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Urologie & Néphrologie & Médecine de famille

Hématurie : causes et diagnostic au Québec | Clinique Omicron

L'hématurie désigne la présence anormale de globules rouges dans les urines. Elle se divise en deux grandes catégories selon sa visibilité : l'hématurie macroscopique (grossière), visible à l'œil nu sous forme d'urines rosées, rouges ou brunes, et l'hématurie microscopique, détectable uniquement à la bandelette urinaire ou à l'analyse microscopique du sédiment urinaire (≥3 globules rouges par champ à fort grossissement sur deux analyses consécutives). Cette distinction a une importance clinique majeure : l'hématurie macroscopique non douloureuse chez un adulte de plus de 35 ans est considérée comme une urgence diagnostique jusqu'à preuve du contraire, en raison du risque élevé de malignité urotéliale. L'hématurie microscopique isolée, quant à elle, est fréquente en population générale (prévalence 2–3 %), bénigne dans la majorité des cas, mais requiert un bilan structuré pour éliminer les causes significatives. L'approche diagnostique de l'hématurie repose sur la localisation de la source — urotéliale ou glomérulaire — à travers l'analyse du sédiment urinaire, la morphologie des hématies, la présence de protéinurie et l'imagerie. L'hématurie d'origine glomérulaire — hématies déformées, cylindres érythrocytaires, protéinurie — oriente vers une néphropathie et nécessite une prise en charge néphrologique, tandis que l'hématurie d'origine urotéliale — hématies eumorphes, absence de protéinurie — oriente vers une évaluation urologique incluant la cystoscopie.

