Hypocalcémie - Test médical Clinique Omicron
Physiopathologie, étiologies et tableau clinique
- Métabolisme calcique et mécanismes de l'hypocalcémie : rappel de la régulation du calcium — voir aussi la fiche Hypercalcémie pour le détail complet : calcium ionisé bas → activation du CaSR parathyroïdien → sécrétion de PTH → effets rénaux (réabsorption tubulaire distale du calcium + phosphaturie + stimulation de la 1α-hydroxylase → calcitriol) + effets osseux (résorption ostéoclastique via RANK-L) + effets intestinaux indirects (via le calcitriol) → correction de la calcémie ; mécanismes physiopathologiques de l'hypocalcémie : réduction de la PTH (hypoparathyroïdie) → perte simultanée de la réabsorption rénale du calcium + de la résorption osseuse + de la production de calcitriol → hypocalcémie profonde + hyperphosphatémie + hypercalciurie relative (le rein sans PTH ne réabsorbe plus le calcium filtré) → carence en vitamine D → réduction de la production de calcitriol → réduction de l'absorption intestinale de calcium + réduction de la réabsorption rénale + élévation secondaire de la PTH (hyperparathyroïdie secondaire compensatrice) → PTH élevée + 25-OHD basse + calcitriol bas + hypophosphatémie (PTH → phosphaturie) + alcalose respiratoire aiguë → pH augmente → liaison calcium-albumine augmente → calcium ionisé diminue brutalement → tétanie hypocalcémique sans hypocalcémie totale vraie → hyperventilation + anxiété aiguë → pseudo-hypocalcémie ionisée → résolution par respiration dans un sac → hyperphosphatémie (IRC + hypoparathyroïdie) → forme des complexes calcium-phosphate → précipitation → réduction du calcium ionisé ; correction du calcium pour l'albumine (formule identique à l'hypercalcémie) : calcium corrigé = calcium mesuré + 0,02 × (40 − albumine g/L) → si albuminémie = 20 g/L + calcium mesuré = 2,0 mmol/L → calcium corrigé = 2,0 + 0,02 × 20 = 2,40 mmol/L → normocalcémie vraie (pseudo-hypocalcémie) → le calcium ionisé reste la référence en cas de doute → alcalose → augmente la liaison albumine-calcium → calcium ionisé bas malgré calcium total normal → acidose → l'inverse → toujours interpréter en tenant compte du pH ; hungry bone syndrome (syndrome de l'os affamé) : après parathyroïdectomie pour HPP sévère ou chirurgie thyroïdienne avec atteinte parathyroïdienne → afflux brutal de calcium + phosphore vers l'os (reminéralisation rapide post-PTH) → hypocalcémie + hypophosphatémie + hypomagnésémie profondes et prolongées → Witteveen 2013 — Journal of Bone and Mineral Research : facteurs prédictifs du hungry bone syndrome : HPP sévère + phosphatases alcalines très élevées + HVG osseuse radiologique → supplémentation calcique IV massive requise + calcitriol + magnésium
- Étiologies de l'hypocalcémie — classification par mécanisme : déficit en PTH — hypoparathyroïdie : post-chirurgicale (cause la plus fréquente) : thyroïdectomie totale + parathyroïdectomie totale + vidage ganglionnaire cervical → lésion ou ablation involontaire des parathyroïdes → hypocalcémie dans les 24–72h post-opératoires → transitoire (6 mois) dans 30–40 % des cas → définitive dans 1–3 % des thyroïdectomies totales → facteurs de risque : chirurgie du goitre volumineux + thyroïdectomie ré-opératoire + chirurgie oncologique extensive → auto-immune : anticorps anti-parathyroïdes + isolée ou associée au syndrome APS-1 (polyendocrinopathie auto-immune type 1 — AIRE — hypoparathyroïdie + insuffisance surrénalienne + candidose mucocutanée) → génétique : syndrome de DiGeorge (délétion 22q11.2 — aplasie thymique + cardiopathies congénitales + hypoparathyroïdie) + mutation activatrice du CaSR (hyperactivité du CaSR → frein constitutif de