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Oncologie – Cancers gynécologiques

Cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l'utérus est une tumeur maligne développée à partir de l'épithélium qui tapisse le col utérin, la partie inférieure de l'utérus s'ouvrant dans le vagin. Il s'agit du quatrième cancer le plus fréquent chez la femme dans le monde, et de l'un des rares cancers dont la cause est identifiée avec certitude : dans plus de 99 % des cas, il est causé par une infection persistante par certains génotypes oncogènes du virus du papillome humain (VPH), principalement les types 16 et 18, qui sont responsables d'environ 70 % des cancers du col. Le VPH est une infection sexuellement transmissible extrêmement répandue : on estime que la majorité des personnes sexuellement actives contracteront au moins un génotype de VPH au cours de leur vie, mais l'infection est spontanément éliminée par le système immunitaire dans plus de 90 % des cas sans jamais provoquer de lésion. Ce n'est que lorsque l'infection persiste pendant plusieurs années, en particulier avec les génotypes à haut risque, que des lésions précancéreuses peuvent se développer sur la zone de transformation du col — la jonction entre l'épithélium squameux du vagin et l'épithélium glandulaire de l'endocol — avant d'évoluer progressivement, en l'absence de traitement, vers un carcinome invasif. Cette progression lente sur une période de 10 à 20 ans constitue une fenêtre d'opportunité unique pour la prévention primaire par la vaccination anti-VPH et la prévention secondaire par le dépistage organisé par test de Papanicolaou (test Pap) et test VPH, permettant de détecter et de traiter les lésions précancéreuses avant qu'elles ne deviennent invasives. Au Québec, le Programme québécois de dépistage du cancer du col de l'utérus recommande un dépistage régulier chez les femmes âgées de 21 à 65 ans ayant eu des relations sexuelles, ce qui a permis une réduction majeure de l'incidence et de la mortalité liées à ce cancer au cours des dernières décennies.

Anatomie du col utérin et zone de transformation

La compréhension de l'anatomie cervicale est essentielle pour saisir où et pourquoi les cancers du col se développent :

  • Le col de l'utérus est divisé en deux parties : l'exocol, visible à l'examen gynécologique, tapissé d'un épithélium malpighien (squameux) stratifié identique à celui du vagin ; et l'endocol, canal cervical tapissé d'un épithélium glandulaire cylindrique produisant le mucus cervical
  • La zone de transformation — ou jonction squamo-cylindrique — est la région où les deux types d'épithélium se rejoignent ; c'est en cette zone que surviennent la grande majorité des lésions précancéreuses et des cancers, car les cellules métaplasiques en cours de différenciation y sont particulièrement vulnérables à l'infection par le VPH
  • La localisation de la zone de transformation varie avec l'âge et l'imprégnation hormonale : ectopique et visible à l'examen chez la femme jeune et en période d'activité génitale, elle migre progressivement vers l'endocol après la ménopause, rendant son accès plus difficile pour les prélèvements de dépistage
  • Les deux types histologiques principaux de cancer du col — le carcinome épidermoïde (80 à 85 %) et l'adénocarcinome (15 à 20 %) — reflètent cette dualité épithéliale : le carcinome épidermoïde naît de l'épithélium malpighien de l'exocol, tandis que l'adénocarcinome se développe à partir des cellules glandulaires de l'endocol
  • L'extension tumorale peut se faire par contiguïté vers le vagin, les paramètres (tissu conjonctif pelvien latéral), la vessie et le rectum pour les stades avancés, et par voie lymphatique vers les ganglions iliaques internes et obturateurs, puis iliaques communs et para-aortiques

Rôle du VPH et progression vers le cancer

Le papillomavirus humain est une condition nécessaire mais pas suffisante au développement du cancer du col de l'utérus. La progression de l'infection vers le cancer est un processus lent et multi-étapes :

