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Gastroentérologie & Infectiologie & Oncologie digestive & Médecine de famille

Infection à Helicobacter pylori

Helicobacter pylori (H. pylori) est une bactérie à Gram négatif spiralée, microaérophile, flagellée, colonisant la muqueuse gastrique de façon persistante chez l'hôte humain. Classée en 1994 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC — IARC) comme carcinogène de classe I (carcinogène humain certain), H. pylori est la première bactérie à avoir reçu cette désignation. Sa prévalence mondiale est estimée à 44 % de la population mondiale, avec des variations considérables : 20–30 % dans les pays développés (Canada + Europe + Australie) vs 70–90 % dans les pays en développement (Afrique + Asie + Amérique Latine). Au Canada, la prévalence est estimée à 20–30 % de la population adulte, avec une prévalence plus élevée dans les populations immigrantes (40–60 %). H. pylori est responsable de plus de 95 % des ulcères duodénaux et de 70–80 % des ulcères gastriques, de la gastrite chronique active universelle chez les personnes infectées, de 1–3 % des cas évolués vers le lymphome gastrique MALT (tissu lymphoïde associé aux muqueuses), et de 1–3 % vers l'adénocarcinome gastrique. Le prix Nobel de Médecine 2005 a été attribué aux Australiens Barry Marshall et Robin Warren pour la découverte d'H. pylori en 1982 et la démonstration de son rôle causal dans les ulcères peptiques. La prise en charge repose sur un diagnostic précis (test respiratoire à l'urée — gold standard non invasif + endoscopie avec biopsies + antigène fécal) et un traitement d'éradication par antibiothérapie combinée (trithérapie ou quadrithérapie selon les données de résistance locales), suivi d'une confirmation de l'éradication par le test respiratoire.

