Gastroentérite - Test médical Clinique Omicron
Étiologies, épidémiologie et physiopathologie
- Causes virales — responsables de 70–80 % des gastroentérites aiguës : norovirus (calicivirus) : cause n°1 de gastroentérite épidémique chez l'adulte et l'enfant — responsable de 18 % de toutes les GEA mondiales + 50–80 % des épidémies alimentaires dans les pays développés — extrêmement contagieux (dose infectante : 18–1 000 virions) — transmission : féco-orale directe + aérosols de vomissements (très efficace — un vomissement disperse des millions de particules virales dans l'air) + surfaces contaminées — résistant aux désinfectants courants (alcool 70° insuffisant → chlore 1 000 ppm recommandé) — incubation : 12–48h — durée : 24–72h — tableau clinique : vomissements au premier plan + diarrhée + crampes + fièvre légère — contextes épidémiques typiques : CHSLD + hôpitaux + croisières + camps + restaurants (TOXI-infection alimentaire collective — TIAC) — déclaration obligatoire si ≥2 cas liés à un même foyer alimentaire (MAPAQ + DSP Québec) ; rotavirus : cause principale de GEA sévère chez l'enfant de 6 mois à 2 ans dans le monde entier — au Québec : vaccination universelle (vaccin oral Rotarix ou RotaTeq — programme québécois de vaccination — 2 ou 3 doses dès 2 mois) → réduction de 85–90 % des hospitalisations pour rotavirus chez les enfants vaccinés — tableau clinique : vomissements + diarrhée aqueuse + fièvre + déshydratation sévère possible — incubation : 1–3 jours — durée : 3–8 jours ; adénovirus entérique (types 40 et 41) : 2e cause de GEA virale de l'enfant — incubation plus longue (8–10 jours) — durée plus prolongée (1–2 semaines) — moins de vomissements que le rotavirus + astrovirus + sapovirus : causes moins fréquentes — tableau bénin — enfants ++ ; SARS-CoV-2 : symptômes digestifs (diarrhée + nausées + vomissements) dans 10–20 % des cas de COVID-19 — peut précéder les symptômes respiratoires — PCR nasopharyngée si contexte évocateur
- Causes bactériennes — gastroentérites invasives et intoxications alimentaires : Campylobacter jejuni : cause bactérienne la plus fréquente de GEA au Canada — source : volaille insuffisamment cuite (poulet ++) + eau non traitée — incubation : 2–5 jours — tableau clinique : diarrhée sérosanglante + douleurs abdominales intenses (pseudo-appendiculaires) + fièvre élevée — complications rares mais graves : syndrome de Guillain-Barré post-infectieux (mimétisme moléculaire LOS-gangliosides) — MDO (maladie à déclaration obligatoire) au Québec — antibiothérapie si sévère ou immunodéprimé : azithromycine 500 mg/j × 3 jours ; Salmonella non typhoïdique (S. enteritidis + S. typhimurium) : source : œufs crus + volaille + reptiles + amphibiens — incubation : 6–72h — diarrhée fébrile + douleurs abdominales — bactériémie dans 5 % (personnes âgées + drépanocytaires + immunodéprimés) — MDO — antibiothérapie si sévère ou bactériémie : ciprofloxacine ou azithromycine ; Shigella : dysenterie bacillaire — très contagieuse (dose infectante très faible) — diarrhée sanglante + fièvre + ténesme + leucocytes fécaux — source : féco-orale (mains souillées) — MDO — antibiothérapie : azithromycine ou ciprofloxacine × 3 jours ; Escherichia coli entérotoxinogène (ETEC) : principale cause de diarrhée du voyageur — toxines LT + ST → diarrhée sécrétoire aqueuse — résolution spontanée en 3–5 jours — rifaximine ou azithromycine si sévère ; E. coli entérohémorragique (EHEC — sérotype O157:H7) : source : bœuf haché insuffisamment cuit + légumes crus contaminés + eau → véroline (Shiga toxin-like) → colite hémorragique + syndrome hémolytique urémique (SHU — urgence) → ANTIBIOTIQUES CONTRE-INDIQUÉS dans l'EHEC (risque d'augmenter la libération de shigatoxines → aggravation du SHU) + Staphylococcus aureus (toxine préformée) : intoxication alimentaire — vomissements au premier plan (2h après ingestion) + diarrhée — résolution rapide (6–24h) — source : charcuteries + pâtisseries + sandwichs laissés à température ambiante + Bacillus cereus : deux syndromes distincts — syndrome émétique (riz trop cuit réchauffé — 1–5h) + syndrome diarrhéique (viande + légumes — 8–16h) ; Clostridium difficile (Clostridioides difficile) : diarrhée associée aux antibiotiques + infections nosocomiales — voir fiche spécifique ; Vibrio cholerae : rare au Canada — voyageurs + zones endémiques (Afrique + Asie du Sud) — diarrhée riziforme massive + déshydratation fulminante + MDO nationale obligatoire
