Fasciite à éosinophiles
Présentation clinique, diagnostic et examens complémentaires
- Présentation clinique et évolution : début typique — phase inflammatoire aiguë (semaines à mois) : début subaigu à aigu — œdème douloureux symétrique des membres (avant-bras + jambes prédominants + bras + cuisses) — érythème et chaleur locale — prurit — parfois début après un effort physique intense ou un traumatisme — la phase inflammatoire est souvent transitoire et peut passer inaperçue ou être confondue avec une cellulite ou une thrombophlébite ; phase indurée — sclérose fasciale progressive : induration progressive de la peau et des tissus sous-cutanés des membres → aspect de « peau d'orange » ou de « peau de bois » — peau épaissie + adhérente aux plans profonds (impossible à plisser entre les doigts) + aspect en « corde » des veines superficielles (groove sign — signe du sillon : veine superficielle apparaissant en creux entourée de tissu induré lors de l'élévation du membre — signe très évocateur de fasciite à éosinophiles quoique non pathognomonique) → rétractions articulaires (contractures en flexion des coudes + des genoux + des chevilles + des poignets) → limitation progressive de la mobilité articulaire + impotence fonctionnelle ; topographie caractéristique : atteinte symétrique des quatre membres — prédominance aux avant-bras et aux jambes — épargne relative des extrémités (mains et pieds) contrairement à la sclérodermie systémique — épargne habituelle du visage et du thorax dans les formes typiques ; manifestations systémiques associées : arthralgies + myalgies — fatigue + amaigrissement — parfois arthrite périphérique + syndrome du canal carpien bilatéral (compression nerveuse par le tissu induré) — atteinte viscérale rare dans la fasciite à éosinophiles typique (absence de fibrose pulmonaire + absence d'atteinte cardiaque + absence d'atteinte rénale — contrairement à la sclérodermie) ; hémopathies associées (10–30 % des cas) : aplasie médullaire (l'association fasciite à éosinophiles + aplasie médullaire est bien documentée — mécanisme immuno-médié commun) + lymphome de Hodgkin + leucémies + thrombocytopénie immune — toujours rechercher activement une hémopathie associée au diagnostic
- Examens biologiques et radiologiques — clés diagnostiques : hyperéosinophilie sanguine : éosinophiles >0,5 × 10⁹/L (souvent >1,0–2,0 G/L dans les formes actives) — présente dans 60–90 % des cas au moment du diagnostic actif — peut être absente dans les formes chroniques ou traitées — la normalisation des éosinophiles sous traitement est un bon marqueur de réponse mais ne préjuge pas de la réponse histologique ; élévation des marqueurs inflammatoires : VS + CRP élevées — hypergammaglobulinémie polyclonale (IgG élevées) — très évocatrice quand associée à l'hyperéosinophilie ; aldolase sérique élevée : reflet de l'inflammation musculaire et fasciale — plus sensible que les CPK dans la fasciite à éosinophiles — utile pour le suivi de l'activité ; NFS complète : hyperéosinophilie + recherche de cytopénie (aplasie médullaire associée — thrombopénie + anémie + neutropénie) ; bilan auto-immun : ANA + anti-ADN + anti-Scl70 + anti-centromères + ANCA + FR + anti-CCP — habituellement négatifs dans la fasciite à éosinophiles typique (distinction importante d'avec la sclérodermie) ; IRM des membres (séquences STIR et T1 avec gadolinium) : examen d'imagerie de référence — hypersignal STIR et rehaussement par le gadolinium du fascia profond (fasciite active) + épaississement fascial visible en T1 — permet de confirmer la localisation fasciale de l'inflammation + de guider la biopsie + d'évaluer l'extension + de suivre la réponse au traitement — sensibilité 85–95 % pour la fasciite active ; biopsie pleine épaisseur (biopsie en fuseau) : gold standard diagnostique — biopsie incluant la peau + le tissu sous-cutané + le fascia profond + la couche superficielle du muscle (biopsie en fuseau ou en cunéiforme) — réalisée sous anesthésie locale ou générale légère — histologie : épaississement du fascia profond + infiltrat inflammatoire fasical riche en éosinophiles (dans les formes actives précoces) + fibrose du fascia dans les formes chroniques — dans les formes chroniques, les éosinophiles peuvent être rares ou absents malgré l'aspect fibrotique caractéristique + les lymphocytes T CD4+ + les macrophages restent présents ; la biopsie doit être orientée par l'IRM vers un site actif