la PTH → hypocalcémie + hypercalciurie → Pollak 1994 — Nature Genetics) + mutation du gène PTH + mutation GNA11 → infiltration des parathyroïdes : hémochromatose + granulomatoses + métastases + dépôts d'amyloïde → magnésium bas (<0,5 mmol/L) → résistance à la PTH + réduction de la sécrétion de PTH → hypomagnésémie = cause fréquente et corrigible d'hypoparathyroïdie fonctionnelle → à corriger avant toute autre mesure + irradiation cervicale + chirurgie de Riedel ; résistance à la PTH — pseudohypoparathyroïdie (PHP) : PTH élevée + hypocalcémie + hyperphosphatémie → résistance rénale à la PTH par mutation du gène GNAS (protéine Gsα) → PHP type 1a (ostéodystrophie héréditaire d'Albright — OHA) : faciès rond + petite taille + brachydactylie + obésité + retard mental + ossifications sous-cutanées + PHP type 1b : résistance rénale isolée sans phénotype OHA + PHP type 2 : rare → bilan : PTH élevée + calcium bas + phosphore élevé + AMPc urinaire non augmenté après injection PTH → Mantovani 2011 — Endocrine Reviews : classification et prise en charge des PHP ; déficit en vitamine D et troubles du métabolisme de la vitamine D : carence en vitamine D (25-OHD basse) : cause la plus fréquente d'hypocalcémie légère à modérée dans la population générale → apport alimentaire insuffisant + exposition solaire insuffisante (latitude Nord + vêtements couvrants + photophobie) + malabsorption (maladie cœliaque + Crohn + résection intestinale + chirurgie bariatrique) + insuffisance hépatique (défaut de 25-hydroxylation) → insuffisance rénale chronique (défaut de 1α-hydroxylation) + rachitisme vitaminodépendant type 1 (VDDR1 — mutation de la 1α-hydroxylase — CYP27B1) → calcitriol très bas malgré 25-OHD normale + rachitisme vitaminodépendant type 2 (VDDR2 — mutation du VDR — récepteur de la vitamine D) → résistance au calcitriol → calcitriol très élevé + rachitisme clinique → médicaments inhibant le métabolisme de la vitamine D : rifampicine + phénytoine + phénobarbital + carbamazépine (inducteurs enzymatiques hépatiques → catabolisme accéléré de la 25-OHD) ; autres causes à évoquer : chélation du calcium sanguin : pancréatite aiguë (saponification des graisses péripancréatiques par les acides gras libres → complexes calcium-acides gras insolubles) + transfusions massives (citrate → chélate le calcium ionisé) + bisphosphonates IV + dénosumab (après traitement d'une hypercalcémie) + phosphate IV excessif + fluorose aiguë → hyperphosphatémie sévère (IRC stade V) → précipitation calcium-phosphate → réduction du calcium ionisé → syndrome de lyse tumorale : phosphore + acide urique + potassium massivement libérés → hyperphosphatémie → hypocalcémie → insuffisance rénale aiguë + Hypoprotéinémie sévère : pseudo-hypocalcémie (calcuim total bas + calcium ionisé normal) → alcalose respiratoire aiguë (tétanie sans vraie hypocalcémie totale + fréquente dans les crises de panique)
- Manifestations cliniques de l'hypocalcémie — « les 4 E » : les symptômes dépendent du niveau de calcium ionisé ET de la rapidité d'installation — une hypocalcémie chronique modérée peut être asymptomatique, tandis qu'une chute aiguë de calcium (post-chirurgicale ou lyse tumorale) est beaucoup plus symptomatique à même niveau de calcémie ; excitabilité neuromusculaire (manifestation centrale) : paresthésies péribuccales + fourmillements des extrémités (doigts + orteils) → crampes musculaires → tétanie manifeste : contraction involontaire et douloureuse des muscles des mains (main d'accoucheur — flexion des métacarpophalangiennes + extension des interphalangiennes) + pieds (pied de ballet — extension plantaire forcée) → tétanie laryngée (stridor + dyspnée + risque d'asphyxie) → tétanie généralisée → convulsions (épilepsie hypocalcémique — grand mal + focales + absences) ; signes cliniques provoqués (recherchés à l'examen physique) : signe de Trousseau : gonflage du brassard tensionnel au-dessus de la PAS × 3 min → ischémie → main d'accoucheur → sensibilité 94 % + spécificité 99 % pour l'hypocalcémie (Tohme 1993 — Annals of Internal Medicine) → signe de Chvostek : percussion du nerf facial devant le tragus → contraction ipsilatérale des muscles faciaux (lèvre + narines) → sensibilité 25–65 % (peu spécifique — 10–29 % de faux positifs dans la population générale normocalcémique) → signe de Lust : percussion du nerf péronier → dorsiflexion + éversion du pied ; effets cardiovasculaires : allongement de l'intervalle QT (hypocalcémie → prolongation de la repolarisation ventriculaire) → contraire de l'hypercalcémie → risque d'arythmies ventriculaires (torsades de pointes + FV) + insuffisance cardiaque (cardiomyopathie hypocalcémique chronique — réversible si correction du calcium) + hypotension artérielle + bloc AV → l'ECG est obligatoire si hypocalcémie symptomatique ou sévère ; effets psychiatriques et cognitifs : anxiété + irritabilité + dépression + confusion + troubles de la mémoire + démence (hypocalcémie chronique sévère non traitée) + calcifications des ganglions de la base (noyaux gris centraux) dans l'hypoparathyroïdie chronique (syndrome de Fahr — chorée + parkinsonisme + démence + épilepsie) ; effets ectodermiques (hypoparathyroïdie chronique longue durée) : cataracte sous-capsulaire postérieure + sécheresse cutanée + ongles cassants + chute des cheveux + dysplasie de l'émail dentaire (si carence pendant l'enfance)
Diagnostic biologique et prise en charge
| Aspect / intervention | Données, critères et modalités | Études clés et recommandations |
|---|---|---|
| Bilan diagnostique étiologique PTH — 25-OHD — magnésium — phosphore — calcitriol — AMPc — génétique — imagerie |
Algorithme diagnostique — première étape : corriger le calcium pour l'albumine + doser le calcium ionisé si doute → exclure la pseudo-hypocalcémie (hypoalbuminémie + alcalose) ; bilan de 1re intention face à une hypocalcémie vraie confirmée : PTH intacte — clé du diagnostic étiologique : PTH basse ou inadaptément normale (<20 pg/mL) → hypoparathyroïdie → PTH élevée (>65 pg/mL) → mécanisme non parathyroïdien (vitamine D + résistance à la PTH + chélation + autre) + phosphore : élevé dans l'hypoparathyroïdie et l'IRC + bas dans la carence en vitamine D (PTH élevée → phosphaturie) + magnésium sérique : obligatoire → hypomagnésémie (<0,5 mmol/L) → hypoparathyroïdie fonctionnelle → correction du magnésium → correction de la PTH → 25-OH-vitamine D (25-OHD) : basse (<25 nmol/L = carence sévère + 25–50 nmol/L = insuffisance) → carence en vitamine D → calcitriol (1,25-OH-vitamine D) : bas malgré PTH élevée → déficit de 1α-hydroxylation (IRC + rachitisme type 1 CYP27B1) → élevé avec PTH basse et 25-OHD normale → rare (rachitisme type 2 ou production autonome) + créatinine + DFG → IRC (défaut 1α-hydroxylase + hyperphosphatémie) + phosphatases alcalines : très élevées → turnover osseux augmenté → rachitisme + hyperparathyroïdie secondaire sévère + calciurie des 24h (ou spot urinaire Ca/Créat) → hypercalciurie dans les mutations activatrices du CaSR + hypoparathyroïdie traitée (risque de néphro-calcinose si supplémentation trop intensive) + NFS + VS + CRP (sarcoïdose + hémochromatose) + bilan hépatique (insuffisance hépatique + métastases) + ECG systématique (QT allongé — seuil de traitement IV) ; bilan de 2e intention selon orientation : anticorps anti-parathyroïdes (hypoparathyroïdie