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Maladie des griffes du chat : diagnostic et traitement | Clinique Omicron
Infectiologie & Pédiatrie & Dermatologie & Médecine de famille

Maladie des griffes du chat

La maladie des griffes du chat (MGC) — cat scratch disease (CSD) en anglais — est une zoonose bactérienne causée par Bartonella henselae, une bactérie à Gram négatif intracellulaire facultative, transmise à l'humain principalement par griffure ou morsure de chat (notamment de chaton) contaminé. La bactérie est transmise d'un chat à l'autre par la puce Ctenocephalides felis (puce du chat) — les fèces de puces infectées contaminent les griffes du chat, et la griffure inocule la bactérie dans la peau humaine. La MGC est la cause infectieuse la plus fréquente d'adénopathie régionale chez l'enfant et l'adolescent dans les pays développés. Sa présentation classique — papule d'inoculation au site de la griffure + adénopathie satellite douloureuse ipsilatérale apparaissant 1 à 4 semaines après le contact + état sub-fébrile + asthénie — est très évocatrice et permet souvent un diagnostic clinique. La sérologie Bartonella henselae (IgM + IgG) confirme le diagnostic dans les cas atypiques. Dans la grande majorité des cas chez les immunocompétents, la MGC est une maladie auto-limitée se résolvant en 2 à 4 mois — l'antibiothérapie reste débattue mais l'azithromycine est recommandée pour accélérer la résolution des adénopathies. Chez les patients immunodéprimés (VIH + transplantés + chimiothérapie), B. henselae peut provoquer des formes disséminées sévères — en particulier l'angiomatose bacillaire (prolifération vasculaire cutanée et viscérale) et la péliose hépatosplénique — nécessitant un traitement antibiotique prolongé par doxycycline ou érythromycine.

Microbiologie, transmission et présentation clinique

  • Biologie de Bartonella henselae et mécanisme de transmission : microbiologie : Bartonella henselae = bacille à Gram négatif + intracellulaire facultatif + aérobie → famille Bartonellaceae → croissance lente sur milieux enrichis (milieu BCYE + gélose au sang + hémine) → difficile à cultiver (délai 2–6 semaines) → la culture est rarement pratiquée en routine → espèces apparentées : B. quintana (fièvre des tranchées + transmise par le pou) + B. bacilliformis (verruga peruana) → cycle de transmission de B. henselae : réservoir : chat domestique (surtout les chatons <12 mois) → B. henselae circule dans le sang des chats sans provoquer de maladie chez eux (porteurs sains + bactériémie asymptomatique) → vecteur : puce du chat (Ctenocephalides felis) → pique le chat bactériémique → les fèces de puces (contenant B. henselae) contaminent les griffes et la peau du chat → griffure ou morsure → inoculation dans la peau humaine → IMPORTANT : la puce ne pique pas directement l'humain pour transmettre B. henselae → c'est la contamination des griffes par les fèces de puces qui est le mécanisme → 40–50 % des chats domestiques sont séropositifs pour B. henselae + prévalence plus élevée dans les régions chaudes (plus de puces) → facteurs de risque humains : contact avec des chats + surtout chatons <12 mois + ou griffures/morsures profondes + immunodépression → formes graves + pathogénèse : B. henselae pénètre dans la peau → phagocytose par les macrophages + cellules dendritiques → survie intracellulaire + multiplication → réaction granulomateuse dans les ganglions lymphatiques régionaux (granulomes suppuratifs avec nécrose centrale) → dans les immunodéprimés → B. henselae infecte les cellules endothéliales → prolifération vasculaire = angiomatose bacillaire
  • Présentation clinique selon le terrain et formes atypiques : présentation classique de la MGC (90 % des cas) : incubation : 3–14 jours après la griffure ou la morsure → papule ou pustule d'inoculation au site de la griffure → apparaît en 3–5 jours → peu remarquée → indolore ou légèrement prurigineuse → disparaît en quelques semaines → adénopathie régionale satellite (1–4 semaines après l'inoculation) : localisée dans le territoire de drainage lymphatique du site de la griffure → cervicale (griffure main/bras) + axillaire ++ (griffure bras/avant-bras) + inguinale (griffure jambe) + taille variable : 1–8 cm → ferme + douloureuse + érythème cutané sus-jacent possible → fluctuation dans 10–30 % des cas → fistulisation spontanée dans 5–10 % → fièvre modérée (38–38,5°C) + asthénie + malaise + céphalées → guérison spontanée en 2–4 mois + formes atypiques (10–20 % des cas) : syndrome oculo-glandulaire de Parinaud : inoculation conjonctivale → conjonctivite folliculaire + adénopathie pré-auriculaire ou sous-maxillaire → classique + MGC à expression systémique : encéphalite + convulsions + neuropathie optique + érythème noueux + purpura + atteinte hépatosplénique (granulomes hépatiques) + splénomégalie → NFS : hyperleucocytose + lymphocytose + éosinophilie modérée → LDH et transaminases modérément élevées + formes graves chez l'immunodéprimé : angiomatose bacillaire : papules ou nodules vasculaires cutanés (rosé-rouge + fragiles + saignant au toucher) → nombreuses + ressemblant à un Kaposi ou à des hémangiomes → fièvre + splénomégalie + hépatite + péliose hépatosplénique (cavités hémorragiques dans le foie + la rate) → bactériémie disséminée + endocardite à Bartonella (végétations valvulaires) → rare mais grave chez VIH + transplantés