Microbiologie, pathogenèse et présentation clinique

  • Microbiologie et facteurs de virulence de H. pylori : caractéristiques microbiologiques : bacille à Gram négatif hélicoïdal + microaérophile (optimum O₂ : 5–10 %) + température optimale : 35–37°C + mobile (4–8 flagelles) → mobilité indispensable à la colonisation de la couche de mucus gastrique → colonise exclusivement la muqueuse gastrique (et les îlots de métaplasie gastrique dans le duodénum) → survie dans l'environnement acide par production d'uréase + facteurs de virulence principaux : uréase : enzyme clé → hydrolyse l'urée en ammoniac + CO₂ → ammoniac → alcalinise l'environnement local → protection contre l'acidité + permet la colonisation + base du test respiratoire à l'urée (¹³C-urée) → CagA (Cytotoxin-Associated gene A) : protéine oncoprotéine injectée dans les cellules épithéliales gastriques par le système de sécrétion de type IV (T4SS) → active les voies de signalisation proliférative (ERK + PI3K + Akt) + perturbe l'E-cadhérine → déstabilisation des jonctions serrées + altération de la polarité cellulaire → facteur de risque d'adénocarcinome gastrique → les souches CagA-positives (60–70 % en Occident) sont associées à un risque plus élevé d'ulcère + de cancer + VacA (Vacuolating Cytotoxin A) : toxine vacuolisante → pores dans les membranes cellulaires → apoptose + perméabilité de la muqueuse → OipA (Outer Inflammatory Protein A) : adhésine + réponse inflammatoire + BabA (Blood group Antigen Binding Adhesin) : liaison aux antigènes de Lewis b → adhérence à la muqueuse → DupA : association avec l'ulcère duodénal → HopQ (Helicobacter Outer Membrane Protein Q) : récepteur de CEACAM pour l'injection de CagA ; pathogenèse de l'infection à H. pylori et des complications : gastrite chronique active : infection → réaction inflammatoire locale (polynucléaires + lymphocytes + macrophages) → gastrite chronique active → universelle chez les infectés → gastrite pangastrique (diffuse) → réduction de la sécrétion d'acide → risque d'adénocarcinome gastrique + ou gastrite antrale prédominante → augmentation de la sécrétion d'acide → risque d'ulcère duodénal → cascade de Correa (David Correa 1975 + 1992 — Cancer Research) : modèle de progression de l'infection à H. pylori vers le cancer gastrique : gastrite chronique superficielle → gastrite atrophique → métaplasie intestinale → dysplasie → adénocarcinome gastrique → progression sur 20–40 ans → CagA + souches virulentes + facteurs génétiques de l'hôte + facteurs environnementaux (tabac + sel ++) → ulcères peptiques : ulcère duodénal (UD) : 95 % liés à H. pylori → prédominance antrale → hypersécrétion acide → ulcère gastrique (UG) : 70–80 % liés à H. pylori (20–30 % liés aux AINS) → lynphome gastrique MALT : H. pylori → stimulation antigénique chronique → expansion clonale des lymphocytes B de la muqueuse → lymphome de bas grade (MALT) → éradication de H. pylori → régression dans 70–80 % des lymphomes MALT de bas grade localisés → Wotherspoon 1993 — Lancet : éradication + régression du lymphome MALT → publication fondatrice
  • Manifestations cliniques et indications de test/traitement : spectre clinique de l'infection : asymptomatique dans 80–85 % des cas → H. pylori chronique → gastrite chronique sans symptômes → risque évolutif maintenu → ulcère peptique (15 % des infectés sur la vie) : épigastralgies + brûlures épigastriques + douleur soulagée ou aggravée par l'alimentation + nausées + + complications (hémorragie + perforation) → ulcère duodénal : douleur épigastrique nocturne + soulagée par l'alimentation → ulcère gastrique : douleur aggravée par l'alimentation → méléna + hématémèse si hémorragie + dyspepsie non ulcéreuse (DONU) : épigastralgies sans lésion organique → H. pylori présent dans 20–50 % des DONU + test-and-treat bénéfique → Laine 1998 — NEJM : test-and-treat H. pylori dans la dyspepsie → réduction des endoscopies + amélioration des symptômes → anémie ferriprive inexpliquée (sans cause identifiée) : éradication de H. pylori améliore l'anémie ferriprive → recommandé de tester + lymphome MALT + adénocarcinome gastrique (révision des données épidémiologiques) → indications formelles de test et traitement (test-and-treat — recommandations ACG 2017 + European Maastricht VI 2022) : ulcère peptique (actif ou ancien — avec ou sans AINS) + dyspepsie non ulcéreuse (approche test-and-treat préférable à l'endoscopie si <60 ans + pas d'alarme) + lymphome MALT gastrique + anémie ferriprive inexpliquée + purpura thrombopénique immunologique (PTI — évidence moins forte) + antécédents familiaux d'adénocarcinome gastrique + patients sous AINS au long terme ou sous aspirine (réduction du risque ulcéreux) + avant l'initiation d'une corticothérapie prolongée + dépistage dans les populations à haut risque (immigrants + zones endémiques + familles d'adénocarcinomes gastriques) + ATTENTION : symptômes d'alarme (dysphagie + odynophagie + amaigrissement + vomissements persistants + hémorragie digestive + masse abdominale + anémie non ferriprive) → endoscopie AVANT le test-and-treat

