Mai est le mois de la sensibilisation au cancer de la peau au Canada. C’est une occasion de revenir sur un sujet que beaucoup repoussent à plus tard, l’examen de peau complet. Le mélanome fait partie des cancers qui répondent le mieux au traitement quand on le repère tôt. La question n’est pas de savoir si vous devriez consulter, mais plutôt de comprendre ce qu’on cherche, comment ça se passe et quels signes méritent d’être évalués sans tarder.
Qu’est-ce que le mélanome ?
Le mélanome est un cancer qui prend naissance dans les mélanocytes, les cellules responsables de la pigmentation de la peau. Ces cellules produisent la mélanine, ce pigment qui donne sa couleur à la peau, aux cheveux et aux yeux. Quand leur ADN se détériore, souvent sous l’effet des rayons UV, certaines peuvent se multiplier de façon incontrôlée et former une tumeur.
Ce qui distingue le mélanome des autres cancers de la peau, c’est sa capacité à se propager à d’autres parties du corps, notamment les ganglions lymphatiques, les poumons ou le foie. Il représente une proportion minoritaire des cancers de la peau diagnostiqués chaque année, mais il est responsable de la grande majorité des décès liés à ces cancers. C’est cette disproportion qui justifie l’attention qu’on lui accorde.
Il peut apparaître sur un grain de beauté existant qui change d’aspect, ou se former directement sur une peau d’apparence normale. Dans certains cas, il se développe sur des zones peu ou pas exposées au soleil, ce qui complique l’auto-surveillance.
Pourquoi le dépistage compte
Le mélanome détecté à un stade précoce, quand la lésion est encore superficielle et localisée, se traite généralement par une exérèse chirurgicale. Le pronostic est alors nettement meilleur qu’à un stade avancé. C’est une réalité médicale documentée. La profondeur de la tumeur au moment du diagnostic, ce qu’on appelle l’indice de Breslow, est directement liée aux résultats.
Le problème, c’est que le mélanome ne fait pas mal. Il ne provoque pas de symptôme évident au début. Beaucoup de gens découvrent une lésion suspecte par hasard, ou parce qu’un proche l’a remarquée dans leur dos. L’examen de peau régulier, qu’il soit fait à la maison ou en clinique, vise précisément à raccourcir ce délai de détection.
La Société canadienne du cancer recommande d’être attentif à tout changement cutané inexpliqué et d’en parler à son médecin. La Société canadienne de dermatologie va dans le même sens. La vigilance régulière reste le meilleur outil de détection disponible à ce jour.
Les facteurs de risque à connaître
Certains facteurs augmentent la probabilité de développer un mélanome. Les connaître ne sert pas à s’alarmer, mais à calibrer sa vigilance.
L’exposition aux rayons UV est le facteur le plus documenté. Cela inclut le soleil, bien sûr, mais aussi les cabines de bronzage, dont l’utilisation avant 35 ans est associée à un risque accru selon plusieurs études. Les coups de soleil sévères, surtout pendant l’enfance, jouent aussi un rôle.
Le phototype cutané entre en ligne de compte. Les personnes à peau claire, aux cheveux roux ou blonds et aux yeux clairs ont naturellement moins de mélanine protectrice. Elles brûlent plus vite et sont plus exposées aux dommages UV.
Le nombre et le type de grains de beauté sont également pertinents. Avoir plus d’une cinquantaine de nævi (grains de beauté), ou en avoir de grande taille et d’aspect irrégulier, augmente le risque. Les nævi atypiques méritent une surveillance particulière.
Les antécédents personnels ou familiaux de mélanome constituent un facteur de risque important. Si un parent de premier degré a eu un mélanome, le risque est plus élevé. Une personne ayant déjà eu un mélanome a aussi un risque accru d’en développer un second.
Finalement, un système immunitaire affaibli, que ce soit à cause d’une maladie ou d’un traitement médical, réduit la capacité de l’organisme à éliminer les cellules anormales.
L’examen de peau, comment ça se passe ?
Un examen de peau complet en clinique commence par un questionnaire. Le médecin s’informe de vos antécédents, de vos habitudes d’exposition solaire, de l’existence de mélanomes dans votre famille. Cette conversation aide à orienter l’examen et à cibler les zones qui méritent une attention particulière.
L’examen visuel lui-même couvre l’ensemble du corps, y compris le cuir chevelu, l’espace entre les orteils, les ongles et les muqueuses. Le médecin utilise souvent un dermatoscope, un instrument optique grossissant avec éclairage intégré, qui permet de voir les structures internes d’une lésion et d’identifier des caractéristiques invisibles à l’œil nu.
Pour évaluer chaque lésion, les médecins s’appuient sur la règle ABCDE :
- A, Asymétrie. Les deux moitiés d’un grain de beauté normal se ressemblent. Une lésion asymétrique mérite l’attention.
- B, Bords. Des bords irréguliers, dentelés ou mal définis sont un signe à noter.
- C, Couleur. Un grain de beauté uniforme est rassurant. Plusieurs teintes (brun, noir, rouge, blanc, bleu) dans la même lésion sont préoccupantes.
