HBeAg — antigène e de l'hépatite B
Biologie de l'HBeAg, phases de l'infection chronique et interprétation sérologique
- Structure, biosynthèse et signification virologique de l'HBeAg : structure moléculaire : le VHB est un virus à ADN partiellement double brin de la famille des Hepadnaviridae → génome de 3,2 kb → 4 cadres de lecture ouverts (ORF) → ORF C (core) : code la protéine de capside HBcAg + la préprotéine précore/core → HBcAg : protéine de capside intracellulaire → non sécrétée dans le sang (non détectable par test sérologique standard) → HBeAg : produit de traitement protéolytique de la préprotéine précore/core → signal peptide de 19 acides aminés (précore) → clivage dans le réticulum endoplasmique + appareil de Golgi → protéine sécréte de 16–18 kDa → passe dans la circulation sanguine → détectable par ELISA/immunochimiluminescence ; rôle biologique de l'HBeAg : marqueur de la réplication active du VHB → corrèle en général avec la charge virale (ADN VHB élevé) → rôle immunomodulateur : l'HBeAg sécrété agit comme un tolérogène immunologique → induit la tolérance des lymphocytes T CD4+ et CD8+ vis-à-vis des épitopes du core viral → mécanisme expliquant la persistance virale dans l'infection chronique et la tolérance immune néonatale (Milich 1998 — Science) → les mutants précore (G1896A le plus fréquent) : mutation dans la région précore → codon stop prématuré → arrêt de la traduction de la préprotéine → HBeAg non produit et non sécrété malgré une réplication virale active → HBeAg négatif + charge virale élevée → hépatite B HBeAg-négative = forme mutante → la plus fréquente en Europe méditerranéenne + Asie + Afrique du Nord → prévalence croissante mondiale ; phases de l'infection chronique par le VHB — classification EASL 2017 : phase 1 — tolérance immune (HBeAg-positive, réplication haute, inflammation minimale) : HBeAg+ + ADN VHB très élevé (>10⁷ UI/mL) + ALT normale ou quasi-normale + inflammation hépatique minimale à la biopsie → commun chez les sujets infectés à la naissance ou en très bas âge (transmission verticale) → durée : des décennies → risque faible d'évolution immédiate mais risque CHC non nul → NE PAS traiter en général (réponse médiocre aux antiviraux + interféron) → phase 2 — hépatite chronique HBeAg-positive (immunoréaction) : HBeAg+ + ADN VHB élevé (10⁵–10⁷ UI/mL) + ALT élevée + inflammation hépatique active (nécrose + fibrose progressive) → réponse immunitaire partielle → risque de progression vers la cirrhose → indication au traitement selon les critères EASL/AASLD → phase 3 — portage inactif (post-séroconversion HBeAg→HBeAb) : HBeAg− + anti-HBe+ + ADN VHB bas (<2 000 UI/mL) + ALT normale + fibrose minime → phase «bénigne» → surveillance annuelle sans traitement → taux de réactivation en phase 4 : 1–3 %/an → phase 4 — hépatite chronique HBeAg-négative (mutant précore) : HBeAg− + anti-HBe+ + ADN VHB fluctuant (2 000–20 000 UI/mL) + ALT élevée ou fluctuante + inflammation et fibrose actives → forme sévère car évolution plus rapide vers la cirrhose + CHC + souvent diagnostiquée tardivement → traitement antiviral souvent à vie → phase 5 — AgHBs négatif (infection occulte ou guérison fonctionnelle) : AgHBs− + anti-HBc+ ± anti-HBs+ + ADN VHB indétectable → guérison fonctionnelle → risque de réactivation si immunodépression sévère (chimiothérapie + rituximab + immunosuppresseurs)
