Aller au contenu

514 606-3350

info@cliniqueomicron.ca​

FR / EN
Logo – Clinique Omicron

Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) jouent un rôle de plus en plus important dans le système de santé québécois. Depuis l’élargissement de leurs compétences avec la Loi 19 en 2021, elles peuvent diagnostiquer plusieurs maladies, prescrire des traitements et faire un suivi clinique autonome dans leur domaine [1]. Pourtant, beaucoup de patients ignorent encore ce qu’elles peuvent leur offrir. Cet article explique ce qu’est une IPS, ce qu’elle peut faire, dans quels contextes la consulter et comment s’inscrire à son tableau.

Dans cette page

Qu’est-ce qu’une IPS

Une IPS est une infirmière qui a complété une formation universitaire de 2e cycle (maîtrise) et qui détient un certificat de spécialiste de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) [2]. Sa pratique se situe entre celle de l’infirmière clinicienne et celle du médecin, dans des champs précis définis par la loi.

Le parcours de formation

  • Baccalauréat en sciences infirmières (3 à 4 ans)
  • Expérience clinique comme infirmière clinicienne
  • Maîtrise universitaire en sciences infirmières avec spécialisation IPS
  • Stages cliniques avancés supervisés
  • Examen de l’OIIQ pour obtenir le certificat de spécialiste
  • Formation continue obligatoire tout au long de la carrière

Les cinq spécialités au Québec

  • Soins de première ligne (IPSPL) : suivi global de la santé, maladies courantes, prévention
  • Santé mentale (IPSSM) : évaluation et suivi de troubles anxieux, dépressifs, autres conditions de santé mentale
  • Soins pédiatriques (IPSP) : suivi des enfants, vaccination, problèmes pédiatriques courants
  • Soins aux adultes (IPSSA) : prise en charge des maladies chroniques complexes en milieu hospitalier ou spécialisé
  • Néonatologie (IPSNéo) : suivi des nouveau-nés, souvent en milieu hospitalier ou spécialisé

À retenir

  • Une IPS est une infirmière de niveau maîtrise avec un certificat de spécialiste de l’OIIQ [2]
  • Elle peut diagnostiquer, prescrire et suivre dans son champ de pratique
  • La Loi 19 (2021) a élargi son champ de pratique, notamment le pouvoir de diagnostic [1]
  • Cinq spécialités existent au Québec, dont la plus visible pour le grand public est l’IPS en soins de première ligne (IPSPL)
  • Plusieurs IPS suivent leurs propres patients de façon autonome, comme un médecin de famille
  • Le Guichet d’accès à la première ligne (GAP) permet de demander l’attribution à un médecin ou à une IPS [3]

Ce qu’une IPS peut faire

Le champ de pratique d’une IPS est large dans sa spécialité. Il a été élargi avec la Loi 19 en 2021 et continue d’évoluer dans le sens d’une plus grande autonomie clinique [1].

Les principales activités cliniques

  • Diagnostiquer plusieurs maladies courantes (hypertension, diabète, infections, troubles anxieux et dépressifs, asthme, par exemple)
  • Prescrire des médicaments dans son champ de pratique
  • Prescrire des analyses de laboratoire et d’imagerie
  • Effectuer le suivi des maladies chroniques (diabète, hypertension, dyslipidémie, MPOC stable)
  • Faire des examens cliniques complets
  • Référer en spécialité au besoin
  • Pratiquer certaines techniques (biopsie cutanée, sutures, infiltrations selon la spécialité)
  • Assurer le suivi prénatal et postnatal, la vaccination, le suivi des nourrissons et enfants (selon la spécialité)
  • Effectuer le suivi des troubles anxieux ou dépressifs en santé mentale
  • Pratiquer la prévention et la promotion de la santé