Diagnostic, traitement et confirmation de l'éradication

Aspect / méthodeDonnées, modalités et protocolesÉtudes clés et recommandations
Méthodes diagnostiques non invasives et invasives
Test respiratoire urée ¹³C — antigène fécal — sérologie IgG — endoscopie biopsies — test rapide uréase — histologie — culture — PCR — conditions préalables — faux négatifs
Tests non invasifs : test respiratoire à l'urée marquée au carbone 13 (¹³C-UBT — Urea Breath Test) : test de référence non invasif → gold standard ambulatoire → principe : ingestion d'urée marquée ¹³C → si H. pylori présent → uréase hydrolyse l'urée → ¹³CO₂ + NH₃ → ¹³CO₂ exhalé dans l'air expiré → mesuré par spectrométrie de masse ou spectroscopie infrarouge → interprétation : augmentation du ¹³CO₂ >seuil → positif → sensibilité : 94–98 % + spécificité : 95–99 % + conditions préalables OBLIGATOIRES pour éviter les faux négatifs : arrêt des IPP (Inhibiteurs de la Pompe à Protons) au moins 2 semaines avant le test → les IPP suppriment partiellement H. pylori → faux négatifs fréquents si IPP maintenus → arrêt des antibiotiques ≥4 semaines avant + arrêt du bismuth ≥4 semaines avant → à jeun minimum 2h → antigène fécal d'H. pylori (monoclonal — HpSA — immunoenzymatique) : test non invasif + fiable → sensibilité : 90–95 % + spécificité : 92–97 % + conditions préalables : mêmes qu'avec l'UBT (arrêt des IPP ≥2 semaines + antibiotiques ≥4 semaines) → avantage : accessible + pas de matériel spécialisé → inconvénient : manipulations de selles → moins accepté par certains patients → sérologie IgG anti-H. pylori : sensibilité 85 % + spécificité 80–85 % → INUTILE pour le diagnostic de l'infection active : les IgG persistent après l'éradication (pendant des années) → ne permet pas de confirmer l'éradication → utilité limitée à des contextes particuliers : hémorragie digestive aiguë (UBT et antigène fécal souvent faussement négatifs lors de l'hémorragie) + patients sous IPP non sevrables + enfants <6 ans → TEST DE CONFIRMATION DE L'ÉRADICATION : UBT ou antigène fécal → JAMAIS la sérologie ; tests invasifs (endoscopie + biopsies) : indications de l'endoscopie : symptômes d'alarme + âge ≥60 ans avec dyspepsie + ulcère gastrique (pour exclure le cancer) + lymphome MALT + contrôle de la cicatrisation d'un ulcère gastrique + échec d'éradication → test rapide à l'uréase (CLO test — Campylobacter-Like Organism test) : biopsie antrale dans le gel + indicateur pH → changement de couleur si uréase → résultat en 1h → sensibilité 90–95 % + spécificité 95–99 % → conditions : pas d'IPP + pas d'antibiotiques → histologie (biopsies colorées) : coloration HE + Giemsa + ou immunohistochimie → standard diagnostique + évalue la gastrite + la métaplasie + la dysplasie → sensibilité 90–96 % + spécificité 98 % → culture et antibiogramme : indispensable si : 2 échecs d'éradication + résistance suspectée → permet le choix d'une antibiothérapie sur mesure → cultures difficiles (croissance lente + milieux spéciaux) + PCR sur biopsies ou sur selles : détecte les mutations de résistance (clarithromycine — mutation 23S ARNr + lévofluoxacine — mutation gyrA) sans nécessité de culture → disponibilité croissante Graham 1991 — Lancet (¹³C-UBT) : test respiratoire à l'urée ¹³C → validation de la méthode → publication fondatrice + Gisbert 2004 — Alimentary Pharmacology and Therapeutics : méta-analyse des tests diagnostiques d'H. pylori → ¹³C-UBT + antigène fécal = tests de référence + Makristathis 2000 — Journal of Clinical Microbiology : antigène fécal monoclonal → haute performance + Chey 2017 — American Journal of Gastroenterology (ACG guidelines) : indications + méthodes diagnostiques + arrêt des IPP ≥2 semaines → référence nord-américaine + Malfertheiner 2022 — Gut (Maastricht VI/Florence Consensus) : recommandations européennes → tests diagnostiques + traitement → référence internationale + INESSS Québec : test respiratoire disponible en clinique externe → remboursé par la RAMQ + Groupe d'étude canadien de H. pylori (CDHF) : protocoles canadiens + Santé Canada : remboursement des tests diagnostiques
Traitement d'éradication — régimes de 1re et 2e ligne
Trithérapie clarithromycine — quadrithérapie bismuth — thérapie concomitante — résistance clarithromycine — vonoprazan — IPP haute dose — durée 14 jours — protocoles ACG — Maastricht VI — taux éradication — compliance
