Beaucoup de gens s’imaginent que la maladie de Parkinson commence par des mains qui tremblent. C’est compréhensible : c’est l’image qu’on voit dans les films, dans les nouvelles, dans les discussions autour d’un proche âgé. Sauf que cette représentation fait rater des diagnostics pendant des années. Les véritables premiers signes de la maladie de Parkinson sont rarement spectaculaires. Pis encore, ils précèdent souvent les troubles moteurs classiques de plusieurs années, parfois plus d’une décennie.
Au Canada, environ 100 000 personnes vivent avec cette maladie, selon Parkinson Canada, dont des dizaines de milliers au Québec. Avec le vieillissement de la population, ce nombre devrait grimper considérablement dans les prochaines décennies.
Ce qu’est vraiment la maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative progressive. Elle se caractérise par la mort des neurones dopaminergiques de la substantia nigra, une région du tronc cérébral qui gère le contrôle des mouvements. La dopamine produite par ces neurones module l’activité des circuits moteurs des ganglions de la base. Quand leur nombre chute en dessous d’un seuil critique, généralement autour de 60 à 80 % de perte, les symptômes moteurs classiques apparaissent.
La cause précise de cette neurodégénérescence reste incomplètement élucidée par la recherche. Une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux semble impliquée dans la grande majorité des cas. Du côté génétique, des mutations dans les gènes LRRK2, SNCA et PARK2 ont été identifiées dans une minorité de cas familiaux. Du côté environnemental, l’exposition à certains pesticides et les traumatismes crâniens répétés figurent parmi les facteurs étudiés.
Les signes précoces qu’on rate trop souvent
Bien avant l’apparition des symptômes moteurs, la maladie de Parkinson peut se manifester par des signes non moteurs qui passent facilement inaperçus ou qui sont attribués à autre chose.
La constipation chronique réfractaire, par exemple, peut précéder les symptômes moteurs de plusieurs années. Elle survient parce que le système nerveux entérique est atteint tôt dans l’évolution de la maladie. Les troubles du comportement en sommeil paradoxal représentent un signal d’alarme fort et peu connu : agitation nocturne, cris, mouvements brusques pendant les phases de rêve. Peu de patients ou de médecins établissent spontanément le lien avec Parkinson.
La perte de l’odorat, qu’on appelle hyposmie ou anosmie, sans cause ORL évidente est fréquente dans les stades précoces de la maladie. La dépression et l’anxiété, souvent présentes des années avant le diagnostic, reflètent des perturbations des systèmes noradrénergique et sérotoninergique liées à la progression silencieuse de la maladie. Une micrographie progressive, soit une écriture qui rétrécit graduellement, peut aussi alerter un médecin attentif bien avant le diagnostic formel.
Ces signaux, pris isolément, orientent rarement vers Parkinson. C’est leur association et leur persistance qui méritent une évaluation médicale sérieuse.
Les symptômes moteurs classiques : le quatuor TRAP
Quand les symptômes moteurs apparaissent, ils se regroupent classiquement en quatre manifestations que les neurologues désignent par l’acronyme TRAP.
Le T correspond au tremblement de repos, souvent unilatéral au début, qui diminue à l’action volontaire. Le R désigne la rigidité musculaire, perçue par le médecin à la mobilisation passive du membre, ce qu’on appelle le phénomène de la roue dentée. Le A couvre l’akinésie et la bradykinésie, soit le ralentissement des mouvements, la difficulté à initier un geste, et la réduction de l’amplitude des mouvements. Le P représente l’instabilité posturale avec tendance aux chutes, qui apparaît généralement plus tardivement dans la progression.
L’asymétrie des symptômes, soit leur prédominance d’un côté du corps, est une caractéristique souvent présente au début et utile sur le plan diagnostique. Un neurologue spécialisé en troubles du mouvement saura l’interpréter correctement.
Prise en charge et traitements disponibles au Québec
La maladie de Parkinson n’est pas guérissable à ce jour, mais elle est très bien traitable. Le traitement pharmacologique de référence reste la lévodopa, un précurseur de la dopamine, souvent combinée à d’autres agents dopaminergiques selon le profil du patient.
La prise en charge est multidisciplinaire. La neurologie assure le suivi de la progression et l’ajustement des médicaments. La physiothérapie vise le maintien de la mobilité et la prévention des chutes. L’ergothérapie aide à adapter le quotidien aux limitations progressives. L’orthophonie intervient pour les troubles de la voix et de la déglutition. Et selon les cas, un suivi psychiatrique peut être intégré pour les manifestations non motrices de la maladie, notamment la dépression.
Pour les patients répondant à certains critères cliniques précis, la stimulation cérébrale profonde représente une option chirurgicale efficace. Cette intervention permet un meilleur contrôle des fluctuations motrices liées aux médicaments.
Aucun traitement n’a démontré à ce jour la capacité de stopper ou d’inverser la neurodégénérescence. L’exercice physique régulier, particulièrement les activités aérobies, la boxe thérapeutique et le tango, présente des données croissantes suggérant un effet modificateur de la progression. Un suivi neurologique spécialisé, un traitement médicamenteux bien ajusté et une réhabilitation active améliorent la qualité de vie et maintiennent l’autonomie plus longtemps.
Quand consulter un professionnel de santé?
Si vous ou un proche présentez une combinaison des signes décrits dans cet article, une consultation médicale s’impose. Un médecin ou un infirmier praticien peut initier la démarche d’évaluation et, si la situation le justifie, orienter vers un neurologue spécialisé en troubles du mouvement. Au Québec, les délais pour voir un neurologue peuvent être longs. C’est pourquoi une référence rapide, dès la suspicion clinique, fait une différence concrète dans le parcours du patient.
Ne pas attendre l’apparition des tremblements pour consulter. Les signes non moteurs méritent autant d’attention.
Clinique Omicron
Besoin de consulter un médecin ?
Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.
Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.