Diagnostic et traitement

Aspect / traitementDonnées, modalités et protocolesRéférences et recommandations
Diagnostic — sérologie, PCR et histologie
Sérologie IgM IgG Bartonella henselae — PCR ganglion — biopsie ganglionnaire granulomes — culture BCYE difficile — NFS éosinophilie — LDH transaminases — écho ganglionnaire — ponction bubon — Warthin-Starry coloration
Diagnostic de la maladie des griffes du chat : diagnostic clinique dans les formes typiques : contact avec un chat + surtout chaton + griffure ou morsure récente + papule d'inoculation au site + adénopathie régionale douloureuse satellite → diagnostic souvent clinique sans investigation complémentaire → sérologie Bartonella henselae : test de référence pour les cas typiques et atypiques : IgM B. henselae : se positivent dans les 1–2 semaines suivant l'infection → marqueur d'infection récente → IgG B. henselae : titre ≥1:64 → évocateur (mais présents chez les personnes exposées aux chats sans MGC — réaction croisée ou infection ancienne) → titre ≥1:256 → très évocateur de MGC active → multiplication × 4 entre deux sérums à 15 jours = confirmation + faux négatifs possibles en début d'infection (fenêtre sérologique) → répéter à 2–4 semaines si négatif + clinique toujours évocatrice → PCR Bartonella henselae sur matériel biopsique : ponction aspirative d'un ganglion fluctuant + ou biopsie ganglionnaire + sensibilité 80–95 % → disponible au LNM (Laboratoire national de microbiologie — Winnipeg) → gold standard si histologie prélevée → biopsie ganglionnaire + histologie : si ganglion réséqué ou biopsié → granulomes épithélioïdes avec nécrose centrale suppurative (étoilée) → coloration de Warthin-Starry (argent) : visualise les bacilles pléomorphes argentés en petits amas dans les parois vasculaires → sensibilité 50–70 % + NFS : leucocytose modérée + lymphocytose + éosinophilie légère + CRP + VS élevées → LDH + transaminases légèrement élevées si atteinte hépatique → échographie abdominale : si fièvre prolongée + splénomégalie → granulomes spléniques hypoéchogènes (nodules multiples) → écho des ganglions : structure habituelle + nécrose centrale si fluctuation Jacomo 2002 — Clinical Microbiology Reviews : B. henselae + biologie + diagnostic + traitement → revue complète → référence + Lamps 2004 — Archives of Pathology and Laboratory Medicine : MGC + histologie + granulomes + Warthin-Starry + Bass 1998 — Pediatrics : MGC pédiatrique + diagnostic + traitement + ASPC (Agence de santé publique du Canada) + INSPQ Québec : MGC + zoonoses + LNM Winnipeg : PCR B. henselae disponible + MSSS Québec : MGC + zoonoses + bilan + INESSS Québec + RAMQ : sérologie B. henselae + NFS + écho remboursés
Traitement selon le terrain et la forme clinique
Immunocompétent auto-limité — azithromycine 5 jours — aspiration ganglion fluctuant — NE PAS inciser — immunodéprimé angiomatose doxycycline érythromycine — durée 3 mois — prévention puce chat — éviter griffures — VIH prophylaxie
Traitement de la maladie des griffes du chat selon le terrain : immunocompétent — forme typique légère à modérée : la MGC est une maladie auto-limitée → guérison spontanée en 2–4 mois sans traitement → traitement symptomatique : analgésiques + AINS si douleur ganglionnaire → azithromycine : recommandée pour accélérer la résolution des adénopathies (réduction de la taille des ganglions plus rapide) → Bass 1998 — Pediatrics (RCT) : azithromycine vs placebo → réduction significative de la taille des ganglions à J30 → posologie : adulte → 500 mg J1 puis 250 mg J2–J5 + enfant → 10 mg/kg J1 puis 5 mg/kg J2–J5 → ou azithromycine 500 mg/j × 5 jours + la durée du traitement antibiotique est limitée car pas d'effet sur la résolution complète dans les formes simples → aspiration d'un ganglion fluctuant : si ganglion très douloureux + fluctuant → aspiration à l'aiguille fine pour soulagement symptomatique + prélèvement pour PCR → NE PAS inciser (risque de fistulisation persistante) → PAS d'excision chirurgicale systématique → formes atypiques avec atteinte systémique (encéphalite + hépatosplénique + neuropathie optique) : traitement antibiotique plus prolongé → doxycycline 100 mg × 2/j × 2–4 semaines → ou azithromycine + bactériémie → rifampicine peut être ajoutée ; immunodéprimé (VIH + CD4 <100 + transplantés) — angiomatose bacillaire + péliose : traitement obligatoire + long → doxycycline 100 mg PO × 2/j : traitement de choix → durée minimale 3 mois → ou érythromycine 500 mg × 4/j × 3 mois → si bactériémie sévère → doxycycline IV → prévention des rechutes : prolonger le traitement tant que l'immunodépression