Maladie cœliaque (intolérance au gluten)
Pathogenèse, génétique et présentation clinique
- Immunopathogenèse et mécanismes moléculaires de la maladie cœliaque : gluten et peptides immunogènes : le gluten est une protéine composite → gliادines (fraction alcoolosoluble) + gluténines (fraction insoluble) → les gliadines contiennent des séquences peptidiques riches en glutamine et proline → résistantes à la digestion complète par les protéases gastriques + pancréatiques + de la bordure en brosse → le peptide 33-mer de la α-gliadine est le principal peptide immunogène → survive à la digestion + traverse l'épithélium intestinal par voie transcellulaire (transcytose) + paracellulaire (jonctions tight altérées) → rôle de la transglutaminase tissulaire 2 (tTG2) : enzyme ubiquitaire → déamine les résidus glutamine en acide glutamique sur les peptides de gliadine → les peptides déaminés → liaison plus forte aux molécules HLA-DQ2/DQ8 des CPA (cellules présentatrices d'antigènes) → présentation aux lymphocytes T CD4+ helper → Sollid 2002 — Nature Reviews Immunology : mécanismes moléculaires de la maladie cœliaque + rôle de la tTG2 + réponse immune adaptative : peptides déaminés présentés par les CPA aux LT CD4+ → activation de LT CD4+ spécifiques → production de cytokines pro-inflammatoires (IL-21 + IFN-γ + TNF-α) → inflammation de la lamina propria → activation des lymphocytes B → production d'anticorps anti-tTG2 + anti-gliadine déaminée (anti-DGP) + réponse immune innée : activation des IEL (Intraepithelial Lymphocytes — CD8+ + TCR γδ) → expression de molécules cytotoxiques (NKG2D + NKp46) → tuent les entérocytes → destruction villositaire → la combinaison des deux voies → atrophie villositaire + hyperplasie des cryptes → classification histologique de Marsh-Oberhuber : Marsh 0 : muqueuse normale → Marsh 1 : augmentation des IEL (>25/100 entérocytes) → Marsh 2 : augmentation IEL + hyperplasie des cryptes → Marsh 3a : atrophie villositaire légère → Marsh 3b : atrophie modérée → Marsh 3c : atrophie totale (aplatie) → Marsh 4 : atrophie totale + hypoplasie des cryptes (très rare) → le diagnostic cœliaque requiert Marsh ≥2 (généralement Marsh 3) ; génétique : HLA-DQ2 (DQA1*05/DQB1*02) : 90–95 % des patients → HLA-DQ2 homozygosite → risque accru + HLA-DQ8 (DQA1*03/DQB1*03:02) : 5–10 % des patients → HLA-DQ2 et HLA-DQ8 présents dans 30–35 % de la population générale → mais seulement 1–2 % développent la maladie → le HLA est nécessaire mais non suffisant → autres gènes contribuant au risque : CTLA4 + PTPN2 + TAGAP + gènes de l'immunité muqueuse + des facteurs environnementaux (microbiome + infections virales + mode d'introduction du gluten dans la petite enfance) jouent un rôle dans le déclenchement
- Spectre clinique et maladies associées : présentations classiques (malabsorption) : diarrhée chronique + selles stéatorrhéiques + douleurs abdominales + ballonnements + distension abdominale + perte de poids + retard de croissance et de développement (enfant) + syndrome de malabsorption : carence en fer (anémie ferriprive) + carence en vitamine D et calcium (ostéopénie + ostéoporose) + carence en vitamines B12 + B9 (folates) + K + zinc + cuivre + magnésium + albumine basse + hypoprotidémie + stéatorrhée → présentations atypiques ou extra-intestinales (formes de plus en plus diagnostiquées) : hématologiques : anémie ferriprive réfractaire au traitement oral → toujours rechercher la maladie cœliaque chez un adulte avec anémie ferriprive inexpliquée (Hershko 2005 — American Journal of Gastroenterology) + cutanées : dermatite herpétiforme (DH) — forme cutanée de la