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Infectiologie & Oncologie & Neurologie & Médecine de famille

HTLV-I et HTLV-II - Test médical Clinique Omicron

Les virus T-lymphotropes humains de type I et II (HTLV-I et HTLV-II) sont des rétrovirus à ARN monocaténaire appartenant au genre Deltaretrovirus, découverts respectivement en 1980 (Poiesz — Science) et 1982 (Gallo — Science) aux États-Unis. Contrairement au VIH — autre rétrovirus humain majeur — les HTLV sont des virus transformants qui s'intègrent de façon stable dans le génome des lymphocytes T CD4+ (HTLV-I) ou CD4+ et CD8+ (HTLV-II), induisant une prolifération clonale immortalisée sans destruction cellulaire directe. HTLV-I est l'agent étiologique de deux maladies graves : la leucémie/lymphome à cellules T de l'adulte (Adult T-cell Leukemia/Lymphoma — ATLL) et la myélopathie associée à HTLV-I ou paraparésie spastique tropicale (HAM/TSP — HTLV-I Associated Myelopathy / Tropical Spastic Paraparesis). HTLV-II est beaucoup moins fréquemment associé à des pathologies documentées, bien que certaines études suggèrent un lien avec des syndromes neurologiques similaires à la HAM/TSP et une susceptibilité accrue aux infections bactériennes. On estime à 5–10 millions le nombre de personnes infectées par HTLV-I dans le monde, avec des zones d'endémie distinctes : Japon du sud-ouest (notamment les îles Kyushu et Okinawa), Caraïbes (Jamaïque + Trinidad + Martinique + Guadeloupe), Amérique latine (Brésil + Pérou + Colombie), Afrique subsaharienne et Moyen-Orient. Au Canada, l'infection à HTLV est peu prévalente dans la population générale, mais concerne certaines communautés d'immigrants originaires de zones endémiques, les utilisateurs de drogues injectables (UDIV — HTLV-II surtout), et est systématiquement dépisté dans les dons de sang depuis 1990. La grande majorité (95–97 %) des individus infectés par HTLV-I resteront porteurs asymptomatiques à vie, ce qui rend d'autant plus importantes les mesures de prévention de la transmission (allaitement maternel + voie sexuelle + sang + drogues injectables).

Virologie, épidémiologie et physiopathologie

  • Structure virale, cycle de réplication et mécanismes oncogènes : structure et biologie moléculaire : génome ARN simple brin de 9 kb → organisé en : gènes structuraux (gag + pol + env) + région pX spécifique des HTLV → 4 cadres de lecture ouverts dans la région pX : ORF I + ORF II + ORF III (tax) + ORF IV (rex) → protéines accessoires : p12 + p13 + p30 (ORF I + ORF II) → enveloppe glycoprotéique : gp46 (surface — SU) + gp21 (transmembranaire — TM) → gp46 → se lie au récepteur GLUT-1 (transporteur du glucose) exprimé ubiquitairement + NRP-1 (neuropiline-1) + héparanes sulfates → tropisme préférentiel pour les lymphocytes T CD4+ (HTLV-I) → ou T CD4+ et CD8+ (HTLV-II) → cycle réplicatif et intégration : ARN viral → transcriptase inverse (RT) → ADN proviral → intégration dans le génome de l'hôte (intégrase) → ADN proviral stable → réplication cellulaire → transmission clonale → particularité : HTLV se propage principalement par contact cellule-à-cellule (virological synapse) → faible production de virions libres → d'où la nécessité d'un contact direct (liquides biologiques riches en cellules) → la transmission acellulaire (plasma déplasmatisé) est inefficace → oncogenèse par Tax : protéine Tax (oncoprotéine virale) → activateur transcriptionnel puissant → activation constitutive de NF-κB (voie anti-apoptotique + pro-proliférative) → activation de AP-1 + CREB + SRF → transactivation des cytokines (IL-2 + IL-2R) → boucle autocrine de prolifération → inhibition des mécanismes de réparation de l'ADN → instabilité génomique → accumulation de mutations dans les oncogènes et gènes suppresseurs de tumeur → rôle de HBZ (HTLV-1 bZIP factor) : gène HBZ → anti-apoptotique + favorise la survie cellulaire → s'oppose partiellement à Tax → l'expression de HBZ persiste dans les ATLL même si Tax est parfois silencieux (mécanismes d'échappement immunitaire) → Satou 2006 — Blood : HBZ → promoteur de la survie cellulaire dans l'ATLL + suppression de la réponse immune → Bangham 2003 — Nature Reviews Microbiology : mécanismes de la persistance et de la pathogenèse de HTLV-I ; différences entre HTLV-I et HTLV-II : HTLV-I : tropisme CD4+ prédominant → ATLL + HAM/TSP + manifestations oculaires et cutanées → HTLV-II : tropisme CD4+ et CD8+ → moins fréquemment associé à des maladies documentées → certains syndromes neurologiques (neuropathie + myélopathie légère) + fréquence accrue d'infections bactériennes → pas d'ATLL documenté avec HTLV-II à ce jour → HTLV-III et HTLV-IV : découverts chez des populations d'Afrique Centrale + peu de données cliniques + pas de maladies définies + co-infection HTLV-I/VIH : accélération de l'immunodépression + risque accru d'ATLL + HAM/TSP + infections opportunistes → VIH + HTLV-I → ATLL agressif + évolution plus rapide ; épidémiologie mondiale : HTLV-I : 5–10 millions de porteurs mondiaux estimés → zones d'endémie : Japon (Kyushu + Okinawa : prévalence 8–13 % des adultes) + Caraïbes (Jamaïque : 4–8 % + Martinique : 2–4 %) + Brésil (Salvador de Bahia : 1,8 %) + Afrique subsaharienne + Iran + Australie (peuples autochtones) → Gessain 2018 — Retrovirology : cartographie de l'épidémiologie mondiale → HTLV-II : 2–5 millions de porteurs estimés → prévalence élevée chez les UDIV en Amérique du Nord + Europe (3–30 % dans certaines cohortes UDIV) + populations amérindiennes + Canada : prévalence générale faible (<0,1 %) → immigrants des Caraïbes + Amérique latine + UDIV → dépistage des dons de sang depuis 1990 (Héma-Québec + Croix-Rouge canadienne)
  • Transmission, risque de maladie et histoire naturelle : voies de transmission — similaires au VIH mais différences importantes : allaitement maternel : voie la plus efficace de transmission HTLV-I → taux de transmission : 15–25 % si allaitement prolongé (>6 mois) → 3–5 % si allaitement court (<6 mois) → transmission principalement cellulaire (lymphocytes du lait maternel) → recommandation : contre-indiquer l'allaitement si mère HTLV-I+ dans les pays développés → Ureta-Vidal 2004 — Blood : risque de transmission par l'allaitement corrèle avec la charge virale maternelle (PBMC HTLV-I load) → voie sexuelle : transmission homme → femme plus efficace que femme → homme → taux de transmission par rapport sexuel non protégé : 0,3–1 % par acte → cumulatif : 20–30 % après 10 ans de relation avec un partenaire infecté → préservatif réduit le risque → voie sanguine : transfusion de sang entier ou de produits cellulaires HTLV-I+ → taux de transmission : 40–60 % par unité transfusée → très élevé → plasma seul : transmission faible (peu de cellules) → produits irradiés ou leucodéplétés : transmission quasi nulle → drogues injectables (HTLV-II+++ ) : partage de seringues → transmission cellulaire + la prévalence de HTLV-II dans les UDIV est élevée en Amérique du Nord + transmission verticale périnatale in utero : rare (5 % des transmissions mère-enfant) + nosocomial : transplantation d'organe + accidentel (AES chez les professionnels de santé) → probabilité faible → histoire naturelle de l'infection à HTLV-I : période d'incubation : longue → décennies → portage asymptomatique à vie chez la majorité (95–97 %) → risque cumulatif de développer une maladie → ATLL : risque à vie : 2–5 % des porteurs (après 20–60 ans de latence) → HAM/TSP : risque à vie : 0,3–4 % → autres manifestations : uvéite + dermatite infectieuse récidivante (enfants) + pneumopathie interstitielle + arthropathie → le risque d'ATLL est plus élevé si infection périnatale (par allaitement) plutôt que par voie sexuelle → Gessain 1994 — Annual Review of Medicine : facteurs influençant le risque de progression vers l'ATLL : charge provirale élevée + génotype viral + susceptibilité génétique de l'hôte (HLA) + immunosuppression