auto-immune) + génétique : GNAS (PHP) + CaSR activateur (Pollak 1994 — Nature Genetics) + AIRE (APS-1) + GNA11 + CYP27B1 (VDDR1) + VDR (VDDR2) + 22q11.2 (DiGeorge — FISH ou CGH-array) + scintigraphie des parathyroïdes + TDM cervical (si suspicion de parathyroïdes ectopiques fonctionnelles non palpées restantes) + ferritine + saturation de la transferrine (hémochromatose) + scanner abdominal si sarcoïdose suspectée + test de Ellsworth-Howard (injection PTH → AMPc urinaire non augmenté dans les PHP) → aujourd'hui remplacé par la génétique GNAS + bilan ophtalmologique : fond d'œil + lampe à fente → cataracte sous-capsulaire postérieure (hypoparathyroïdie chronique) + scanner cérébral si symptômes neurologiques : calcifications des ganglions de la base (syndrome de Fahr) → dans l'hypoparathyroïdie non traitée ou traitée insuffisamment → pas d'IRM (les calcifications ne sont pas visibles en IRM mais bien au TDM) ; classification de la sévérité de l'hypocalcémie : légère : calcium corrigé 1,90–2,10 mmol/L → souvent asymptomatique → traitement oral + suivi → modérée : calcium corrigé 1,75–1,90 mmol/L → paresthésies + crampes → traitement oral intensifié → sévère : <1,75 mmol/L ou symptômes graves (tétanie + convulsions + QTc prolongé + arythmie) → urgence → calcium IV | Interprétation du profil biologique selon l'étiologie : hypoparathyroïdie : Ca↓ + PTH↓ ou inadaptée + PO₄↑ + Mg normal/bas + 25-OHD normale + calcitriol ↓ + calciurie élevée → carence en vitamine D : Ca↓ légèrement + PTH↑ + PO₄↓ + 25-OHD↓↓ + calcitriol variable + PAL↑ + calciurie↓ → IRC : Ca↓ + PTH↑↑ (secondaire) + PO₄↑ + 25-OHD↓ + calcitriol↓ + créatinine↑ → PHP : Ca↓ + PTH↑↑ + PO₄↑ + 25-OHD normale + calcitriol↓ + AMPc urinaire non stimulable → mutation CaSR activatrice : Ca↓ + PTH inadaptée (basse) + calciurie↑↑ + PO₄ normal → Bilezikian 2016 — Journal of Bone and Mineral Research : guidelines internationales de l'hypoparathyroïdie → consensus de 73 experts → cibles thérapeutiques + indications de la PTH recombinante + Mannstadt 2017 — Nature Reviews Disease Primers : revue complète de l'hypoparathyroïdie → épidémiologie + mécanismes + traitement |
| Traitement de l'hypocalcémie aiguë et de la tétanie Gluconate de calcium IV — chlorure de calcium — perfusion continue — calcitriol — magnésium — monitoring ECG |
Traitement de l'hypocalcémie symptomatique aiguë ou sévère (calcium <1,75 mmol/L ou signes neuromusculaires) : calcium intraveineux — traitement de l'urgence : gluconate de calcium 10 % (solution standard) : 1–2 ampoules de 10 mL (chacune contenant 93 mg = 2,3 mmol de calcium élémentaire) → diluer dans 50–100 mL de sérum physiologique ou G5 % → perfuser en 10–20 min → ne jamais injecter en bolus direct (risque de bradycardie sévère + asystolie) → effet sur le QT en 15–30 min → voie périphérique ou centrale (le gluconate de calcium est moins irritant que le chlorure de calcium → préféré en IV périphérique) → chlorure de calcium 10 % : contient 3 fois plus de calcium élémentaire (272 mg / 10 mL) → réservé aux accès veineux centraux ou urgences extrêmes → très irritant pour les veines périphériques → risque de nécrose si extravasation → perfusion d'entretien si hypocalcémie profonde persistante : gluconate de calcium 10 % : 8–12 ampoules dans 1 L de sérum physiologique → débit : 50–100 mL/h → ajuster selon la calcémie ionisée (objectif 1,15–1,25 mmol/L) → surveiller la calcémie toutes les 2–4h + ECG continu + diurèse → extravasation du calcium IV : risque de nécrose cutanée → utiliser une voie centrale ou une grosse veine → ne pas mélanger le calcium avec le bicarbonate (précipitation) ; correction du magnésium si hypoMg : sulfate de