Classification, causes et sémiologie par localisation

  • Hématurie macroscopique vs microscopique — définitions et seuils : hématurie macroscopique : visible à l'œil nu → urines rosées + rouges (sang frais) + brunes ou couleur thé (Hb oxydée + origine haute probable) → seuil : environ 1 mL de sang suffit pour 1 L d'urine → toujours pathologique chez l'adulte → nécessite un bilan urgent ; hématurie microscopique vraie (HMV) : ≥3 GR/champ à fort grossissement (×400) sur microscopie du culot urinaire → confirmée sur 2 échantillons distincts (recommandations AUA 2020 — Barocas 2020 — Journal of Urology) → bandelette urinaire : sensibilité 91–100 % + spécificité 65–99 % pour l'hématurie → faux positifs fréquents : hémoglobinurie (hémolyse) + myoglobinurie (rhabdomyolyse) + bétaïne (colorants alimentaires rouges) → confirmation obligatoire par microscopie du sédiment si bandelette positive ; pseudo-hématurie — urines rouges sans hématies : betteraves (betturie) + médicaments : rifampicine + phénazopyridine (Pyridium) + métronidazole + ibuprofène + pigments alimentaires → porphyrie → hémoglobinurie → myoglobinurie → à distinguer par bandelette + sédiment urinaire ; hématurie transitoire physiologique : hématurie microscopique après exercice physique intense → disparaît en 24–48h → bilan si persiste → hématurie post-rapports sexuels → hématurie menstruelle (contamination) → répéter le bilan à distance
  • Causes selon la localisation anatomique — urotéliales vs glomérulaires : causes urotéliales (les plus fréquentes en pratique) : rein et voies excrétrices supérieures : lithiase urinaire (la cause la plus fréquente d'hématurie macroscopique douloureuse) → colique néphrétique + hématurie + calcul visible à l'échographie ou à l'uroscanner + cancer du rein (carcinome à cellules claires — RCC) : 3e cause de cancer urologique → souvent asymptomatique + découverte fortuite par imagerie + hématurie dans 40–60 % des cas → tumeur bourgeonnante ou envahissante du bassinet + angiomyolipome + kyste compliqué + pyélonéphrite aiguë ou chronique : hématurie + leucocyturie + bactériurie + tuberculose rénale (hématurie + leucocyturie stérile) + nécrose papillaire (diabète + drépanocytose + AINS + alcoolisme) + traumatisme rénal ; voies excrétrices inférieures (uretères + vessie + urètre + prostate) : carcinome urothélial de la vessie : cause la plus fréquente d'hématurie macroscopique non douloureuse chez l'adulte de plus de 35 ans → urgence diagnostique → facteurs de risque : tabagisme (risque × 4–7) + exposition professionnelle aux amines aromatiques (industrie de la teinture + caoutchouc + cuir) + cyclophosphamide + irradiation pelvienne + âge + sexe masculin → cystoscopie obligatoire + cytologie urinaire + carcinome urothélial de la voie supérieure (UTUC) : bassinet + uretère → uroscanner + cystoscopie + urétéroscopie + hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) : hématurie par varices vésicales du col → chez les hommes âgés → antécédent de TRUS + symptômes obstructifs + cancer de la prostate : rare comme cause d'hématurie isolée → mais possible en cas d'envahissement vésical + prostatite + urétrite + cystite infectieuse (bactérienne + tuberculeuse + hémorragique virale — BK + adénovirus) + cystite radique + cystite à cyclophosphamide (MESNA prophylactique) + traumatisme (sonde vésicale + cystoscopie + chirurgie) ; causes glomérulaires et vasculaires rénales : néphropathie à IgA (maladie de Berger) : la cause la plus fréquente de glomérulonéphrite primitive dans le monde + hématurie macroscopique récidivante post-infection (synpharyngitique — débute 24–48h après l'infection ORL vs 2–3 semaines pour la GN post-streptococcique) + hématurie microscopique persistante ± protéinurie légère → biopsie rénale si protéinurie significative + GN post-streptococcique : enfants ++ + délai 2–3 semaines après infection ORL ou cutanée + hypertension + œdèmes + C3 bas + ASLO élevé + GN rapidement progressive (GNRP) : semi-lunes à la biopsie → urgence néphrologique → vasculites ANCA (granulomatose avec polyangéite) + anti-GBM (Goodpasture) + lupus → syndrome néphritique aigu → syndrome d'Alport : hématurie microscopique persistante + surdité de perception + anomalies oculaires → mutation COL4A3/A4/A5 (collagène IV de la membrane basale glomérulaire) → forme liée à l'X (COL4A5) → garçons atteints + filles porteuses → IRT avant 30 ans si non traité + hématurie bénigne familiale (maladie des membranes basales minces — MMBT) : mutation hétérozygote COL4A3/A4 → hématurie microscopique isolée persistante sans protéinurie ni IRC → excellent pronostic → bilan familial + causes vasculaires : infarctus rénal (fibrillation auriculaire + embolie) + fistule artérioveineuse rénale + malformation AV + thrombose veine rénale + nutcracker syndrome (compression de la veine rénale gauche entre l'aorte et l'artère mésentérique supérieure) → hématurie gauche + douleur lombaire gauche
  • Approche diagnostique initiale — différencier l'origine glomérulaire de l'origine urotéliale : éléments cliniques orientant vers l'origine : âge >35 ans + homme + tabagisme + hématurie macroscopique non douloureuse → origine urotéliale maligne jusqu'à preuve du contraire → cystoscopie obligatoire + facteurs de risque de malignité urotéliale (AUA 2020) : âge ≥35 ans + sexe masculin + tabagisme actif ou passé + exposition professionnelle + hématurie macroscopique (même un seul épisode) + ATCD d'hématurie + irritabilité vésicale persistante → basse pression + dysurie ; signes en faveur d'une origine glomérulaire : hématies acanthocytes (dysmorphiques — en forme de casque ou de donut avec bourgeon) : >5 % d'acanthocytes → origine glomérulaire (Köhler 2010 — Nephrology Dialysis Transplantation) → méthode de référence : phase contrast microscopy → cylindres érythrocytaires : pathognomoniques d'une glomérulonéphrite → protéinurie significative (>0,5 g/24h ou rapport albumine/créatinine >30 mg/mmol) + HTA de novo + œdèmes + élévation de la créatinine → contexte : infection récente (GN post-streptococcique) + rhumatisme (lupus) + purpura + surdité + ATCD familiaux de néphropathie ; bilan de 1re intention devant une hématurie : analyse d'urine avec microscopie du sédiment (en phase de contraste de préférence) → morphologie des GR + cylindres + leucocyturie + bandelette urinaire + rapport protéine/créatinine ou albumine/créatinine urinaire + créatinine sérique + DFGe + NFS (anémie + thrombocytopénie → MAT → LED) + culture urinaire → si infection → traiter + recontrôler + ionogramme + TP/INR (anticoagulants — rechercher une cause) + TA + échographie rénale et vésicale (1re ligne d'imagerie accessible) + PSA (homme ≥40 ans ou si symptômes prostatiques) → uroscanner (TDM abdominopelvien sans + avec contraste) : gold standard pour l'imagerie de l'hématurie → sensibilité 94–98 % pour les lithiases + tumeurs rénales + anomalies des voies supérieures (Silverman 2009 — Radiology)