maladie cœliaque → vésicules prurigineuses symétriques sur les surfaces d'extension + fesses + cuir chevelu → IgA dans le derme papillaire (immunofluorescence directe sur peau péri-lésionnelle) + sous-jacente une entéropathie cœliaque dans quasi 100 % + ostéologiques : ostéopénie + ostéoporose + fractures pathologiques → même en l'absence de symptômes digestifs + neurologiques : neuropathie périphérique + ataxie au gluten (anticorps anti-gangliosides ou anti-tTG6) + encéphalopathie + épilepsie avec calcifications occipitales + gynécologiques : infertilité + avortements spontanées répétés + retard de puberté + irrégularités menstruelles + hépatologiques : élévation des transaminases (<3× la normale) → hypertransaminasémie cryptogénique → bilan systématique de la cœliaque dans ce contexte (Vajro 2012 — Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition) + endocriniennes : DT1 + thyroïdite de Hashimoto + maladie de Basedow + prévalence cœliaque 5–8 % dans le DT1 + bucco-dentaires : aphtes récidivants + hypoplasie de l'émail dentaire + troubles psychiatriques : dépression + anxiété + irritabilité + troubles de la concentration + maladie cœliaque silencieuse ou asymptomatique : diagnostic lors d'un dépistage chez les apparentés de 1er degré → prévalence : 10–20 % des proches d'un patient cœliaque → prévalence chez les enfants de parents cœliaques : 10–15 % + groupes à risque de maladie cœliaque (prévalence 3–10 %) : DT1 + thyroïdite auto-immune + syndrome de Down + syndrome de Turner + syndrome de Williams + dermatite herpétiforme + IgA totales basses + deficit en IgA + apparentés 1er degré de patients cœliaques (10–15 %)
Diagnostic, traitement et suivi
| Domaine | Données, critères et modalités | Études clés et recommandations |
|---|---|---|
| Sérologie diagnostique et biopsie duodénale Anti-tTG IgA — anti-DGP IgG — anti-EMA — IgA totales — biopsie duodénale — Marsh — orientation — conditions du diagnostic — gluten challenge |
Tests sérologiques pour le diagnostic de la maladie cœliaque : conditions préalables ABSOLUMENT REQUISES avant la sérologie et la biopsie : le patient doit consommer du gluten régulièrement au moment du bilan (régime contenant du gluten = minimum 1 à 2 tranches de pain/j depuis au moins 6 semaines) → un RSG avant le bilan → normalisation des anticorps + cicatrisation partielle de la muqueuse → FAUX NÉGATIFS → si le patient est déjà sous RSG sans diagnostic confirmé → il faut envisager un « gluten challenge » (réintroduction du gluten × 6–12 semaines) avant la sérologie et la biopsie → anti-tTG IgA (anticorps anti-transglutaminase tissulaire de type IgA — ELISA) : test de 1re ligne → sensibilité : 92–98 % + spécificité : 94–98 % → Rostom 2005 — Gastroenterology (méta-analyse) : anti-tTG IgA = meilleur test de dépistage → titre très élevé (>10× la limite supérieure de la normale) → valeur prédictive positive très élevée (>99 %) → peut dispenser de la biopsie chez l'enfant selon les guidelines ESPGHAN 2020 (Husby) → mais biopsie toujours recommandée chez l'adulte selon ACG 2023 + NASPGHAN + IgA sériques totales : dosage OBLIGATOIRE en même temps que les anti-tTG IgA → déficit sélectif en IgA (prévalence générale 1/300 — 10–15× plus fréquent dans la cœliaque) → anti-tTG IgA faussement négatifs → si IgA totales basses : recourir aux anti-tTG IgG ou aux anti-DGP IgG (anticorps anti-gliadine déaminée IgG) → anti-DGP IgG + anti-tTG IgG : utiles si déficit en IgA → ou si anti-tTG IgA faiblement positifs ou douteux → anti-endomysium IgA (EMA) : immunofluorescence indirecte sur œsophage de singe → sensibilité légèrement