Principes généraux du traitement d'éradication : durée optimale : 14 jours → supérieur à 7 et 10 jours dans la grande majorité des études → Chey 2017 (ACG) + Malfertheiner 2022 (Maastricht VI) : 14 jours recommandés + taux d'éradication cibles : ≥90 % per protocol (PP) + ≥80 % en intention de traiter (ITT) → résistance aux antibiotiques (problème majeur) : clarithromycine : résistance ≥15 % dans la plupart des pays développés (jusqu'à 30–40 % en France + Italie + Espagne) → au Canada : résistance à la clarithromycine estimée à 10–15 % → lévofluoxacine : résistance en augmentation (10–20 % au Canada) → métronidazole : résistance élevée (30–40 % au Canada) mais partiellement surmontée par l'augmentation des doses → amoxicilline + tétracycline : résistance rare → bismuth : pas de résistance rapportée → données de résistance locales = indispensables avant le choix du régime ; régimes de 1re ligne selon Maastricht VI 2022 + ACG 2017 + INESSS Québec : quadrithérapie avec bismuth (PBMT) — recommandée en 1re ligne si résistance à la clarithromycine >15 % ou inconnue : IPP (dose standard × 2/j) + bismuth 420 mg × 4/j + métronidazole 500 mg × 4/j + tétracycline 500 mg × 4/j × 14 jours → disponible sous forme de combinaison fixe : Pylera (bismuth subcitrate 140 mg + métronidazole 125 mg + tétracycline 125 mg — 3 gélules × 4/j + IPP) → Malfertheiner 2011 — Lancet : Pylera + IPP vs trithérapie clarithromycine → taux d'éradication : 93,3 % vs 86,5 % → avantage Pylera + INESSS Québec + CDHF : quadrithérapie au bismuth = régime de 1re ligne recommandé au Canada (résistance à la clarithromycine justifie ce choix) + trithérapie clarithromycine (TAC) — si résistance locale à la clarithromycine <15 % : IPP haute dose (ésoméprazole 40 mg × 2/j ou pantoprazole 40 mg × 2/j) + amoxicilline 1 g × 2/j + clarithromycine 500 mg × 2/j × 14 jours → taux d'éradication : 75–85 % selon la résistance locale → NON recommandée en 1re ligne si résistance ≥15 % + trithérapie concomitante (thérapie concomitante non bismuthée) : IPP haute dose × 2/j + amoxicilline 1 g × 2/j + clarithromycine 500 mg × 2/j + métronidazole 500 mg × 2/j × 14 jours → taux d'éradication : 85–90 % → efficacité supérieure à la trithérapie classique → recommandée par Maastricht VI si quadrithérapie au bismuth non disponible + thérapie hybride : IPP + amoxicilline × 14 jours + avec clarithromycine + métronidazole les 7 derniers jours → alternative + vonoprazan (inhibiteur de la pompe à protons de type bloquant acide potassique) : nouvel agent → inhibition acide plus puissante + prolongée vs IPP classiques → en combinaison avec amoxicilline ± clarithromycine → VOCAL-C (Chey 2022 — Gastroenterology) : vonoprazan + amoxicilline + clarithromycine vs IPP + amoxicilline + clarithromycine → vonoprazan-triple → supérieur aux IPP-triple (84,7 % vs 78,5 %) → approuvé FDA 2022 + en cours d'évaluation Santé Canada 2024 + données prometteuses + régimes de 2e ligne (après échec du 1er traitement) : si 1er traitement = quadrithérapie bismuth → 2e ligne = trithérapie lévofluoxacine : IPP × 2/j + amoxicilline 1 g × 2/j + lévofluoxacine 500 mg × 1/j × 14 jours → si 1er traitement = trithérapie clarithromycine → 2e ligne = quadrithérapie bismuth (PBMT) → culture + antibiogramme recommandée après le 2e échec + régime de 3e ligne : basé sur l'antibiogramme (culture ou PCR de résistance) → rifabutine + amoxicilline + IPP → option de dernier recours Malfertheiner 2022 — Gut (Maastricht VI/Florence Consensus) : recommandations européennes complètes sur H. pylori → 1re et 2e ligne → résistances → dépistage → référence internationale + Malfertheiner 2011 — Lancet : Pylera + IPP vs trithérapie → 93,3 % vs 86,5 % d'éradication + quadrithérapie bismuth → standard + Chey 2017 — American Journal of Gastroenterology (ACG Clinical Guidelines) : recommandations nord-américaines → 1re ligne + 2e ligne + durée 14 jours + Chey 2022 — Gastroenterology (VOCAL-C trial) : vonoprazan + amoxicilline + clarithromycine → supérieur aux IPP-triple → 84,7 % vs 78,5 % → FDA approbation 2022 + Ford 2004 — Lancet (méta-analyse) : test-and-treat H. pylori + dyspepsie → réduction des consultations + amélioration des symptômes + Laine 1998 — NEJM : test-and-treat + dyspepsie → réduction des endoscopies + CDHF (Canadian Digestive Health Foundation) + INESSS Québec : quadrithérapie bismuth = 1re ligne au Canada + résistances locales → El-Serag 2014 — Gastroenterology : épidémiologie H. pylori + résistances + tendances temporelles