Maladies associées, diagnostic et prise en charge

DomaineDonnées, critères et modalitésÉtudes clés et recommandations
Leucémie/lymphome à cellules T de l'adulte (ATLL)
Classification — présentation clinique — cellules en fleurs — hypercalcémie — CD25 — survie — chimiothérapie — allogreffe — mogamulizumab
L'ATLL est une hémopathie maligne agressive des lymphocytes T CD4+ induite par HTLV-I après une période de latence de 20–60 ans → il existe 4 sous-types cliniques selon la classification de Shimoyama (1991 — British Journal of Haematology) : type agressif aigu (55–60 % des ATLL) : leucémie à cellules T en fleurs (flower cells) → hyperleucocytose majeure + adénopathies + hépato-splénomégalie + atteinte cutanée + hypercalcémie sévère (PTHrP produite par les cellules ATLL) → survie médiane : 6–13 mois même avec traitement + type lymphome (20 % des ATLL) : adénopathies prédominantes sans leucémie + atteinte extra-ganglionnaire fréquente → survie médiane : 10–12 mois + type chronique (15–20 %) : lymphocytose T modérée + atteinte cutanée ou pulmonaire légère + hyperleucocytose modérée → survie plus longue (5–10 ans) + type couvant (smoldering — 5 %) : ≥5 % de cellules T anormales dans le sang + atteinte cutanée légère + sans leucémie + survie prolongée → diagnostic immunophénotypique : cellules ATLL → CD3+ CD4+ CD25+++ (forte expression du récepteur IL-2 — marqueur caractéristique) + CD7− + CD8− → morphologie en « fleur » (noyaux multilobés — flower cells) + PCR confirmant le caractère clonal + intégration monoclonale du provirus HTLV-I → bilan biologique : NFS (hyperleucocytose + lymphocytes atypiques) + LDH (élevée — indice de prolifération) + calcémie (hypercalcémie par PTHrP dans les formes agressives) + β2-microglobuline + bilan hépatique + LCR (infiltration méningée) + TDM TAP + PET-FDG → hypercalcémie dans l'ATLL : PTHrP (PTH-related protein) sécrétée par les cellules ATLL + RANK-L exprimé par les cellules tumorales → activation des ostéoclastes → résorption osseuse massive → calcémie parfois >3,5–4,0 mmol/L → urgence oncologique → traitement : hyperhydratation + zolédronate + traitement de l'ATLL ; traitement de l'ATLL : forme aiguë et lymphome : chimiothérapie VCAP-AMP-VECP (alternée — protocole japonais — Tsukasaki 2007 — Journal of Clinical Oncology) : vincristine + cyclophosphamide + doxorubicine + prednisone alternant avec aracytine + méthotrexate + étoposide → taux de réponse 40–50 % → survie médiane à 1 an : 24–38 % → supérieure à CHOP dans l'ATLL (Tsukasaki 2007 — JCO) + mogamulizumab (anti-CCR4 — KW-0761) : anticorps monoclonal anti-CCR4 (CD194 — récepteur chimiokine surexprimé sur les cellules ATLL) → Yamamoto 2010 — Journal of Clinical Oncology : mogamulizumab → taux de réponse globale 50 % dans les ATLL récidivants/réfractaires → 30 % de réponses complètes + approbation au Japon (2012) + FDA (2018) pour la mycosis fongoïde + CTCL → mogamulizumab + CHOP → en cours d'évaluation + allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (allo-CSH) : seule option potentiellement curative → réservée aux patients jeunes + bonne condition + donneur compatible → taux de survie à 3 ans : 33–46 % après allo-CSH → Ando 2011 — Blood : résultats de l'allo-CSH dans l'ATLL → rémission complète possible → effet GVL (Graft-vs-Leukemia) documenté + antiviraux : zidovudine (AZT) + interféron alpha (IFN-α) : active dans l'ATLL couvant et chronique + certains ATLL leucémiques → mécanisme : AZT → inhibition de la réplication HTLV-I + apoptose des cellules ATLL + IFN-α → immunomodulation → taux de réponse 30–60 % dans les formes