inférieure aux anti-tTG + coûteux + opérateur-dépendant → réservé à la confirmation des anti-tTG IgA douteux → HLA-DQ2/DQ8 : utilité : exclure la maladie cœliaque si négatif (valeur prédictive négative quasi-absolue) → indiqué si : patient sous RSG sans diagnostic confirmé (ne peut pas faire le gluten challenge) + résultats discordants entre la sérologie et l'histologie + bilan des apparentés + bilan pré-RSG prophylactique + interprétation des résultats sérologiques : anti-tTG IgA très élevé (>10× LSN) + anti-EMA positif : probabilité de cœliaque >99 % → biopsie confirmera + anti-tTG IgA faiblement élevé (1–10× LSN) : à confirmer par anti-EMA + biopsie → anti-tTG IgA négatif : cœliaque peu probable → mais vérifier IgA totales + bilan IgG si IgA déficit + HLA-DQ2/DQ8 si doute persistant ; biopsie duodénale — gold standard histologique : endoscopie digestive haute (FOGD) avec biopsies → technique optimale : ≥4–6 biopsies du deuxième duodénum + ≥2 biopsies du bulbe duodénal (D1) → recommandation de la Société européenne de pathologie (Bouma 2016 — UEGJ) : orientation des biopsies sur gélatine — meilleure évaluation des villosités → classification histologique de Marsh-Oberhuber : Marsh 3a (atrophie légère) + 3b (atrophie modérée) + 3c (atrophie totale) → confirme le diagnostic + grade l'atteinte → Husby 2020 — Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition (ESPGHAN 2020) : critères de diagnostic sans biopsie chez l'enfant : anti-tTG IgA >10× LSN + EMA positif + HLA-DQ2/DQ8 positif + symptômes évocateurs → diagnostic posé sans biopsie → chez l'adulte : la biopsie reste recommandée (ACG 2023 + BSG 2022 + CAG 2024) | Rostom 2005 — Gastroenterology (méta-analyse) : anti-tTG IgA = meilleur test de dépistage → sensibilité 92–98 % + spécificité 94–98 % + Husby 2020 — JPGN (ESPGHAN 2020 Guidelines) : critères sans biopsie chez l'enfant → anti-tTG >10× + EMA + HLA → VPP >99 % → dispensent de la biopsie dans ce contexte + Rubio-Tapia 2023 — American Journal of Gastroenterology (ACG 2023 Guidelines) : biopsie duodénale toujours recommandée chez l'adulte → protocole de biopsies (≥4 D2 + ≥2 D1) + diagnostic sur régime avec gluten → HLA-DQ2/DQ8 utile si RSG préalable + Ludvigsson 2013 — BMJ : prévalence réelle cœliaque 0,5–1 % + délai diagnostique 6–10 ans + Bouma 2016 — United European Gastroenterology Journal : biopsies duodénales → orientation sur gélatine + ≥4–6 biopsies + Hershko 2005 — American Journal of Gastroenterology : cœliaque + anémie ferriprive inexpliquée → dépistage systématique recommandé + ACG 2023 + BSG 2022 + CAG 2024 : biopsie recommandée chez l'adulte même si sérologie très positive + Association des patients cœliaques du Canada (ACCA) : ressources en français |
| Régime sans gluten (RSG) — traitement unique et pilier de la prise en charge Aliments à éviter — aliments permis — contamination croisée — étiquetage canadien — diététiste — normalisation des anticorps — cicatrisation — qualité de vie — réponse incomplète |
Régime sans gluten (RSG) — le seul traitement efficace de la maladie cœliaque : principe : élimination totale et définitive du blé (toutes les variétés : épeautre + kamut + seigle + orge + triticale) → le riz + le maïs + le sarrasin + le quinoa + le millet + le sorgho + le teff + l'amarante + la pomme de terre + les légumineuses sont naturellement sans gluten → l'avoine pure non contaminée est généralement tolérée (les études montrent que l'avoine non contaminée est bien tolérée par 90–95 % des patients cœliaques adultes) — mais introduire prudemment après cicatrisation muqueuse + surveillance clinique → Janatuinen 