Hypertension pulmonaire
Classification OMS, physiopathologie et évaluation diagnostique
- Classification clinique OMS 2022 (6e Symposium mondial de Nice 2018 + mise à jour ESC/ERS 2022) : groupe 1 — HTAP (hypertension artérielle pulmonaire) : vasculopathie oblitérante des artérioles pulmonaires distales → PAPm >20 mmHg + RVP ≥2 UW (unités Wood) + PAPO ≤15 mmHg (pression artérielle pulmonaire d'occlusion — «wedge» — exclut une cause postcapillaire) → sous-groupes : HTAP idiopathique (HAP-I) → la plus fréquente du groupe 1 + HTAP héritable (mutations BMPR2 — bone morphogenetic protein receptor type 2 — chromosome 2q33 → 70–80 % des formes familiales + mutations ALK1 + ENG + SMAD9 + CAV1 + KCNK3) + HTAP associée à une connectivite (sclérodermie ++ + LED + PR + MCTD) → HTAP-CTD : 15–20 % des cas d'HTAP → sclérodermie : risque HTAP = 8–12 % sur la vie entière → dépistage annuel DETECT + HTAP associée à une cardiopathie congénitale (shunts G→D : CIA + CIV + CAP non opérés → syndrome d'Eisenmenger) + HTAP associée à l'infection VIH (0,5 % des patients VIH) + HTAP associée à l'hypertension portale (portopulmonaire) + HTAP médicamenteuse et toxique (anorexigènes — aminorex + fenfluramines — retirés du marché + dasatinib + IFN + cocaïne + huile de colza toxique) ; groupe 2 — HTP postcapillaire (insuffisance cardiaque gauche) : la plus fréquente globalement → HTP secondaire à une insuffisance cardiaque gauche à FE réduite ou préservée + valvulopathies mitrales et aortiques → PAPO >15 mmHg → traitement de la cause cardiaque gauche + groupe 3 — HTP due aux maladies pulmonaires et/ou hypoxie : BPCO + fibrose pulmonaire (FPI) + SAS + altitude → hypoxie → vasoconstriction pulmonaire hypoxique chronique → remodelage vasculaire modéré → traitement étiologique + O₂ si hypoxémie + groupe 4 — HTP post-embolique (HTPPE — hypertension pulmonaire thromboembolique chronique) : thrombi organisés fibreux obstructifs des artères pulmonaires après EP → remodelage vasculaire distal → traitement : anticoagulation + endartériectomie pulmonaire chirurgicale (traitement curatif si résécable) + angioplastie pulmonaire percutanée (BPA — balloon pulmonary angioplasty) + riociguat + groupe 5 — HTP de mécanismes multifactoriels ou peu clairs : sarcoïdose + histiocytose + maladies hématologiques (drépanocytose + thalassémie + MVAS) + compression extrinsèque
- Physiopathologie de l'HTAP — remodelage vasculaire et voies thérapeutiques : mécanismes du remodelage vasculaire pulmonaire dans l'HTAP : dysfonction endothéliale : réduction de la production de prostacycline (PGI₂ — vasodilatatrice + antiagrégante) + réduction de la production de NO (oxyde nitrique — vasodilatateur via la GCs + GMPc) + excès d'endothéline-1 (ET-1 — vasoconstrictrice + mitogène puissante → liaison aux récepteurs ETA (vasoconstriction + prolifération) et ETB (clearance + vasodilatation paradoxale sur l'endothélium)) → les trois voies thérapeutiques majeures ciblent ces déséquilibres → prolifération des cellules musculaires lisses artériolaires + migration + résistance à l'apoptose (phénotype «quasi-néoplasique») → formation de lésions plexiformes pathognomoniques des HTAP sévères → angiogenèse anarchique → obstruction progressive de la lumière artériolaire ; mutations BMPR2 : récepteur de la voie BMP (bone morphogenetic protein) → normalement : signalisation anti-proliférative + pro-apoptotique sur les CML vasculaires → mutation perte de fonction → CML prolifèrent + résistent à l'apoptose → 70–80 % des formes héréditaires + 20–25 % des formes sporadiques → pénétrance : 20–30 % (seule la mutation ne suffit pas → cofacteurs nécessaires) ; axe NO-GC-GMPc : NO (produit par eNOS endothéliale) → diffuse dans la CML → active la guanylate cyclase soluble (GCs) → GMPc → relaxation de la CML + antiprolifératif → GMPc dégradé par la PDE5 → inhibiteurs PDE5 (sildénafil + tadalafil) : augmentent le GMPc → vasodilatation + riociguat : stimulateur direct de la GCs (indépendamment du NO) → approuvé HTAP et HTPPE