Étape Description Délai moyen
Infection par le VPH Transmission sexuelle d'un génotype VPH oncogène (principalement types 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) lors de contacts sexuels avec pénétration ou non ; l'infection est le plus souvent asymptomatique et inapparente Pic d'acquisition dans les premières années de vie sexuelle active
Clairance spontanée (majorité des cas) Élimination virale par le système immunitaire sans séquelle ; survient chez plus de 90 % des femmes infectées ; l'immunité cellulaire spécifique joue un rôle central dans cette clairance 6 à 24 mois après l'infection dans la majorité des cas
Persistance virale Échec de la clairance immune ; le VPH s'intègre dans le génome des cellules épithéliales cervicales et commence à perturber le cycle cellulaire via ses oncoprotéines E6 (dégradation de p53) et E7 (inactivation de Rb) Infection persistante définie par la détection du même génotype sur 2 tests séparés de plus de 12 mois
Lésions intraépithéliales cervicales (CIN / SIL) Dysplasie de l'épithélium cervical classée en CIN1 (bas grade, souvent régressif), CIN2 (grade intermédiaire) et CIN3 (haut grade, précancéreux) selon la profondeur de l'atteinte épithéliale ; la CIN3 est la véritable lésion précancéreuse directement précurseur du carcinome invasif CIN2/3 peuvent apparaître 2 à 5 ans après l'infection persistante
Carcinome in situ Atteinte de toute l'épaisseur de l'épithélium sans franchissement de la membrane basale ; stade ultime avant l'invasion ; traitement conservateur encore possible avec préservation de la fertilité dans certains cas 5 à 10 ans après l'infection initiale persistante
Carcinome invasif Franchissement de la membrane basale et invasion du stroma cervical puis des structures adjacentes ; stade justifiant un traitement oncologique lourd ; métastases ganglionnaires et à distance possibles selon le stade 10 à 20 ans après l'infection initiale en l'absence de dépistage et de traitement des lésions précancéreuses
ℹ️ Les génotypes VPH 16 et 18 sont responsables d'environ 70 % des cancers du col de l'utérus dans le monde. Le VPH 16 est plus fréquemment associé aux carcinomes épidermoïdes, tandis que le VPH 18 est proportionnellement plus représenté dans les adénocarcinomes. Les vaccins anti-VPH disponibles au Québec (Gardasil 9) protègent contre 9 génotypes oncogènes (VPH 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) couvrant environ 90 % des cancers du col, ainsi que contre les génotypes VPH 6 et 11 responsables des condylomes génitaux.

Facteurs de risque

Si l'infection persistante par un VPH oncogène est la condition indispensable au développement du cancer du col, plusieurs cofacteurs modulent le risque de progression de l'infection vers la dysplasie et le cancer :

Facteur de risque Mécanisme et niveau de risque
Infection persistante par un VPH oncogène (types 16, 18 et autres) Condition causale nécessaire dans plus de 99 % des cas ; le risque de cancer est directement proportionnel à la durée de persistance virale et au génotype impliqué (le type 16 est le plus oncogène)
Tabagisme actif Les métabolites du tabac s'accumulent dans le mucus cervical et exercent un effet immunosuppresseur local, favorisant la persistance du VPH et la progression des lésions ; le risque de carcinome épidermoïde est multiplié par 2 à 3 chez les fumeuses actives par rapport aux non-fumeuses
Immunosuppression L'infection à VIH, les traitements immunosuppresseurs (transplantation d'organe, corticothérapie au long cours), les maladies auto-immunes sévères réduisent la capacité de clairance immune du VPH et accélèrent la progression des lésions ; les femmes vivant avec le VIH ont un risque de cancer du col 5 à 10 fois supérieur à la population générale
Multiparité et grossesses précoces Les modifications hormonales et mécaniques répétées du col pendant les grossesses augmentent la vulnérabilité de la zone de transformation ; 3 grossesses ou plus et la première grossesse avant 17 ans sont associées à un risque accru
Utilisation prolongée de contraceptifs oraux Un usage de plus de 5 ans est associé à une légère augmentation du risque d'adénocarcinome du col ; le mécanisme exact reste débattu (effets hormonaux sur l'expression du VPH, modifications de l'épithélium glandulaire) ; le risque diminue progressivement après l'arrêt
Partenaires sexuels multiples ou partenaire à risque élevé Augmente la probabilité d'exposition à un VPH oncogène ; le nombre de partenaires sexuels est corrélé au risque d'infection, mais même les femmes ayant eu peu de partenaires peuvent être infectées
Absence de dépistage régulier Le facteur de risque modifiable le plus important dans les pays à ressources élevées : la majorité des cancers du col invasifs au Québec surviennent chez des femmes n'ayant pas bénéficié d'un dépistage régulier ou n'ayant pas donné suite à des résultats anormaux
Antécédents d'infections sexuellement transmissibles (Chlamydia, HSV-2) Cofacteurs potentiels favorisant l'inflammation cervicale chronique et la persistance du VPH ; association épidémiologique documentée mais rôle causal direct moins établi que pour le tabagisme