2002 — Gut : avoine pure non contaminée + cœliaque → bien tolérée dans la majorité + mais : contamination croisée fréquente des avoine commerciales → Lundin 2003 — Gut : avoine non contaminée → pas d'activation des LT CD4+ cœliaques dans la majorité + quelques patients réagissent à l'avenine (protéine de l'avoine) → surveillance clinique + anticorps lors de l'introduction de l'avoine → contamination croisée (cross-contamination) : même des traces de gluten (quelques mg) peuvent maintenir l'inflammation muqueuse chez les patients très sensibles → lire les étiquettes de tous les produits alimentaires → Codex Alimentarius : aliments « sans gluten » = teneur en gluten <20 ppm (20 mg/kg) → étiquetage canadien (Santé Canada) : produit « sans gluten » = conforme à la norme Codex → surveiller aussi les médicaments + cosmétiques (rouge à lèvres + dentifrices) → éviter le gluten dans les préparations pharmaceutiques et médicaments ; aliments à éviter : pain + pâtes + pizza + biscuits + gâteaux + céréales (blé + seigle + orge) + bière (fabriquée à base d'orge) → et tous les produits dérivés → sauces (souvent épaissies à la farine de blé) + vinaigrettes + soupes industrielles → chapelure + panure → viandes panées → steaks haché industriels → levure chimique (peut contenir du blé) → imitation fruits de mer (surimi) → certains médicaments (enrobage) + certains aliments étiquetés naturellement sans gluten mais potentiellement contaminés (avoine non certifiée + certains produits emballés) → aliments naturellement sans gluten permis : riz + maïs + pomme de terre + légumineuses + fruits + légumes + viandes fraîches + poissons + œufs + produits laitiers + huiles + sarrasin + quinoa + millet → consultation avec un(e) diététiste/nutritionniste spécialisé(e) en cœliaque : indispensable au diagnostic + recommandée régulièrement → Catassi 2014 — American Journal of Gastroenterology : non-compliance au RSG → persistance de l'inflammation muqueuse + risques à long terme ; suivi et réponse au traitement : normalisation des anti-tTG IgA : 6–12 mois sous RSG strict → surveillance clinique et biologique à 6 mois + 12 mois + annuellement → si anti-tTG ne se normalisent pas → transgression(s) alimentaire(s) probable(s) (souvent involontaires) → ou vraie réfractarité → cicatrisation histologique : 2–5 ans sous RSG strict pour une cicatrisation complète chez la majorité des adultes → plus rapide chez l'enfant → Rubio-Tapia 2010 — Gastroenterology : cicatrisation muqueuse chez les adultes → seulement 34 % de cicatrisation complète à 2 ans → 66 % à 5 ans → meilleure cicatrisation chez les femmes + les jeunes + les patients avec RSG strict → qualité de vie : s'améliore significativement sous RSG + notamment les symptômes digestifs + la fatigue + les troubles de l'humeur | Janatuinen 2002 — Gut : avoine non contaminée + cœliaque → bien tolérée dans la majorité des adultes + Lundin 2003 — Gut : avoine → pas d'activation LT CD4+ dans la majorité → quelques patients réagissent à l'avenine → surveillance nécessaire + Catassi 2014 — American Journal of Gastroenterology : non-compliance RSG → inflammation persistante + risques à long terme → compliance stricte essentielle + Rubio-Tapia 2010 — Gastroenterology : cicatrisation muqueuse adultes sous RSG → 34 % à 2 ans + 66 % à 5 ans → délai de cicatrisation important → biopsie de contrôle à 1–2 ans recommandée + Santé Canada : étiquetage sans gluten → <20 ppm → norme Codex Alimentarius → ACG 2023 + BSG 2022 + CAG 2024 : suivi annuel des anti-tTG IgA + consultation nutritionniste + biopsie de contrôle si persistance des symptômes ou non-normalisation des anticorps + Association des patients cœliaques du Canada (ACCA) : liste des aliments certifiés + ressources pour les patients + Richardson 2020 — World Journal of Gastroenterology : efficacité des interventions diététiques dans la cœliaque |
