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Chaque année, du 8 au 14 mars, la Semaine mondiale du glaucome mobilise les professionnels de la santé et les organisations de patients pour sensibiliser à cette maladie oculaire silencieuse. Le glaucome est la deuxième cause de cécité dans le monde, après la cataracte — et contrairement à celle-ci, la cécité causée par le glaucome est irréversible. Ce qui rend cette maladie particulièrement redoutable, c’est son caractère asymptomatique pendant de nombreuses années : la vision se dégrade progressivement, en commençant par la périphérie, sans douleur ni avertissement, jusqu’à ce que des dommages irréparables au nerf optique aient déjà eu lieu.

Au Canada, on estime que plus de 700 000 personnes souffrent de glaucome, et que jusqu’à la moitié d’entre elles ne le savent pas. Le dépistage précoce est la seule stratégie efficace pour prévenir la cécité liée à cette maladie. Clinique Omicron propose des évaluations ophtalmologiques de dépistage dans plusieurs de ses succursales au Québec.

Qu’est-ce que le glaucome et comment endommage-t-il la vision ?

Le glaucome désigne un groupe de maladies oculaires qui partagent une caractéristique commune : la destruction progressive du nerf optique, le câble nerveux qui transmet les informations visuelles de l’œil au cerveau. Dans la grande majorité des cas, cette destruction est liée à une pression intraoculaire (PIO) trop élevée — bien qu’il existe des formes de glaucome à pression normale où d’autres mécanismes sont en cause. L’humeur aqueuse, un liquide produit à l’intérieur de l’œil, circule normalement et se draine par un réseau trabéculaire. Lorsque ce drainage est insuffisant, la pression augmente et comprime le nerf optique.

Les fibres du nerf optique ne se régénèrent pas. Une fois détruites, elles le sont définitivement. C’est pourquoi le glaucome cause d’abord une perte de la vision périphérique — que le cerveau compense remarquablement bien, rendant la maladie invisible à ses débuts — avant d’affecter la vision centrale dans les stades avancés. À ce stade, la perte visuelle est déjà significative et irréversible.

Les différents types de glaucome

Le glaucome à angle ouvert est la forme la plus fréquente, représentant environ 90 % des cas. Il se développe très lentement et sans symptôme. Le drainage de l’humeur aqueuse est progressivement moins efficace, entraînant une augmentation graduelle de la pression oculaire. C’est la forme la plus souvent diagnostiquée tardivement en raison de son évolution silencieuse. Le glaucome à angle fermé est moins fréquent mais peut se manifester de façon aiguë — avec une douleur intense, une rougeur oculaire, une vision floue et des nausées — constituant une urgence ophtalmologique. Il est plus fréquent chez les personnes d’origine asiatique et les femmes.

Il existe également un glaucome congénital, présent dès la naissance ou apparaissant dans la petite enfance, et des formes secondaires liées à d’autres affections comme le diabète, l’hypertension oculaire, ou la prise prolongée de corticostéroïdes.

Les facteurs de risque : qui est le plus vulnérable ?

L’âge est le principal facteur de risque : le glaucome est rare avant 40 ans, mais sa prévalence augmente fortement ensuite. Après 70 ans, environ une personne sur dix en est atteinte. Les antécédents familiaux constituent un facteur de risque important — avoir un parent ou un frère ou sœur atteint de glaucome multiplie par quatre à neuf fois le risque personnel. Une pression intraoculaire élevée — appelée hypertension oculaire — est le facteur de risque modifiable le plus connu, bien que certaines personnes développent un glaucome avec une pression normale.

D’autres facteurs de risque incluent une myopie élevée, une cornée fine, des antécédents de traumatisme oculaire, la prise prolongée de médicaments corticostéroïdes sous toutes leurs formes — gouttes oculaires, inhalateurs, crèmes ou comprimés — ainsi que certaines maladies systémiques comme le diabète, l’hypertension artérielle et le syndrome d’apnée du sommeil. Les personnes d’origine africaine ou afro-caribéenne ont un risque significativement plus élevé de développer un glaucome, à un âge plus jeune et sous une forme plus agressive.