Bilan diagnostique structuré et prise en charge

Situation cliniqueBilan et investigationsPrise en charge et suivi
Hématurie macroscopique non douloureuse — adulte >35 ans
Urgence diagnostique — tumeur urothéliale — cystoscopie — uroscanner
L'hématurie macroscopique non douloureuse chez l'adulte de plus de 35 ans est une urgence diagnostique en raison du risque de tumeur urothéliale (vessie + voie supérieure) → même un seul épisode justifie un bilan complet → ne jamais attribuer à priori l'hématurie à une infection ou à un anticoagulant sans investigation ; bilan immédiat : analyse d'urine avec sédiment + culture + créatinine + NFS + TP/INR + rapport albumine/créatinine → exclure une glomérulonéphrite active (acanthocytes + protéinurie → si présents → bilan néphrologique avant l'imagerie) ; imagerie de référence : uroscanner triphasique (sans injection + temps artériel + temps excréteur) → sensibilité 98 % pour les lithiases + sensibilité 87–92 % pour les tumeurs de la voie supérieure + caractérisation des masses rénales → contre-indiqué si allergie au contraste ou IRC sévère → alternative : IRM rénale + uroscopie + échographie rénale : moins sensible mais accessible en urgence → si uroscanner non disponible rapidement ou si contre-indication ; cystoscopie flexible : obligatoire si hématurie macroscopique ou hématurie microscopique à haut risque → sensibilité 90–95 % pour les tumeurs vésicales (Chang 2016 — Urology) → réalisée en ambulatoire → visualisation directe de la muqueuse vésicale + trigone + orifices urétéraux + urètre + col vésical → si lésion visible : résection endoscopique (RTUV — résection transurétrale de la vessie) + anatomopathologie → grade + envahissement musculaire (Ta + T1 vs T2+ = muscle-invasif) ; cytologie urinaire : 3 échantillons de premier jet matinal → sensibilité 50–80 % selon le grade + spécificité 95 % → particulièrement utile pour les CIS (carcinome in situ) de haut grade → complément de la cystoscopie mais ne la remplace pas ; marqueurs urinaires moléculaires (NMP22 + BTA stat + UroVysion FISH) : sensibilité variable + non recommandés en remplacement de la cystoscopie dans les guidelines actuels (AUA + EAU 2023) → certains utiles en surveillance post-traitement (UroVysion) Prise en charge selon le résultat du bilan : tumeur vésicale non invasive du muscle (TVNIM — stades Ta + T1 + CIS) : RTUV complète + BCG intravésical (Bacille de Calmette-Guérin) si haut risque (T1 haut grade + CIS) → immunothérapie locale → réduction des récidives de 40 % et de la progression → Sylvester 2005 — Journal of Urology → réévaluation endoscopique à 3 mois + tous les 3–6 mois pendant 2 ans puis annuellement → RTUV de restadification si T1 haut grade (understaging fréquent — muscle non inclus) + tumeur vésicale invasive du muscle (TVIM — stade ≥T2) : cystectomie radicale (avec dérivation urinaire) + chimiothérapie néoadjuvante cisplatine-based (ddMVAC ou GC → SWOG S8710 Grossman 2003 NEJM — survie globale améliorée + pathCR 38 %) → ou radiochimiothérapie si inopérable + immunothérapie adjuvante (nivolumab — CheckMate 274 — Bajorin 2021 NEJM : réduction de récidive chez les patients pCR négatifs) → carcinome urothélial métastatique : platine + gemcitabine 1re ligne → enfortumab vedotin + pembrolizumab : 2e ligne ou 1re ligne si inéligible au cisplatine (EV-302 — Powles 2024 NEJM) → cancer du rein : néphron-épargnant (NSS) si tumeur ≤7 cm + localisation favorable → laparoscopique ou robotique + suivi des stades précoces : TDM thoraco-abdominopelvien à 3 et 12 mois → puis annuellement 5 ans (ccRCC) → si métastatique : sunitinib + pazopanib (COMPARZ Motzer 2013 NEJM) + combinaisons IO (pembrolizumab + axitinib — KEYNOTE-426 Rini 2019 NEJM → 1re ligne standard)
Hématurie microscopique asymptomatique — stratification du risque
AUA 2020 — risque faible/intermédiaire/élevé — cystoscopie sélective
L'hématurie microscopique asymptomatique (HMA) est fréquente (2–3 % en population générale) et la grande majorité des cas sont bénins ou sans cause identifiable → mais 3–5 % des HMA sont associés à une pathologie cliniquement significative (tumeur urothéliale + lithiase + glomérulonéphrite) ; nouvelles recommandations AUA 2020 (Barocas 2020 — Journal of Urology) — stratification du risque de malignité urotéliale : risque faible : femme <50 ans ou homme <40 ans + non-fumeur + 3–10 GR/champ + sans facteurs de risque urotéliaux → bilan : répéter le sédiment urinaire dans 6 mois + pas de cystoscopie immédiate + consultation si persistance ; risque intermédiaire : âge 50–59 ans + ou tabagisme léger + ou 11–25 GR/champ + ou 1 facteur de risque → bilan : uroscanner + cystoscopie recommandés ; risque élevé : âge ≥60 ans + ou tabagisme