magnésium 1–2 g IV en 10–15 min + entretien par perfusion → indispensable avant que la PTH puisse répondre normalement → sans correction du magnésium → la supplémentation calcique sera insuffisante → vérifier systématiquement le magnésium dans toute hypocalcémie ; initiation du calcitriol en urgence (hypoparathyroïdie suspectée) : calcitriol (Rocaltrol) 0,25–0,5 µg 2×/j par voie orale → action rapide (12–24h pour le début d'effet intestinal) → indispensable dans l'hypoparathyroïdie (absence de production rénale endogène de calcitriol sous PTH) → ne pas attendre la correction complète pour initier → objectifs : calcium corrigé maintenu entre 2,00 et 2,25 mmol/L (ne pas viser la normalité pleine → risque de néphro-calcinose et lithiase si Ca × PO₄ élevé) → surveiller la calciurie (objectif <7,5 mmol/24h) ; traitement de la tétanie hypocalcémique vraie en urgence : calcium IV selon le schéma ci-dessus + monitoring ECG continu + rassurer le patient + traiter la cause déclenchante + si tétanie laryngée : intubation si stridors sévères + appel urgences + gluconate de calcium IV immédiat ; pseudo-tétanie par hyperventilation (alcalose respiratoire aiguë) : respiration dans un sac (réinhalation du CO₂) → correction de l'alcalose → calcium ionisé se normalise → pas de calcium IV → anxiolytique si crise de panique + traitement de l'anxiété sous-jacente | Données sur le traitement IV de l'hypocalcémie aiguë : Cooper 2012 — New England Journal of Medicine (revue) : gluconate de calcium IV = traitement de référence de l'hypocalcémie symptomatique aiguë → 1–2 g IV en 10–20 min → suivi d'une perfusion d'entretien si calcium ionisé persistant <0,9 mmol/L → surveillance QTc → Agus 2011 — Journal of the American College of Cardiology : hypocalcémie ionisée en réanimation → QTc >500 ms + calcium ionisé <1,0 mmol/L → traitement IV immédiat → correction → QTc se raccourcit en 15–30 min → Zaloga 1992 — Critical Care Medicine : hypocalcémie en soins intensifs → fréquence 15–20 % des patients de réa + facteur de mauvais pronostic + Moe 2008 — Kidney International : traitement de l'hypocalcémie dans l'IRC → calcitriol + calcium oral + contrôle du phosphore → guidelines KDIGO 2017 : objectif Ca × PO₄ ≤ 4,4 mmol²/L² pour réduire les calcifications vasculaires ; post-thyroïdectomie — prédiction et prévention : Bove 2011 — Surgery : PTH mesurée à H4 post-thyroïdectomie → PTH <10 pg/mL → prédictif d'hypocalcémie symptomatique dans 85 % des cas → initiation systématique du calcium oral + calcitriol si PTH <10 pg/mL à H4 → Edafe 2014 — British Journal of Surgery : méta-analyse → PTH précoce (H1–H6) → meilleur prédicteur de l'hypocalcémie post-thyroïdectomie → sensibilité 82 % + spécificité 86 % |
| Traitement chronique de l'hypoparathyroïdie Calcium oral — calcitriol — alphacalcidol — PTH recombinante — natpara — néphro-calcinose — suivi — cibles |
Traitement conventionnel de l'hypoparathyroïdie chronique : calcium carbonate ou citrate de calcium par voie orale : dose : 1 000–2 000 mg/j de calcium élémentaire en 2–3 prises + calcium carbonate : prise pendant les repas (nécessite l'acidité gastrique pour la dissolution — moins efficace chez les patients sous IPP) → calcium citrate : prise possible en dehors des repas + plus efficace chez les patients sous IPP ou avec achlorhydrie + éléments à éviter en association : phytates (son de blé + légumineuses en excès) + oxalates (épinards + rhubarbe) → réduisent l'absorption du calcium ; calcitriol (1,25-dihydroxy-vitamine D3 — Rocaltrol) : traitement de référence dans l'hypoparathyroïdie → remplace la production rénale de calcitriol normalement stimulée par la PTH → dose habituelle : 0,25–2 