smoldering et chroniques → Hermine 1995 — Blood + Bazarbachi 2010 — Blood (méta-analyse) : AZT + IFN-α → amélioration significative de la survie dans les formes leucémiques + lénalidomide + autres IMiDs : activité dans les ATLL réfractaires → essais en cours + immunosuppression et prévention des infections opportunistes : prophylaxie de la pneumocystose (TMP-SMX) si CD4 <200 + prévention des infections fungiques Données fondamentales sur l'ATLL : Shimoyama 1991 — British Journal of Haematology : classification clinique ATLL en 4 sous-types → fondatrice + still used → Tsukasaki 2007 — Journal of Clinical Oncology : VCAP-AMP-VECP vs CHOP → supériorité dans les ATLL agressifs → standard de chimiothérapie intensifiée au Japon + Yamamoto 2010 — Journal of Clinical Oncology : mogamulizumab dans l'ATLL réfractaire → taux de réponse 50 % → nouvelle option thérapeutique + Ando 2011 — Blood : allo-CSH dans l'ATLL → survie à 3 ans 33–46 % → seule option curative + Bazarbachi 2010 — Blood (méta-analyse) : AZT + IFN-α → amélioration de la survie dans les ATLL leucémiques → particulièrement forme aiguë leucémique → Hermine 1995 — Blood : AZT + IFN-α → réponse dans les ATLL smoldering et chroniques + Phillips 2010 — Blood : revue complète des traitements de l'ATLL + Gessain 1994 — Annual Review of Medicine : épidémiologie + facteurs de risque de progression → charge provirale + HLA + immunosuppression
Myélopathie associée à HTLV-I / paraparésie spastique tropicale (HAM/TSP)
Myélopathie progressive — paraplégie spastique — charge provirale — IRM médullaire — LCR — traitement — corticoïdes — IFN-α — évolution
HAM/TSP — présentation et pathogenèse : maladie neurologique progressive causée par HTLV-I → décrite initialement en Martinique (Gessain 1985 — Lancet) + au Japon comme myélopathie associée à HTLV-I (Osame 1986 — Lancet) → puis reconnues comme la même entité → pathogenèse : la réponse immune cytotoxique exagérée contre les cellules T infectées par HTLV-I dans la moelle épinière → dommages collatéraux aux cellules neuronales → infiltrat inflammatoire dans la moelle épinière (astrocytes + macrophages + lymphocytes T CD4+ et CD8+) → démyélinisation + dégénérescence axonale → localisation prédominante : moelle thoracique → gessain 1985 — Lancet : première description de la HAM/TSP dans les Caraïbes (Martinique) + Osame 1987 — Annals of Neurology : description clinique complète de la HAM au Japon ; présentation clinique : début insidieux + progressif (mois à années) → paraparésie spastique bilatérale : faiblesse progressive des membres inférieurs + spasticité (hyperréflexie + clonus) → troubles vésicaux (impériosité mictionnelle + incontinence + rétention) + douleurs lombaires + paresthésies des membres inférieurs → moins fréquemment : troubles sensitifs + atteinte des membres supérieurs (dans les formes avancées) + troubles cognitifs légers → généralement pas d'ataxie cérébelleuse → évolution : lentement progressive → autonomie ambulatoire maintenue pendant 10–20 ans → puis dépendance du fauteuil roulant → pas de régression des symptômes → facteurs de risque de progression : charge provirale élevée + transmission par voie sanguine ou sexuelle (plus à risque que par l'allaitement) + âge de primo-infection (plus tardive = plus rapide) + sexe féminin → diagnostic de la HAM/TSP : critères de l'OMS (De Thé 1989 — Lancet) : critères cliniques : paraparésie ou paralégie progressive spastique + trouble sphinctérien + absence d'autre cause neurologique + critères biologiques : HTLV-I positif dans le sérum ET le LCR (sérologie + Western blot ou PCR) → bilan diagnostique : IRM médullaire (T2) : hyperintensité de la moelle thoracique + atrophie médullaire dans les formes évoluées → moins spécifique que dans la SEP → LCR : pléiocytose lymphocytaire modérée + protéinorachie