significatif + ou >25 GR/champ + ou exposition professionnelle + ou ATCD d'hématurie macroscopique + ou antécédents de cyclophosphamide ou irradiation pelvienne + ou dysurie ou irritabilité vésicale inexpliquée → bilan complet obligatoire : uroscanner + cystoscopie + cytologie urinaire ; HMA avec protéinurie ou créatinine élevée → origine glomérulaire probable → biopathologie rénale → bilan néphrologique prioritaire → pas de cystoscopie immédiate dans ce contexte ; HMA chez la femme jeune sans facteurs de risque → causes fréquentes : infection urinaire + lithiase + contamination menstruelle → répéter le bilan à distance des règles + exclure l'infection + si persistance → bilan selon le risque Causes bénignes fréquentes d'HMA asymptomatique — bilan négatif : dans 60–70 % des HMA asymptomatiques, le bilan complet (uroscanner + cystoscopie) est négatif → causes souvent retrouvées dans ce groupe : exercice physique intense récent + lithiase passée ou microscopique non visible + infection urinaire antérieure non identifiée + médicaments (anticoagulants — warfarine + NACO + AINS) → l'HMA sous anticoagulant doit tout de même être investiguée selon les mêmes critères de risque (Culclasure 2004 + Davis 2012 — les anticoagulants révèlent les lésions sous-jacentes sans en être la cause) + hypertension mal contrôlée → hématurie glomérulaire de cause bénigne (MMBT) ; suivi de l'HMA après bilan négatif (AUA 2020) : si bilan négatif complet → réanalyse urinaire à 12 mois pendant 3 ans + répéter le bilan complet si réapparition ou si symptômes évoluent → si HMA persiste mais bilan négatif à 5 ans → arrêt de la surveillance si pas de nouveaux facteurs de risque ; HMA chez l'enfant : causes principales → néphropathie à IgA + syndrome d'Alport + MMBT + glomérulonéphrite post-infectieuse → bilan : sédiment urinaire + créatinine + C3/C4 + ASLO + albumine/créatinine + TA → biopsie rénale si protéinurie significative ou IRC
Hématurie d'origine glomérulaire — bilan et néphropathies associées
Acanthocytes — cylindres — néphropathie IgA — Alport — GNRP
Critères orientant vers l'origine glomérulaire : acanthocytes >5 % des GR au sédiment en phase contrastée → spécificité 98 % + sensibilité 52–78 % pour l'origine glomérulaire → cylindres érythrocytaires : pathognomoniques → protéinurie (>500 mg/24h ou albumine/créatinine >30 mg/mmol) → HTA + œdèmes + créatinine élevée + contexte : infection récente + rash + purpura + arthralgies + surdité + ATCD familiaux ; bilan sérologique selon la présentation : C3 + C4 (bas dans GN post-streptococcique + LED + MPGN) + ASLO + anti-DNase B (GN post-streptococcique) + ANA + anti-dsDNA + anti-Sm (LED) + ANCA (PR3 + MPO) → vasculites ANCA + anti-GBM (syndrome de Goodpasture : hématurie + hémoptysie + GN rapidement progressive → urgence) + cryoglobulines + hépatites B + C (GN membranoproliférative) + VIH + complément + SPEP + sérologie paraprotéines (GN à dépôts de chaînes légères) + biopsie rénale : indiquée si : protéinurie >1 g/24h + IRC progressive + hématurie glomérulaire persistante avec contexte clinique évocateur de glomérulonéphrite traitable → établit le diagnostic histologique de certitude (néphropathie IgA + GN lupique + GNRP + vasculite) + guide le traitement immunosuppresseur ; néphropathie à IgA (Berger) — la plus fréquente des glomérulonéphrites primitives : hématurie macroscopique synpharyngitique récidivante (24–72h post-infection ORL — distingue de la GN post-streptococcique à délai de 2–3 semaines) + hématurie microscopique entre les épisodes + protéinurie variable + C3 normal (vs GN post-streptococcique → C3 bas) + biopsie : dépôts mésangiaux d'IgA en immunofluorescence → traitement TESTING + STOP-IgAN : bloqueurs SRAA si protéinurie >1 g/24h → corticostéroïdes si protéinurie persiste + sparsentan (antagoniste AT1 + endothéline) : essai PROTECT 2023 → iptacopan (inhibiteur facteur B du complément) : APPLAUSE-IgAN 2024 → approuvé FDA 2024 pour la néphropathie à IgA GN rapidement progressive (GNRP) et syndrome de Goodpasture — urgences néphrologiques : GNRP : pauci-immune (vasculite ANCA — PR3/MPO) : la plus fréquente en Occident → traitement : méthylprednisolone IV 500–1 000 mg × 3j + cyclophosphamide IV (Fauci 1983 — NEJM) + plasmaphérèse si créatinine >500 µmol/L ou hémorragie alvéolaire + rituximab équivalent au cyclophosphamide pour l'induction (RITUXVAS + RAVE trials 2010 NEJM) → rituximab préféré si jeune femme en âge de procréer (toxicité gonadique cyclophosphamide) + anti-GBM (Goodpasture) : anticorps anti-membrane basale glomérulaire → hématurie + hémoptysie (si anticorps croisant avec la membrane basale alvéolaire — chaîne α3 du collagène IV) → urgence absolue → plasmaphérèse quotidienne + méthylprednisolone + cyclophosphamide → traitement en heures si créatinine s'élève rapidement → pronostic rénal dépend de la rapidité de prise en charge (% de semi-lunes à la biopsie) ; syndrome d'Alport : bilan génétique (panel NGS COL4A3/A4/A5) + audiogramme + examen ophtalmologique (lenticône antérieur + maculopathie) + biopsie rénale : amincissement + irrégularités de la GBM en microscopie électronique → traitement : bloqueurs SRAA ralentissent la progression → inhibiteur SGLT2 (données préliminaires prometteuses) → essais en cours avec la thérapie génique et le CRISPR (stade préclinique)
