Impétigo
Microbiologie, physiopathologie et présentation clinique
- Agents pathogènes, mécanismes de virulence et facteurs favorisants : agents causaux de l'impétigo en Amérique du Nord : Staphylococcus aureus : agent principal → 70–80 % des impétigos → forme croûteuse + forme bulleuse (souches productrices d'exfoliatines) → résistance à la pénicilline quasi-universelle (bêta-lactamase plasmidique) → SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) communautaire : <3–5 % des impétigos en ambulatoire au Canada → en augmentation dans certaines communautés → Streptococcus pyogenes (SBHA) : seul responsable dans 15–25 % des cas → co-infection avec S. aureus dans 10–15 % → sérotypes M neph (M-types néphritogènes : M2 + M49 + M55 + M57 + M60) → risque de glomérulonéphrite post-streptococcique → Trask 2003 — Postgraduate Medical Journal : épidémiologie de l'impétigo + évolution des agents causaux → S. aureus maintenant prédominant vs SBHA dominant dans les années 1960–80 ; mécanismes de virulence : S. aureus — voies de virulence dans l'impétigo bulleux : exfoliatines A et B (ET-A = protéase sérine codée par gène chromosomique + ET-B = codée par plasmide) → clivent la desmogléine 1 (protéine d'adhérence intercellulaire des desmosomes de la couche granuleuse) → décollement intra-épidermique → bulles flaccides sous la couche granuleuse → analogie avec le syndrome SSSS (Staphylococcal Scalded Skin Syndrome) mais localisé dans l'impétigo bulleux + S. aureus — impétigo croûteux : colonisation cutanée → invasion des micro-lésions épidermiques → activation de la réponse inflammatoire → pustulation → rupture → croûtes mélicériques → SBHA — mécanismes de virulence : protéine M anti-phagocytaire (résistance à l'opsonisation) + superantigènes (SPE-A + SPE-B + SPE-C) → toxines érythrogènes → protéines de liaison à la fibronectine → lésions glomérulaires (GNS) par dépôts de complexes immuns anti-protéine M + facteurs favorisants l'impétigo : effractions cutanées (piqûres d'insectes + éraflures + eczéma + plaies + varicelle — impétigo secondaire ++) + chaleur et humidité + manque d'hygiène + contacts rapprochés (garderies + crèches + camps + sport de contact) + immunodépression (VIH + corticoïdes) + diabète + âge (nourrissons + enfants surtout) + portage nasal de S. aureus (principal réservoir — 20–30 % de la population générale) + malnutrition (pays en développement) ; épidémiologie : 111 millions de cas d'impétigo chez les enfants dans le monde (OMS) → prévalence dans les pays développés : 2–10 % des enfants + répartition : été + printemps (chaleur + humidité + insectes + activités extérieures) + localisation géographique : zones tropicales + climat chaud + saisonnier en zones tempérées
- Présentation clinique — impétigo croûteux et impétigo bulleux : impétigo croûteux (non bulleux) — forme la plus fréquente (70 %) : siège : visage (surtout péribuccal + péri-nasal) + membres + mains + région cervicale → débute par des vésicules ou pustules superficielles à paroi fine → paroi se rompt très rapidement (parfois imperceptible en clinique) → suintement d'un exsudat jaunâtre séreux + purulent → séchage rapide → formation de croûtes mélicériques (couleur de miel brun-jaunâtres + croustillantes — très caractéristiques) → croûtes peuvent être épaisses + grisâtres ou verdâtres en cas de co-infection → base érythémateuse légèrement surélevée → lésions peu douloureuses (sauf à la mobilisation des croûtes) → parfois prurigineuses → adénopathies satellites réactionnelles → extension centrifuge + lésions satellites par auto-inoculation + pas de fièvre dans les formes non compliquées + guérison sans cicatrice en 7–14 jours sous traitement → durée naturelle sans traitement : 2–4 semaines → impétigo bulleux — forme minoritaire (30 %) — exclusivement S. aureus phage groupe II : siège : tronc + visage + extrémités → bulles flaccides à paroi fine et transparente + parfois troubles (fond érythémateux discret) → contenu séreux initialement → évolue vers un contenu purulent jaunâtre ou trouble + 1–3 cm de diamètre → se rompent facilement → laissent une érosion superficielle humide entourée d'un liseret squameux (collerette épidermique) → pas