Exemples concrets de prise en charge par une IPSPL

  • Renouvellement d’une ordonnance d’antihypertenseur, avec ajustement selon la tension
  • Diagnostic et traitement d’une infection urinaire non compliquée
  • Suivi d’un diabète de type 2 avec ajustement de la médication
  • Évaluation et traitement d’un eczéma ou d’une dermite
  • Bilan annuel, examen gynécologique de routine, demande de dépistages préventifs
  • Suivi d’une grossesse à bas risque, en concertation avec un médecin si nécessaire
  • Soutien à l’arrêt tabagique, prescription de varénicline ou de bupropion
  • Diagnostic et premier traitement d’une dépression légère à modérée
  • Suturer une plaie simple
  • Mise à jour de la vaccination selon le PIQ

Quand consulter une IPS plutôt qu’un médecin

Beaucoup de situations cliniques courantes peuvent être prises en charge par une IPS, avec une qualité de soins équivalente. Les médecins interviennent pour les cas plus complexes ou hors champ de pratique.

Quand une IPS est tout à fait indiquée

  • Pour le suivi régulier de votre santé générale ou d’une maladie chronique stable
  • Pour le renouvellement d’ordonnances
  • Pour des problèmes aigus courants (infections, douleurs, plaies, allergies, par exemple)
  • Pour un suivi prénatal ou pédiatrique de routine selon la spécialité
  • Pour un suivi en santé mentale avec troubles anxieux ou dépressifs
  • Pour la prévention et le dépistage selon les recommandations
  • Pour des examens cliniques de routine et bilans annuels

Quand un médecin (généraliste ou spécialiste) est davantage indiqué

  • Cas complexes ou rares
  • Situations qui dépassent le champ de pratique de l’IPS
  • Pathologies nécessitant une expertise spécialisée (cardiologie, oncologie, neurologie, chirurgie, par exemple)
  • Cas impliquant plusieurs comorbidités difficiles à équilibrer
  • Évaluations médico-légales spécifiques
  • Tableaux aigus qui nécessitent un transfert hospitalier

Tableau d’orientation rapide

Situation IPS Médecin de famille Médecin spécialiste
Renouvellement d’ordonnance stable Oui Oui Si rattaché au spécialiste
Infection courante Oui Oui Rarement
Bilan annuel Oui Oui Non en général
Suivi grossesse à bas risque Oui (IPSPL) Oui Cas particuliers
Trouble anxieux ou dépression légère Oui (IPSPL ou IPSSM) Oui Cas plus complexes
Maladie chronique stable Oui Oui Au besoin
Pathologie complexe ou rare Référence Souvent Référence
Urgence aiguë Triage et référence Évaluation Selon le cas

Les IPS travaillent en collaboration étroite avec les médecins. Elles savent quand référer et quand poursuivre le suivi autonome. Cette articulation est l’un des piliers de la qualité des soins en première ligne.

Inscrire un patient au tableau d’une IPS

Au Québec, le Guichet d’accès à la première ligne (GAP) permet de demander une attribution à un médecin ou à une IPS. Plusieurs IPS suivent leurs propres patients de façon autonome, comme un médecin de famille [3].

Le Guichet d’accès à la première ligne (GAP)

  • Service du réseau public québécois
  • Aide à orienter les patients vers le bon professionnel selon leur situation
  • Permet de demander l’attribution à un médecin de famille ou à une IPS
  • Donne accès à des consultations ponctuelles en attendant l’inscription
  • Inclut le 811 option 3 et le portail Web du gouvernement

Étapes pour s’inscrire au tableau d’une IPS

  1. Vérifier l’inscription au Guichet d’accès à la première ligne (GAP) du Québec
  2. Préciser dans la demande l’ouverture à être suivi par une IPS
  3. Préparer la liste des médicaments, antécédents et diagnostics
  4. Attendre l’attribution ou consulter de façon ponctuelle en attendant
  5. Compléter au besoin avec un suivi en téléconsultation pour les motifs urgents
  6. Mettre à jour les informations en cas de changement de statut

Pas de médecin de famille ou recherche d’un suivi par une IPS ? Clinique Omicron intègre médecins et professionnels de la santé dans une approche collaborative à nos points de service au Québec, avec téléconsultation pour les motifs admissibles. Prendre rendez-vous ou opter pour la téléconsultation.