modérément élevée + présence d'IgG anti-HTLV-I + bandes oligoclonales parfois → charge provirale sanguine (PBMC HTLV-I load) : par PCR quantitative → élevée dans les HAM/TSP (souvent 10× supérieure aux porteurs asymptomatiques) → facteur pronostique + marqueur de suivi thérapeutique → EMG + potentiels évoqués somesthésiques + ENMG pour exclure une cause périphérique ; traitement de la HAM/TSP : pas de traitement curatif → traitements symptomatiques en priorité : spasticité : baclofène + tizanidine + physiothérapie + parfois toxine botulinique pour les contractures → douleurs neuropathiques : prégabaline + amitriptyline + carbamazépine → troubles vésicaux : oxybutynine + intermittent cathétérisme si rétention → traitement immunomodulateur : corticoïdes (méthylprednisolone IV 500–1 000 mg/j × 3 jours puis dégression orale) → bénéfice transitoire sur la douleur + les troubles urinaires → pas d'effet sur la progression à long terme → IFN-α (interféron alpha) : Izumo 1996 — Neurology : IFN-α 3–6 MUI 3×/semaine → amélioration transitoire de la marche + de la douleur + du statut vésical + de la charge provirale → bénéfice limité à long terme → antiviraux (AZT + lamivudine + raltégravir) : inhibent la réplication HTLV-I in vitro + données cliniques limitées + effets modestes sur la charge provirale → pas d'essai RCT de grande taille → Mohamed 2020 — PLOS ONE : mogamulizumab (anti-CCR4) dans la HAM/TSP → essai de phase 2 → réduction de la charge provirale + amélioration neurologique dans certains cas → données préliminaires prometteuses → marche assistée + prévention des complications : TVP (bas de contention + HBPM si alitement) + escarres + infections urinaires (hygiène + intermittent cathétérisme) + physiothérapie intensive Données fondamentales sur la HAM/TSP : Gessain 1985 — Lancet : première description HAM/TSP aux Caraïbes (Martinique) → association avec HTLV-I → publication fondatrice + Osame 1986 + 1987 — Lancet + Annals of Neurology : description clinique détaillée de la myélopathie associée à HTLV-I au Japon → reconnaissance de la même entité + Izumo 1996 — Neurology : IFN-α dans la HAM/TSP → amélioration transitoire → meilleure option thérapeutique disponible à ce jour + Mohamed 2020 — PLOS ONE : mogamulizumab → réduction de la charge provirale + amélioration neurologique → données de phase 2 + Moritoyo 1996 — Internal Medicine : critères diagnostiques OMS pour la HAM/TSP + Bangham 2003 — Nature Reviews Microbiology : pathogenèse de HTLV-I → mécanismes de la HAM/TSP + du portage asymptomatique + de l'ATLL + Martin 2020 — HTLV Europe guidelines : recommandations européennes pour la prise en charge de la HAM/TSP → physiothérapie + traitement symptomatique + immunomodulation
Diagnostic sérologique et viologique de l'infection à HTLV
ELISA — Western blot — PCR — charge provirale — indications du dépistage — HTLV-I vs HTLV-II — faux positifs — résultats indéterminés — dons de sang
Algorithme diagnostique de l'infection à HTLV : étape 1 — test de dépistage par ELISA (ou immunofluorescence) : détecte les anticorps anti-HTLV-I + anti-HTLV-II → les ELISA de 3e génération : antigènes recombinants HTLV-I et HTLV-II → sensibilité >99 % + spécificité 99 % → faux positifs possibles : grossesse + maladies auto-immunes + infections virales diverses (réactions croisées) → un ELISA réactif nécessite une confirmation → étape 2 — test de confirmation par Western blot (WB) : protéines virales séparées par électrophorèse + identifiées par les anticorps du patient → critères de positivité du WB (FDA) : anticorps contre au moins 2 protéines virales : p24 (gag) ET gp46 (env-SU) ET optionnellement p21 (env-TM) → résultat WB positif confirme l'infection + résultat WB indéterminé : réactivité partielle sans atteindre les critères complets → 40–50 % des ELISA réactifs