de croûtes mélicériques (contrairement à l'impétigo croûteux) → moins contagieux mais plus rapidement extensif + peut toucher le nourrisson et le nouveau-né (omphalite + impétigo néonatal) + si très étendu → syndrome SSSS (staphylococcal scalded skin syndrome) → urgence dermatologique → ecthyma : forme profonde + ulcéreuse (nécrose de l'épiderme + du derme superficiel) → SBHA prédominant → croûtes épaisses + grisâtres ou noirâtres → ulcère sous-jacent + lent à guérir + cicatrice fréquente → plus fréquent en zone tropicale + chez l'immunodéprimé + traitement identique à l'impétigo mais plus prolongé ; diagnostic clinique principalement : l'impétigo est généralement un diagnostic clinique → culture bactérienne : indiquée si : récidive fréquente + résistance au traitement + lésions étendues ou sévères + immunodépression + contexte épidémique communautaire (SARM) → prélèvement : écouvillon sous la croûte (pas sur la croûte) + contenu d'une bulle intacte → antibiogramme orientera le traitement de 2e ligne si nécessaire → sérologie ASLO (antistreptolysines O) + DNASE B : non indiquée en routine dans l'impétigo simple → utile si suspicion de GNS (œdème + hématurie + HTA dans les semaines suivant l'infection)
Traitement, complications et mesures de santé publique
| Traitement / aspect | Données, modalités et résultats | Études clés et recommandations |
|---|---|---|
| Traitement topique — mupirocine et acide fusidique Mupirocine — acide fusidique — rétapamuline — soins locaux — ramollissement des croûtes — durée — résistance |
Traitement topique — indiqué dans les formes localisées (<5 lésions + sans atteinte de la face de façon étendue) : soins locaux en amont du traitement topique : ramollissement et détachement des croûtes mélicériques avant application de l'antibiotique → imbiber avec de la compresse ou une lingette humide tiède × 5–10 min → ramollissement doux + décollement sans traumatisme → permet une meilleure pénétration de l'antibiotique → nettoyage doux à l'eau et au savon → séchage → application de l'antibiotique topique → mupirocine (Bactroban) 2 % pommade ou crème : mécanisme : inhibition de l'ARN-synthétase bactérienne (isoleucyl-ARNt synthétase) → bactéricide → spectre : S. aureus (méti-sensible + certains SARM) + SBHA + posologie : application × 3/j × 5–7 jours → appliquer une couche fine sur les lésions + les lésions satellites → Koning 2012 — Cochrane Review (méta-analyse) : mupirocine = supérieure au placebo + efficacité comparable à l'antibiothérapie systémique (céfalexine + cloxacilline) pour les impétigos localisés → taux de guérison 87–94 % vs 79–88 % sous céphalosporine orale → préférer le topique pour réduire la pression de sélection systémique → résistance à la mupirocine : résistance de bas niveau (MIC 8–256 mg/L) → reste cliniquement efficace → résistance de haut niveau (MIC >512 mg/L) : souvent plasmidique + transférable → émergence chez certains SARM — rester vigilant → surveillance épidémiologique + acide fusidique (Fucidin) 2 % crème ou pommade : mécanisme : inhibition de l'élongation protéique (facteur d'élongation EF-G) → bactériostatique à bactéricide selon la concentration → spectre : S. aureus + staphylocoques coagulase-négatifs + SBHA → posologie : application × 3/j × 5–7 jours → efficacité similaire à la mupirocine + disponible en vente libre au Canada sous certaines formulations → résistance à l'acide fusidique : plus fréquente que la mupirocine dans certaines régions (Europe du Nord) → émergence chez S. aureus → à éviter si résistance locale documentée + rétapamuline (Altabax) 1 % pommade : pléuromutiline topique → mécanisme différent des autres agents → spectre : S. aureus MSSA + SBHA → pas d'efficacité sur SARM → approbation FDA 2007 → disponibilité limitée au Canada → alternative si résistance à mupirocine et acide fusidique + ozenoxacin (Xepi) crème 1 % : fluoroquinolone topique → approbation FDA 2017 → efficace contre SARM et SBHA → disponibilité limitée au Canada → Moran 2012 — Journal of the American Medical Association : mupirocine topique vs placebo + cultures bactériologiques → supérieure pour l'impétigo localisé | Koning 2012 — Cochrane Review (méta-analyse