Diagnostic et dépistage : les examens essentiels

Le dépistage du glaucome ne se résume pas à la mesure de la pression oculaire — bien que celle-ci soit un élément important. Un examen complet inclut la tonométrie pour mesurer la pression intraoculaire, l’examen du fond d’œil pour évaluer l’aspect du nerf optique, la pachymétrie pour mesurer l’épaisseur de la cornée — qui influence l’interprétation de la pression mesurée — et le champ visuel pour détecter des zones de perte visuelle périphérique. L’OCT — tomographie par cohérence optique — permet une analyse fine de l’épaisseur des couches de fibres nerveuses rétiniennes et peut détecter des anomalies avant même que la perte visuelle soit perceptible au champ visuel.

Un bilan visuel préventif est recommandé tous les deux ans à partir de 40 ans, et plus fréquemment en présence de facteurs de risque. Une consultation ophtalmologique ou une évaluation par un optométriste est le point d’entrée habituel pour ce type de dépistage. Clinique Omicron offre des évaluations visuelles de base permettant d’identifier les patients nécessitant une investigation plus approfondie.

Traitement : ralentir la progression, protéger la vision

Le glaucome ne se guérit pas, mais sa progression peut être efficacement ralentie ou arrêtée dans la grande majorité des cas si le diagnostic est posé à temps. Le traitement de première ligne consiste en des gouttes oculaires hypotensives — notamment les prostaglandines et les bêtabloquants — qui réduisent la production d’humeur aqueuse ou facilitent son drainage. Ces gouttes sont généralement prises quotidiennement à vie. Lorsque les gouttes sont insuffisantes, la chirurgie au laser — trabéculoplastie ou iridotomie — ou une chirurgie filtrante peuvent être envisagées. L’objectif est toujours de réduire la pression oculaire à un niveau cible permettant de stopper ou ralentir la dégradation du nerf optique.

Questions fréquentes sur le glaucome et le dépistage visuel au Québec

Le glaucome fait-il mal ?

Dans sa forme la plus courante — le glaucome à angle ouvert chronique — non. C’est précisément ce qui en fait une maladie si dangereuse : elle progresse sans douleur, sans rougeur, sans symptôme visible pendant des années. La douleur et les symptômes aigus sont associés au glaucome à angle fermé aigu, qui est une urgence ophtalmologique nécessitant une prise en charge immédiate. Si vous ressentez une douleur oculaire intense accompagnée d’une vision floue et de nausées, consultez aux urgences sans attendre.

Ma vision est parfaite — est-ce que je peux quand même avoir le glaucome ?

Oui, tout à fait. C’est l’un des aspects les plus trompeurs du glaucome. La vision centrale — celle utilisée pour lire et reconnaître les visages — est préservée jusqu’à un stade très avancé de la maladie. La perte de vision périphérique est compensée par le cerveau de façon si efficace que la plupart des patients ne remarquent rien. Une acuité visuelle de 10/10 ne garantit absolument pas l’absence de glaucome. Seul un examen ophtalmologique complet incluant l’examen du nerf optique et du champ visuel peut exclure la maladie.

Si mon parent a le glaucome, à quel âge devrais-je commencer le dépistage ?

En présence d’antécédents familiaux de glaucome au premier degré, un premier examen ophtalmologique complet est recommandé dès 35 à 40 ans, et répété tous les un à deux ans selon les résultats. Ne pas attendre les 50 ou 60 ans habituels est important, car le glaucome héréditaire peut se manifester plus tôt. Informez votre médecin ou votre optométriste de vos antécédents familiaux afin qu’il adapte le rythme de surveillance.

Les gouttes pour le glaucome doivent-elles être prises à vie ?

Dans la plupart des cas, oui. Le glaucome est une maladie chronique et les gouttes oculaires hypotensives maintiennent la pression à un niveau sûr tant qu’elles sont utilisées — mais n’agissent pas sur la cause sous-jacente de la maladie. Arrêter le traitement permet à la pression de remonter et à la progression de reprendre. Certains patients peuvent bénéficier d’une chirurgie au laser ou filtrante qui réduit leur dépendance aux gouttes, voire l’élimine pour un temps. La décision est prise en concertation avec l’ophtalmologiste selon l’évolution de la maladie.

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Meryem Bougrine
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