| Complications de la maladie cœliaque non traitée Lymphome T intestinal — cancers digestifs — maladie réfractaire — ostéoporose — infertilité — neuropathie — carences nutritionnelles — sprue collagène |
Complications à long terme de la maladie cœliaque non traitée ou avec RSG non strict : lymphome T intestinal associé à l'entéropathie (EATL — Enteropathy-Associated T-cell Lymphoma) : complication maligne la plus grave → risque × 4–10 vs population générale → représente 50 % des lymphomes intestinaux primaires → sous-type 1 (EATL type I) : de grandes cellules + souvent chez les patients cœliaques caucasiens + de mauvais pronostic → sous-type 2 (EATL type II — ou MEITL — Monomorphic Epitheliotropic Intestinal T-cell Lymphoma) : moins associé à la cœliaque classique → le RSG strict réduit significativement ce risque → Askling 2002 — Gut : RSG strict → risque d'EATL similaire à la population générale après 5 ans de RSG + autres cancers digestifs : adénocarcinome du grêle × 2–4 + carcinome de l'oropharynx + œsophage + risque de cancers du rectum + risque global de cancers digestifs + 40–50 % + Lebwohl 2014 — JAMA : maladie cœliaque non diagnostiquée + mortalité → surmortalité cardiovasculaire + cancers → diagnostic précoce + RSG → normalisation de la mortalité ; maladie cœliaque réfractaire (MCR) : persistance des symptômes de malabsorption + atrophie villositaire Marsh 3 après 12 mois de RSG strict bien conduit → définition : symptômes + Marsh ≥2 malgré RSG documenté ≥12 mois + 2 types : MCR type I : profil IEL normal (TCR αβ + CD3+CD8+) → meilleur pronostic + réponse aux traitements immunosuppresseurs + MCR type II : profil IEL aberrant (clonal + TCR CD3− intracytoplasmique + perte CD8) → risque très élevé de transformation en EATL (50–75 % à 5 ans) → mauvais pronostic → traitement MCR : évaluation préalable : confirmer le diagnostic + évaluer la compliance au RSG (diététiste + anti-tTG) + éliminer une contamination croisée + prednisone + budésonide + immunosuppresseurs (azathioprine) + anti-IL-15 (AMG714) en essais cliniques pour MCR type II → cladribine + ASCT (autogreffe de cellules souches) pour les formes réfractaires à haut risque ; carences nutritionnelles à surveiller et corriger sous RSG : fer : NFS + ferritine + fer sérique → supplémenter si carence → préférer la voie IV si malabsorption sévère + vitamine D + calcium : DXA annuellement si ostéoporose + supplémentation calcium 1 000–1 200 mg/j + vitamine D 800–1 000 UI/j + bisphosphonate si T-score <−2,5 → folates (B9) : NFS + folates sériques → acide folique 5 mg/j si grossesse + vitamine B12 + zinc + magnésium + cuivre → bilan nutritionnel initial complet puis surveillance annuelle → consultation diététiste annuelle → sprue collagène : dépôt de collagène sous l'épithélium intestinal → variante très sévère de la cœliaque réfractaire → malabsorption majeure → mauvais pronostic → traitement immunosuppresseur | Askling 2002 — Gut : RSG strict → risque EATL similaire à la population générale après 5 ans → démonstration de l'effet protecteur du RSG sur les lymphomes + Lebwohl 2014 — JAMA : maladie cœliaque non diagnostiquée + mortalité → surmortalité cardiovasculaire + cancers → délai diagnostique = facteur de risque majeur + Rubio-Tapia 2009 — Mayo Clinic Proceedings : MCR → définition + traitement + pronostic + Al-Toma 2019 — United European Gastroenterology Journal : guidelines MCR → types I et II + traitements + surveillance + ACG 2023 (Rubio-Tapia) : surveillance et prévention des complications → DXA annuellement jusqu'à normalisation + bilan nutritionnel complet + Lebwohl 2015 — Digestive and Liver Disease : ostéoporose dans la cœliaque → RSG améliore la DMO + supplémentation calcium + vitamine D → recommandations + Celiac Disease Foundation + ACCA (Association canadienne de la cœliaque) : ressources pour les patients |