de 68 essais cliniques) : mupirocine topique ≥ antibiothérapie systémique pour l'impétigo localisé → taux de guérison 87–94 % → recommandation forte + Moran 2012 — JAMA : antibiotiques topiques dans les infections cutanées bactériennes → mupirocine efficace + Williamson 2014 — Cochrane : acide fusidique vs mupirocine → efficacité comparable + résistance à l'acide fusidique plus préoccupante dans certaines régions + IDSA 2014 Clinical Practice Guidelines (Stevens — Clinical Infectious Diseases) : mupirocine ou acide fusidique topiques = traitement de 1re ligne pour l'impétigo localisé non bulleux + mupirocine ou antibiothérapie systémique pour les formes plus étendues + Stevens 2014 — Clinical Infectious Diseases (IDSA Guidelines) : antibiotiques topiques recommandés pour les impétigos localisés → systémique si étendu ou bulleux + Santé Canada + CADDAC (Canadian Anti-Microbial Resistance Alliance) : recommandations sur l'usage prudent des antibiotiques topiques |
| Antibiothérapie systémique — indications, choix et durée Céfalexine — cloxacilline — amoxicilline-clavulanate — clarithromycine — TMP-SMX — SARM — résistances — indications — durée — échec du traitement |
Indications de l'antibiothérapie systémique dans l'impétigo : formes étendues (>5 lésions ou superficie >9 cm²) + impétigo bulleux extensif + lésions rapidement progressives + atteinte du visage extensive (zone périorbitaire + paupières) + adénopathies suppurées + fièvre + signes systémiques + immunodépression + échec du traitement topique bien conduit × 7 jours + SARM suspecté ou documenté + impétigo récidivant malgré traitement local correct + risque de GNS élevé (sérotype SBHA néphritogène documenté ou épidémie locale) → antibiotiques systémiques — 1re intention (formes sans suspicion SARM) : céfalexine (Keflex) : céphalosporine de 1re génération → activité antistaphylococcique (SAMS) + antistreptococcique → posologie : adulte 500 mg × 4/j × 7 jours → enfant 25–50 mg/kg/j en 4 prises × 7 jours → très bonne couverture de S. aureus MSSA + SBHA → traitement de référence en Amérique du Nord → cloxacilline (Orbenin) : pénicilline M antistaphylococcique → spectre étroit (S. aureus MSSA) → adulte 250–500 mg × 4/j × 7 jours → à jeun pour une absorption optimale → moins pratique (4 prises/j à jeun) + amoxicilline-clavulanate (Clavulin) : large spectre + MSSA + SBHA + résistant aux bêta-lactamases → alternative si plusieurs étiologies mixtes suspectées → moins préférable en 1re ligne (pression de sélection plus large) → macrolides (clarithromycine — Biaxin + azithromycine — Zithromax) : à réserver si allergie aux bêta-lactamines documentée → taux de résistance de S. aureus aux macrolides : 10–25 % en Amérique du Nord → moins efficaces → clarithromycine 500 mg × 2/j × 7 jours + azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg J2–J5 → SARM communautaire : TMP-SMX (Bactrim — Septra) : double-force 160/800 mg × 2/j × 5–7 jours → efficace contre le SARM communautaire (CA-SARM) + SBHA résistant mais TMP-SMX SBHA : résistance variable — risque d'inefficacité sur SBHA seul → à associer à un bêta-lactamine si SBHA suspecté → doxycycline 100 mg × 2/j × 7 jours : efficace sur SARM communautaire + pas chez les enfants <8 ans (coloration des dents) → clindamycine 300–450 mg × 3/j × 7 jours : S. aureus MSSA + SARM (si sensible) + SBHA → vérifier la résistance inductible à la clindamycine (D-test) avant d'utiliser → si SARM documenté résistant à la clindamycine → TMP-SMX ou doxycycline → hospitalisations (formes sévères ou SSSS) : oxacilline ou cloxacilline IV + ou vancomycine IV si SARM + flucloxacilline IV si disponible → nourrisson (<3 mois) + impétigo neonatal + SSSS → hospitalisation systématique + vancomycine IV en première intention (en attente des cultures) ; durée du traitement : impétigo localisé sous traitement topique : 5–7 jours → impétigo sous antibiotique oral : 7 jours (certaines études montrent 5 jours suffisants pour les formes légères — Kiani 1997 — Journal of International Medical Research : 5 jours de céfadroxil non inférieur à 10 jours) → pas de bénéfice d'une durée >7 jours pour les formes simples + en cas de culture documentée → adapter