Symptômes

Le cancer du col de l'utérus aux stades précoces est habituellement asymptomatique, ce qui justifie l'importance capitale du dépistage. Les symptômes apparaissent avec l'invasion tumorale :

  • Saignements vaginaux anormaux — signe d'alarme le plus fréquent et le plus précoce : saignements entre les règles (métrorragies), après les rapports sexuels (saignements post-coïtaux, signe très évocateur d'une lésion cervicale), saignements post-ménopausiques ou règles anormalement abondantes et prolongées
  • Pertes vaginales anormales — leucorrhées sérosanglantes, brunâtres ou malodorantes, persistantes, distinctes des pertes habituelles — pouvant résulter de la nécrose tumorale ou d'une surinfection bactérienne secondaire
  • Douleurs pelviennes chroniques, douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie profonde) ou douleurs lombaires basses en cas d'extension tumorale aux paramètres et aux nerfs pelviens
  • Douleurs dans les membres inférieurs, œdème unilatéral ou bilatéral d'une jambe par compression veineuse ou lymphatique secondaire à une atteinte ganglionnaire pelvienne étendue
  • Troubles urinaires — pollakiurie, hématurie, dysurie, fistule vésico-vaginale avec écoulement urinaire permanent par le vagin — en cas d'envahissement de la paroi vésicale postérieure (stade avancé)
  • Troubles rectaux — rectorragies, ténesme, fistule recto-vaginale avec passage de matières fécales par le vagin — en cas d'envahissement de la paroi rectale antérieure (stade avancé)
  • Signes généraux d'évolution métastatique avancée : fatigue profonde, amaigrissement involontaire, anémie, douleurs osseuses par métastases squelettiques

Dépistage : test Pap et test VPH

Le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus est l'un des programmes de prévention secondaire les plus efficaces en médecine. Au Québec, il repose sur deux outils complémentaires :

Test Description Recommandations au Québec
Test de Papanicolaou (test Pap) — cytologie cervicale Prélèvement de cellules de la zone de transformation par brosse endocervicale et spatule ; analyse microscopique des cellules pour détecter les anomalies cytologiques précancéreuses (ASC-US, LSIL, HSIL) ou cancéreuses ; réalisé lors d'un examen gynécologique par un professionnel de santé Recommandé tous les 3 ans pour les femmes âgées de 21 à 65 ans ayant eu des relations sexuelles, indépendamment du statut vaccinal ; premières recommandations de dépistage à 21 ans ou dans les 3 ans suivant le début de l'activité sexuelle
Test VPH (détection moléculaire du VPH) Détection par PCR ou hybridation des génotypes VPH oncogènes à haut risque dans le prélèvement cervical ; plus sensible que la cytologie seule pour détecter les lésions de haut grade ; peut être réalisé en co-test avec la cytologie ou en test primaire seul selon les protocoles Recommandé en co-test avec la cytologie pour les femmes de 30 ans et plus dans certains contextes cliniques ; transition progressive vers le test VPH comme test primaire de dépistage en cours au Québec dans le cadre de la mise à jour du programme provincial, conformément aux nouvelles données d'efficacité
Auto-prélèvement vaginal pour le test VPH Prélèvement vaginal réalisé par la patiente elle-même avec un dispositif fourni, pour détection du VPH ; performances comparables au prélèvement clinique pour la détection des lésions de haut grade Option en cours d'évaluation et de déploiement progressif au Québec pour rejoindre les femmes ne bénéficiant pas d'un dépistage régulier (barrières d'accès, inconfort avec l'examen pelvien, manque de médecin de famille) ; disponible dans certains centres et programmes pilotes
ℹ️ La vaccination anti-VPH ne remplace pas le dépistage cervical. Même les femmes complètement vaccinées doivent continuer à passer un test de dépistage régulier selon les recommandations, car les vaccins actuels ne couvrent pas tous les génotypes oncogènes et ne protègent pas les femmes déjà infectées avant la vaccination. Le dépistage reste donc essentiel pour toutes les femmes ayant eu des relations sexuelles, qu'elles soient vaccinées ou non.

