Aller au contenu

514 606-3350

info@cliniqueomicron.ca​

FR / EN
Logo – Clinique Omicron

Les infections vaginales constituent l’une des plaintes gynécologiques les plus fréquentes en médecine de première ligne, touchant la grande majorité des femmes au moins une fois au cours de leur vie. Pertes vaginales inhabituelles en couleur, texture ou odeur, démangeaisons vulvaires, brûlures ou irritation — ces symptômes, bien que souvent perçus comme banals, méritent une évaluation médicale précise car plusieurs conditions différentes peuvent les provoquer, avec des traitements spécifiques à chaque cause. Se traiter soi-même sans diagnostic confirmé — par exemple avec un antifongique en vente libre pour ce qui est supposé être une « infection aux levures » — est une erreur fréquente qui peut retarder le traitement d’une autre condition et contribuer aux résistances.

Les trois principales causes d’infections vaginales sont la vaginose bactérienne, la candidose vaginale et la trichomonase — chacune avec un profil symptomatique, un diagnostic et un traitement distincts. La consultation médicale permet de distinguer ces entités cliniquement et par des tests rapides, et d’exclure une infection transmissible sexuellement (ITSS) associée lorsque le contexte le justifie. Clinique Omicron offre des consultations pour symptômes génitaux féminins dans plusieurs de ses succursales au Québec, avec accès aux tests diagnostiques appropriés et prescription du traitement adapté lors de la même visite.

Vaginose bactérienne : la cause la plus fréquente de pertes vaginales anormales

La vaginose bactérienne (VB) est la cause la plus fréquente de pertes vaginales anormales chez les femmes en âge de procréer, résultant d’un déséquilibre de la flore vaginale normale. À l’état physiologique, le vagin est dominé par des lactobacilles (principalement Lactobacillus crispatus et Lactobacillus iners) qui maintiennent un pH acide (< 4,5) protecteur. Dans la vaginose, cette flore protectrice est supplantée par une prolifération polymicrobienne — Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis, Prevotella, Mobiluncus et d’autres anaérobies — avec élévation du pH vaginal. La VB se manifeste typiquement par des pertes vaginales grises ou blanches, homogènes, fluides, avec une odeur caractéristique de « poisson » (amine) souvent accentuée après les rapports sexuels ou pendant les règles — en raison de la volatilisation des amines en milieu alcalin (sperme, sang). Environ 50 % des femmes avec vaginose sont asymptomatiques.

Le diagnostic de vaginose bactérienne repose sur les critères d’Amsel : présence d’au moins 3 des 4 critères suivants — pertes vaginales caractéristiques (homogènes, grises-blanches adhérant aux parois), pH vaginal > 4,5, test à la potasse (« Whiff test ») positif (odeur d’amine à l’ajout de KOH 10 % aux sécrétions), et présence de « clue cells » à l’examen microscopique direct (cellules épithéliales vaginales couvertes de bactéries). Le traitement de référence est le métronidazole — par voie orale (500 mg deux fois par jour pendant 7 jours) ou en gel vaginal (MetroGel-Vaginal 0,75 % une application intravaginale par jour pendant 5 jours) — ou la clindamycine en crème vaginale. Les récidives de vaginose bactérienne sont très fréquentes (jusqu’à 50 % à 6 mois), ce qui représente un défi clinique important. Des stratégies de réduction des récidives incluent l’utilisation de probiotiques à base de lactobacilles vaginaux, l’arrêt du tabac et la réduction de l’utilisation de douches vaginales qui perturbent la flore.

Candidose vaginale : l’infection aux levures et ses récidives

La candidose vulvovaginale (CVV) est causée par une prolifération excessive de levures du genre Candida — dans 80 à 90 % des cas Candida albicans — normalement présentes en faible quantité dans le vagin sans causer de symptômes. Des facteurs prédisposants favorisent cette prolifération : antibiothérapie récente (perturbation de la flore bactérienne protectrice), grossesse (œstrogènes élevés favorisent la colonisation à Candida), diabète mal contrôlé (hyperglycémie favorise la croissance des levures), immunodépression, corticothérapie prolongée. Le tableau clinique typique associe un prurit vulvaire intense (démangeaisons), des pertes vaginales blanches épaisses ressemblant à du « fromage cottage » (caillebotté), une rougeur et un gonflement vulvaires, parfois des brûlures mictionnelles liées à l’irritation périnéale. Contrairement à la vaginose, la candidose n’entraîne habituellement pas d’odeur anormale et le pH vaginal est normal ou peu modifié.

Le traitement de première ligne est l’azolé antifongique — par voie topique intravaginale (clotrimazole, miconazole, terconazole, disponibles en vente libre ou sur ordonnance) ou par voie orale avec le fluconazole 150 mg en dose unique (sur ordonnance). Le fluconazole oral est contre-indiqué pendant la grossesse. Les candidoses vulvovaginales récidivantes — définies comme 4 épisodes ou plus par année — touchent environ 5 à 8 % des femmes et posent un problème thérapeutique particulier. Leur prise en charge inclut la confirmation mycologique (culture avec antifongigramme pour exclure une espèce non-albicans résistante comme Candida glabrata ou Candida auris, résistantes au fluconazole), l’identification et la correction des facteurs prédisposants, et un traitement d’entretien hebdomadaire au fluconazole oral pendant 6 mois (protocole de Sobel) ou un traitement topique cyclique mensuel.