Une approche collaborative en clinique

Dans la pratique, l’IPS ne remplace pas le médecin : elle élargit la capacité de l’équipe à prendre en charge plus de patients, plus rapidement, dans les bonnes situations. Cette complémentarité est l’un des modèles les plus prometteurs pour améliorer l’accès en première ligne [4].

Ce que change la collaboration interprofessionnelle

  • Accès accru aux soins de première ligne
  • Suivi mieux coordonné des maladies chroniques
  • Diminution des visites évitables à l’urgence
  • Meilleure intégration de la prévention et de l’éducation thérapeutique
  • Soutien renforcé aux patients vulnérables (aînés, personnes en perte d’autonomie, santé mentale)
  • Continuité entre la consultation médicale, le suivi infirmier et les soins à domicile

Comment se déroule une consultation chez une IPS

  • Anamnèse complète (antécédents, médicaments, habitudes de vie, motif de consultation)
  • Examen clinique ciblé selon la situation
  • Discussion du diagnostic et du plan de traitement
  • Prescriptions au besoin (médicaments, analyses, imagerie)
  • Suivi planifié à des intervalles définis
  • Référence à un médecin spécialiste, à un médecin de famille ou à un autre professionnel si requis
  • Documentation au dossier médical, accessible à l’équipe traitante

L’évolution du rôle depuis la Loi 19

L’adoption de la Loi 19 en 2021 a marqué un tournant majeur pour la pratique des IPS au Québec. Elles peuvent désormais diagnostiquer formellement plusieurs conditions, sans toujours passer par une activité « partagée » avec un médecin [1].

Ce que la Loi 19 a changé

  • Possibilité de poser un diagnostic dans le champ de pratique de l’IPS
  • Élargissement des pouvoirs de prescription (médicaments, analyses, traitements)
  • Reconnaissance accrue de l’autonomie clinique des IPS
  • Possibilité de signer certains formulaires médicaux
  • Plus grande capacité à inscrire et à suivre des patients en première ligne
  • Adaptation du cadre professionnel par l’OIIQ et le CMQ pour soutenir cette évolution

Ce qui reste partagé avec le médecin

  • Les cas complexes qui dépassent le champ de pratique
  • Les décisions médico-légales spécifiques
  • La prise en charge de conditions très spécialisées (cardiologie interventionnelle, oncologie, chirurgie, par exemple)
  • Certaines responsabilités hospitalières
  • Le jugement clinique global dans les cas où le diagnostic différentiel est très large

Mythes et idées reçues

« L’IPS, c’est moins bien qu’un médecin »

Faux. Une IPS est formée à un niveau universitaire avancé (maîtrise) et détient un certificat de spécialiste. Pour les situations qui entrent dans son champ de pratique, plusieurs études montrent que la qualité des soins, la satisfaction des patients et les résultats cliniques sont comparables à ceux des médecins [4]. Le rôle n’est pas inférieur, il est différent et complémentaire.

« Une IPS ne peut rien prescrire »

Faux. Une IPS prescrit des médicaments, des analyses de laboratoire et d’imagerie dans son champ de pratique. La liste des prescriptions possibles est large et a été élargie avec la Loi 19. Cela couvre l’essentiel des situations courantes en première ligne.

« Si j’ai une IPS, je n’ai plus de médecin »

Faux. L’IPS travaille en collaboration avec des médecins de l’équipe ou de la clinique. Quand un cas dépasse son champ de pratique ou nécessite une expertise spécialisée, elle réfère au médecin approprié. Le patient bénéficie d’une équipe, pas d’un professionnel isolé.