Diagnostic et bilan d'extension

En cas d'anomalie au test de dépistage ou de symptômes suspects, le bilan diagnostique suit une séquence structurée :

  • Colposcopie : examen du col à la loupe binoculaire après application d'acide acétique et de Lugol, permettant de visualiser les zones d'anomalie épithéliale et de guider les biopsies ciblées sur les lésions les plus suspectes ; examen de référence en cas de test Pap anormal ou de test VPH positif à haut risque
  • Biopsie cervicale et curetage endocervical : prélèvements tissulaires ciblés lors de la colposcopie pour analyse histologique confirmant le type de lésion (CIN1/2/3, carcinome in situ, carcinome invasif) et le type histologique (épidermoïde, adénocarcinome)
  • Conisation diagnostique et thérapeutique : excision en cône d'une portion de l'exocol et de l'endocol sous anesthésie (LEEP/radiofréquence ou conisation au bistouri froid) ; à la fois diagnostique (permet l'examen histologique complet de la pièce) et thérapeutique pour les lésions de haut grade (CIN2/3) ; préserve la fertilité dans la majorité des cas
  • IRM pelvienne avec injection de gadolinium : bilan d'extension locorégionale de référence pour les cancers invasifs ; évalue la taille tumorale, l'extension aux paramètres, à la paroi vaginale, à la vessie et au rectum, et l'atteinte ganglionnaire pelvienne
  • Scanner thoraco-abdomino-pelvien : recherche de métastases à distance (ganglions para-aortiques, poumons, foie) et évaluation de l'extension ganglionnaire para-aortique
  • TEP-scan au 18F-FDG : bilan d'extension ganglionnaire et à distance de haute sensibilité pour les stades localement avancés (IB2 et au-delà) avant décision thérapeutique ; modifie la prise en charge dans 15 à 25 % des cas
  • Examen clinique sous anesthésie générale avec cystoscopie et rectoscopie : pour les stades avancés, afin d'évaluer l'extension vésicale et rectale et de confirmer la classification FIGO

Classification et stadification (FIGO 2018)

Le cancer du col de l'utérus est stadifié selon la classification FIGO (Fédération Internationale de Gynécologie et Obstétrique), mise à jour en 2018 pour intégrer les données d'imagerie et de pathologie ganglionnaire :

Stade FIGO Description Survie à 5 ans
Stade I — Tumeur limitée au col IA : micro-invasion (profondeur ≤ 5 mm) détectable uniquement au microscope ; IB1 : tumeur ≤ 2 cm ; IB2 : tumeur 2 à 4 cm ; IB3 : tumeur > 4 cm, le tout limité au col sans extension aux paramètres 80 à 95 % pour les stades IA à IB1 ; 70 à 80 % pour les stades IB2-IB3
Stade II — Extension au-delà du col sans atteinte de la paroi pelvienne IIA : extension au tiers supérieur du vagin sans atteinte des paramètres ; IIB : extension aux paramètres sans atteindre la paroi pelvienne 55 à 75 % — chimioradiothérapie concomitante de référence pour les stades IIB et au-delà
Stade III — Extension à la paroi pelvienne ou au tiers inférieur du vagin ou atteinte rénale IIIA : extension au tiers inférieur du vagin ; IIIB : extension à la paroi pelvienne ou hydronéphrose par compression urétérale ; IIIC : atteinte ganglionnaire pelvienne (IIIC1) ou para-aortique (IIIC2) 35 à 55 % — traitement multimodal intensif ; le stade IIIC (ganglionnaire) est de meilleur pronostic que le stade IIIB (paroi pelvienne)
Stade IV — Extension aux organes adjacents ou métastases à distance IVA : envahissement de la muqueuse vésicale ou rectale ; IVB : métastases à distance (poumons, foie, os, ganglions distants) Moins de 20 % — traitement palliatif ; chimioradiothérapie et chimiothérapie systémique pour prolonger la survie et contrôler les symptômes