µg/j en 2 prises → titration selon la calcémie et la calciurie → survie à l'IECA/ARA-2 : ne pas supprimer le calcitriol brutalement → régression → hypocalcémie → alphacalcidol (1α-hydroxyvitamine D3 — One-Alpha) : pro-médicament → hydroxylé en calcitriol par le foie → demi-vie plus longue → 1–4 µg/j → alternative au calcitriol → cibles thérapeutiques (Bilezikian 2016 — Journal of Bone and Mineral Research — Guidelines internationales) : calcium sérique total corrigé : 2,00–2,25 mmol/L (limite inférieure de la normale — ne pas viser 2,35–2,60 mmol/L → risque de néphro-calcinose et lithiase rénale car PTH absente → pas de réabsorption tubulaire rénale du calcium → hypercalciurie relative) + calciurie des 24h : <7,5 mmol/j (femme) + <8,5 mmol/j (homme) → si hypercalciurie : réduire le calcium oral + réduire le calcitriol → envisager un diurétique thiazidique (HCTZ 25 mg/j → augmente la réabsorption tubulaire du calcium) + phosphore sérique : normal ou légèrement élevé (acceptable en l'absence de PTH) + magnésium : dans les normes → surveiller et supplémenter si bas ; suivi de l'hypoparathyroïdie chronique traitée : calcium + phosphore + magnésium + créatinine + calciurie des 24h → tous les 3 mois initialement → puis tous les 6 mois si stable + échographie rénale annuelle (néphro-calcinose + lithiase) → fond d'œil (cataracte) → densitométrie osseuse DXA (l'absence de PTH → moins de résorption osseuse → densité osseuse souvent élevée paradoxalement — Bilezikian 2016) + bilan cardiovasculaire (QTc) + qualité de vie (l'hypoparathyroïdie chronique altère significativement la qualité de vie — Underbjerg 2015 — European Journal of Endocrinology) ; parathormone recombinante — rhPTH 1-84 (Natpara) : traitement de remplacement hormonal de l'hypoparathyroïdie → injection SC quotidienne (50–100 µg/j) → Bilezikian 2016 — New England Journal of Medicine (étude REPLACE) : RCT n=134 → rhPTH 1-84 → réduction du calcium oral de 50 % + réduction du calcitriol de 50 % + normalisation du calcium dans 53 % vs 2 % placebo → effets indésirables : hypercalcémie si dose trop élevée + ATTENTION : signaux de risque d'ostéosarcome chez le rat dans les études précliniques (durée d'exposition prolongée à hautes doses) → contre-indiqué si Paget osseux + radiothérapie osseuse + élévation inexpliquée des phosphatases alcalines → recommandé pour les hypoparathyroïdies difficiles à contrôler malgré un traitement conventionnel optimal (hypocalcémie persistante ou hypercalciurie sévère sous calcitriol) → approbation : FDA (2015) + EMA (2017) → disponibilité limitée au Canada (usage compassionnel + en attente de l'approbation complète de Santé Canada) → alternative en développement : TransCon PTH (PTH à libération prolongée) → études de phase III en cours | Données clés sur le traitement chronique de l'hypoparathyroïdie : Bilezikian 2016 — Journal of Bone and Mineral Research : guidelines internationales de l'hypoparathyroïdie + 73 experts + Bilezikian 2016 — NEJM (étude REPLACE) : rhPTH 1-84 → réduction de la dépendance au calcium oral + normalisation du calcium + amélioration de la qualité de vie → résultat fondateur → Underbjerg 2015 — European Journal of Endocrinology : n=688 patients hypoparathyroïdiens + comparaison avec population générale → qualité de vie significativement altérée (physique + mentale + fatigue) → anxiété + dépression plus fréquentes + Edafe 2014 — British Journal of Surgery : méta-analyse 52 études → PTH à H4 post-thyroïdectomie = meilleur prédicteur de l'hypocalcémie post-opératoire → guide la supplémentation précoce → réduction des hospitalisations + Mannstadt 2017 — Nature Reviews Disease Primers : epidémiologie + prévalence de l'hypoparathyroïdie chronique post-chirurgicale en Europe : 22/100 000 personnes-années + prévalence estimée 37 000 personnes + Canada : prévalence estimée 3 000–5 000 cas → traitement conventionnel insatisfaisant chez 20–30 % des patients (hypocalcémie ou hypercalciurie persistantes) + Sanders 2019 — Endocrine : thiazidique (chlorthalidone 25 mg/j) dans l'hypoparathyroïdie avec hypercalciurie → réduction de la calciurie de 25–30 % → réduction du risque de néphro-calcinose |