- Bilan diagnostique — algorithme et cathétérisme cardiaque droit : présentation clinique évocatrice : dyspnée d'effort progressive (principale plainte — 99 % des cas) + fatigue + syncope ou présyncope à l'effort (signe de gravité — chute du débit cardiaque à l'effort) + douleur thoracique angineuse (ischémie du VD dilaté) + œdèmes des membres inférieurs (insuffisance cardiaque droite) + palpitations → signes à l'examen physique : éclat de B2 au foyer pulmonaire (élévation de la PAP) + souffle d'insuffisance tricuspide (dilatation VD) + souffle d'insuffisance pulmonaire (Graham Steell) + galop B3 droit + turgescence jugulaire + hépatomégalie douloureuse + reflux hépato-jugulaire + œdèmes bilatéraux + cyanose centrale (syndrome d'Eisenmenger) ; algorithme diagnostique ESC/ERS 2022 : étape 1 (suspicion clinique + bilan non invasif) : NFS + bilan hépatique + sérologies VIH + ANA + anticorps anti-sclérodermie (anti-Scl70 + anti-centromère) + anti-phospholipides + D-dimères + NT-proBNP → ECG : déviation axiale droite + hypertrophie VD + BBD + ondes P pointues (P pulmonaire) → échocardiographie transthoracique (ETT) : évaluation non invasive de la PAP systolique (PAPsys) par la vélocité de régurgitation tricuspide (VRT) → VRT >2,8 m/s évoque une HTP → signes indirects : dilatation des cavités droites + aplatissement septal + bowing septal en D + insuffisance tricuspide → probabilité faible / intermédiaire / élevée selon l'ESC + étape 2 (identifier les causes fréquentes) : TDM thoracique avec injection + scintigraphie pulmonaire V/Q (recherche HTPPE) + EFR + gazométrie + polysomnographie si SAS suspecté + étape 3 (confirmer le diagnostic et la sévérité) : cathétérisme cardiaque droit (CCD) → GOLD STANDARD absolu → mesures directes : PAPm + PAPsys + PAPd + PAPO («wedge») + pression OD + débit cardiaque (thermodilution ou Fick) → calcul RVP = (PAPm − PAPO) / DC → RVP ≥2 UW (unités Wood) = HTAP précapillaire → test de vasoréactivité aiguë (VRA) : si HTAP idiopathique ou héritable → NO inhalé 10–20 ppm × 5–10 min → répondeur (critères Sitbon 2005 — JACC) : chute PAPm ≥10 mmHg + PAPm absolue ≤40 mmHg + débit cardiaque stable ou amélioré → 10–15 % des HTAP-I → traitement par inhibiteurs calciques à haute dose possible (nifédipine + diltiazem + amlodipine)
Stratification du risque, traitement et suivi
| Situation clinique | Évaluation et stratification | Traitement et objectifs |
|---|---|---|
| HTAP — stratification du risque et choix thérapeutique initial REVEAL — ESC/ERS 2022 — NT-proBNP — test de marche 6 min |
La stratification du risque à l'initiation du traitement guide le choix de la combinaison thérapeutique initiale — principe fondamental de la prise en charge moderne de l'HTAP ; outils de stratification du risque (ESC/ERS 2022) : score de risque à 4 strates (faible + intermédiaire-bas + intermédiaire-haut + élevé) basé sur la combinaison de : classe fonctionnelle OMS (CF-OMS) : CF I–IV → I : asymptomatique + II : dyspnée effort modéré + III : dyspnée effort minimal + IV : dyspnée repos + NT-proBNP / BNP : faible risque : NT-proBNP <300 ng/L + risque élevé : >1 100 ng/L + test de marche de 6 minutes (TM6M) : faible risque : >440 m + risque élevé : <165 m + paramètres hémodynamiques CCD : faible risque : IC >2,5 L/min/m² + pression OD <8 mmHg + risque élevé : IC <1,8 + pression OD >14 mmHg + signe de syncope à l'effort = risque élevé automatiquement ; score REVEAL 2.0 (Registry to Evaluate