| Dépistage, sensibilité non cœliaque au gluten et diagnostic différentiel Groupes à risque — dépistage apparentés — sensibilité au gluten — SNCG — FODMAP — allergie au blé — SCI — diagnostic différentiel — pseudo-cœliaque |
Dépistage de la maladie cœliaque — qui dépister et quand : groupes à risque à dépister activement (prévalence 3–10 %) : apparentés au 1er degré (parents + enfants + fratrie) d'un patient cœliaque → dépistage dès l'âge de 3 ans (après introduction du gluten) → périodiquement ensuite si négatif + DT1 : dépistage au diagnostic du DT1 puis annuellement pendant 5 ans + thyroïdite de Hashimoto ou de Graves + syndrome de Down + syndrome de Turner + syndrome de Williams + dermatite herpétiforme → bilan cœliaque systématique + anémie ferriprive inexpliquée → dépistage + hypertransaminasémie cryptogénique → dépistage + ostéoporose précoce sans cause évidente → dépistage + infertilité inexpliquée + fausses couches répétées → dépistage + déficit sélectif en IgA → dépistage par anti-tTG IgG ou anti-DGP IgG → dépistage en population générale : pas de recommandation de dépistage universel actuellement → Rubio-Tapia 2023 — ACG : dépistage ciblé selon les groupes à risque → USPSTF 2017 : preuves insuffisantes pour le dépistage universel ; sensibilité non cœliaque au gluten (SNCG — NCGS — Non-Celiac Gluten Sensitivity) : entité distincte de la maladie cœliaque et de l'allergie au blé → symptômes digestifs et extra-digestifs améliorés par le RSG → mais : pas d'atrophie villositaire + pas d'anticorps anti-tTG (ou seulement IgG anti-DGP à titre faible) + HLA-DQ2/DQ8 souvent positif → physiopathologie : mal comprise → rôle des FODMAP (Fermentable Oligo- Di- Monosaccharides And Polyols) dans la majorité des symptômes → les wheat ATIs (Amylase Trypsin Inhibitors) pourraient activer la réponse immune innée → Skodje 2018 — Gastroenterology (essai randomisé croisé) : réintroduction de gluten ou fructane (FODMAP du blé) chez des patients SNCG → fructane → plus de symptômes que le gluten → rôle des FODMAP mis en avant → Volta 2015 — Clinical Gastroenterology and Hepatology : SNCG → pas de biomarqueur diagnostique → diagnostic d'exclusion + Biesiekierski 2011 — American Journal of Gastroenterology (étude fondatrice) : double aveugle croisé → gluten → symptômes même chez des patients sans cœliaque ni allergie au blé → puis Biesiekierski 2013 — Gastroenterology : les mêmes sujets → réintroduction avec contrôle des FODMAP → pas d'effet du gluten → remise en question du rôle du gluten seul → diagnostic d'exclusion de la SNCG : 1/ exclure la cœliaque (sérologie + biopsie sous régime avec gluten) → 2/ exclure l'allergie au blé (IgE spécifiques blé + prick test) → 3/ si les deux négatifs + RSG améliore les symptômes → SNCG → diagnostic d'exclusion → pas de test biologique spécifique disponible + allergie au blé : IgE spécifiques anti-blé élevées + test cutané positif → symptômes allergiques immédiats (30–120 min après ingestion) + bilan allergologique + pas d'atrophie villositaire → traitement : éviction du blé (pas du seigle ni de l'orge comme dans la