| Populations spécifiques et situations particulières Post-thyroïdectomie — nourrisson — IRC — rachitisme — grossesse — néphro-calcinose — DiGeorge — APS-1 |
Hypocalcémie post-thyroïdectomie — prévention et prise en charge : surveillance : PTH à H1–H4 post-opératoire + calcium à H6 et H24 → si PTH <10 pg/mL à H4 → initiation systématique du calcium oral (1 000–2 000 mg/j) + calcitriol 0,25 µg 2×/j → Bove 2011 — Surgery : protocole systématique → réduction des hospitalisations pour hypocalcémie symptomatique → calcium IV si symptômes ou calcium <1,75 mmol/L → hypoparathyroïdie transitoire (jusqu'à 6 mois) : sevrage progressif du calcium oral + calcitriol selon la récupération fonctionnelle des parathyroïdes → PTH récupérée → vérification de la calcémie après réduction des doses → hypoparathyroïdie définitive (>6 mois) → traitement chronique selon les guidelines ; hypocalcémie néonatale : hypocalcémie néonatale précoce (J1–J3) : prématurité + RCIU + fils de mère diabétique + asphyxie néonatale + hypomagnésémie → gluconate de calcium IV 200 mg/kg/j → hypocalcémie néonatale tardive (J5–J7) : laits riches en phosphore + hyperphosphatémie → hypoparathyroïdie transitoire + rachitisme carentiel maternel → vitamine D native + calcium oral + diagnostic génétique si persistance → DiGeorge (22q11.2) : bilan immunitaire (lymphocytes T) + échocardiographie + ORL → calcium + calcitriol chronique si hypoparathyroïdie permanente ; hypocalcémie et IRC — hyperparathyroïdie secondaire et tertiaire : IRC → défaut de 1α-hydroxylase → calcitriol bas + rétention de phosphore → hyperphosphatémie → hypocalcémie → PTH élevée secondairement → objectifs KDIGO 2017 : phosphore normal + calcium normal + PTH 2–9× la limite supérieure de la normale (PTH modérément élevée nécessaire pour maintenir le remodelage osseux dans l'IRC) → traitement : calcitriol IV ou oral + sévélamer (chélateur du phosphore) + cinacalcet (calcimimétique si PTH très élevée) → hyperparathyroïdie tertiaire (autonomisation des parathyroïdes après transplantation ou IRC prolongée) → hypercalcémie + PTH très élevée → parathyroïdectomie subtotale ou totale avec autotransplantation → puis hypocalcémie post-opératoire (hungry bone syndrome souvent intense) ; rachitisme carentiel — prise en charge : vitamine D3 (cholécalciférol) 2 000–4 000 UI/j × 3 mois + calcium 500 mg/j + puis vitamine D3 400–1 000 UI/j en entretien → Holick 2011 — Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism : guidelines vitamin D → carence définie <50 nmol/L (25-OHD) → traitement recommandé + objectif thérapeutique : 25-OHD ≥75 nmol/L → Munns 2016 — Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism : global consensus sur la prévention et le traitement du rachitisme carentiel → vitamine D + calcium + supplémentation maternelle pendant la grossesse et l'allaitement + grossesse et hypocalcémie : carence en vitamine D maternelle fréquente → supplémentation recommandée : vitamine D3 600–2 000 UI/j pendant toute la grossesse → ACOG 2021 + Hypoparathyroïdie et grossesse : besoins en calcium + calcitriol augmentent au 3e trimestre + allaitement → besoins encore augmentés → ajuster les doses