ITSS, vaccination VPH et santé sexuelle globale : le rôle de la clinique

La trichomonase — causée par le protozoaire Trichomonas vaginalis — est l’infection transmissible sexuellement (ITSS) non virale la plus répandue dans le monde et une cause importante de vaginite. Elle se manifeste par des pertes vaginales jaunes-verdâtres, mousseuses, malodorantes, avec prurit, brûlures et parfois « fraises » cervicales (colcervicite hémorragique visible à l’examen). Elle est diagnostiquée par examen microscopique direct, test TAAN (amplification d’acides nucléiques) ou culture. Le traitement est le métronidazole ou le tinidazole (dose unique de 2 g ou traitement de 7 jours), et le partenaire sexuel doit être traité simultanément pour éviter les réinfections. La coexistence de plusieurs infections vaginales ou ITSS est possible — la VB, par exemple, augmente la susceptibilité aux ITSS incluant le VIH, la gonorrhée et la chlamydia en altérant les défenses muqueuses locales.

Dans ce contexte de santé sexuelle globale, la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) reste l’une des interventions préventives les plus importantes disponibles. Le vaccin Gardasil 9 — inclus dans le programme de vaccination gratuit québécois pour les adolescents en secondaire 3 — protège contre 9 souches de VPH responsables de 90 % des condylomes génitaux et d’environ 90 % des cancers du col utérin, de l’anus, du pénis, du vagin, de la vulve et de l’oropharynx liés au VPH. La vaccination est également recommandée et disponible pour les adultes non préalablement vaccinés jusqu’à 45 ans — avec bénéfice même après début de l’activité sexuelle, en protégeant contre les souches non encore rencontrées. Clinique Omicron offre la vaccination VPH ainsi qu’un dépistage complet des ITSS dans plusieurs de ses succursales au Québec pour une prise en charge intégrée de la santé sexuelle.

Questions fréquentes sur les infections vaginales et la santé sexuelle

Peut-on utiliser les traitements en vente libre pour les infections vaginales sans consulter un médecin ?

Les antifongiques en vente libre — clotrimazole, miconazole — sont des traitements légitimes et efficaces pour une candidose vaginale avérée, et les femmes ayant déjà eu des épisodes diagnostiqués par un médecin peuvent raisonnablement traiter elles-mêmes une récidive présentant le tableau symptomatique identique bien connu. Cependant, plusieurs études ont montré que lorsque des femmes s’autotraitent avec des antifongiques pour des symptômes vaginaux, jusqu’à deux tiers d’entre elles n’ont pas de candidose confirmée à la culture — elles souffrent d’une autre condition (vaginose bactérienne, dermatite de contact, lichen scléreux, etc.) pour laquelle l’antifongique est inefficace. Ce phénomène retarde le diagnostic et le traitement approprié. La consultation médicale est recommandée pour tout premier épisode, tout épisode atypique, tout épisode ne répondant pas au traitement standard, et toute récidive fréquente. Le médecin peut réaliser un examen pelvien, mesurer le pH vaginal, effectuer une microscopie directe et orienter les prélèvements vers le laboratoire pour une culture si nécessaire.

La vaginose bactérienne est-elle une ITSS ? Le partenaire doit-il être traité ?

La vaginose bactérienne n’est pas classifiée comme une infection transmissible sexuellement (ITSS) au sens strict — elle peut survenir chez des femmes n’ayant pas d’activité sexuelle, et les bactéries impliquées ne sont pas des pathogènes sexuellement transmissibles spécifiques. Cependant, il existe une association bien documentée entre l’activité sexuelle et le risque de vaginose : un nouveau partenaire sexuel, des partenaires multiples et les rapports non protégés augmentent le risque de VB, et les femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes ont un taux de VB plus élevé que la population générale, suggérant une transmission entre partenaires féminines. Les recommandations actuelles — notamment celles de l’INESSS et de la SOGC — ne recommandent pas le traitement systématique des partenaires masculins des femmes avec vaginose, car les essais randomisés n’ont pas montré de réduction des récidives avec cette stratégie. La situation est différente avec la trichomonase, véritable ITSS pour laquelle le traitement simultané des deux partenaires est indispensable pour éviter la réinfection.

Jusqu’à quel âge peut-on se faire vacciner contre le VPH, et est-ce remboursé au Québec ?

Au Québec, le vaccin Gardasil 9 contre le VPH est offert gratuitement dans le cadre du Programme d’immunisation du Québec (PIQ) pour les élèves en secondaire 3 (environ 14-15 ans), pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu’à 26 ans, et pour certaines personnes immunodéprimées. En dehors de ces groupes couverts par le programme public, le vaccin est disponible sur ordonnance dans les cliniques et pharmacies mais à la charge du patient — le coût pour la série complète représente plusieurs centaines de dollars. Les données d’efficacité et de sécurité du Gardasil 9 supportent son utilisation jusqu’à 45 ans. La vaccination d’adultes déjà actifs sexuellement reste bénéfique car elle protège contre les souches VPH qu’ils n’ont pas encore rencontrées — même une personne infectée par une souche VPH donnée peut bénéficier d’une protection contre les 8 autres souches couvertes par le vaccin. L’efficacité est maximale lorsque la vaccination précède tout contact avec le virus, mais un bénéfice réel existe même après le début de l’activité sexuelle, ce qui en fait une intervention recommandée à tout âge jusqu’à 45 ans non préalablement vacciné.

Candidose vaginale : causes, symptômes, traitement et prévention | Clinique Omicron

Clinique Omicron

Besoin de consulter un médecin ?

Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.

Professionnelle de la santé en consultation, représentant les services de la Clinique Omicron au Québec.
Meryem Bougrine
Partager cette publication :

Articles similaires