- D, Diamètre. La plupart des mélanomes font plus de 6 mm au moment du diagnostic, soit environ la taille d’une gomme à effacer. Des lésions plus petites peuvent quand même être suspectes.
- E, Évolution. Tout changement récent, qu’il s’agisse de la taille, de la forme, de la couleur ou d’un saignement, mérite d’être évalué.
Si une lésion semble suspecte, le médecin peut recommander une biopsie cutanée. Un petit échantillon de tissu est prélevé et envoyé au laboratoire pour analyse. C’est le seul moyen de confirmer ou d’exclure un mélanome.
L’auto-examen mensuel à la maison
L’examen clinique annuel ne suffit pas à lui seul. Entre les visites, l’auto-examen mensuel permet de surveiller l’évolution de sa peau et de détecter rapidement tout changement.
Choisissez une bonne lumière et utilisez un grand miroir. Pour les zones difficiles à voir, un miroir à main ou l’aide d’un proche est utile. Examinez méthodiquement : le visage, le cuir chevelu (un peigne peut aider à dégager les zones), le cou, la poitrine, le ventre, les bras, les mains (y compris sous les ongles), le dos, les fesses, les jambes et les pieds.
Ce qui compte, c’est la comparaison dans le temps. Photographier une lésion pour noter son évolution d’un mois à l’autre est une pratique simple et efficace. On ne cherche pas à diagnostiquer soi-même, mais à repérer ce qui change. Un grain de beauté qui reste identique depuis des années ne préoccupe généralement pas. C’est celui qui évolue qui mérite une consultation.
When to consult?
Certains signes justifient une consultation sans délai, sans attendre le prochain examen annuel prévu :
- Un grain de beauté qui saigne, qui suinte ou qui forme une croûte sans raison apparente
- Une lésion qui change rapidement de taille, de forme ou de couleur sur quelques semaines
- Une tache foncée nouvelle qui apparaît sous un ongle, sur la plante des pieds ou sur une muqueuse
- Un grain de beauté qui démange de façon persistante
- Toute lésion cutanée qui vous inquiète, même si vous n’arrivez pas à préciser pourquoi
L’instinct a sa place en médecine. Si quelque chose vous semble différent, en parler à votre médecin est toujours la bonne décision.
Le rôle du médecin de famille au Québec
Au Québec, le médecin de famille est souvent le premier interlocuteur pour un examen de peau. Dans le cadre d’une consultation de routine ou d’un bilan de santé, il peut inclure un examen cutané et, selon ce qu’il observe, vous adresser à un dermatologue pour une évaluation plus approfondie.
Les dermatologues ont une liste d’attente parfois longue dans le système public québécois. Une référence médicale du médecin de famille est généralement nécessaire pour obtenir un rendez-vous en spécialité. Dans ce contexte, ne pas attendre d’avoir un symptôme évident pour en parler à son médecin est une stratégie gagnante.
La Société canadienne de dermatologie recommande par ailleurs aux médecins omnipraticiens d’intégrer l’examen cutané à l’examen physique annuel des patients à risque. C’est une pratique en développement au Québec, variable d’un médecin et d’un établissement à l’autre.
Prévention et protection solaire
La prévention passe d’abord par la protection solaire, et c’est plus nuancé qu’appliquer de la crème une fois en partant à la plage.
Santé Canada recommande un écran solaire à large spectre (UVA et UVB) avec un FPS d’au moins 30, appliqué en quantité suffisante sur toutes les zones exposées et renouvelé toutes les deux heures ou après une baignade. La plupart des gens en appliquent environ la moitié de la quantité nécessaire pour atteindre le FPS indiqué sur l’emballage.
Les vêtements constituent aussi une protection efficace. Un tissu à mailles serrées, une couleur foncée et un chapeau à larges bords couvrent mieux que n’importe quelle crème solaire. Plusieurs marques offrent maintenant des vêtements avec indice de protection UV (UPF) certifié.
Éviter le soleil entre 11 h et 15 h, quand les rayons UV sont les plus intenses, est une recommandation simple à intégrer. Cette fenêtre horaire ne signifie pas rester à l’intérieur toute la journée, mais choisir l’ombre, les terrasses couvertes et les activités extérieures en dehors de ces heures.
Quant aux cabines de bronzage, leur utilisation est déconseillée par l’Organisation mondiale de la Santé et par la Société canadienne du cancer. Elles n’ont pas leur place dans une stratégie de prévention.
Clinique Omicron, le premier réflexe pour un examen de peau
Dans nos points de service au Québec, les médecins omnipraticiens réalisent des examens de peau dans le cadre de consultations médicales. Si vous avez des facteurs de risque, une lésion qui a changé ou simplement besoin d’un regard professionnel sur un grain de beauté qui vous interroge, une consultation médicale est le point de départ. Vous pouvez book an appointment online ou consulter la price list page to know the available services.
Omicron Clinic
Need to consult a doctor?
Treatment within 24-48 hours. In-clinic or telemedicine, anywhere in Quebec.
Insurance receipts. 7j/7. No family doctor required.