persiste → VIH : ART améliore le pronostic → rechutes fréquentes si CD4 reste bas → endocardite à Bartonella : doxycycline + gentamicine × 6 semaines → remplacement valvulaire si nécessaire ; prévention : contrôle des puces chez les chats (produits antiparasitaires) → traitement régulier des chats contre les puces → éviter de se laisser griffer ou mordre par les chats → se laver les mains après contact + désinfection de toute griffure ou morsure à l'eau et au savon → immunodéprimés : éviter les chatons <12 mois + ou les chats errants + si chat domestique → traitement antiparasitaire régulier contre les puces Bass 1998 — Pediatrics (RCT) : azithromycine vs placebo + MGC → réduction taille ganglions J30 → référence + Jacomo 2002 — Clinical Microbiology Reviews : angiomatose bacillaire + traitement doxycycline + érythromycine + durée → Rolain 2004 — Journal of Antimicrobial Chemotherapy : B. henselae + sensibilité antibiotiques → Angelakis 2014 — Infectious Diseases Clinics of North America : MGC + immunodéprimé + traitement + CDC + IDSA 2021 STI/Bartonella guidelines + ASPC + INSPQ Québec : MGC + prévention + traitement + INESSS Québec + RAMQ : azithromycine + doxycycline remboursés + traitement antiparasitaire chats → conseils vétérinaires
Diagnostic différentiel et situations particulières
Lymphome adénopathie — toxoplasmose — tuberculose — tularémie — lymphogranulomatose vénérienne — mononucléose — adénopathies cervicales enfant — syndrome de Parinaud — encéphalite MGC — splénomégalie granulomes — fièvre prolongée
Diagnostic différentiel de la maladie des griffes du chat selon la présentation : adénopathie régionale isolée → principal diagnostic différentiel : lymphome (adénopathie indolore + dure + persistante + sans contexte de griffure → biopsie si doute) + toxoplasmose (lymphocytose + adénopathies cervicales + sérologie Toxoplasma) + tuberculose ganglionnaire (adénopathies cervicales + QuantiFERON + contexte) + tularémie (Francisella tularensis — contact avec lapins + lièvres + tiques + adénopathies axillaires ou inguinales) + LGV (lymphogranulomatose vénérienne — adénopathies inguinales + contexte ITSS + PCR Chlamydia) + mononucléose infectieuse (adénopathies cervicales postérieures + angine + Monospot) + adénites bactériennes banales (staphylocoque + streptocoque — rougeur + chaleur + fluctuation rapide) → syndrome oculo-glandulaire de Parinaud : conjonctivite folliculaire + adénopathie pré-auriculaire → différentiel : adénovirus + herpès oculaire + trachome + tularémie + sporotrichose + leishmaniose → encéphalite et atteinte neurologique : différentiel avec encéphalite virale (EBV + entérovirus + herpès) → IRM + PL + sérologies → contexte de griffure de chat récente + sérologie B. henselae positive → situations particulières au Québec : fièvre prolongée + splénomégalie + multiples nodules hypoéchogènes spléniques à l'écho chez un enfant ou un adolescent + ATCD de contact avec chat → évoquer MGC hépatosplénique → sérologie B. henselae + écho abdominale → traitement par doxycycline si forme persistante + état fébrile prolongé inexpliqué chez un immunodéprimé + lésions cutanées vasculaires (papules rouges + saignant) → angiomatose bacillaire à Bartonella → biopsie cutanée (Warthin-Starry + PCR) → doxycycline urgente Jacomo 2002 — Clinical Microbiology Reviews : MGC + formes atypiques + différentiel + Bass 1998 — Pediatrics : MGC pédiatrique + Angelakis 2014 — Infectious Diseases Clinics : MGC immunodéprimé + angiomatose bacillaire + Lamps 2004 — Archives of Pathology : histologie + Warthin-Starry → diagnostic + ASPC + INSPQ Québec : zoonoses + MGC + prévention + traitement + INESSS Québec + RAMQ : sérologie B. henselae + écho abdominale + NFS + biopsie cutanée → remboursés + consultation infectiologie si formes atypiques ou immunodéprimé + IDSA 2021
ℹ️ La maladie des griffes du chat est la cause infectieuse la plus fréquente d'adénopathie régionale chez l'enfant et l'adolescent — chez un patient avec griffure ou morsure de chat récente + adénopathie satellite douloureuse ipsilatérale, le diagnostic est souvent clinique et la sérologie B. henselae le confirme : chez l'immunocompétent, la maladie est auto-limitée en 2–4 mois — l'azithromycine accélère la résolution. Chez l'immunodéprimé (VIH + CD4 <100), B. henselae peut provoquer une angiomatose bacillaire (lésions cutanées vasculaires) et une péliose hépatosplénique nécessitant une doxycycline × 3 mois minimum. Ne jamais inciser un ganglion fluctuant — aspiration seulement.
Situations nécessitant une évaluation infectiologique urgente