« Une IPS, c’est juste pour les cas simples »

Nuancé. Une IPS gère effectivement très bien les situations courantes, mais aussi le suivi de maladies chroniques complexes stables (diabète, hypertension, MPOC, dépression). C’est précisément dans le suivi longitudinal que la valeur ajoutée des IPS est la plus claire : continuité, éducation thérapeutique, ajustement progressif des traitements.

« Une IPS, ça coûte plus cher au système »

Faux globalement. Les analyses économiques montrent généralement que l’intégration des IPS améliore l’accès aux soins, réduit certaines visites à l’urgence et soutient une utilisation plus rationnelle des ressources. Le coût-bénéfice est favorable, en particulier dans les contextes de pénurie de médecins de famille.

Questions fréquentes

Faut-il avoir un médecin de famille pour consulter une IPS ?

Non. Plusieurs IPS suivent leurs propres patients de façon autonome, comme un médecin de famille. L’inscription se fait via le Guichet d’accès à la première ligne (GAP) ou directement dans certaines cliniques offrant le suivi par IPS. Une consultation ponctuelle est aussi possible sans inscription au tableau.

Une IPS peut-elle signer un formulaire médical ?

Pour beaucoup de formulaires (assurance, employeur, congé, prescriptions, demandes administratives courantes), oui. Pour certains formulaires très spécifiques (par exemple certaines expertises médico-légales), un médecin reste requis. Le cas particulier de chaque formulaire doit être vérifié avec la clinique ou l’instance qui le demande.

Le suivi d’une IPS est-il couvert par la RAMQ ?

Dans le réseau public, les services d’une IPS sont accessibles dans le cadre des consultations en première ligne, sans frais pour l’usager. Dans le secteur privé, les modalités varient selon la clinique. Les prescriptions de médicaments restent ensuite couvertes selon les régimes d’assurance médicaments en vigueur (RAMQ ou assurances privées).

Peut-on consulter une IPS en téléconsultation ?

Oui, dans plusieurs contextes. La téléconsultation est utile pour les renouvellements d’ordonnance, les suivis de maladies chroniques stables, certains motifs aigus admissibles, le suivi en santé mentale. Pour les motifs qui nécessitent un examen physique direct, une consultation en personne reste préférable.

Une IPS peut-elle me suivre toute ma vie comme un médecin de famille ?

Oui, plusieurs IPS en soins de première ligne assurent un suivi longitudinal sur plusieurs années, avec une approche très proche de celle du médecin de famille. Le suivi inclut la prévention, le bilan annuel, le dépistage, la prise en charge des maladies chroniques et l’orientation vers d’autres professionnels au besoin.

Comment savoir si l’IPS est inscrite à l’OIIQ ?

Le tableau des membres de l’OIIQ est accessible en ligne. On y trouve l’inscription des infirmières et des IPS, leur spécialité et leur statut. Cette vérification est utile pour s’assurer que le professionnel détient bien le titre et que sa pratique est encadrée par l’ordre professionnel.

Sources

  1. Assemblée nationale du Québec. Loi 19 — Élargissement du champ de pratique des IPS (2021).
  2. OIIQ — Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Champ de pratique de l’IPS.
  3. Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Guichet d’accès à la première ligne (GAP) et services en première ligne.
  4. INESSS — Institut national d’excellence en santé et en services sociaux. Performance des modèles de soins intégrant les IPS.
  5. FMOQ — Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Collaboration médecins-IPS en première ligne.
  6. CMQ — Collège des médecins du Québec. Cadre de collaboration interprofessionnelle.
  7. Société canadienne de gériatrie. Rôle des infirmières praticiennes auprès des aînés.

Consultation médicale | Clinique Omicron

Clinique Omicron

Besoin de consulter un médecin ?

Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.

author avatar
Geneviève Dostie
Partager cette publication :

Articles similaires