Hématurie dans des contextes particuliers
Anticoagulants — grossesse — drépanocytose — traumatisme — sport
Hématurie sous anticoagulants (warfarine + NACO) : l'anticoagulation ne cause pas l'hématurie — elle la révèle ou l'amplifie → bilan complet obligatoire selon les mêmes critères de risque que sans anticoagulant → Culclasure 1994 + Davis 2012 : les lésions sous-jacentes sont aussi fréquentes chez les patients anticoagulés que dans la population générale → ne jamais attribuer l'hématurie à l'anticoagulant sans investigation complète ; hématurie pendant la grossesse : rare → doit être investiguée → causes fréquentes : infection urinaire (bactériurie asymptomatique + cystite fréquentes en grossesse) + lithiase (3e cause de douleur abdominale en grossesse) + prééclampsie avec atteinte rénale → protéinurie + HTA + thrombocytopénie → urgence obstétricale + imagerie : échographie rénale et vésicale 1re intention (éviter la TDM si possible au 1er trimestre) → IRM si nécessaire (sans gadolinium au 1er trimestre) ; hématurie d'effort : hématurie macroscopique ou microscopique après exercice physique intense → disparaît en 24–48h de repos → mécanisme : traumatisme direct de la muqueuse vésicale (vessie partiellement vide pendant l'effort) + hématurie glomérulaire transitoire par augmentation de la pression glomérulaire → si disparaît en 48h et bilan négatif → bénigne → si persiste → bilan complet + traumatisme rénal : classification AAST (American Association for the Surgery of Trauma) stades I–V → TDM avec contraste obligatoire → stades I–III : traitement conservateur dans 85–90 % des cas → stades IV–V : embolisation artérielle (interventionnelle) ou chirurgie → hématurie post-biopsie rénale : complication dans 0,5–1 % des biopsies → hématurie macroscopique + possible rétention par caillots → surveillance 24h post-biopsie + écho si hématome Hématurie dans la drépanocytose et les hémoglobinopathies : nécrose papillaire rénale : complication tardive de la drépanocytose HbSS ou HbSC → occlusion des vaisseaux médullaires par les hématies falciformées (milieu hypoxique + hyper-osmolaire + acide) → nécrose des papilles rénales → hématurie macroscopique récidivante ± caillots + douleur lombaire → bilan : uroscanner (papilles nécrotiques) + créatinine → traitement : hyperhydratation IV (dilution de l'Hb S) + alcalinisation urinaire + acide epsilon-amino-caproïque si hématurie persistante abondante + néphropathie drépanocytaire progressive : hyperfiltration initiale → glomérulopathie → protéinurie → IRC + bloqueurs SRAA précoces ; hématurie et tuberculose urogénitale : pyurie stérile (leucocyturie sans bactériurie en culture standard) + hématurie microscopique + symptômes obstructifs + ATCD de TB pulmonaire ou contact TB → cultures urinaires spécifiques (BK) × 3 matins consécutifs → PCR urinaire TB → uroscanner : calcifications + sténoses urétérales + cavernes rénales → traitement standard TB + suivi urologique des sténoses ; hématurie chez l'homme âgé avec symptômes prostatiques : HBP : varices du col vésical → hématurie macroscopique récidivante → PSA + TRUS + uroscanner → traitement si HBP confirmée et hématurie persistante : 5-alpha réductase (finastéride) : réduit la vascularisation de la prostate → réduit l'hématurie dans l'HBP (Foley 2000 — BJU International) + RTUP si nécessaire → exclure toujours un cancer de la prostate + une tumeur vésicale associée avant d'attribuer à l'HBP
ℹ️ Hématurie macroscopique non douloureuse = cancer jusqu'à preuve du contraire : chez tout adulte de plus de 35 ans, une seule miction teintée de sang sans douleur associée suffit à justifier un bilan urologique complet — uroscanner et cystoscopie. Ce symptôme est le signe classique du carcinome urothélial de la vessie, dont le pronostic dépend directement de la précocité du diagnostic. Il ne faut jamais l'attribuer à priori à une infection urinaire, à un anticoagulant ou à l'effort sans investigation. Une réponse aux antibiotiques n'élimine pas une tumeur sous-jacente qui aurait pu favoriser l'infection.
Situations nécessitant une évaluation médicale urgente