Immunodéprimé (VIH CD4 <100 + transplant + chimiothérapie) + lésions cutanées vasculaires rouge-rosées (papules + nodules saignant au toucher) + fièvre + splénomégalie + lésions osseuses douloureuses → angiomatose bacillaire à Bartonella → biopsie cutanée urgente (Warthin-Starry + PCR B. henselae) → doxycycline 100 mg × 2/j PO × 3 mois minimum → consultation infectiologie urgente → pronostic sévère sans traitement.

Enfant avec fièvre prolongée (>2 semaines) + asthénie + splénomégalie + douleurs abdominales + multiples nodules hypoéchogènes spléniques et hépatiques à l'écho + ATCD de contact récent avec chaton → MGC hépatosplénique → sérologie B. henselae + NFS + LDH + transaminases → si forme persistante → doxycycline ou azithromycine prolongée → surveillance écho à 2–4 semaines.

Patient avec griffure de chat récente + développement d'une adénopathie persistante très volumineuse (>5 cm) + indurée + sans amélioration après 4–6 semaines + sans fièvre ni sérologie B. henselae positive → lymphome à exclure → biopsie ganglionnaire excisionnelle + sérologie répétée + TDM → NE PAS traiter empiriquement sans diagnostic confirmé.

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Les médecins de Clinique Omicron diagnostiquent la maladie des griffes du chat sur la clinique (griffure de chat + adénopathie satellite) et par la sérologie B. henselae, prescrivent l'azithromycine si accélération de la guérison souhaitée, réalisent l'aspiration à l'aiguille fine si ganglion fluctuant douloureux, orientent vers l'infectiologue pour les formes atypiques ou chez l'immunodéprimé, et assurent le conseil préventif (traitement antiparasitaire du chat + éviter les griffures). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un spécialiste en maladies infectieuses. Chez les patients immunodéprimés, toute lésion cutanée vasculaire ou fièvre prolongée avec notion de contact félin doit faire évoquer une infection à Bartonella et nécessite une évaluation médicale urgente.

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