Options thérapeutiques

Le traitement du cancer du col de l'utérus dépend étroitement du stade tumoral, du désir de préserver la fertilité et de l'état général de la patiente. Il est décidé en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) :

Traitement Modalités Indications principales
Résection endoscopique (LEEP/conisation) Excision électrochirurgicale à l'anse diathermique (LEEP) ou conisation chirurgicale au bistouri froid sous anesthésie locale ou générale Lésions précancéreuses CIN2/3 et carcinome in situ ; stade IA1 sans invasion lymphovasculaire chez une patiente souhaitant préserver sa fertilité ; traitement conservateur avec taux de guérison > 95 % pour les CIN3
Trachélectomie radicale Ablation du col et des paramètres avec conservation du corps utérin et réalisation d'un cerclage cervico-isthmique permettant des grossesses ultérieures ; approche vaginale assistée ou robotique Stades IA2 et IB1 chez des patientes jeunes souhaitant préserver leur fertilité ; tumeur ≤ 2 cm sans atteinte ganglionnaire ; expertise chirurgicale spécialisée requise
Hystérectomie radicale (Wertheim) Ablation de l'utérus, du col, des paramètres et d'une manchette vaginale avec curage ganglionnaire pelvien bilatéral ; approche ouverte, laparoscopique ou robot-assistée selon les centres Stades IA2 à IB2 résécables chez des patientes ne souhaitant pas préserver leur fertilité ; traitement chirurgical curatif de référence pour ces stades ; mortalité opératoire < 1 % dans les centres experts
Chimioradiothérapie concomitante (CRT) Radiothérapie externe pelvienne (45 à 50 Gy en 25 à 28 fractions) avec curiethérapie utéro-vaginale de haut débit de dose (HDR) en complément, associée à une chimiothérapie hebdomadaire au cisplatine (40 mg/m²) comme radiosensibilisateur Standard de traitement pour les stades IB3, IIA2 et tous les stades IIB à IVA ; résultats oncologiques comparables à la chirurgie pour les stades IB2-IIA mais toxicité pelvienne (rectite, cystite, sténose vaginale) à long terme
Chimiothérapie palliative Doublet cisplatine + paclitaxel en première ligne métastatique ; bévacizumab (anti-angiogénique) en ajout au doublet en première ligne métastatique (protocole GOG 240) ; carboplatine comme alternative au cisplatine en cas d'insuffisance rénale Stades IVB ou récidives à distance non accessibles à une irradiation curative ; le bévacizumab améliore la survie globale et la survie sans progression en association à la chimiothérapie de première ligne
Immunothérapie (anti-PD-1) Pembrolizumab en association à la chimiothérapie ± bévacizumab en première ligne métastatique pour les tumeurs PD-L1 positives (CPS ≥ 1) Cancer du col métastatique ou récidivant non curable chirurgicalement ni par radiothérapie ; améliore significativement la survie globale par rapport à la chimiothérapie seule dans les essais de phase III récents (KEYNOTE-826)
Curiethérapie adaptative guidée par IRM Curiethérapie de haut débit de dose avec planification dosimétrique individualisée basée sur l'IRM en cours de traitement, permettant d'adapter le volume irradié à la réponse tumorale au fil de la radiothérapie externe Composante indispensable de la chimioradiothérapie des stades localement avancés ; améliore le contrôle local tumoral et réduit la toxicité par rapport à la curiethérapie conventionnelle sans guidage IRM

Vaccination anti-VPH : prévention primaire

La vaccination contre le VPH est la mesure de prévention primaire la plus efficace contre le cancer du col de l'utérus et représente une avancée majeure en santé publique :

