguer une transpiration normale d’une hyperhidrose nécessitant un traitement?

La distinction est principalement clinique et qualitative. La transpiration normale survient en réponse à la chaleur, à l’effort physique, ou à un stress émotionnel intense et cesse une fois le stimulus disparu. L’hyperhidrose primaire se caractérise par une transpiration qui survient indépendamment de la chaleur ou de l’effort, qui cesse durant le sommeil, qui affecte des zones focales et symétriques, et dont l’impact sur les activités quotidiennes est mesurable. Si vous vous reconnaissez dans cette description et que la transpiration affecte votre vie professionnelle ou sociale, une consultation médicale est justifiée. L’échelle HDSS — une simple question sur l’impact de la transpiration sur vos activités — est un outil rapide que votre médecin peut utiliser pour objectiver la sévérité.

Le Botox pour l’hyperhidrose est-il couvert à Clinique Omicron?

Les consultations médicales à Clinique Omicron sont des services privés tarifés — la consultation elle-même n’est pas couverte par la RAMQ. En revanche, plusieurs assurances privées couvrent le traitement Botox pour l’hyperhidrose primaire sévère sur présentation d’une prescription médicale documentant l’indication thérapeutique. Nous remettons un reçu médical détaillé après chaque traitement pour faciliter votre réclamation d’assurance. Consultez notre grille tarifaire sur cliniqueomicron.ca et vérifiez votre couverture auprès de votre assureur avant le rendez-vous.

Est-ce que l’hyperhidrose revient après le Botox?

Oui — l’effet du Botox est temporaire et réversible. La transpiration reprend progressivement à mesure que les terminaisons nerveuses sympathiques récupèrent leur fonction, généralement entre 6 et 12 mois après le traitement. Une nouvelle injection à ce moment rétablit le contrôle. Les patients sous traitement régulier depuis plusieurs années rapportent souvent une durée d’action progressivement prolongée, ce qui peut réduire la fréquence des séances nécessaires avec le temps.

Puis-je utiliser l’iontophorèse si j’ai des bijoux ou des piercings aux mains?

Les bijoux et piercings métalliques doivent être retirés des zones immergées pendant la séance d’iontophorèse — ils concentrent le courant électrique et peuvent causer des brûlures locales. Les bijoux non retirables, comme certains piercings cicatrisés, peuvent être protégés par une petite quantité de vaseline. Les implants métalliques permanents — prothèses articulaires, vis chirurgicales — sont une contre-indication dans les zones concernées et doivent être signalés au médecin ou au technicien avant toute séance.

L’hyperhidrose peut-elle revenir après une sympathectomie?

L’effet de la sympathectomie sur les zones ciblées est permanent et le retour de l’hyperhidrose dans ces zones est très rare. En revanche, la transpiration compensatoire — dans d’autres zones du corps — est une conséquence fréquente et irréversible de la chirurgie. C’est la limitation principale de cette option et la raison pour laquelle les traitements médicaux non chirurgicaux doivent être épuisés avant de la considérer.

 

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Geneviève Dostie
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