Early and Long-term PAH Disease Management) : score pronostique validé → intègre : CF + TM6M + hémodynamique + NT-proBNP + SpO₂ + diffusion CO (DLCO) + péricarde + pression artérielle + étiologie → survie à 1 an prédite selon le score → score ≤6 : faible risque (survie 95 %) + score 7–8 : risque intermédiaire (survie 87 %) + score ≥9 : risque élevé (survie 66 %) ; objectif du traitement : atteindre un profil de faible risque (low-risk profile) → TM6M >440 m + CF I–II + NT-proBNP <300 + hémodynamique favorable → le traitement est intensifié jusqu'à l'atteinte du profil de faible risque ou jusqu'à la transplantation ; DETECT algorithm : dépistage annuel de l'HTAP dans la sclérodermie systémique → score intégrant 6 variables non invasives → si score élevé → ETT → si ETT suggestive → CCD → recommandé EULAR + ACR | Traitement de 1re ligne de l'HTAP (ESC/ERS 2022) : mesures générales pour tous les patients HTAP : anticoagulation orale (warfarine — INR 1,5–2,5) : recommandée dans l'HTAP idiopathique et héritable (bénéfice démontré en registres — Fuster 1984 + Rich 1992 — NEJM) → non recommandée dans l'HTAP-connectivite (risque hémorragique + pas de bénéfice démontré) → diurétiques si surcharge droite : furosémide 20–80 mg/j + spironolactone 25–50 mg + O₂ si SpO₂ <91 % au repos → cible SpO₂ ≥92 % + réhabilitation physique supervisée → bénéfice démontré (Mereles 2006 — Circulation) → programme supervisé en centre spécialisé + vaccination antigrippale + antipneumococcique + éviter grossesse (risque de mortalité maternelle 30–50 % → contraception efficace obligatoire) ; traitement pharmacologique selon le niveau de risque : risque faible ou intermédiaire-bas (CF II–III) : traitement oral double combinaison en première intention → ambrisentan + tadalafil (essai AMBITION — Galiè 2015 — NEJM : réduction du risque de progression clinique de 50 % vs monothérapie → devient le standard de 1re ligne) → ou macitentan + tadalafil → ou bosentan + sildénafil (combinaison historique + essai BREATHE-2 + COMPASS-2) → risque intermédiaire-haut ou élevé (CF III–IV) : triple combinaison orale ou parentérale dès l'initiation → ajouter un prostanoïde (époprosténol IV ou treprostinil SC/IV/inhalé) aux deux agents oraux → essai TRITON (Sitbon 2021 — NEJM) : triple combinaison initiale macitentan + tadalafil + sélexipag → supérieure à la double combinaison pour la prévention de la progression |
| Classes thérapeutiques spécifiques de l'HTAP ERA — PDE5i — GCs — prostanoïdes — sotatercept |
Trois voies pathobiologiques ciblées par les médicaments approuvés dans l'HTAP — plus une nouvelle voie prometteuse ; inhibiteurs des récepteurs à l'endothéline (ERA — Endothelin Receptor Antagonists) : ciblent la voie ET-1 → bosentan (Tracleer) : antagoniste dual ETA + ETB → 62,5 mg × 2/j × 4 semaines → 125 mg × 2/j → essai BREATHE-1 (Rubin 2002 — NEJM) : amélioration TM6M +44 m + CF + hémodynamique → premier ERA approuvé → hépatotoxicité : surveillance ALAT mensuelle (retrait si ALAT >3× LSN) + interactions médicamenteuses (CYP3A4 + CYP2C9) + interactions contraceptives orales (réduction d'efficacité — double contraception obligatoire) + ambrisentan (Letairis) : sélectif ETA → 5–10 mg × 1/j → essai ARIES-1 + ARIES-2 (Galiè 2008 — Circulation) → moins d'hépatotoxicité → rétention hydrique possible + macitentan (Opsumit) : dual ETA + ETB → tissulaire → 10 mg × 1/j → essai SERAPHIN (Pulido 2013 — NEJM) : réduction de la morbidité-mortalité de 45 % → meilleur profil de tolérance + pas de surveillance hépatique mensuelle → devient référence ERA ; inhibiteurs de la PDE5 (PDE5i) : sildénafil (Revatio) : 20 mg × 3/j → essai SUPER-1 (Galiè 2005 — NEJM) : amélioration TM6M +45 m → approbation FDA 2005 + tadalafil (Adcirca) : 40 mg × 1/j → essai PHIRST (Galiè 2009 — Circulation) → demi-vie longue (17h) → prise unique quotidienne + vardenafil (données plus limitées) ; stimulateurs de la guanylate cyclase soluble (sGCS) : riociguat (Adempas) : approuvé HTAP + HTPPE → 0,5–2,5 mg × 3/j → essai PATENT-1 (Ghofrani 2013 — NEJM) : amélioration TM6M +30 m + hémodynamique → CI absolue avec PDE5i (hypotension sévère) + approuvé Santé Canada + INESSS (HTPPE) | Prostanoïdes et sotatercept — thérapies avancées : prostanoïdes (analogues de la prostacycline) : époprosténol IV (Flolan) : traitement historique le plus puissant → amélioré la survie dans l'HTAP idiopathique sévère (Barst 1996 — NEJM : survie à 12 semaines 91 % vs 63 % placebo — premier essai à démontrer une amélioration de la survie dans l'HTAP) → perfusion IV continue via cathéter central tunnélisé (Hickman) → pompe portable → demi-vie : 3–5 min → interruption → arrêt cardiorespiratoire → formation spécifique obligatoire → dose initiale 2 ng/kg/min → titration progressive → effets secondaires : flush + céphalées + douleurs mâchoire + diarrhée + infections du cathéter + treprostinil (Remodulin) : analogue stable de la prostacycline → SC ou IV → demi-vie 4h → plus simple que l'époprosténol → treprostinil inhalé (Tyvaso) : 3 sessions/j × 4 inhalations → essai INCREASE (Waxman 2021 — NEJM) → approuvé dans l'HTAP associée aux pneumopathies interstitielles + iloprost inhalé (Ventavis) : 6–9 inhalations/j → effet de courte durée → moins utilisé + sélexipag (Uptravi) : agoniste oral sélectif du récepteur IP de la prostacycline (non prostanoïde) → essai GRIPHON (Sitbon 2015 — NEJM) : réduction de la morbidité-mortalité de 40 % → oral + bien toléré → standard de soin en triple combinaison ; sotatercept (Winrevair) : mécanisme révolutionnaire → piège le ligand activine → rééquilibre la signalisation BMP/Activine → anti-prolifératif + pro-apoptotique sur les CML vasculaires → injection SC × 1/3 semaines → essai STELLAR (Hoeper 2023 — NEJM) : amélioration TM6M +40 m + réduction RVP + NT-proBNP + approbation FDA mars 2024 → premier agent à cibler directement le remodelage vasculaire → Santé Canada en évaluation 2024–2025 → remboursement INESSS en cours d'évaluation |
| HTPPE — hypertension pulmonaire thromboembolique chronique Endartériectomie — BPA — riociguat — anticoagulation à vie |
L'HTPPE est la seule forme d'hypertension pulmonaire potentiellement curable chirurgicalement — son identification est cruciale ; définition et épidémiologie : thrombus organisé fibreux persistant dans les artères pulmonaires après une embolie pulmonaire aiguë → 0,4–4 % des EP développent une HTPPE dans les 2 ans → PAPm >20 mmHg + obstruction artérielle chronique + remodelage vasculaire distal secondaire → prévalence estimée : 5 000–6 000 cas en France (données CTEPH France Registry) → probablement 1 000–1 500 cas au Canada → sous-diagnostiquée ++ ; diagnostic de l'HTPPE : scintigraphie V/Q planaire ou SPECT-CT : méthode de référence pour dépister une obstruction artérielle pulmonaire → sensibilité 96–97 % + spécificité 90–95 % pour l'HTPPE (Tunariu 2007 — JACC) → supérieure à l'angio-TDM pour les obstructions périphériques + angio-TDM thoracique multiphasique : visualise les thrombus organisés → aspect en bouchon + artères dilatées en amont + artères distales grêles → moins sensible pour les segments subsegmentaires → angiographie pulmonaire conventionnelle : gold standard pour la cartographie préchirurgicale → réalisée dans les centres experts avant l'endartériectomie + CCD : confirme le diagnostic hémodynamique + évalue la composante précapillaire et la sévérité ; critères d'opérabilité pour l'endartériectomie pulmonaire (EP chirurgicale) : obstruction