Hématurie macroscopique abondante + rétention urinaire aiguë par caillots + globe vésical douloureux → rétention par caillots → sonde de Foley à triple voie + irrigation vésicale continue + hospitalisation + bilan urologique en urgence + NFS (anémie) + TP/INR → cystoscopie urgente si saignement actif non contrôlé.

Hématurie macroscopique + créatinine en hausse rapide + protéinurie abondante + HTA de novo + œdèmes → syndrome néphritique aigu ou GN rapidement progressive → urgence néphrologique → bilan immunologique complet (ANCA + anti-GBM + ANA + C3/C4) + biopsie rénale urgente + hospitalisation → méthylprednisolone IV si vasculite ANCA ou anti-GBM suspectée sans attendre les résultats si dégradation rapide.

Hématurie macroscopique + hémoptysie + détresse respiratoire + créatinine élevée → syndrome de Goodpasture (anti-GBM) ou vasculite ANCA avec atteinte pulmo-rénale → urgence réanimatoire → intubation si détresse + plasmaphérèse en urgence + méthylprednisolone IV + cyclophosphamide ou rituximab → dosage anti-GBM et ANCA en urgence.

Hématurie + douleur lombaire + choc hémodynamique après traumatisme abdominal ou lombaire → traumatisme rénal sévère → TDM avec injection urgente (sans attendre la stabilisation si possible) + chirurgie vasculaire ou embolisation artérielle rénale urgente + transfusion si nécessaire → classification AAST stade IV–V → avis urologie et chirurgie vasculaire.

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Les médecins de Clinique Omicron peuvent initier le bilan d'une hématurie macroscopique ou microscopique — analyse urinaire avec sédiment, imagerie rénale, dosage de la créatinine et stratification du risque selon les critères AUA 2020 — avant de coordonner la référence urgente en urologie pour la cystoscopie ou en néphrologie pour le bilan glomérulaire selon la présentation clinique. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un urologue ou d'un néphrologue. Toute hématurie macroscopique chez l'adulte de plus de 35 ans nécessite une investigation médicale urgente.

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