restent indéterminés en WB (Lal 1992 — Journal of Clinical Microbiology) → signification : porteur asymptomatique avec réponse sérologique incomplète + ou faux positif ELISA → ou infection très récente (séroconversion en cours) → conduite : répéter le WB à 6 semaines → si encore indéterminé → PCR sur sang → étape 3 — PCR sur sang total ou PBMC : détecte l'ADN proviral HTLV-I ou HTLV-II intégré dans les leucocytes → méthode de référence pour la distinction HTLV-I / HTLV-II → sensibilité : 90–99 % + spécificité : 99–100 % → réalisée en cas de WB indéterminé + ou pour la distinction HTLV-I vs HTLV-II (les tests sérologiques ne les différencient pas toujours de façon fiable) + charge provirale HTLV-I (quantitative PCR) : nombre de copies d'ADN proviral pour 100 cellules mononucléées périphériques (PBMC) → porteur asymptomatique : généralement <1 copie/100 PBMC → HAM/TSP : souvent >10 copies/100 PBMC → ATLL : très élevée + marqueur pronostique + de suivi thérapeutique → Bangham 2000 — Immunity : charge provirale → déterminant majeur du risque de progression ; indications du dépistage de HTLV-I/II en pratique clinique : dépistage systématique indiqué : don de sang ou d'organe (obligatoire depuis 1990 au Canada) + transplantation (donneur et receveur) + femme enceinte originaire d'une zone d'endémie (Caraïbes + Amérique latine + Japon + Afrique) → décision d'allaitement + bilan d'ITSS chez les UDIV (HTLV-II+++) + partenaire d'un individu HTLV-I/II positif + personnes originaires de zones d'endémie avec symptômes neurologiques évocateurs de HAM/TSP + bilan d'une lymphocytose T inexpliquée + bilan d'une paraparésie spastique inexpliquée + dépistage non recommandé en routine en population générale à faible risque au Canada (ASPC 2019) ; distinction HTLV-I vs HTLV-II : cliniquement importante car les risques de maladies sont différents → HTLV-I : ATLL + HAM/TSP → HTLV-II : moins de maladies documentées → les anticorps HTLV-I et HTLV-II sont détectés par les mêmes ELISA de dépistage → la distinction nécessite : WB avec antigènes type-spécifiques + ou PCR avec amorces type-spécifiques → résultats indéterminés fréquents → Mossé 2020 — Journal of Clinical Virology : algorithme de confirmation actualisé pour les sérologies HTLV Données fondamentales sur le diagnostic sérologique : Lal 1992 — Journal of Clinical Microbiology : résultats WB indéterminés → 40–50 % des ELISA réactifs → conduite à tenir → répéter à 6 semaines → PCR si encore indéterminé + Bangham 2000 — Immunity : charge provirale HTLV-I → déterminant majeur de la progression vers la maladie → >10 copies/100 PBMC → risque accru de HAM/TSP + ATLL + Mossé 2020 — Journal of Clinical Virology : algorithme de confirmation des sérologies HTLV → mise à jour des recommandations + ASPC 2019 (Agence de santé publique du Canada) : recommandations canadiennes pour le dépistage de HTLV → groupes cibles + Poiesz 1980 — PNAS : découverte de HTLV-I dans la leucémie à cellules T de l'adulte → publication fondatrice + Gallo 1982 — Science : découverte de HTLV-II + Gessain 2012 — Retrovirology : épidémiologie mondiale actualisée de HTLV + recommandations HTLV Europe (Martin 2020) : algorithme diagnostique et de suivi
Prise en charge du porteur asymptomatique, prévention et conseil
Porteur asymptomatique — surveillance — allaitement contre-indiqué — préservatif — charge provirale — conseil génétique — notification au partenaire — grossesse — immigrés zones d'endémie