- Critères diagnostiques et diagnostics différentiels : critères diagnostiques proposés (Pinal-Fernandez et al. — 2014) — critères majeurs : induration symétrique des membres épargnant les doigts + épaississement et inflammation du fascia à l'IRM ou à la biopsie pleine épaisseur + amélioration sous corticostéroïdes — critères mineurs : hyperéosinophilie périphérique + hypergammaglobulinémie + signe du sillon (groove sign) — diagnostic probable si 2 critères majeurs + 1 critère mineur ; diagnostics différentiels principaux : sclérodermie systémique diffuse : atteinte des doigts + phénomène de Raynaud + anticorps spécifiques (anti-Scl70 + anti-centromères) + atteinte viscérale (poumon + rein + cœur) — biopsie cutanée : fibrose dermique sans épaississement fascial prépondérant ; syndrome éosinophilie-myalgies (SEM) : lié à des contaminations de suppléments de tryptophane (épidémie 1989 aux États-Unis) ou de L-tryptophane + tableau clinique proche + mais contexte épidémiologique différent + atteinte neurologique associée ; syndrome POEMS (polyneuropathie + organomégalie + endocrinopathie + gammapathie monoclonale + atteintes cutanées) ; morphée profonde (morphea profunda) : plaques sclérodeformiques localisées + pas d'hyperéosinophilie franche + pas de distribution symétrique des membres ; myosite inflammatoire (dermatomyosite + polymyosite) : CPK très élevées + atteinte musculaire proximale + EMG + anticorps myosite-spécifiques (anti-Jo1) — biopsie musculaire distincte ; cellulite infectieuse : unilatérale + fébrile + porte d'entrée visible + réponse aux antibiotiques
Traitement
| Traitement | Médicament, posologie et modalités | Efficacité, résultats et précautions |
|---|---|---|
| Corticostéroïdes systémiques — 1re ligne Traitement de référence — réponse variable selon la précocité |
Les corticostéroïdes systémiques constituent le traitement de première ligne de la fasciite à éosinophiles — ils sont efficaces dans la majorité des cas, particulièrement lorsque le traitement est instauré précocement dans la phase inflammatoire de la maladie ; prednisolone (prednisone) : posologie initiale : 0,5–1 mg/kg/j PO (généralement 40–60 mg/j chez l'adulte) — une dose quotidienne est suffisante pour la plupart des patients + dose unique le matin pour réduire la suppression surrénalienne — durée de la dose d'attaque : 4–8 semaines ou jusqu'à normalisation clinique et biologique (éosinophiles + VS + CRP + aldolase) ; décroissance progressive : réduction de 5–10 mg/semaine jusqu'à 20 mg/j → puis 1–2,5 mg/sem jusqu'à l'arrêt → durée totale du traitement : 12–24 mois selon la réponse clinique et biologique + l'évolution à l'IRM — rechutes fréquentes si décroissance trop rapide ; méthylprednisolone IV (bolus) : 500–1 000 mg/j × 3 jours consécutifs : réservée aux formes sévères d'emblée avec rétractions articulaires rapides + aux formes résistantes à la corticothérapie orale standard — suivi de la prednisolone orale ; mesures associées systématiques lors d'une corticothérapie prolongée : calcium 1 000–1 500 mg/j PO + vitamine D 800–2 000 UI/j → prévention de l'ostéoporose cortisonique → densitométrie osseuse (DEXA) à l'initiation si durée prévue >3 mois → bisphosphonate (alendronate 70 mg/semaine ou risédronate 35 mg/semaine) si T-score <−1,5 ou corticothérapie >7,5 mg/j pendant >3 mois + inhibiteur de la pompe à protons (IPP — oméprazole 20–40 mg/j) pour la prévention des ulcères gastro-duodénaux + dépistage et traitement de la strongyloïdose latente (ivermectine 200 µg/kg PO × 2 prises à 2 semaines d'intervalle) avant corticothérapie si patient venant de région endémique (Strongyloides stercoralis — risque d'hyperinfection sous corticoïdes) + surveillance de la glycémie (hyperglycémie cortisonique) + de la pression artérielle + de la kaliémie | Données sur l'efficacité des corticostéroïdes dans la fasciite à éosinophiles : les données disponibles sont limitées aux séries de cas et aux études rétrospectives (absence d'essais randomisés contrôlés en raison de la rareté de la maladie) ; séries rétrospectives publiées (Berianu et al. — Mayo Clinic Proc 2012 + Lakhanpal et al. — Medicine 1988 + Lebeaux et al. — Arthritis Rheum 2012 — la plus large série de 34 patients) : réponse complète ou partielle aux corticostéroïdes : 60–80 % des patients — normalisation de l'hyperéosinophilie : dès les premières semaines sous traitement (marqueur précoce de réponse) — amélioration de l'induration cutanée : plus lente (plusieurs mois) — rétractions articulaires préexistantes : moins réversibles que l'induration cutanée → importance du traitement précoce avant l'installation des rétractions fibrotiques ; facteurs prédictifs de bonne réponse aux corticostéroïdes : forme précoce (phase inflammatoire active) + hyperéosinophilie marquée + courte durée d'évolution avant traitement + absence de rétraction articulaire établie + IRM montrant une inflammation fasciale active (hypersignal STIR important) ; facteurs de mauvais pronostic fonctionnel : diagnostic tardif (>12 mois) + rétractions articulaires sévères établies + fibrose fasciale dense à la biopsie sans éosinophiles actifs + hémopathie associée (aplasie médullaire) ; rechutes : surviennent dans 20–40 % des cas après diminution ou arrêt des corticostéroïdes — une nouvelle cure de corticostéroïdes est généralement efficace lors des rechutes — la résistance vraie aux corticostéroïdes est rare (<10 %) |
| Immunosuppresseurs d'épargne cortisonique 2e ligne — corticodépendance ou résistance |
Les immunosuppresseurs d'épargne cortisonique sont indiqués en cas de corticodépendance (impossibilité de réduire la prednisolone en dessous de 10–15 mg/j sans rechute) ou de réponse insuffisante aux corticostéroïdes seuls après 3–4 mois de traitement bien conduit ; méthotrexate (MTX) : l'immunosuppresseur d'épargne le plus utilisé dans la fasciite à éosinophiles — 10–20 mg/semaine PO ou SC (SC si intolérance digestive) — débuter à 7,5 mg/sem + augmenter de 2,5 mg/sem toutes les 4 semaines jusqu'à 15–20 mg/sem — acide folique 5–10 mg/semaine (le lendemain du MTX) pour réduire la toxicité (mucite + cytolyse hépatique + cytopénie) — surveillance : NFS + transaminases + créatinine à 1 mois + 2 mois + puis tous les 3 mois — CI : insuffisance rénale (<30 mL/min) + grossesse + alcoolisme + hépatopathie active + pneumopathie interstitielle préexistante + immunodépression sévère — délai d'action : 4–8 semaines — permet la réduction progressive de la corticothérapie jusqu'à l'arrêt dans 50–70 % des cas ; hydroxychloroquine (Plaquenil) : 200–400 mg/j PO — données limitées dans la fasciite à éosinophiles — quelques cas publiés suggèrent une efficacité modeste en monothérapie dans les formes légères ou en association avec le MTX — bien tolérée — surveillance ophtalmologique annuelle (examen du champ visuel + OCT) si durée >5 ans ou dose cumulée >1 000 g ; ciclosporine A : 3–5 mg/kg/j PO — réservée aux formes sévères résistantes — surveillance de la créatinine + de la pression artérielle + du potassium — interaction médicamenteuse nombreuses — utilisée dans les formes associées à une aplasie médullaire + réponse documentée dans des séries de cas ; mycophenolate mofétil (MMF — CellCept) : 1 000–3 000 mg/j PO en 2 prises — alternative au MTX si contre-indication — données émergentes dans les sclérodermies localisées + fasciites — surveillance NFS + transaminases | Données sur les immunosuppresseurs d'épargne dans la fasciite à éosinophiles : les données sont limitées aux rapports de cas et aux petites séries — absence d'essais contrôlés ; méthotrexate — série de Lebeaux et al. (Arthritis Rheum 2012 — n=34) : patients ayant reçu du MTX en association avec les corticostéroïdes : 12/34 (35 %) — amélioration clinique comparable aux patients sous corticostéroïdes seuls — le MTX a permis une réduction plus rapide de la corticothérapie — pas de différence significative sur le taux de rechute à long terme dans cette petite cohorte ; ciclosporine dans les formes avec aplasie médullaire associée : plusieurs cas publiés montrant une efficacité de la ciclosporine sur les deux composantes (fasciite + aplasie) — mécanisme commun immunomodulateur (lymphocytes T) justifiant son utilisation préférentielle dans cette association ; biothérapies émergentes — données préliminaires 2020–2024 : tocilizumab (anti-IL-6) : quelques cas publiés de réponse dans les fasciites réfractaires aux traitements conventionnels — mécanisme : IL-6 impliqué dans la fibrose fasciale — pas de recommandation formelle ; dupilumab (anti-IL-4Rα — inhibe IL-4 + IL-13) : utilisé avec succès dans les cas réfractaires dans quelques publications récentes (2021–2023) — rationnel biologique fort (IL-13 = cytokine pro-fibrosante + IL-4 = activation des éosinophiles) — pas encore recommandé en routine ; mepolizumab (anti-IL-5 — anticorps monoclonal inhibant l'éosinophilopoïèse) : quelques rapports de cas positifs — rationnel biologique (hyperéosinophilie pilier de la maladie) — essai randomisé en cours en France (MESO-FE 2023) ; le recours aux biothérapies doit se faire en centre de référence + en concertation multidisciplinaire |
| Kinésithérapie et réhabilitation fonctionnelle Indispensable — prévention et traitement des rétractions |
La kinésithérapie et la réhabilitation fonctionnelle sont des composantes essentielles et non optionnelles de la prise en charge de la fasciite à éosinophiles — elles doivent être débutées dès le diagnostic et poursuivies tout au long du traitement ; objectifs de la kinésithérapie : prévenir l'installation des rétractions articulaires (contractures en flexion) en maintenant l'amplitude articulaire maximale + traiter les rétractions déjà installées + lutter contre l'atrophie musculaire liée à l'immobilité + améliorer la qualité de vie fonctionnelle ; techniques kinésithérapiques spécifiques : mobilisation passive et active des articulations atteintes (coudes + genoux + poignets + chevilles) × 2/j — étirements progressifs des fascias et muscles rétractés — thermothérapie (chaleur humide : bains + hydrothérapie) avant les séances de mobilisation pour assouplir les tissus — massages transverses profonds pour lutter contre la fibrose fasciale — ergothérapie (confection d'attelles de posture nocturnes pour maintenir les articulations en extension) ; hydrothérapie et balnéothérapie : l'immersion en eau chaude améliore la souplesse des tissus indurés + facilite la mobilisation articulaire — particulièrement efficace dans les formes avec atteinte diffuse des membres — disponible dans les centres de réadaptation + certaines cliniques privées de physiothérapie ; programme de réadaptation intensive : pour les formes sévères avec rétractions multiples établies → hospitalisation en centre de réadaptation fonctionnelle intensive (programme de 3–6 semaines) → résultats variables selon l'ancienneté des rétractions (meilleurs si rétractions <6 mois) ; syndrome du canal carpien associé : orthèse de poignet nocturne + infiltration de corticoïde locale (méthylprednisolone) + libération chirurgicale si sévère et résistant à la corticothérapie systémique | Impact de la kinésithérapie sur le pronostic fonctionnel : les données de la littérature confirment que le pronostic fonctionnel de la fasciite à éosinophiles dépend autant de la précocité du traitement médical que de l'adhésion au programme de kinésithérapie — les rétractions articulaires sévères sont la complication la plus invalidante et la moins réversible une fois la fibrose établie ; rétractions articulaires établies (>6–12 mois d'évolution) : réponse à la kinésithérapie plus limitée — libération chirurgicale des rétractions (fibrotomie + aponévrotomie) envisageable dans certains cas sélectionnés après stabilisation de la maladie inflammatoire sous traitement — concertation pluridisciplinaire (rhumatologue + chirurgien orthopédique + kinésithérapeute) ; suivi kinésithérapique au long cours : maintien d'un programme d'entretien articulaire × 3–5 fois/sem à domicile (exercices d'étirement + mobilisation) après la phase de kinésithérapie intensive — suivi par le kinésithérapeute tous les 1–3 mois — réévaluation de l'amplitude articulaire à chaque consultation rhumatologique (goniométrie documentée) ; prise en charge multidisciplinaire au Québec : cliniques de rhumatologie des CHU (CHUM + Hôpital Maisonneuve-Rosemont + CHU de Québec + CHUS) + centres de réadaptation (Institut de réadaptation Gingras-Lindsay — Montréal + Institut de réadaptation en déficience physique de Québec — IRDPQ) + réseau de physiothérapie et d'ergothérapie privé + groupe francophone de rhumatologie (RHUMATO) pour les cas complexes |