selon l'antibiogramme | Stevens 2014 — Clinical Infectious Diseases (IDSA Practice Guidelines for Skin and Soft Tissue Infections) : céfalexine ou dicloxacilline = traitement de 1re intention des impétigos étendus + SARM → TMP-SMX ou doxycycline → Moran 2006 — NEJM (NEJM étude US 11 centres urgences) : S. aureus communautaire → 59 % SARM → TMP-SMX + clindamycine = traitements les plus efficaces contre le SARM CA + Kiani 1997 — Journal of International Medical Research : 5 jours de traitement non inférieur à 10 jours pour les formes légères → réduction de la durée sans perte d'efficacité + Goldstein 2020 — UpToDate : révision des agents disponibles + Jeng 2020 — Journal of the American Academy of Dermatology : SARM communautaire et infections cutanées + Bangert 2012 — American Family Physician : impétigo — traitement et complications → Canadian Paediatric Society (CPS) 2022 : recommandations sur le traitement des infections cutanées bactériennes chez l'enfant → céfalexine en 1re intention + TMP-SMX si SARM suspecté + AMMI Canada 2020 : recommandations sur l'antibiothérapie empirique des infections cutanées → sensibilités locales à surveiller |
| Complications — glomérulonéphrite post-streptococcique, SSSS et mesures préventives GNS — ASLO — DNASE B — hématurie — œdème — hypertension — SSSS — éviction scolaire — transmission — décolonisation nasale — prévention — récidive |
Glomérulonéphrite post-streptococcique (GNS) — complication immune de l'impétigo à SBHA : mécanisme : dépôts de complexes immuns anti-protéine M → activation du complément → inflammation glomérulaire + Couser 1993 — Kidney International : mécanismes de la GNS post-streptococcique + délai après impétigo : 1–6 semaines (3 semaines en moyenne — vs 1–3 semaines après pharyngite streptococcique) → sérotypes SBHA néphritogènes : M2 + M49 + M55 + M57 + M60 (sérotypes cutanés — différents des sérotypes pharyngés M1 + M3 + M12) → incidence de la GNS après impétigo à SBHA néphritogène : 5–10 % en cas d'épidémie → souvent sous-diagnostiquée (formes asymptomatiques fréquentes) + tableau clinique de la GNS : œdème des membres inférieurs + péri-orbitaire + oligurie + hématurie macroscopique (urines couleur coca-cola ou thé) + hypertension artérielle + protéinurie + hypo-complémentémie (C3 abaissé + C4 normal — activation voie alterne) → ASLO (antistreptolysines O) : souvent normale ou peu élevée dans l'impétigo (contrairement aux infections pharyngées) + DNASE B + anti-hyaluronidase (AHase) : plus sensibles pour l'impétigo → dosage recommandé si GNS suspectée → biologie : hématurie + protéinurie + cylindres hématiques (urine + cytologie urinaire) + créatinine + complément C3/C4 → bilan rénal complet + IMPORTANT : le traitement antibiotique de l'impétigo ne prévient pas la GNS (contrairement à la pharyngite à SBHA où le traitement précoce réduit le risque de RAA) → il éradique le SBHA + réduit la contagiosité → le SAPL régresse spontanément dans 90–95 % des cas en 6–8 semaines → traitement symptomatique (antihypertenseurs + restriction sodée + diurétiques si nécessaire) ; syndrome d'épidermolyse staphylococcique (SSSS — Staphylococcal Scalded Skin Syndrome) : complication grave de l'impétigo bulleux étendu → exfoliatines A et B circulantes → clivage généralisé de la desmogléine 1 → décollement épidermique étendu → aspect de « peau échaudée » → signe de Nikolsky positif (glissement de la peau sous la pression) → touche surtout les nourrissons + enfants <5 ans (les adultes éliminent les exfoliatines + ont l'immunité) + adultes immunodéprimés → mortalité chez l'adulte : 50–60 % → chez l'enfant : <5 % si traitement précoce → hospitalisation urgente + vancomycine IV + soins de plaies (comme grands brûlés) + réhydratation + corticoïdes CONTRE-INDIQUÉS (aggravent l'épidermolyse) → diagnostic différentiel : nécrolyse épidermique toxique (NET — Lyell) : médicamenteux + pas de signe de Nikolsky dans la même distribution + ; mesures préventives et d'éviction scolaire : contagiosité : impétigo est contagieux par contact direct → lésions ou mains souillées → jusqu'à 24–48h après début du traitement antibiotique efficace → les enfants peuvent retourner à la