- Interprétation du profil sérologique complet VHB — place de l'HBeAg dans le bilan : antigène de surface HBsAg (AgHBs) : premier marqueur à apparaître lors de l'infection aiguë (2–8 semaines post-exposition) → persiste >6 mois → infection chronique → anticorps anti-HBs (anti-HBs) : marqueur d'immunité protectrice → apparaît après guérison spontanée ou vaccination → titre protecteur : ≥10 mUI/mL → anti-HBs isolé (sans anti-HBc) : vaccination + anticorps anti-HBc total (anti-HBc IgG) : marqueur d'infection ancienne ou active → persiste à vie après toute infection → présent dans l'hépatite aiguë + chronique + guérison + infection occulte → n'est pas induit par le vaccin → anti-HBc IgM : marqueur d'infection aiguë récente ou de réactivation sévère → titre élevé dans l'hépatite aiguë B → peut être positif lors des poussées de réactivation d'une hépatite chronique ; HBeAg et anti-HBe dans le contexte sérologique : HBeAg + AgHBs → infection active avec réplication virale → charge virale généralement élevée → infectiosité maximale → HBeAg + anti-HBe simultanément (fenêtre sérologique) : transitoire lors de la séroconversion → possible lors des mutants précore partiels → anti-HBe + AgHBs : post-séroconversion → portage inactif (ADN <2 000) ou hépatite HBeAg-négative (ADN >2 000) → différenciés par l'ADN VHB quantitatif → ADN VHB (charge virale PCR) : indispensable pour différencier le portage inactif de l'hépatite HBeAg-négative → méthode : PCR en temps réel → sensibilité : ≥10–20 UI/mL → seuil de traitement EASL : ≥2 000 UI/mL avec ALT élevée + fibrose significative → seuils de charge virale (EASL 2017) : >20 000 UI/mL chez l'HBeAg+ → indicateur de réplication active + 2 000–20 000 UI/mL chez l'HBeAg− avec ALT élevée → traitement souvent indiqué + <2 000 UI/mL + ALT normale → portage inactif → surveillance → AgHBs quantitatif (qAgHBs) : émergence comme outil de suivi → reflète la charge d'ADNccc intrahépatique → outil de prédiction de la séroconversion sous traitement + critère de fin de traitement par interféron (qAgHBs <1 000 UI/mL à 6 mois → bon prédicteur de réponse à l'IFN — Brunetto 2009 — Hepatology) + génotypage VHB (A–H) : génotype A : le plus sensible à l'interféron + le plus fréquent en Afrique subsaharienne et Europe du Nord → génotype B + C : fréquents en Asie → génotype C : associé à un risque plus élevé de CHC → génotype D : méditerranéen + Moyen-Orient + Europe de l'Est → souvent mutant précore → HBeAg-négatif prédominant → génotype E : Afrique occidentale → important pour guider la durée du traitement par interféron et le pronostic
- Séroconversion HBeAg — événement clinique majeur et ses implications : définition et taux spontané : disparition de l'HBeAg + apparition de l'anti-HBe → taux de séroconversion spontanée : 5–15 %/an selon l'âge + le génotype + l'activité inflammatoire → cumulative à 10 ans : 50–70 % dans les pays occidentaux → facteurs favorisant la séroconversion spontanée : âge adulte + génotype A ou B (vs C ou D) + élévation des transaminases (flare hépatique) précédant la séroconversion + sexe masculin + origine non asiatique ; signification de la séroconversion HBeAg dans l'histoire naturelle : séroconversion précoce (avant 30–40 ans) avec fibrose minimale → excellente prévention du CHC et de la cirrhose → Iloeje 2006 — Gastroenterology (REVEAL-HBV study Taiwan, 3 582 patients) : charge virale élevée → principal facteur de risque de CHC indépendamment du statut HBeAg → séroconversion spontanée → réduction significative du risque de CHC → séroconversion tardive (après 40–50 ans avec fibrose avancée ou cirrhose déjà installée) → le risque de CHC persiste malgré la séroconversion + possibilité de réactivation HBeAg (>1 %/an) → surveillance CHC maintenue à vie chez les cirrhotiques + porteurs HBsAg + antécédents familiaux de CHC ; séroconversion induite par le traitement : objectif thérapeutique dans l'hépatite HBeAg-positive → interféron pégylé (Peg-IFN α-2a) : taux de séroconversion HBeAg à 1 an : 30–32 % + maintenu après arrêt du traitement (réponse plus durable) → analogues nucléos(t)idiques (AN) : ténofovir + entécavir → séroconversion HBeAg : 20–30 % à 5 ans (plus lente qu'avec l'IFN) → rarement maintenue si le traitement est arrêté prématurément → définition de la réponse virologique