  • Le vaccin Gardasil 9 est le seul vaccin VPH disponible au Québec depuis 2016 ; il protège contre 9 génotypes du VPH (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) couvrant environ 90 % des cancers du col, 85 à 90 % des cancers du vagin et de la vulve liés au VPH, 90 à 95 % des condylomes génitaux et 90 % des cancers de l'anus liés au VPH
  • Au Québec, la vaccination est offerte gratuitement dans le cadre du Programme d'immunisation du Québec (PIQ) dès la 4e année du primaire (environ 9-10 ans), avec un schéma à 2 doses pour les enfants de moins de 15 ans (0 et 6-12 mois) et à 3 doses pour les personnes de 15 ans et plus (0, 2 et 6 mois)
  • La vaccination est recommandée et remboursée jusqu'à l'âge de 26 ans pour les personnes n'ayant pas été vaccinées dans le programme scolaire ; au-delà de 26 ans, elle peut être administrée mais à la charge du patient ou de son assurance privée
  • L'efficacité du vaccin est maximale lorsqu'il est administré avant le début de l'activité sexuelle et donc avant toute exposition au VPH ; il reste partiellement efficace chez les personnes déjà sexuellement actives non encore exposées à tous les génotypes couverts
  • La vaccination des garçons et des jeunes hommes est également recommandée au Québec depuis 2016 pour protéger contre les cancers du pénis, de l'anus, de l'oropharynx liés au VPH chez les hommes, et pour réduire la transmission du virus à leurs partenaires
  • Les études post-commercialisation menées en Australie, au Royaume-Uni et en Scandinavie montrent une réduction spectaculaire des lésions précancéreuses cervicales de haut grade et des condylomes dans les cohortes vaccinées, confirmant le bénéfice populationnel attendu dans les prochaines décennies
ℹ️ L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé en 2020 une stratégie mondiale d'élimination du cancer du col de l'utérus, avec des objectifs ambitieux à l'horizon 2030 : vacciner 90 % des filles contre le VPH avant 15 ans, dépister 70 % des femmes avec un test de haute performance à 35 et 45 ans, et traiter 90 % des femmes présentant une lésion précancéreuse ou un cancer. Si ces objectifs sont atteints, le cancer du col pourrait être réduit à moins de 4 cas pour 100 000 femmes — seuil d'élimination comme problème de santé publique — d'ici la fin du siècle dans de nombreux pays.
Signes nécessitant une consultation médicale sans délai

Tout saignement vaginal post-coïtal (après un rapport sexuel), toute métrorragie persistante inexpliquée entre les règles ou tout saignement vaginal après la ménopause doit conduire à une consultation médicale sans délai pour exclure un cancer du col ou de l'endomètre. Ces symptômes ne doivent jamais être banalisés ni attribués sans examen clinique préalable à une autre cause. Des pertes vaginales malodorantes et persistantes, des douleurs pelviennes chroniques progressives ou un œdème unilatéral inexpliqué d'un membre inférieur sont également des signes nécessitant une évaluation gynécologique urgente.

Par ailleurs, toute femme dont le test Pap ou le test VPH revient anormal et qui n'a pas reçu de suivi médical structuré doit consulter sans attendre pour obtenir les investigations complémentaires recommandées (colposcopie, biopsies). Un résultat anormal ne signifie pas nécessairement un cancer, mais il requiert une évaluation spécialisée. Clinique Omicron offre des consultations gynécologiques et de suivi des résultats de dépistage cervical dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

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Clinique Omicron accompagne les femmes dans leur démarche de prévention, de dépistage et d'évaluation des symptômes gynécologiques dans ses plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Un médecin ou un infirmier praticien spécialisé (IPS) peut réaliser un test de dépistage cervical (test Pap et/ou test VPH), discuter de la vaccination anti-VPH selon votre situation, interpréter vos résultats de dépistage et coordonner une référence vers un gynécologue ou une équipe d'oncologie gynécologique en cas d'anomalie nécessitant une investigation complémentaire. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Consultez un médecin pour tout symptôme gynécologique persistant, résultat de dépistage anormal ou décision relative à votre santé.

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