crèche ou à l'école : 24–48h après le début d'un traitement antibiotique efficace + ou si toutes les lésions sont recouvertes (pansement adhésif ou vêtement si non accessibles) + règles d'hygiène : se laver les mains fréquemment + ne pas partager les serviettes + vêtements + couper les ongles courts + éviter de gratter + décolonisation nasale par mupirocine si portage nasal de S. aureus documenté en cas de récidives fréquentes (portage nasal = principal réservoir) → Creech 2015 — New England Journal of Medicine (NEJM — décolonisation SARM) : protocol de décolonisation (mupirocine nasale + chlorhexidine bain) → réduction des infections récidivantes à S. aureus → applicable à l'impétigo récidivant + traitement des cas secondaires dans l'entourage si épidémie familiale | Couser 1993 — Kidney International : GNS post-streptococcique → mécanismes des complexes immuns + complément voie alterne + Carapetis 2016 — Nature Reviews Disease Primers : épidémiologie mondiale des infections à SBHA → GNS + RAA → impact mondial + Stevens 2014 — Clinical Infectious Diseases (IDSA Guidelines) : SSSS → hospitalisation + vancomycine IV + soins brûlures + corticoïdes contre-indiqués + Creech 2015 — NEJM : décolonisation S. aureus + SARM → mupirocine nasale + chlorhexidine → réduction des infections récidivantes + Cruickshank 2000 — BMJ : éviction scolaire + impétigo → retour après 24–48h de traitement efficace → Canadian Paediatric Society (CPS) 2022 : recommandations sur l'éviction scolaire + mesures d'hygiène + Groupe Hospitalo-Universitaire Necker (Pédiatrie France) : GNS → C3 abaissé + DNASE B + hématurie + pronostic favorable 90–95 % + Bangert 2012 — American Family Physician : révision des complications de l'impétigo + Moran 2006 — NEJM : SARM communautaire → 59 % des S. aureus dans les infections cutanées aux urgences → réorientation des choix thérapeutiques + AMMI Canada 2020 + CPS 2022 : recommandations canadiennes sur les infections cutanées de l'enfant |
| Impétigo récidivant, portage de S. aureus et situations particulières Récidive — portage nasal — décolonisation — chlorhexidine — mupirocine nasale — eczéma + impétigo — immunodéprimé — nourrisson — diabète — SARM communautaire — épidémie en garderie |
Impétigo récidivant — investigations et stratégies de décolonisation : définition : ≥3 épisodes par an ou épisodes fréquents dans la même famille / la même collectivité → bilan : culture des lésions actives + culture nasale (patient + contacts familiaux) → si portage nasal de S. aureus documenté → protocole de décolonisation : mupirocine nasale 2 % pommade : appliquer dans chaque narine × 2/j × 5 jours → éradiquer le portage nasal + chlorhexidine savon 4 % ou 2 % : bains de décolonisation × 2/j × 5–14 jours → réduire la charge bactérienne cutanée + persistance des lésions : utiliser des solutions de mupirocine sur les plaies récurrentes → peut être répété × 1/mois si récidive → Creech 2015 — NEJM (NEJM IDSA RCT) : décolonisation nasal + cutanée → réduction de 40 % des infections récidivantes à S. aureus → impétigo secondaire à l'eczéma (dermatite atopique) : eczéma = facteur de risque majeur d'impétigo → peau barrière altérée + colonisation à S. aureus (95 % des eczémas) → impétigo surimposé fréquent → traitement : antibiothérapie topique ou systémique selon l'étendue + optimisation du traitement de l'eczéma (émollients + corticoïdes topiques) → éviter de traiter la colonisation de l'eczéma asymptomatique par des antibiotiques (pas de bénéfice + résistances) + impétigo du nourrisson (<6 mois) : formes potentiellement plus sévères → dissémination plus facile (immunité immature) → hospitalisation si bulleux + fiévreux → vancomycine IV si SSSS suspectée → surveillance étroite → impétigo chez l'immunodéprimé (VIH + chimiothérapie + corticoïdes) : formes extensives + récidivantes + résistantes → antibiothérapie systémique d'emblée + cultures + antibiogramme → SARM à évoquer + impétigo chez le diabétique : évolution plus torpide + risques de diffusion + cicatrisation lente → culture + antibiogramme + antibiothérapie systémique + contrôle glycémique → impétigo en collectivité (garderie + école + camp) : déclarer à la santé