de calcitriol + surveiller la calcémie mensuellement + risque d'hypocalcémie néonatale si mère hypoparathyroïde insuffisamment traitée | Recommandations de supplémentation en vitamine D au Canada : Ostéoporose Canada 2022 + SCP 2023 : adultes <50 ans : 400–1 000 UI/j de vitamine D3 en entretien → adultes ≥50 ans : 800–2 000 UI/j → grossesse + allaitement : 400–2 000 UI/j → nourrissons allaités : 400 UI/j dès la naissance → populations à risque (peau foncée + vêtements couvrants + faible exposition solaire + obésité + malabsorption) : 800–2 000 UI/j → correction d'une carence documentée (25-OHD <50 nmol/L) : vitamine D3 50 000 UI/semaine × 8–12 semaines (médecin prescripteur) → puis entretien 800–2 000 UI/j → Holick 2011 — JCEM : traitement de la carence en vitamine D → 50 000 UI/semaine de vitamine D2 ou D3 × 8 semaines → puis 1 500–2 000 UI/j → Munns 2016 — JCEM : consensus international rachitisme → vitamine D + calcium systématiques dans tous les pays → en zones à faible ensoleillement + alimentation pauvre en vitamine D → supplémentation universelle des nourrissons + prévention chez les populations à risque élevé (immigrants de pays tropicaux + femmes voilées + personnes âgées en institution) : priorité de santé publique → Rosen 2012 — NEJM : revue complète de la vitamine D + études randomisées : pas de bénéfice cardiovasculaire supplémentaire démontré à hautes doses (VITAL trial Manson 2019 — NEJM) mais bénéfice osseux et musculaire reconnu à doses physiologiques |
Tétanie manifeste avec main d'accoucheur, crampes douloureuses généralisées, stridor laryngé ou convulsions → hypocalcémie sévère symptomatique → appel 911 → gluconate de calcium 10 % IV (1–2 g en 10–20 min) → ECG continu → monitoring de la calcémie ionisée → tétanie laryngée : risque d'asphyxie → préparer l'intubation → ne jamais injecter le calcium en bolus direct.
Patient en post-opératoire d'une thyroïdectomie totale ou d'une parathyroïdectomie avec paresthésies péribuccales + fourmillements des extrémités + signe de Chvostek positif → hypocalcémie post-chirurgicale débutante → urgences chirurgicales ou médicales → calcium oral + calcitriol si modérée → calcium IV si sévère + PTH à H4 post-op.
Allongement du QTc sur l'ECG (QTc >500 ms) + hypocalcémie confirmée → risque d'arythmies ventriculaires malignes (torsades de pointes + fibrillation ventriculaire) → hospitalisation en urgence → monitorage cardiaque continu → gluconate de calcium IV → correction de toute cause aggravante (hypokaliémie + hypomagnésémie + médicaments allongeant le QT).
Nourrisson ou enfant avec stridor, tétanie ou convulsions hypocalcémiques → urgences pédiatriques → gluconate de calcium IV pédiatrique (50–100 mg/kg en 10 min) + ECG + surveillance → bilan étiologique urgent (DiGeorge 22q11.2 à exclure) + néonatologie ou pédiatrie spécialisée.
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Les médecins de Clinique Omicron évaluent les hypocalcémies découvertes en ambulatoire, prescrivent et interprètent le bilan étiologique complet (PTH, 25-OHD, magnésium, phosphore, calciurie), initient la supplémentation en vitamine D et en calcium selon les recommandations en vigueur, et orientent vers l'endocrinologue si une hypoparathyroïdie chronique ou une résistance à la PTH est suspectée. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Toute hypocalcémie symptomatique (tétanie, convulsions, arythmie) constitue une urgence médicale nécessitant une évaluation hospitalière immédiate.
Clinique Omicron
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Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.
Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.