complète sous AN : ADN VHB indétectable + normalisation des ALT + séroconversion HBeAg (objectif principal) → perte de l'AgHBs (guérison fonctionnelle) : rare sous AN (1–3 % à 5 ans) + plus fréquente avec Peg-IFN (3–7 % à 3 ans post-traitement) → AgHBs loss = objectif ultime mais rarement atteint → surveillance après séroconversion HBeAg sous AN : maintenir le traitement AN minimum 12 mois après la séroconversion confirmée (2 dosages séparés d'au moins 6 mois) + ADN VHB indétectable → discussion de l'arrêt selon les guidelines + si arrêt → surveillance rapprochée (ADN VHB + ALT tous les 3 mois pendant 1 an)
Traitement de l'hépatite B chronique — indications et stratégies
| Aspect clinique / traitement | Critères, mécanismes et modalités | Données probantes et suivi |
|---|---|---|
| Indications du traitement antiviral — critères EASL 2017 et AASLD 2018 ADN VHB — ALT — fibrose — HBeAg — AgHBs — biopsie — élastographie |
Critères d'indication du traitement antiviral (EASL 2017 + AASLD 2018 + CASL — Canadian Association for the Study of the Liver) : traitement recommandé sans délai : cirrhose compensée ou décompensée + AgHBs (peu importe ADN VHB + ALT) → traitement à vie → hépatite HBeAg-positive avec ADN VHB >20 000 UI/mL + ALT >2× la normale supérieure (LSN) → évaluer la fibrose par élastographie ou biopsie → traiter si fibrose ≥F2 (Metavir) → hépatite HBeAg-négative avec ADN VHB >2 000 UI/mL + ALT élevée + fibrose ≥F2 → traitement à vie dans la grande majorité des cas → immunodépression imminente (chimiothérapie + rituximab + corticoïdes haute dose + transplantation + biothérapies) + AgHBs+ → prophylaxie antivirale systématique (entécavir ou ténofovir) → démarrer ≥7 jours avant l'immunosuppression → maintenir 6–12 mois après la fin de l'immunosuppression (18–24 mois si rituximab) → prévention de la réactivation ; critères non consensuels — zones grises et situations nuancées : tolérance immune (phase 1) : HBeAg+ + ADN très élevé + ALT normale + biopsie minimale → NE PAS traiter en général (mauvaise réponse à l'IFN + réponse médiocre aux AN à long terme) → MAIS : si âge >30–40 ans + élastographie montre F2–F3 → traitement discuté cas par cas → portage inactif (phase 3) : HBeAg− + ADN <2 000 + ALT normale → NE PAS traiter → surveillance annuelle (ALT + ADN VHB + AgHBs + échographie abdominale ± AFP) → antécédent familial de CHC → surveiller l'ADN VHB + échographie + AFP tous les 6 mois → ALT persistamment élevée (1,5–2× LSN) + ADN VHB élevé sans atteinte histologique significative → surveillance + réévaluation à 3 mois → élastographie hépatique (FibroScan) + tests sériques de fibrose (FIB-4 = [âge × ASAT] / [plaquettes × √ALAT] → FIB-4 <1,30 → faible probabilité de fibrose avancée + FIB-4 >2,67 → forte probabilité de F3–F4) → réduit le recours à la biopsie + décision de traitement en hépatologie spécialisée → bilan complémentaire avant le traitement : NFS + bilan hépatique complet (ALT + AST + GGT + bilirubine + TP + albumine) + DFGe + créatinine + phosphatémie (ténofovir) + sérologie VHC + VHD + VIH + échographie abdominale + AFP + si cirrhose → MELD-Na + gastroscopie (varices) | Évaluation non invasive de la fibrose hépatique dans le VHB : élastographie par ultrasons (FibroScan — Vibration-Controlled Transient Elastography — VCTE) : mesure de la rigidité hépatique en kPa → corrèle avec le stade de fibrose Metavir → seuils dans le VHB (différents du VHC) : F0–F1 : <7–8 kPa + F2 : 8–9 kPa + F3 : 9–12 kPa + F4 (cirrhose) : >12–13 kPa → fiabilité réduite si : obésité (IMC >30) + inflammation hépatique active (ALT très élevée → surestimation de la fibrose) + insuffisance cardiaque droite → répéter l'élastographie à distance du flare hépatique + FIB-4 : index non invasif → FIB-4 ≥1,30 → évaluation supplémentaire → FIB-4 ≥2,67 → cirrhose probable → APRI (AST-to-Platelet