Confirmation de l'éradication, complications et prévention du cancer gastrique
Confirmation éradication — test respiratoire post-traitement — délai minimum — hémorragie ulcéreuse — ulcère — lymphome MALT régression — adénocarcinome gastrique — dépistage — prévention — population à risque
Confirmation de l'éradication — indispensable après tout traitement : méthode : test respiratoire ¹³C-UBT ou antigène fécal monoclonal → JAMAIS la sérologie (les IgG persistent après l'éradication) → délai minimal avant le test de confirmation : ≥4 semaines après la fin du traitement antibiotique + ≥2 semaines après l'arrêt des IPP → taux de faux négatifs élevé si le test est réalisé trop tôt ou sous IPP → en cas d'ulcère gastrique : endoscopie de contrôle à 4–8 semaines pour confirmer la cicatrisation + prélever des biopsies pour exclure un cancer → en cas d'ulcère duodénal bénin → pas d'endoscopie de contrôle systématique si symptômes résolus + H. pylori éradiqué + si test de confirmation positif (persistance ou réinfection) → régime de 2e ligne selon l'historique du traitement + résistances locales ; complications de l'infection à H. pylori non traitée : hémorragie digestive haute sur ulcère (urgence) : hématémèse + méléna → score de Blatchford (Glasgow) + ou Rockall pour stratification du risque → endoscopie urgente → hémostase endoscopique (injection d'adrénaline + clip + coagulation thermique) → IPP IV hautes doses (pantoprazole 80 mg bolus IV puis 8 mg/h × 72h) → Lau 2000 — NEJM : pantoprazole IV hautes doses + ulcère hémorragique → réduction du risque de récidive hémorragique → éradication d'H. pylori + arrêt des IPP après guérison (si H. pylori seule cause — sans AINS) → perforation ulcéreuse : douleur abdominale brutale + pneumopéritoine (croissant gazeux sous-diaphragmatique) → chirurgie d'urgence → sténose pylorique → vomissements alimentaires projetés + FOGD + dilatation ou chirurgie + lymphome MALT de bas grade : éradication d'H. pylori → régression dans 60–80 % des cas localisés → Wotherspoon 1993 — Lancet : première démonstration de la régression du lymphome MALT après éradication → Bayerdörffer 1995 — Lancet : confirmation + contrôle par endoscopie biopsies tous les 3–6 mois + si lymphome MALT ne régresse pas (H. pylori négatif + lymphome persistant) → chimiothérapie + ou rituximab ; prévention du cancer gastrique par éradication d'H. pylori : adénocarcinome gastrique : 2e cancer digestif le plus fréquent dans le monde (800 000 décès/an) → 60–90 % attribuables à H. pylori → cascade de Correa : gastrite chronique → atrophie → métaplasie intestinale → dysplasie → cancer → éradication précoce (avant l'atrophie et la métaplasie) prévient la progression → Wong 2004 — Lancet : éradication H. pylori + gastrite atrophique → réduction de 52 % du risque de cancer gastrique dans les populations à risque + Ma 2012 — Lancet : prévention primaire par éradication H. pylori → réduction significative de l'incidence du cancer gastrique dans les cohortes de masse + Ford 2020 — Cochrane : méta-analyse + éradication H. pylori → réduction du cancer gastrique → 34 % de réduction relative + INESSS Québec + CDHF : dépistage + éradication des immigrants des zones à haute prévalence d'H. pylori → programme de prévention du cancer gastrique + population à dépister en priorité : immigrants de pays à forte prévalence (Asie + Amérique centrale + Amérique du Sud + Afrique subsaharienne) + famille d'adénocarcinome gastrique au 1er degré + patients avec gastrectomie partielle + patients avec ulcère peptique documenté + Lynch 2016 — Cancer Prevention Research : éradication H. pylori + prévention cancer gastrique → base des programmes de dépistage de masse en Asie
ℹ️ La confirmation de l'éradication est OBLIGATOIRE après tout traitement d'H. pylori — par le test respiratoire ¹³C ou l'antigène fécal, au minimum 4 semaines après la fin des antibiotiques et 2 semaines après l'arrêt des IPP : la sérologie IgG ne doit JAMAIS être utilisée pour confirmer l'éradication (les anticorps persistent des années). Au Canada, la résistance à la clarithromycine justifie de recommander la quadrithérapie au bismuth (Pylera + IPP) comme régime de 1re ligne. L'éradication d'H. pylori réduit de 34 % le risque de cancer gastrique — justifiant un dépistage systématique chez les immigrants à haut risque.
Situations nécessitant une consultation urgente ou une prise en charge immédiate