accessible (artères lobaires + segmentaires proximaux) + RVP <1 200 dynes.s.cm⁻⁵ (15 UW) + pas de comorbidités rédhibitoires + centre expert (volume ≥25 procédures/an) → centres au Canada : Toronto General Hospital (Dr J. Alvarez — ++ référence canadienne) + CHUM Montréal | Traitement de l'HTPPE : endartériectomie pulmonaire chirurgicale (EAP) : traitement curatif de référence → sous circulation extracorporelle + arrêt cardiocirculatoire (hypothermie profonde 20 °C) → dissection et extraction des membranes fibreuses de l'intima artérielle pulmonaire → résultats : normalisation ou quasi-normalisation des pressions pulmonaires dans 70–80 % des cas opérés en centre expert + mortalité opératoire : 2–5 % dans les centres expérimentés (Mayer 2011 — European Journal of Cardio-Thoracic Surgery) → amélioration significative de la qualité de vie + exercice + survie à long terme ; angioplastie pulmonaire percutanée (BPA — Balloon Pulmonary Angioplasty) : pour les patients inopérables (obstruction distale inaccessible chirurgicalement) ou à haut risque chirurgical → multisessions (8–12 sessions en moyenne) → dilatation séquentielle des artérioles obstruées → résultats des centres japonais pionniers (Ogawa 2012 + Fukuda 2017 — Circulation) : amélioration significative de la PAPm + RVP + TM6M → données européennes confirmées → centre expert CHUM Montréal + CHU Québec en développement 2024–2025 ; traitement médical : anticoagulation à vie obligatoire : AVK (warfarine — INR 2–3) → les anticoagulants oraux directs (AOD) ne sont pas recommandés en standard dans l'HTPPE (données insuffisantes) → riociguat (Adempas) : seul médicament approuvé Santé Canada pour l'HTPPE inopérable ou résiduelle post-EAP → essai CHEST-1 (Ghofrani 2013 — NEJM) : amélioration TM6M +46 m + réduction RVP → treprostinil inhalé (Tyvaso) : données INCREASE dans les maladies pulmonaires → utilisation off-label dans l'HTPPE distale |
| Insuffisance cardiaque droite, transplantation et suivi Décompensation VD — septostomie — greffe poumons — centres experts |
La défaillance ventriculaire droite (DVR) est la cause de décès dans la majorité des cas d'HTAP — sa prise en charge en urgence est spécifique et distincte de l'insuffisance ventriculaire gauche ; physiopathologie de la DVR dans l'HTAP : postcharge VD croissante → hypertrophie VD → dilatation VD → bowing septal (déplacement septal vers le VG en diastole) → compromis du remplissage VG → réduction du débit cardiaque systémique → ischémie VD + troubles du rythme + mort subite ; signes de DVR décompensée : turgescence jugulaire majeure + anasarque + ascite + reflux hépato-jugulaire + SpO₂ effondrée + choc cardiogénique → ECG : tachycardie sinusale + BBD + TV/FV → ETT urgente : TAPSE <12 mm + surface VD/VG >1 + déviation septale + épanchement péricardique (signe de mauvais pronostic) + NT-proBNP très élevé + lactates élevés ; prise en charge de la DVR décompensée en USIC : optimisation hémodynamique : vasopresseurs → noradrénaline (nor-épinéphrine) 0,1–1 µg/kg/min → maintien de la pression de perfusion coronarienne + éviter le remplissage excessif (aggrave la dilatation VD) → diurétiques IV agressifs si surcharge + inotropes : dobutamine 2–10 µg/kg/min + milrinone (inhibiteur PDE3) → améliore le débit VD + réduit la postcharge → attention hypotension systémique + vasodilatateurs pulmonaires : NO inhalé (10–80 ppm) + iloprost inhalé → réduisent les RVP → améliorent le débit + époprosténol IV à initier si HTAP non traitée + maintenir l'anticoagulation | Options interventionnelles avancées et transplantation : septostomie atriale par ballonnet (BAS) : création d'un shunt intra-atrial droit-gauche → décompression du VD → améliore le débit systémique → palliatif → pont vers la transplantation → indiqué si syncopes récidivantes + DVR réfractaire + centre expert obligatoire → risque de cyanose sévère si orifice trop large ; ECMO veinoartérielle (Extra-Corporeal Membrane Oxygenation) : support circulatoire mécanique → pont vers la transplantation ou vers la récupération → centres avec programme HTAP-ECMO : CHUM + CHU Québec + Institut de Cardiologie de Montréal ; transplantation pulmonaire (TP) et cardiopulmonaire (TCP) : indication : HTAP sévère (CF III–IV) réfractaire au traitement médical maximal + profil de risque élevé persistant malgré triple combinaison + liste d'attente si REVEAL score élevé → critères d'inscription ISHLT : CF IV + TM6M <350 m + Index cardiaque <2 L/min/m² + pression OD >15 mmHg + type de transplantation : TP bilatérale préférée dans l'HTAP-I + TCP si cardiopathie congénitale complexe ou DVR irréversible (Eisenmenger) → résultats TP pour HTAP : survie à 5 ans 50–60 % + survie à 10 ans 30–40 % → principale cause de décès post-greffe : bronchiolite oblitérante (CLAD — chronic lung allograft dysfunction) + centres de greffe au Québec : CHUM (Montréal) + Hôpital Laval (Québec) ; suivi spécialisé de l'HTAP : centre expert HTAP certifié ESC/ERS → consultations tous les 3–6 mois → TM6M + NT-proBNP + ETT + CCD à 3–6 mois après l'initiation du traitement + réévaluation du risque à chaque visite → intensification du traitement si profil non faible risque |
Syncope à l'effort + dyspnée sévère au repos + SpO₂ <90 % + turgescence jugulaire + œdèmes + choc cardiogénique chez un patient avec HTAP connue → décompensation ventriculaire droite aiguë → USIC urgente → NO inhalé + dobutamine + diurétiques IV + éviter remplissage excessif → contacter le centre expert HTAP → évaluation ECMO si réfractaire.
Dyspnée d'effort progressive inexpliquée sur plusieurs mois + éclat de B2 + signe de dysfonction VD à l'ETT (dilatation VD + TAPSE <17 mm + VRT >3,4 m/s) chez un patient avec sclérodermie ou cardiopathie congénitale → HTP probable → cathétérisme cardiaque droit en urgence semi-élective dans un centre expert → pas de traitement empirique sans confirmation hémodynamique.
Dyspnée + douleur pleurale + SpO₂ basse chez un patient sous époprosténol IV (Flolan) en cas d'interruption accidentelle de la perfusion → arrêt du Flolan → urgence absolue → risque d'arrêt cardiorespiratoire immédiat → reprendre la perfusion sans délai + appeler le 911 + USIC + centre expert HTAP.
Dyspnée progressive sur 6–12 mois + scintigraphie V/Q avec défects de perfusion segmentaires persistants + ATCD d'embolie pulmonaire il y a >3 mois + hypertension pulmonaire à l'ETT → HTPPE probable → anticoagulation + CCD + angiographie pulmonaire en centre expert → évaluation chirurgicale pour endartériectomie pulmonaire.
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Les médecins de Clinique Omicron peuvent initier l'évaluation d'une dyspnée d'effort inexpliquée, prescrire le bilan de première intention (ECG, NT-proBNP, ETT, bilan immunologique) et coordonner la référence vers un centre expert en hypertension pulmonaire pour le cathétérisme cardiaque droit confirmatif. Le suivi des patients atteints d'HTP de groupe 2 (insuffisance cardiaque gauche) ou de groupe 3 (pneumopathies) peut être partiellement assuré dans plusieurs points de service au Québec, en collaboration avec les équipes spécialisées. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin spécialiste. Le diagnostic et le traitement de l'hypertension pulmonaire nécessitent une expertise pluridisciplinaire en centre expert certifié — le cathétérisme cardiaque droit est indispensable avant toute décision thérapeutique.
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