- Causes parasitaires et présentation clinique générale : Giardia lamblia (Giardia duodenalis) : protozoaire — la plus fréquente des parasitoses intestinales au Canada — source : eau de surface non traitée (randonnée en montagne + eaux de camping) + garderies (transmission féco-orale enfants) — incubation : 1–3 semaines — tableau clinique : diarrhée graisseuse (stéatorrhée) + flatulences ++ + crampes abdominales + pas de sang ni fièvre — durée : semaines à mois si non traité — diagnostic : antigène fécal Giardia (ELISA — sensibilité 94 %) ou PCR selles — traitement : métronidazole 250 mg × 3/j × 5–7 jours ou tinidazole 2 g DU (meilleure observance) ; Cryptosporidium parvum : protozoaire intracellulaire — résistant au chlore (piscines ++ — épidémies liées aux parcs aquatiques) — diarrhée aqueuse profuse — autolimitée chez l'immunocompétent (5–10 jours) → sévère et prolongée chez l'immunodéprimé (VIH CD4 <100 → diarrhée chronique dévastatrice) — diagnostic : PCR selles ou immunofluorescence — traitement : nitazoxanide 500 mg × 2/j × 3 jours (immunocompétent) — pas de traitement efficace chez l'immunodéprimé sévère (restauration immunitaire sous TAR) ; Entamoeba histolytica : protozoaire — rare au Canada — voyageurs + immigrants — dysenterie amibienne (diarrhée sanglante + mucus) + abcès amibien du foie — diagnostic : PCR selles + sérologie (abcès hépatique) — traitement : métronidazole + paromomycine (éradication des formes kystiques) ; présentation clinique orientant vers la cause : début brutal ≤12–24h + vomissements prédominants → intoxication alimentaire (toxine préformée — staphylocoque + B. cereus) + diarrhée aqueuse + fièvre légère + pas de sang → viral (norovirus + rotavirus) ou ETEC + diarrhée sérosanglante + fièvre élevée + douleurs abdominales intenses → bactérie invasive (Campylobacter + Salmonella + Shigella) → coproculture + diarrhée graisseuse chronique sans fièvre → Giardia → antigène fécal
Évaluation de la déshydratation, traitement et situations particulières
| Situation clinique | Évaluation et diagnostic | Traitement et suivi |
|---|---|---|
| Évaluation de la déshydratation et bilan microbiologique Échelle de déshydratation — coproculture — indications |
L'évaluation de la sévérité de la déshydratation est l'étape clinique la plus importante dans la GEA — elle détermine la voie et le volume de réhydratation ; évaluation de la déshydratation chez l'enfant (score clinique de déshydratation — CDS ou échelle de Gorelick) : absence de déshydratation : comportement normal + yeux non excavés + muqueuses humides + larmes présentes + TRC <2 sec + pli cutané absent — déshydratation légère à modérée (3–7 % du poids corporel perdu) : irritabilité ou léthargie légère + yeux légèrement excavés + muqueuses sèches + soif + TRC 2–3 sec + pli cutané léger → réhydratation orale intensive — déshydratation sévère (>8 % du poids corporel perdu) : léthargie ou inconscience + yeux très excavés + muqueuses très sèches + tachycardie + hypotension + TRC >3 sec + pli cutané persistant + anurie → réhydratation IV urgente ; évaluation de la déshydratation chez l'adulte : signes cliniques : sécheresse des muqueuses + soif intense + tachycardie + hypotension orthostatique (>20 mmHg de chute de PAS au lever) + oligurie + confusion (sévère) + perte de poids (objectiver si poids de base connu) ; bilan biologique : indiqué si : déshydratation modérée à sévère + vomissements intractables + durée >7 jours + âges extrêmes + comorbidités → ionogramme + créatinine + glycémie + NFS ; indications du bilan microbiologique (coproculture + parasitologie des selles) : pas de bilan systématique dans la GEA légère à modérée de l'adulte immunocompétent (cause virale présumée + résolution spontanée) — bilan indiqué si : diarrhée sanglante (dysenterie) + fièvre ≥38,5 °C + durée >7 jours + retour de voyage récent (≤30 jours) + contact avec un cas connu d'IRTC + suspicion de TIAC (≥2 cas dans le même foyer alimentaire) + terrain à risque (immunodéprimé + grossesse + âges extrêmes) + nécessité d'antibiothérapie à envisager ; contenu du bilan microbiologique : coproculture standard : Salmonella + Shigella + Campylobacter ± E. coli O157:H7 (demander explicitement si EHEC suspecté) + parasitologie des selles (OP — œufs et parasites) : 3 prélèvements à 24–48h d'intervalle si Giardia ou Cryptosporidium suspecté + antigènes fécaux rapides : Giardia + Cryptosporidium (ELISA ou immunochromatographie — résultat en 30 min) + PCR multiplex des selles (BioFire GI Panel ou Luminex xTAG GI) : détection simultanée de 22 pathogènes (virus + bactéries + parasites) — sensibilité supérieure aux méthodes classiques — indiqué chez l'immunodéprimé + les formes sévères + les situations épidémiques complexes + toxine C. difficile (GDH + toxines A/B) : si diarrhée après antibiothérapie récente (<8 semaines) ou hospitalisation récente + hémocultures : si fièvre élevée + signes de bactériémie + terrain à risque (personnes âgées + drépanocytaires + immunodéprimés) | Critères d'hospitalisation : déshydratation sévère (>8 % du poids corporel) + impossibilité de la réhydratation orale (vomissements incoercibles) + signes de sepsis (fièvre >39 °C + tachycardie + hypotension + confusion) + diarrhée sanglante profuse + suspicion EHEC (risque de SHU) + âges extrêmes (nourrisson <3 mois + personne âgée fragile) + immunodépression sévère + comorbidités décompensées (insuffisance cardiaque + rénale + diabète mal contrôlé) + contexte social défavorable (impossibilité de la réhydratation à domicile) ; examens complémentaires si hospitalisation : ionogramme + créatinine + NFS + CRP + hémocultures si fièvre + coproculture + PCR multiplex selles + imagerie abdominale si douleurs intenses atypiques (TDM → éliminer appendicite + colite pseudomembraneuse + péritonite) |
| Réhydratation — pierre angulaire du traitement SRO — réhydratation IV — alimentation précoce |
La réhydratation orale est le traitement de référence de la GEA dans la grande majorité des cas — elle est aussi efficace que la réhydratation IV pour les déshydratations légères à modérées et réduit les hospitalisations de 50 % ; solutions de réhydratation orale (SRO) : composition optimale selon l'OMS : sodium 75 mmol/L + chlorure 65 mmol/L + glucose 75 mmol/L + potassium 20 mmol/L + citrate 10 mmol/L → osmolarité 245 mOsm/L (SRO hypo-osmolaire de l'OMS 2002 — supérieure à l'ancienne formule hyperosmolaire pour réduire la durée de la diarrhée) — produits disponibles au Québec : Pedialyte (aromatisé + sucettes) + Gastrolyte + Lytren + solutions maison déconseillées (jus de pomme + boissons sportives + bouillon salé → composition électrolytique inadaptée — Gatorade trop sucré + trop peu salé) ; technique de réhydratation orale chez l'enfant (lignes directrices SCP — Société canadienne de pédiatrie) : déshydratation légère à modérée → SRO 50 mL/kg sur 4h (phase de réhydratation) → puis 10 mL/kg par selle liquide supplémentaire (phase d'entretien) → administrer en petites quantités fréquentes (5–10 mL toutes les 5–10 min si vomissements) → progression rapide si tolérée + reprise de l'alimentation normale (incluant les produits laitiers) dès que la réhydratation est établie (ne pas prolonger la diète liquide — données solides contre les régimes «BRAT» restrictifs prolongés) + ondansétron (Zofran) : anti-émétique — 1 dose unique PO ou sublingual (0,15–0,2 mg/kg — maximum 8 mg) → réduit les vomissements + améliore l'adhérence à la réhydratation orale + réduit les hospitalisations (méta-analyse Cochrane 2011) — recommandé par la SCP si vomissements empêchant la réhydratation orale — disponible sans ordonnance en comprimés 4 mg au Canada ; réhydratation IV (déshydratation sévère ou échec de la réhydratation orale) : bolus de NaCl 0,9 % (sérum physiologique) : 20 mL/kg IV en 15–30 min → répéter jusqu'à restauration de la volémie → puis solution de réhydratation IV (Ringer Lactate ou NaCl 0,9 % + KCl selon l'ionogramme) pour corriger le déficit en 4–6h → réintroduction de la réhydratation orale dès que tolérée → ne pas donner de solutions hypotoniques (D5W + D10W) chez le nourrisson (risque d'hyponatrémie) | Alimentation dans la GEA — recommandations actuelles : reprendre l'alimentation normale le plus tôt possible (dès que la phase de réhydratation initiale est complétée — souvent dans les 4 premières heures) — les régimes restrictifs prolongés (riz blanc + carottes + bananes) n'ont pas démontré de bénéfice et peuvent prolonger la convalescence → alimentation riche en glucides complexes + protéines + éviter les aliments gras et hyperosmolaires dans les premières 24h (surcroît de diarrhée osmotique) — allaitement maternel : ne jamais interrompre l'allaitement — continuer l'allaitement tout au long de l'épisode de GEA (facteurs protecteurs + réhydratation assurée) → compléter avec SRO si signes de déshydratation — lait de vache et produits laitiers : la reprise précoce des produits laitiers est recommandée (pas d'hypolactasie cliniquement significative dans la GEA virale de l'enfant immunocompétent dans les pays développés — données Cochrane 2013 ne montrant pas de bénéfice à l'exclusion du lait) — exception : certains nourrissons développent une intolérance au lactose transitoire post-GEA sévère (rotavirus) → formule sans lactose temporaire si symptômes persistants ; probiotiques dans la GEA : Lactobacillus rhamnosus GG (Culturelle) + Saccharomyces boulardii (Florastor) : données les plus solides — méta-analyses (Guarino 2014 + Allen 2010 — Cochrane) : réduction de la durée de la diarrhée de 0,7–1 jour + réduction de la fréquence des selles au 2e jour — effet modeste mais statistiquement significatif — sûrs + bien tolérés → option acceptable chez l'enfant → recommandations ESPGHAN 2014 : probiotiques spécifiques recommandés en adjuvant à la réhydratation (pas en substitution) |
| Antibiothérapie dans la gastroentérite bactérienne Indications ciblées — Campylobacter — Shigella — Salmonella |
L'antibiothérapie n'est pas indiquée de façon systématique dans la GEA bactérienne — la grande majorité est autolimitée et se résout sans antibiotique — une prescription inappropriée favorise la résistance bactérienne et peut aggraver certaines infections (EHEC) ; principes de la prescription d'antibiotiques dans la GEA : ne jamais prescrire empiriquement sans évaluation clinique sérieuse + l'indication doit être justifiée par : sévérité clinique (fièvre élevée + diarrhée sanglante importante + syndrome dysentérique franc) + terrain à risque (immunodéprimés + nourrissons + personnes âgées + drépanocytaires) + pathogène spécifique confirmé ou très fortement suspecté ; contre-indications absolues aux antibiotiques : EHEC O157:H7 confirmé ou suspecté (diarrhée sanglante + épidémie + contact bœuf haché cru) → ANTIBIOTIQUES CONTRE-INDIQUÉS → augmentent le risque de SHU × 17 (méta-analyse Wong 2000) → traitement symptomatique strict + surveillance NFS + fonction rénale + bilirubine ; indications et choix des antibiotiques par pathogène : Campylobacter jejuni : azithromycine 500 mg/j × 3 jours (1re ligne — résistances aux fluoroquinolones >20 % au Canada → ciprofloxacine n°2 ligne uniquement si antibiogramme favorable) — indication : sévérité clinique + immunodépression + bactériémie + Shigella : azithromycine 500 mg/j × 3 jours ou ciprofloxacine 500 mg × 2/j × 3 jours (selon antibiogramme) — indication : toujours traiter (dysenterie bacillaire + très contagieuse + sévérité intrinsèque) + Salmonella non typhoïdique : traitement non recommandé en routine (prolonge l'excrétion fécale) — indication : bactériémie + risque de complications systémiques (nourrissons <3 mois + personnes âgées + drépanocytaires + prothèses vasculaires + VIH) → ciprofloxacine 500 mg × 2/j × 7–14 jours ou ceftriaxone IV si bactériémie grave + diarrhée du voyageur (ETEC) : rifaximine 200 mg × 3/j × 3 jours (non absorbée — traitement local luminal — pas de résistances croisées avec les autres antibiotiques systémiques) ou azithromycine 1 g DU ou 500 mg/j × 3 jours (formes invasives + diarrhée fébrile du voyageur) + Giardia : métronidazole 250 mg × 3/j × 5–7 jours ou tinidazole 2 g DU (préféré — dose unique + efficacité ≥95 %) + E. histolytica : métronidazole 750 mg × 3/j × 10 jours + paromomycine 25–35 mg/kg/j × 7 jours (éradication des formes kystiques) + Cryptosporidium (immunocompétent) : nitazoxanide 500 mg × 2/j × 3 jours (efficacité modérée — non remboursé RAMQ — accès spécial) | Traitements symptomatiques adjuvants : lopéramide (Imodium) : inhibiteur de la motilité intestinale — ralentit le transit + réduit les sécrétions + augmente le tonus du sphincter anal — adulte : 4 mg initialement + 2 mg après chaque selle molle (maximum 16 mg/j) — efficacité démontrée pour réduire la durée de la diarrhée de 1–2 jours — CI absolues : diarrhée sanglante ou dysentérique (risque de mégacôlon toxique) + fièvre élevée + suspicion EHEC + enfant <2 ans — utilisation à éviter si cause infectieuse suspectée invasive (Shigella + C. difficile) → risque de bactériémie et complications ; racécadotril (Tiorfan — enkephalinase inhibitor) : réduit la sécrétion intestinale sans inhiber le péristaltisme — enfant +++ (bébé 1,5 mg/kg × 3/j — comprimés 10 mg) + adulte (100 mg × 3/j) — efficacité modeste mais profil de sécurité meilleur que le lopéramide en pédiatrie — disponibilité au Canada variable ; diosmectite (Smecta) : argile adsobante — réduit la durée de la diarrhée de 0,5–1 jour — sans danger + bien toléré (y compris nourrisson) — adjuvant utile à la réhydratation orale ; hygiène et prévention de la transmission : lavage des mains à l'eau et au savon × 20 secondes (CDC) : mesure la plus efficace + solution hydroalcoolique INSUFFISANTE pour le norovirus et le C. difficile → insister sur le savon + eau — éviction de l'école / garderie / travail : jusqu'à 48h après la résolution des vomissements et de la diarrhée (norovirus particulièrement contagieux) — désinfection des surfaces : hypochlorite de sodium (eau de Javel) à 1 000 ppm (dilution 1:10) → efficace contre le norovirus — agents hydro-alcooliques : insuffisants |
| Diarrhée du voyageur ETEC — prévention — rifaximine — azithromycine |
La diarrhée du voyageur (DV) est la maladie la plus fréquente chez les voyageurs internationaux — elle touche 20–60 % des voyageurs vers les régions à risque élevé (Asie du Sud + Afrique subsaharienne + Amérique latine + Moyen-Orient) ; agents causaux : ETEC (E. coli entérotoxinogène) : 40–60 % des DV dans les pays tropicaux + Campylobacter (Asie du Sud-Est ++) + Salmonella + Shigella + norovirus + rotavirus + Giardia + Cryptosporidium (eau) + agents émergents : E. coli entéroaggrégatif (EAEC) + E. coli entéropathogène (EPEC) ; présentation clinique : diarrhée aqueuse profuse + crampes abdominales + nausées + début brutal dans les 2 semaines suivant l'arrivée dans le pays à risque — fièvre légère possible — durée : 1–5 jours si ETEC non compliqué — formes sévères (dysenterie fébrile) → Campylobacter + Shigella + amœbose ; prévention de la diarrhée du voyageur : règles alimentaires («Boil it, cook it, peel it, or forget it») : ne consommer que de l'eau embouteillée ou bouillie + éviter les glaçons + salades + crudités + fruits non pelés + poissons et crustacés crus + aliments de rue (chaleur insuffisante) → efficacité partielle : 30–50 % de