publique si épidémie identifiée → traitement de tous les cas symptomatiques + mesures d'hygiène collectives (lavage des mains + nettoyage des surfaces + éviction) → contacter le réseau de surveillance des infections (CIUSSS ou CISSS selon la région) → SARM communautaire (CA-SARM) dans les impétigos collectifs : typage moléculaire recommandé → diffusion clonale → contacts sport de combat + lutteurs (tinea gladiatorum + impétigo gladiatorum) → friction + micro-traumatismes + sueurs + contact peau-à-peau → impétigo récidivant sur terrain + traitement prophylactique de l'impétigo sportif : mupirocine topique préventive si plaies + microtraumatismes pendant la saison sportive → discussion de l'exclusion temporaire si lésions actives non recouvertes + zones de lutte / sports de contact | Creech 2015 — NEJM (NEJM decolonization trial) : mupirocine nasale + chlorhexidine cutanée → réduction de 40 % des infections récidivantes à S. aureus → protocole de référence pour les porteurs + Eells 2012 — Emerging Infectious Diseases : décolonisation SARM dans les collectivités → efficacité → recommandations d'extension + Moran 2006 — NEJM : CA-SARM → 59 % des S. aureus dans les urgences → TMP-SMX + clindamycine = traitements de choix + Leitch 1998 — British Medical Journal : impétigo dans les collectivités scolaires → mesures d'éviction + hygiène + efficacité des interventions + Bangert 2012 — American Family Physician : revue complète des formes d'impétigo + récidives + Carapetis 2016 — Nature Reviews Disease Primers : impétigo dans les pays développés et en développement + impact + prévention + CPS 2022 : Société canadienne de pédiatrie + recommandations pour l'impétigo de l'enfant + le nourrisson + la collectivité + INESSS 2022 (Institut national d'excellence en santé et services sociaux Québec) : antibiotiques en dermatologie pédiatrique → revue des pratiques et des recommandations québécoises |
Nourrisson (<6 mois) ou enfant avec impétigo bulleux étendu + décollement cutané généralisé + aspect de « peau échaudée » + signe de Nikolsky positif (glissement de la peau à la pression) + fièvre → syndrome SSSS (staphylococcal scalded skin syndrome) → urgences pédiatriques → hospitalisation → vancomycine IV → soins de type grand brûlé → réhydratation → NE PAS administrer de corticoïdes → mortalité pédiatrique <5 % si traitement précoce.
Enfant avec antécédent d'impétigo streptococcique récent (1–6 semaines) présentant un œdème périorbitaire ou des membres inférieurs + urines foncées (couleur coca-cola ou thé) + hypertension artérielle + oligurie → glomérulonéphrite post-streptococcique probable → urgences médicales → bilan rénal (créatinine + urée + ionogramme) + ECBU + fond d'œil + bilan complémentaire → hospitalisation si atteinte sévère.
Impétigo facial extensif chez l'adulte ou l'enfant immunodéprimé avec extension péri-orbitaire rapide + douleur + fièvre + adénopathies suppurées + œdème péri-orbitaire → risque de cellulite périorbitaire ou de thrombose du sinus caverneux → urgences médicales → antibiothérapie IV + bilan infectieux + imagerie si atteinte orbitaire suspectée.
Impétigo récidivant dans une même famille ou une même collectivité (garderie + école) avec multiples enfants atteints + suspicion de SARM communautaire → épidémie à SARM probable → cultures + antibiogramme + protocole de décolonisation de tous les porteurs → contacter la direction de santé publique régionale (CISSS ou CIUSSS) + INESSS pour les recommandations québécoises.
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Les médecins de Clinique Omicron diagnostiquent et traitent l'impétigo chez l'enfant et l'adulte, prescrivent les antibiotiques topiques et systémiques selon les recommandations canadiennes, réalisent les cultures si indiquées (récidive + résistance + SARM suspecté), informent sur les mesures d'éviction scolaire et d'hygiène, et orientent vers le spécialiste en cas de complication (GNS + SSSS). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Tout enfant avec des lésions cutanées évoluant rapidement, une fièvre ou des signes généraux doit être évalué médicalement sans délai.
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