Hématémèse (vomissements de sang rouge ou en marc de café) ou méléna (selles noires et nauséabondes) chez un patient avec antécédent d'ulcère ou d'H. pylori → hémorragie digestive haute sur ulcère peptique → appel 911 → urgences médicales → score de Blatchford + glycémie + NFS + créatinine + bilan coagulation → voie IV + transfusion si nécessaire → endoscopie urgente dans les 24h (ou <12h si instabilité) → IPP IV hautes doses → hémostase endoscopique → éradication H. pylori après stabilisation.

Douleur abdominale brutale généralisée + rigidité abdominale + pneumopéritoine à la radiographie thoracique chez un patient avec douleurs épigastriques chroniques → perforation ulcéreuse → appel 911 → urgences chirurgicales → chirurgie abdominale en urgence → après guérison → test H. pylori + éradication si positif.

Patient avec test H. pylori positif + antécédents familiaux d'adénocarcinome gastrique au 1er degré + origine d'une zone à haute prévalence (Chine + Corée + Japon + Amérique centrale) → risque élevé de cancer gastrique → test-and-treat H. pylori + discussion d'une FOGD de dépistage (endoscopie haute avec biopsies selon la cascade de Sydney pour évaluer la sévérité de la gastrite + la métaplasie) → consultation gastroentérologique.

Épigastralgies persistantes + satiété précoce + amaigrissement involontaire (>5 % du poids en 3 mois) + anémie + chez un patient de >50 ans → symptômes d'alarme → endoscopie haute urgente (dans les 2 semaines) → exclure un cancer gastrique AVANT tout test-and-treat H. pylori → biopsies selon le protocole de Sydney → ne pas débuter les antibiotiques avant l'endoscopie si symptômes d'alarme.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins de Clinique Omicron prescrivent le test respiratoire ¹³C ou l'antigène fécal pour le diagnostic d'H. pylori, initient le traitement d'éradication de 1re ligne (quadrithérapie au bismuth — Pylera + IPP selon les recommandations canadiennes), prescrivent la confirmation de l'éradication 4 à 6 semaines après le traitement, orientent vers le gastroentérologue pour les symptômes d'alarme et les cas complexes, et assurent le dépistage des populations à risque élevé de cancer gastrique. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un gastroentérologue. Tout symptôme d'alarme (amaigrissement + dysphagie + hémorragie + masse abdominale) nécessite une endoscopie digestive haute avant tout traitement d'éradication.

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