réduction du risque — vaccin oral contre le choléra (Dukoral) : contient la sous-unité B du choléra → protection croisée partielle contre l'ETEC (même sous-unité B) → réduction modeste (25–50 %) de la DV à ETEC → recommandé pour les voyageurs à haut risque (immunodéprimés + MICI) → indication au cas par cas + rifaximine prophylactique : 200 mg/j × durée du séjour → réduction de 77 % du risque de DV (essais cliniques) → non recommandée en routine (risque de résistances + coût) → option chez les voyageurs à haut risque (immunodéprimés + chirurgie récente + MICI) + probiotiques : Saccharomyces boulardii → méta-analyses : réduction modeste (environ 15–25 %) du risque de DV → sans danger + option acceptable | Traitement de la diarrhée du voyageur : traitement de 1re ligne (diarrhée légère à modérée sans fièvre ni sang) : rifaximine 200 mg × 3/j × 3 jours (non absorbée → traitement luminal → pas d'effet sur les bactéries invasives → à réserver aux diarrhées non fébriles non sanglantes → efficace sur ETEC ++) ou lopéramide seul (symptomatique + durée réduite) ; traitement de 2e ligne (diarrhée modérée à sévère avec fièvre et/ou sang) : azithromycine 1 g PO dose unique ou 500 mg/j × 3 jours → couvre Campylobacter + Shigella + Salmonella + ETEC → 1re ligne en Asie du Sud-Est (résistances aux fluoroquinolones à Campylobacter quasi universelles) + ciprofloxacine 500 mg × 2/j × 3 jours → alternative si azithromycine non disponible → à éviter en Asie du Sud-Est (résistances Campylobacter) → efficace pour E. coli + Salmonella + Shigella en Amérique Latine + Afrique ; automédication recommandée pour les voyageurs : prescrire d'avance azithromycine + lopéramide (pour une utilisation en cas de DV sévère pendant le voyage) → expliquer les critères d'utilisation et les situations nécessitant une consultation médicale (fièvre élevée + sang + durée >3 jours + déshydratation sévère) ; diarrhée prolongée du voyageur (>14 jours) : parasites à évoquer prioritairement : Giardia + Cryptosporidium + Cyclospora cayetanensis (Asie + Amériques) + Entamoeba histolytica + SIBO post-infectieux + côlon irritable post-infectieux → parasitologie des selles × 3 + antigènes fécaux + consultation en médecine des voyages ou infectiologie |
| Gastroentérite chez l'enfant — particularités pédiatriques SRO — ondansétron — vaccin rotavirus — SHU |
La GEA chez l'enfant présente des particularités cliniques et thérapeutiques importantes — la déshydratation est la complication principale et peut être rapidement sévère chez le nourrisson ; risque de déshydratation selon l'âge : nourrisson <6 mois : risque maximal (réserves hydriques faibles + surface corporelle élevée + incapacité à exprimer la soif + dépendance totale aux soignants) → seuil d'hospitalisation plus bas — enfant 6 mois–5 ans : risque important — rotavirus → déshydratation sévère avant la vaccination — enfant >5 ans et adolescent : risque plus faible — tableau similaire à l'adulte ; rotavirus et vaccination : avant le programme de vaccination (2011 au Québec) : cause principale d'hospitalisation pour GEA chez l'enfant de <2 ans — depuis le programme québécois : réduction de 85–90 % des hospitalisations pour rotavirus — vaccin oral (Rotarix 2 doses ou RotaTeq 3 doses) : 1re dose dès 6 semaines — ne pas dépasser 14 semaines pour la 1re dose (risque d'invagination intestinale si initié trop tard) — gratuit dans le programme québécois de vaccination ; syndrome hémolytique et urémique (SHU) post-EHEC : complication grave survenant 2–14 jours après une colite à EHEC — triade : anémie hémolytique microangiopathique + thrombopénie + insuffisance rénale aiguë — mécanisme : shigatoxines → lésion endothéliale des capillaires glomérulaires + cérébraux → MAT — incidence : 5–15 % des enfants infectés par EHEC O157:H7 — mortalité : 1–5 % (en diminution) — séquelles : insuffisance rénale chronique dans 30 % — traitement : supportif (dialyse si nécessaire) + éculizumab (anti-C5 — complement inhibitor) dans les formes sévères avec atteinte neurologique ou SHU réfractaire (recommandations KDIGO 2020) — pas d'antibiotiques + pas d'anti-motilité ; vomissements dans la GEA pédiatrique : ondansétron (Zofran) : 1 dose PO ou sublingual (0,15 mg/kg — max 4 mg <15 kg + 8 mg ≥15 kg) → SCP : recommandé pour permettre la réhydratation orale et éviter l'hospitalisation (méta-analyse Cochrane 2011) → réduction du taux d'hospitalisation de 54 % vs placebo — métoclopramide : non recommandé chez l'enfant (effets extrapyramidaux) — dompéridone : efficacité non démontrée en GEA pédiatrique | Invagination intestinale — à ne pas manquer chez l'enfant : diagnostic différentiel critique de la GEA chez le nourrisson de 3 mois à 3 ans — tableau : douleurs abdominales par crises avec intervalle libre + pâleur + hypotonie + vomissements + selles en «gelée de groseille» (sang + mucus — tardif) — ATYPIQUE : peut simuler une GEA avec léthargie et vomissements sans signe abdominal évident → tout enfant avec léthargie disproportionnée + douleurs par crises + vomissements → échographie abdominale urgente (image en «cible» ou «cocarde» + masse de la fosse iliaque droite) → réduction hydrostatique par lavement sous contrôle radioscopique ou échographique (succès 85 %) → chirurgie si échec ou perforation ; autres diagnostics différentiels de la GEA chez l'enfant : appendicite aiguë (douleur de la fosse iliaque droite + fièvre + défense + NFS + CRP élevée + TDM ou écho) + méningite (fièvre + raideur de la nuque + vomissements + photophobie) + hernie inguinale étranglée + céto-acidose diabétique (premiers symptômes parfois digestifs → glycémie + corps cétoniques) + purpura de Henoch-Schönlein + intoxication (acétaminophène + ingestions accidentelles) → penser systématiquement à ces diagnostics devant tout tableau digestif atypique chez l'enfant ; prévention de la gastroentérite en collectivité (garderies + écoles) : règles d'hygiène : lavage des mains au savon obligatoire + après les toilettes + avant et après les repas → éviction : jusqu'à 48h après la résolution des vomissements et de la diarrhée → nettoyage et désinfection à l'eau de Javel des surfaces de contact (tables + poignées + jouets) |
Nourrisson <3 mois avec vomissements + diarrhée + fièvre ou hypothermie + léthargie ou fontanelle bombée → hospitalisation urgente + bilan infectieux complet + réhydratation IV + éliminer méningite et sepsis néonatal.
Diarrhée sanglante + pâleur + anurie + œdèmes + confusion chez un enfant ayant consommé du bœuf haché cru → SHU post-EHEC → urgence pédiatrique → NFS + plaquettes + créatinine + LDH + coproculture EHEC → pas d'antibiotiques + pas de lopéramide → dialyse si nécessaire.
Déshydratation sévère : léthargie + yeux excavés + pli cutané persistant + tachycardie + hypotension + anurie → réhydratation IV urgente → NaCl 0,9 % 20 mL/kg IV en bolus → répéter jusqu'à stabilisation → ionogramme + créatinine.
Diarrhée + fièvre élevée + douleur abdominale intense + rigidité de la paroi abdominale → perforation intestinale ou péritonite → TDM abdominale urgente + chirurgie en urgence + antibiothérapie IV à large spectre.
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Les médecins de Clinique Omicron évaluent les gastroentérites aiguës de l'enfant et de l'adulte — évaluation du degré de déshydratation, orientation vers la réhydratation orale ou hospitalière, prescription ciblée d'antibiotiques selon le pathogène, et suivi des formes prolongées nécessitant un bilan microbiologique. La télémédecine est disponible pour l'évaluation initiale des cas bénins à modérés. Ces services sont accessibles dans plusieurs points de service au Québec. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un pédiatre. Tout épisode de diarrhée sanglante, de déshydratation sévère ou de vomissements incoercibles doit être évalué rapidement par un professionnel de santé.
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