Ratio Index) : moins précis mais utilisable + biopsie hépatique : indication residuelle si discordance entre les tests non invasifs + si suspicion de co-morbidité (NAFLD + alcool) + évaluation histologique de l'activité inflammatoire (score Knodell + Ishak + Metavir) + surveillance CHC sous traitement antiviral : échographie abdominale + AFP → tous les 6 mois si : cirrhose + origine asiatique (homme >40 ans + femme >50 ans) + origine africaine + antécédent familial de CHC + co-infection VHD + Les antiviraux réduisent mais n'éliminent pas le risque de CHC : Liaw 2004 — NEJM (CLAM study) : lamivudine → réduction du risque de CHC de 51 % + réduction de la décompensation hépatique → données reproductibles avec ténofovir et entécavir |
| Analogues nucléos(t)idiques (AN) — ténofovir et entécavir Ténofovir disoproxil fumarate — ténofovir alafénamide — entécavir — barrière génétique — résistance |
Ténofovir disoproxil fumarate (TDF — Viread 300 mg/j) : analogue nucléotidique de l'adénosine → inhibiteur de la reverse transcriptase du VHB → incorporé dans l'ADN viral en cours de synthèse → terminaison de chaîne → haute barrière génétique à la résistance (aucun cas de résistance confirmé en 10 ans d'utilisation — Marcellin 2008 — NEJM + Heathcote 2011 — Hepatology) → efficacité : ADN VHB indétectable à 48 semaines : 76 % dans l'HBeAg+ + 93 % dans l'HBeAg− → normalisation ALT : 68 % (HBeAg+) + 76 % (HBeAg−) → séroconversion HBeAg à 1 an : 21 % → disponible au Canada + remboursé RAMQ pour l'hépatite B chronique + effets secondaires principaux : néphrotoxicité tubulaire (syndrome de Fanconi — phosphaturie + glucosurie normoglycémique + hypophosphatémie) + perte de densité osseuse (activation des ostéoclastes) + surveillance : DFGe + phosphatémie toutes les 3–6 mois → si DFGe <50 mL/min → passer au ténofovir alafénamide (TAF) → ténofovir alafénamide (TAF — Vemlidy 25 mg/j) : prodrug du ténofovir → métabolisme intracellulaire préférentiel → concentration plasmatique du ténofovir 90 % inférieure au TDF → même efficacité virologique → néphrotoxicité significativement réduite → perte osseuse réduite → Buti 2016 — Lancet Gastroenterology and Hepatology : TAF non inférieur au TDF sur l'efficacité virologique + profil de sécurité rénal et osseux supérieur → remboursement RAMQ progressif → à privilégier si IRC + ostéoporose + âge avancé + insuffisance rénale préexistante → entécavir (Baraclude 0,5 mg/j — naïf de lamivudine ; 1 mg/j — résistant lamivudine) : analogue nucléosidique de la guanosine → inhibition de la priming de la polymérase VHB + de la transcription inverse + de la synthèse de l'ADN de sens positif → haute barrière génétique → efficacité : ADN VHB indétectable à 48 semaines : 67 % (HBeAg+) + 90 % (HBeAg−) → Chang 2006 — NEJM : entécavir vs lamivudine → suppression virale supérieure + histologie améliorée → résistance : <1 % à 5 ans chez les naïfs → mais 51 % à 5 ans chez les résistants lamivudine → ne pas utiliser chez les résistants lamivudine sans substitution → prise à jeun (1–2h avant ou 2h après le repas pour optimiser l'absorption) → effets secondaires : très bien toléré → risque théorique d'acidose lactique (comme tous les AN) → extrêmement rare | Durée du traitement et critères d'arrêt des AN (EASL 2017) : hépatite HBeAg-positive sous AN : objectif → séroconversion HBeAg confirmée (2 dosages à ≥6 mois d'intervalle) + ADN VHB indétectable → maintenir AN minimum 12 mois supplémentaires après séroconversion → puis discuter l'arrêt si : non-cirrhotique + ADN VHB indétectable confirmé + anti-HBe+ stable → si AgHBs perdu → arrêt justifié → risque de rechute après arrêt AN : 40–60 % à 2 ans → surveillance rapprochée → hépatite HBeAg-négative sous AN : traitement quasi indéfini (à vie) dans la plupart des cas → pas de critère d'arrêt fiable → perte de l'AgHBs (rare, <1–3 %/an) = seul critère d'arrêt fiable → arrêt prématuré → rechute quasi certaine → consolidation thérapeutique : critère EASL 2017 pour envisager l'arrêt dans l'HBeAg-négative : AgHBs indétectable + ADN VHB indétectable depuis ≥3 ans + non-cirrhotique → surveillance ALT + ADN VHB + AgHBs aux 3 mois la 1re année post-arrêt ; molécules à éviter ou à utiliser avec précaution : lamivudine (Epivir-HBV 100 mg/j) : première génération + barrière génétique très faible → résistance (mutation YMDD) dans 70 % à 5 ans → n'utiliser que si l'accès aux AN de haute barrière est impossible → adéfovir dipivoxil (Hepsera) : néphrotoxicité + barrière génétique intermédiaire → obsolète + telbivudine (Tyzeka) : barrière génétique faible + neuropathie périphérique → peu utilisé → lamivudine + telbivudine → sélection rapide de résistances croisées → entécavir + TDF ou TAF → combinaison de référence chez les patients avec résistance à la lamivudine ou très forte charge virale |
| Interféron pégylé (Peg-IFN α-2a) — traitement fini avec immunomodulation Peg-IFN α-2a — 48 semaines — séroconversion HBeAg — perte AgHBs — contre-indications |
Mécanisme d'action du Peg-IFN dans l'hépatite B : double mécanisme : immunomodulateur (stimulation des lymphocytes T CD8+ cytotoxiques + NK + activation des macrophages + augmentation de la présentation antigénique) + antiviral direct (inhibition de la réplication via la voie JAK-STAT → production de protéines antivirales : RNase L + protéine kinase R + Mx) → avantage principal : traitement de durée finie (48 semaines) → réponse durable après arrêt → possibilité de perte de l'AgHBs + inconvénients : effets secondaires importants → tolérance médiocre → administration sous-cutanée hebdomadaire → contre-indications formelles nombreuses ; Peg-IFN α-2a (Pegasys 180 µg/semaine SC × 48 semaines) : essai PEGASYS HBV (Lau 2005 — NEJM) : HBeAg-positive → Peg-IFN α-2a × 48 semaines → séroconversion HBeAg à 24 semaines post-traitement : 32 % vs 19 % (lamivudine) vs 27 % (combinaison — pas de bénéfice de la combinaison) → perte AgHBs à 3 ans post-traitement : 11 % (génotype A) + 0 % (génotype D) → essai Peg-IFN HBeAg-négative (Marcellin 2004 — NEJM) : Peg-IFN α-2a × 48 semaines → réponse virologique soutenue (ADN VHB <20 000 UI/mL à 24 semaines post-traitement) : 43 % vs 29 % (lamivudine) → normalisation ALT soutenue : 59 % vs 44 % → perte AgHBs à 3 ans : 8 % → prédicteurs de réponse favorable à Peg-IFN : génotype A ++ (et B) + HBeAg-positif + ALT élevée (>5× LSN) + ADN VHB bas avant traitement + qAgHBs <20 000 UI/mL à J0 + règle d'arrêt à 12 semaines (stopping rule) : si qAgHBs ne diminue pas à semaine 12 sous Peg-IFN → réponse très improbable → arrêt recommandé (Brunetto 2009 — Hepatology : qAgHBs >20 000 UI/mL à semaine 12 → VPN 97 % d'absence de réponse) ; contre-indications du Peg-IFN dans le VHB : cirrhose décompensée (Child-Pugh B ou C) + thrombopénie sévère (<90 000/mm³) + dépression sévère ou antécédents de psychose + maladie auto-immune active (thyroïdite + polyarthrite + MICI sévère) + grossesse + DFGe <50 mL/min + cardiopathie ischémique sévère + rétinopathie sévère | Effets secondaires du Peg-IFN et gestion pratique : syndrome pseudo-grippal : fièvre + frissons + myalgies + céphalées → les 2–3 premières semaines + amélioration spontanée → paracétamol 1 g 30 min avant l'injection → injection le soir pour dormir les effets + asthénie profonde : principale cause de non-observance → peut nécessiter un arrêt de travail temporaire + cytopénies : neutropénie (G-CSF si PNN <500/mm³) + thrombopénie (réduire la dose si plaquettes <50 000) + NFS toutes les 4 semaines + troubles thyroïdiens (thyroïdite auto-immune) : hypothyroïdie ou hyperthyroïdie → TSH avant traitement + toutes les 12 semaines + dépression + troubles anxieux : évaluation psychiatrique