| Prise en charge de l'hémopathie associée Aplasie médullaire — lymphome — thrombocytopénie |
L'association entre fasciite à éosinophiles et hémopathies est une particularité clinique importante — elle est retrouvée dans 10–30 % des cas selon les séries — et conditionne la démarche diagnostique et thérapeutique ; hémopathies les plus fréquemment associées : aplasie médullaire (anémie aplasique) — la plus documentée et la plus grave (50 % des hémopathies associées à la fasciite à éosinophiles dans les séries pédiatriques) + thrombocytopénie immune + lymphome de Hodgkin + leucémie myéloïde + leucémie lymphoïde chronique + myélodysplasie ; mécanisme suggéré de l'association fasciite à éosinophiles + aplasie médullaire : implication des lymphocytes T cytotoxiques activés dans les deux entités + sécrétion de cytokines inhibant la myélopoïèse + activation immune systémique commune — la fasciite à éosinophiles peut précéder + être contemporaine ou suivre le diagnostic de l'hémopathie ; bilan hématologique systématique lors du diagnostic de fasciite à éosinophiles : NFS complète avec frottis sanguin (cytopénies + blastes) + myélogramme + biopsie ostéo-médullaire (si cytopénie inexpliquée ou cytopénie de plusieurs lignées) + caryotype médullaire + électrophorèse des protéines sériques (gammapathie monoclonale) + immunophénotypage si lymphocytose ; traitement de l'aplasie médullaire associée à la fasciite à éosinophiles : ciclosporine A (premier choix — traitement immunosuppresseur commun aux deux entités) 3–5 mg/kg/j + sérum anti-thymocytaire (ATG équin ou lapin) dans les aplasies médullaires sévères + corticostéroïdes pour la composante fasciale + facteurs de croissance (G-CSF, EPO) si aplasie sévère — greffe de moelle allogénique si aplasie réfractaire chez un patient jeune avec donneur compatible + traitement spécifique si lymphome ou leucémie associés (oncologie hématologique) ; surveillance hématologique au long cours : NFS à chaque consultation rhumatologique (suivi de la réponse sur les éosinophiles + dépistage d'une hémopathie secondaire ou tardive) | Données sur l'association fasciite à éosinophiles — hémopathies : série de Lakhanpal et al. (Medicine 1988 — n=52) : hémopathies associées dans 10 % des cas — aplasie médullaire prédominante — mortalité liée à l'hémopathie et non à la fasciite dans la majorité des cas fatals ; série de Lebeaux et al. (Arthritis Rheum 2012 — n=34) : hémopathies dans 8/34 (24 %) — thrombocytopénie immune dans 5 cas + aplasie médullaire dans 2 cas + lymphome dans 1 cas — la présence d'une hémopathie était associée à un moins bon pronostic global ; rapport PNDS France (protocole national de diagnostic et de soins — 2020) : recommande le myélogramme systématique chez tout patient avec fasciite à éosinophiles et cytopénie inexpliquée — recommande une surveillance hématologique annuelle pendant 5 ans après le diagnostic ; pronostic global de la fasciite à éosinophiles : favorable dans les formes isolées sans hémopathie — rémission complète à 5 ans dans 40–60 % des cas + rémission partielle dans 30–40 % + formes chroniques avec induration résiduelle dans 10–20 % — les rechutes sont fréquentes (20–40 %) mais répondent généralement à une nouvelle cure de corticostéroïdes — le décès lié à la fasciite à éosinophiles isolée est exceptionnel — le pronostic vital est conditionné par l'hémopathie associée quand elle est présente |
| Suivi et surveillance au long cours Rhumatologue — rémission — rechutes |
La fasciite à éosinophiles nécessite un suivi rhumatologique régulier et prolongé en raison du risque de rechute + de la corticodépendance fréquente + du risque d'hémopathie tardive ; paramètres de suivi clinique à chaque consultation (tous les 1–3 mois en phase active → tous les 3–6 mois en rémission) : évaluation de l'induration cutanée (palpation + pli cutané) + mesure des amplitudes articulaires (goniométrie documentée) + signe du sillon (groove sign) + évaluation de la force musculaire + état fonctionnel global (questionnaire HAQ ou PROMIS) + recherche de complications cortisoniques ; paramètres biologiques de suivi : NFS + éosinophiles (marqueur précoce d'activité) + VS + CRP + aldolase (marqueur d'activité fasciale) + bilan hépatique + glycémie + créatinine + potassium + ferritine + électrophorèse des protéines sériques ; IRM de suivi : à 3–6 mois après le début du traitement pour évaluer la réponse → à 12 mois + en cas de suspicion de rechute ou d'aggravation + avant toute décision de sevrage des corticostéroïdes ou d'escalade thérapeutique ; critères de rémission clinique et biologique : disparition de l'induration cutanée + récupération des amplitudes articulaires normales + normalisation des éosinophiles + normalisation de la VS/CRP + normalisation de l'aldolase + IRM normale ou sans signal d'activité ; définition de la rechute : réapparition des signes cliniques après rémission + ré-élévation des éosinophiles ou des marqueurs inflammatoires — traitement de la rechute : augmentation transitoire de la corticothérapie à la dose précédente efficace + maintien jusqu'à rémission biologique et clinique + introduction ou maintien du traitement d'épargne cortisonique ; grossesse et fasciite à éosinophiles : données très limitées — quelques cas de rémission pendant la grossesse (état pro-inflammatoire/immunomodulateur lié à la grossesse) + rechutes post-partum documentées — le MTX est contre-indiqué pendant la grossesse (tératogène — arrêt 3 mois avant la conception) + discussion de l'hydroxychloroquine ou de la prednisolone à faible dose si traitement nécessaire pendant la grossesse | Pronostic fonctionnel et qualité de vie dans la fasciite à éosinophiles : données de la plus large cohorte longitudinale disponible (série française multicentrique — Lebeaux et al. + Rongioletti et al.) : rémission complète à 5 ans (clinique + biologique + IRM) : 40–55 % — rémission partielle (induration résiduelle sans activité inflammatoire) : 30–40 % — formes chroniques actives nécessitant un traitement prolongé : 10–20 % — complications fonctionnelles permanentes (rétractions articulaires irréversibles malgré le traitement) : 15–25 % des cas diagnostiqués tardivement ; facteurs associés à un meilleur pronostic : diagnostic précoce + hyperéosinophilie marquée initiale (paradoxalement : témoigne de la phase inflammatoire active — meilleure réponse aux corticostéroïdes) + absence de rétractions articulaires à la présentation + adhésion à la kinésithérapie + absence d'hémopathie associée ; ressources et information au Québec et en France : Orphanet (orpha.net — code ORPHA : 35678) → fiche maladie rare + liste des centres de référence — Association des sclérodermiques de France (comprend aussi les fasciites) — Lupus-France (maladies apparentées) — Société québécoise de rhumatologie (rhumato.qc.ca) — les centres d'expertise québécois pour les maladies rares du tissu conjonctif sont localisés dans les CHU universitaires de Montréal et de Québec |
Induration progressive des membres + hyperéosinophilie + signe du sillon (groove sign) → fasciite à éosinophiles à évoquer → référence rhumatologie + IRM des membres + biopsie pleine épaisseur guidée sans délai — le traitement précoce conditionne le pronostic fonctionnel.
Fasciite à éosinophiles diagnostiquée + apparition d'une pancytopénie ou d'une thrombopénie isolée → aplasie médullaire ou hémopathie associée → NFS + myélogramme + référence urgente hématologie.
Rétractions articulaires rapides en flexion malgré la corticothérapie → forme agressive → escalade thérapeutique (MTX + ciclosporine + bolus IV) + programme de kinésithérapie intensive en réadaptation.
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Les médecins de Clinique Omicron orientent les patients présentant un épaississement cutané progressif des membres vers la rhumatologie pour investigation (IRM + biopsie pleine épaisseur), prescrivent le bilan biologique initial (NFS + éosinophiles + VS + CRP + aldolase + bilan auto-immun) et coordonnent la prise en charge multidisciplinaire avec la kinésithérapie et l'hématologie si nécessaire. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et via la télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un rhumatologue qualifié. La fasciite à éosinophiles est une maladie rare nécessitant une expertise spécialisée pour le diagnostic et la prise en charge.
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