Prise en charge du porteur asymptomatique HTLV-I : la grande majorité (95–97 %) des individus HTLV-I positifs ne développeront jamais de maladie → mais ils peuvent transmettre le virus → prise en charge : annonce du diagnostic → information claire sur le risque de maladie (faible mais réel) + les modes de transmission + les mesures préventives → suivi médical régulier : examen clinique annuel + NFS (surveillance de la lymphocytose) + dosage de LDH + bilan neurologique (signes précoces de HAM/TSP) → charge provirale si disponible (valeur pronostique) → ophtalmologie (uvéite associée à HTLV-I) → dermatologie si lésions cutanées → pas de traitement antiviral recommandé chez les porteurs asymptomatiques → aucun bénéfice démontré pour prévenir la progression → mesures préventives de la transmission : allaitement maternel : contre-indiquer systématiquement si mère HTLV-I+ dans les pays développés (Canada + Europe + USA) → substitut lactique + WHO 2010 : dans les pays en développement où les risques de la non-allaitement sont importants → recommandation individualisée → voie sexuelle : préservatif systématique + information du partenaire → dons de sang + d'organe : contre-indiqués absolument → drogues injectables : ne jamais partager le matériel → notification au partenaire : recommandée + assistée par les services de santé publique → déclaration obligatoire : HTLV-I et HTLV-II ne sont pas des maladies à déclaration obligatoire au Québec ou au Canada (contrairement au VIH) → mais le dépistage des produits sanguins est obligatoire → grossesse et HTLV-I : dépistage recommandé si originaire d'une zone d'endémie + partenaire HTLV-I+ + antécédents de facteurs de risque → si HTLV-I+ confirmé → contre-indiquer l'allaitement → pas de traitement antiviral pendant la grossesse (pas d'indication) → suivi de l'enfant (sérologie à 18 mois si exposition possible) → conseil génétique : transmission verticale possible (surtout par allaitement) → si les deux parents HTLV-I+ : charge provirale parentale + éviter l'allaitement → conseil personnalisé + notification au partenaire + co-infection HTLV-I/VIH : bilan CD4 + charge virale VIH + initier ou optimiser les ARV → le traitement ARV peut partiellement réduire la charge provirale HTLV-I → surveiller les complications de HTLV-I + du VIH → surveillance ophtalmologique rapprochée (uvéite + rétinite) ; HTLV-II chez les UDIV : informer sur la transmission par le partage de seringues → programme d'échange de seringues + naloxone + traitement de substitution aux opioïdes → dépistage des co-infections : VIH + VHC + VHB + informer sur le risque de maladies neurologiques (moins bien documenté que pour HTLV-I mais possible) → pas de traitement spécifique recommandé chez les porteurs HTLV-II asymptomatiques ; suivi des porteurs HTLV-I à risque élevé de progression (charge provirale élevée >10 copies/100 PBMC + immunosuppression + âge >50 ans) : surveillance semestrielle : NFS + LDH + examen neurologique + calcémie + charge provirale → seuil d'alerte : augmentation de la charge provirale >2 fois en 6 mois → NFS : apparition de cellules T atypiques + calcémie élevée → dérivation urgente en hémato-oncologie pour bilan ATLL → signes neurologiques progressifs → dérivation urgente en neurologie pour bilan HAM/TSP ; populations particulières au Canada : immigrants des Caraïbes + Amérique latine + Japon + Afrique subsaharienne → dépistage recommandé si non réalisé lors de l'arrivée au Canada → peuples autochtones d'Australie + Mélanésie (HTLV-I endémique) → immigrants récents de ces régions → dépistage si facteurs de risque → pas de programme de dépistage universel en population générale au Canada Données fondamentales sur la prévention et le suivi : Ureta-Vidal 2004 — Blood : charge provirale maternelle + transmission par l'allaitement → corrélation directe → base de la recommandation de contre-indiquer l'allaitement + Bangham 2000 — Immunity : charge provirale >10 copies/100 PBMC → risque de progression accru → base du suivi par la charge provirale + Gessain 2018 — Retrovirology : épidémiologie mondiale + zones d'endémie + recommandations de dépistage par région → OMS 2010 : recommandations sur