avant + suivi mensuel + informer le patient + risque suicidaire → arrêt si dépression sévère + alopécie + rétinolopathie : fond d'œil avant traitement si diabète + HTA + rétinopathie préexistante ; stratégie combinée Peg-IFN + AN («add-on» ou switch) : combinaison séquentielle (AN pendant quelques mois → add-on Peg-IFN) ou switch vers Peg-IFN chez des patients bien sélectionnés sous AN → objectif : taux de perte AgHBs plus élevé → essais en cours + données préliminaires prometteuses (ARES — Bourlière 2017 — Hepatology) mais pas encore une pratique standard → décision spécialisée ; surveillance biologique sous traitement antiviral : ADN VHB quantitatif (charge virale) : à 12 semaines + 24 semaines + puis tous les 6 mois → ALT + AST + bilirubine + albumine + TP : tous les 3 mois + AgHBs quantitatif (qAgHBs) : tous les 6 mois → prédicteur de réponse + NFS + DFGe + phosphatémie (si TDF) : tous les 6 mois → échographie abdominale + AFP : tous les 6 mois (si cirrhose ou facteurs de risque de CHC) |
| Co-infections, situations particulières et prévention VHB + VHD — VHB + VIH — grossesse — réactivation — vaccination — prophylaxie |
Co-infection VHB + VHD (virus de l'hépatite delta) : VHD : virus à ARN défectif → ne peut se répliquer qu'en présence de l'AgHBs (nécessite l'enveloppe du VHB) → superinfection VHD chez un porteur VHB → hépatite fulminante + progression accélérée vers la cirrhose → prévalence : 15–72 millions de personnes co-infectées dans le monde (Chen 2019 — Journal of Viral Hepatitis) → diagnostique : anticorps anti-VHD + ARN VHD si anti-VHD+ → traitement spécifique du VHD : Peg-IFN α-2a × 48–72 semaines → la seule option disponible pendant des décennies → taux de réponse virologique soutenue (ARN VHD indétectable 6 mois post-traitement) : 25–30 % → bulévirtide (Hepcludex) : premier traitement spécifique du VHD approuvé → inhibiteur du récepteur NTCP (sodium-taurocholate cotransporting polypeptide) → bloque l'entrée du VHD et du VHB dans les hépatocytes → approbation EMA 2020 (accès conditionnel) → FDA en cours d'examen → données NEJM Evidence 2023 (Wedemeyer) : bulévirtide 10 mg/j × 96 semaines → réponse combinée (ARN VHD indétectable + normalisation ALT) dans 50–55 % vs 0 % sous placebo → voie SC → à combiner avec un AN actif sur le VHB (TDF ou TAF) → accès limité au Canada (programme d'accès spécial Santé Canada) ; co-infection VHB + VIH : sélection du traitement antirétroviral (TARV) : choisir un TARV actif sur les deux virus → TDF/TAF + emtricitabine (FTC) ou lamivudine (3TC) → présents dans les combinaisons de TARV modernes (Biktarvy = bictégravir + TAF + FTC → actif sur VHB) → entécavir peut être ajouté si résistance → ne jamais utiliser la lamivudine seule pour le VHB si VIH (risque de résistance VIH) + grossesse et VHB — transmission verticale et prophylaxie : taux de transmission mère-enfant sans prophylaxie : 70–90 % si mère HBeAg+ + 10–40 % si mère HBeAg− → prophylaxie néonatale combinée : immunoglobulines anti-HBV (HBIG 0,5 mL IM dans les 12h de vie) + vaccination VHB (schéma complet 0–1–6 mois) → efficacité : 85–95 % de prévention → si charge virale maternelle >200 000 UI/mL à T3 → prophylaxie antivirale maternelle : ténofovir (TDF ou TAF) à partir de 28–32 semaines jusqu'à 4–12 semaines post-partum → Pan 2016 — NEJM : TDF maternel → réduction de la transmission de 18 % à 7 % vs placebo → EASL : recommandation de classe A → compatible avec l'allaitement (faible passage dans le lait maternel) | Réactivation du VHB sous immunosuppression — problème de santé publique croissant : définition : augmentation de l'ADN VHB ≥2 log₁₀ UI/mL ou apparition d'un ADN VHB détectable chez un patient préalablement indétectable → chez un porteur AgHBs+ ou AgHBs-/anti-HBc+ (infection occulte) → sous immunosuppression → peut provoquer une hépatite sévère + fulminante + décès + agents immunosuppresseurs à haut risque de réactivation (Reddy 2015 — Annals of Internal Medicine) : rituximab (anti-CD20) : risque le plus élevé — réactivation dans 20–30 % des AgHBs+ sans prophylaxie → ofatumumab + obinutuzumab + corticoïdes haute dose (>20 mg/j de prednisolone >4 semaines) + agents anti-TNF (infliximab + adalimumab + étanercept) : risque intermédiaire → chimiothérapie cytotoxique + transplantation → dépistage obligatoire avant toute immunosuppression : AgHBs + anti-HBs + anti-HBc total → si AgHBs+ → prophylaxie antivirale systématique (entécavir ou TDF/TAF) → si AgHBs-/anti-HBc+ → prophylaxie si rituximab ou haut risque + surveillance ADN VHB mensuelle si pas de prophylaxie + Santé Canada + MSSS Québec : dépistage VHB recommandé chez : immigrants de pays à prévalence élevée (Asie + Afrique subsaharienne + Europe de l'Est + Amérique latine + Moyen-Orient) + utilisateurs de drogues injectables + hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes + partenaires sexuels de porteurs VHB + enfants nés de mères VHB+ → vaccination VHB universelle : 3 doses (0–1–6 mois) → Engerix-B + Recombivax → efficacité 95–99 % → immunité protectrice durable (anti-HBs ≥10 mUI/mL) → TWINRIX (VHA + VHB) : 3 ou 4 doses → protection combinée → vérification du titre anti-HBs post-vaccination : chez les immunodéprimés + professionnels de la santé → si anti-HBs <10 mUI/mL → dose de rappel |
Ictère brutal (jaunisse) + hépatalgie + ALT >10–20× la normale + TP <50 % + encéphalopathie hépatique (confusion + astérixis) chez un porteur VHB connu ou suspecté → hépatite B fulminante ou réactivation sévère → urgence hépatologique → hospitalisation immédiate → dosage ADN VHB en urgence + anti-HBc IgM + NFS + TP + bilirubine + ammoniémie → initier entécavir ou ténofovir sans attendre les résultats virologiques complets → contact du centre de transplantation hépatique si encéphalopathie grade ≥2.
Découverte d'un AgHBs+ chez une femme enceinte lors du bilan prénatal + charge virale >200 000 UI/mL → indication à la prophylaxie antivirale maternelle par TDF à partir de 28 semaines + planification de la prophylaxie néonatale (HBIG + vaccin dans les 12h de vie) → orientation vers hépatologie et obstétrique en urgence pour coordonner la prise en charge.
Patient AgHBs+ initiant une chimiothérapie avec des agents alcalants ou du rituximab sans prophylaxie antivirale préalable → risque de réactivation sévère → initier entécavir ou TDF/TAF immédiatement → si possible avant la première cure → contacter l'hémato-oncologue pour coordonner la prophylaxie → surveiller ADN VHB + ALT toutes les 4–6 semaines.
Ascite de novo + œdèmes des membres inférieurs + ictère + hémorragie digestive haute (hématémèse + méléna) chez un porteur VHB chronique → décompensation cirrhotique → hospitalisation urgente → bilan hépatique complet + ADN VHB + imagerie (échographie + Doppler hépatique) + gastroscopie → initier TDF ou entécavir si pas déjà sous traitement → évaluation transplantation hépatique si MELD ≥15–20.
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Les médecins de Clinique Omicron assurent le dépistage de l'hépatite B, l'interprétation du bilan sérologique complet incluant l'HBeAg, la quantification de l'ADN VHB et l'évaluation initiale de l'atteinte hépatique, et coordonnent la référence en hépatologie spécialisée pour les décisions thérapeutiques et le suivi au long cours. Le dépistage de l'hépatite B est recommandé pour toute personne originaire d'un pays à prévalence élevée. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un hépatologue. Tout résultat sérologique VHB positif doit faire l'objet d'un bilan complet et d'un suivi médical structuré pour évaluer l'activité de la maladie et décider du traitement.
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