cœliaque) + diagnostic différentiel de la maladie cœliaque : syndrome du côlon irritable (SCI) → pas d'anticorps + pas d'atrophie villositaire + MICI (Crohn + RCH) → entéroscopie + biopsies + calprotectine fécale élevée + gastro-entérite infectieuse chronique (Giardia + SIBO — Small Intestinal Bacterial Overgrowth) + insuffisance pancréatique exocrine + maladie de Whipple (rare) | Skodje 2018 — Gastroenterology (essai RCT croisé) : SNCG → fructane FODMAP → plus de symptômes que le gluten pur → FODMAP = cause probable des symptômes dans la SNCG + Biesiekierski 2011 — American Journal of Gastroenterology : étude fondatrice SNCG + Biesiekierski 2013 — Gastroenterology : FODMAP + SNCG → gluten non directement responsable → remet en question la SNCG + Volta 2015 — Clinical Gastroenterology and Hepatology : SNCG → épidémiologie + critères + diagnostic d'exclusion + Rubio-Tapia 2023 — ACG 2023 Guidelines : dépistage ciblé selon les groupes à risque → pas de dépistage universel + USPSTF 2017 : preuves insuffisantes pour le dépistage universel + Lebwohl 2014 — JAMA : maladie cœliaque non diagnostiquée → surmortalité → délai diagnostique → importance du dépistage dans les groupes à risque + ESPGHAN 2020 (Husby) : dépistage enfants DT1 + apparentés 1er degré + Down + Turner + Association canadienne de la cœliaque (ACCA) + Celiac Disease Foundation : ressources diagnostic + dépistage |
Maladie cœliaque connue avec reprise des symptômes sévères (diarrhée profuse + perte de poids + douleurs abdominales) malgré RSG strict depuis plus de 12 mois, sans transgression alimentaire évidente → maladie cœliaque réfractaire (MCR) ou lymphome T intestinal (EATL) → consultation gastroentérologique urgente → biopsies duodénales répétées + immunophénotypage des IEL + entéroscopie ou vidéocapsule + TEP-CT pour exclure un lymphome.
Patient cœliaque avec amaigrissement rapide + douleurs abdominales persistantes + altération de l'état général + masse palpable abdominale → EATL ou adénocarcinome du grêle à exclure → consultation gastroentérologique urgente → entéroscopie + vidéocapsule + biopsies + TEP-CT + scanner abdomino-pelvien → délai maximal 2 semaines.
Anémie sévère (Hb <80 g/L) + malabsorption sévère + hypoalbuminémie + œdèmes chez un patient avec maladie cœliaque non diagnostiquée ou RSG non respecté → malabsorption sévère → hospitalisation pour bilan nutritionnel + correction des carences + consultation gastroentérologique pour biopsies et bilan complet → nutrition parentérale si nécessaire.
Enfant avec retard staturo-pondéral + diarrhée chronique + ventre ballonné + anémie ferriprive depuis plusieurs mois → cœliaque classique pédiatrique → consultation pédiatrique et gastroentérologique pédiatrique → anti-tTG IgA + IgA totales → biopsies si sérologie positive → RSG dès le diagnostic confirmé.
Consulter à Clinique Omicron
Les médecins de Clinique Omicron prescrivent et interprètent le bilan sérologique de la maladie cœliaque (anti-tTG IgA + IgA totales + anti-DGP IgG si nécessaire), orientent vers le gastroentérologue pour la biopsie duodénale, assurent le dépistage dans les groupes à risque, initient la prescription du bilan nutritionnel (NFS + ferritine + vitamine D + folates + vitamine B12 + DXA), orientent vers une diététiste spécialisée en cœliaque, et assurent le suivi annuel clinique et biologique. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un gastroentérologue. La maladie cœliaque nécessite un diagnostic confirmé par biopsie duodénale avant d'initier un régime sans gluten définitif.
Clinique Omicron
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