l'allaitement dans les pays en développement si mère HTLV-I+ → individualisées selon le contexte + ASPC 2019 : dépistage canadien — groupes cibles → recommandations nationales + Martin 2020 (HTLV Europe guidelines) : prise en charge complète du porteur HTLV-I en Europe — applicable au contexte canadien → surveillance clinique + biologique + préventive + Poiesz 1980 — PNAS (Science initiale) + Gessain 1985 — Lancet + Osame 1986 — Lancet : publications fondatrices définissant HTLV-I comme agent causal de l'ATLL et de la HAM/TSP → Héma-Québec + Croix-Rouge canadienne : dépistage obligatoire HTLV-I/II de tous les dons de sang depuis 1990 → aucun cas de transmission transfusionnelle documenté depuis
ℹ️ 95 à 97 % des porteurs de HTLV-I ne développeront jamais de maladie — mais l'allaitement maternel doit être contre-indiqué dans les pays développés : le risque cumulatif de développer une ATLL ou une HAM/TSP reste faible (2–5 % et 0,3–4 % respectivement) mais ces maladies sont graves. La mesure préventive la plus efficace est la contre-indication systématique de l'allaitement maternel chez les femmes HTLV-I positives au Canada et dans les pays développés — le lait maternel contenant des lymphocytes infectés qui transmettent le virus avec une efficacité de 15–25 % si l'allaitement dure plus de 6 mois. Le dépistage est recommandé chez les femmes enceintes originaires des zones d'endémie.
Situations nécessitant une consultation spécialisée urgente

Porteur HTLV-I connu ou résultant positif + apparition d'une hyperleucocytose avec cellules lymphoïdes atypiques (flower cells) + hypercalcémie + adénopathies + lésions cutanées → ATLL agressif (forme aiguë ou lymphomateuse) → consultation hémato-oncologique urgente → bilan complet + PET-FDG + biopsie → traitement VCAP-AMP-VECP ou mogamulizumab selon le sous-type → urgence oncologique.

Porteur HTLV-I avec apparition progressive d'une faiblesse des membres inférieurs + spasticité + troubles vésicaux sur plusieurs semaines à mois → HAM/TSP probable → consultation neurologique en semi-urgence → IRM médullaire + charge provirale dans le LCR → confirmation du diagnostic + traitement symptomatique précoce → physiothérapie intensive + baclofène → IFN-α si disponible.

Résultat ELISA HTLV-I/II réactif chez une femme enceinte ou en post-partum qui allaite → stopper immédiatement l'allaitement → confirmation par Western blot ou PCR en urgence → substitut lactique à proposer → counselling et suivi avec l'infectiologue et l'obstétricien → ne pas attendre la confirmation sérologique complète pour stopper l'allaitement si la femme est à risque élevé (originaire d'une zone d'endémie).

Calcémie >3,0 mmol/L chez un patient HTLV-I positif connu + altération de l'état général + hyperleucocytose → hypercalcémie maligne sur ATLL → urgences médicales → hyperhydratation IV + zolédronate + bilan hématologique + chimiothérapie de l'ATLL en urgence oncologique → risque arythmique si calcémie >3,5 mmol/L.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins de Clinique Omicron prescrivent le dépistage HTLV-I/II dans les groupes à risque (immigrants des zones d'endémie + UDIV + femmes enceintes + partenaires de porteurs), interprètent les résultats sérologiques, orientent vers les spécialistes (infectiologie + hémato-oncologie + neurologie) selon le tableau clinique, et assurent le suivi annuel des porteurs asymptomatiques avec les conseils de prévention appropriés. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un spécialiste en infectiologie ou en oncologie. La gestion d'une infection à HTLV-I avec manifestations cliniques (ATLL ou HAM/TSP) nécessite une prise en charge spécialisée multidisciplinaire.

Clinique Omicron

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Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.