Aller au contenu

514 606-3350

info@cliniqueomicron.ca​

FR / EN
Logo – Clinique Omicron
Mélatonine : dosage, troubles du sommeil et utilisation | Clinique Omicron
Médecine du sommeil & Endocrinologie & Neurologie & Médecine de famille

Mélatonine

La mélatonine (N-acétyl-5-méthoxytryptamine) est une neurohormone indolique synthétisée et sécrétée principalement par la glande pinéale (épiphyse) à partir de la sérotonine, elle-même dérivée du tryptophane alimentaire. Elle est souvent appelée « l'hormone de la nuit » ou « l'hormone du sommeil » — sa sécrétion est étroitement couplée au cycle lumière-obscurité : elle est inhibée par la lumière (surtout la lumière bleue — longueur d'onde 460–490 nm) et augmente progressivement en l'absence de lumière, atteignant un pic nocturne entre 2h et 4h du matin chez l'adulte, pour diminuer avant le réveil. La mélatonine joue un rôle central dans la régulation des rythmes circadiens (horloge biologique interne — synchronisateur endogène de 24h piloté par le noyau suprachiasmatique de l'hypothalamus) + la modulation du cycle veille-sommeil + la régulation de la température corporelle + et possède des propriétés antioxydantes + immunomodulatrices + neuroprotectrices. Le dosage de la mélatonine (sérique + urinaire + salivaire) est principalement un outil de recherche et d'investigation spécialisée des troubles circadiens — il est rarement prescrit en pratique clinique courante. L'utilisation exogène de mélatonine (suppléments) est en revanche très répandue dans la population générale pour le décalage horaire (jet lag), les troubles du sommeil à délai d'endormissement retardé, le travail de nuit et les troubles circadiens des personnes aveugles. Au Canada, la mélatonine est classée comme produit de santé naturel (PSN) et est vendue sans ordonnance — des doses de 0,1 à 10 mg sont disponibles, bien que les données probantes soutiennent généralement des doses faibles (0,5–3 mg) prises 30–60 minutes avant le coucher souhaité.

Physiologie de la mélatonine et rythmes circadiens

  • Biosynthèse, sécrétion et régulation de la mélatonine : voie de biosynthèse : tryptophane alimentaire → hydroxylation → 5-hydroxytryptophane (5-HTP) → décarboxylation → sérotonine → N-acétylation (enzyme AANAT — arylalkylamine N-acétyltransférase — enzyme limitante + régulée par la lumière) → N-acétylsérotonine → méthylation (HIOMT) → mélatonine → la mélatonine est liposoluble et hydrosoluble → diffuse librement à travers les membranes → demi-vie plasmatique courte : 20–45 minutes + récepteurs de la mélatonine : MT1 (Mel1A) + MT2 (Mel1B) → récepteurs couplés aux protéines G → exprimés dans le noyau suprachiasmatique (NSC — horloge circadienne centrale) + la rétine + le cervelet + l'hippocampe + les cellules immunitaires + le système cardiovasculaire → agissent comme des synchronisateurs endogènes → régulation de la sécrétion : lumière → voie rétino-hypothalamique → NSC → inhibition de la sécrétion de mélatonine → signal diurne = absence de mélatonine → nuit → mélatonine → signal nocturne → synchronisation de l'horloge circadienne → profil de sécrétion par âge : nourrissons : faible + pic développemental à 3–4 mois → enfants : taux nocturnes les plus élevés de la vie → adultes : taux nocturnes modérés + onset (DLMO — dim light melatonin onset) à 21h–22h habituellement → sujets âgés : réduction progressive de la production de mélatonine (calcification de l'épiphyse + réduction de l'amplitude du pic nocturne) → peut contribuer aux troubles du sommeil du sujet âgé + mélatonine et cancer : la mélatonine a des propriétés antiprolifératives in vitro (inhibition des cellules tumorales) → mais les données cliniques restent insuffisantes pour recommander son utilisation comme traitement anticancéreux
  • Dosage de la mélatonine — indications et valeurs de référence : dosage de la mélatonine — indications cliniques spécialisées : diagnostic des troubles du rythme circadien du sommeil : syndrome de retard de phase du sommeil (SRPS) + syndrome d'avance de phase + rythme non-24h (chez les personnes aveugles +++) + investigation des troubles du sommeil réfractaires inexpliqués + évaluation du travail de nuit chronique et de ses effets sur l'horloge biologique + recherche et protocoles spécialisés + méthodes de dosage : DLMO (dim light melatonin onset — heure de début de sécrétion de la mélatonine en lumière tamisée) : méthode de référence pour évaluer la phase circadienne → nécessite des prélèvements sériés toutes les 30–60 min en soirée dans l'obscurité → salive ou plasma + dosage de la 6-sulfatoxy-mélatonine urinaire (6-SMT) sur urine de nuit ou urine des 24h : reflet de la production totale de mélatonine → plus simple à réaliser que le DLMO en série → ELISA ou LC-MS/MS + valeurs de référence approximatives (variables selon les laboratoires et les méthodes) : mélatonine plasmatique diurne (le jour) : <10–20 pg/mL → mélatonine plasmatique nocturne (pic) : 50–200 pg/mL chez l'adulte → 6-SMT urinaire nuit : 8–60 µg/8h → diminuée chez le sujet âgé + les patients sous bêtabloquants (propranolol) + les patients sous AINS + les fumeurs

Indications thérapeutiques, posologie et populations particulières

Indication / populationDonnées, posologie et recommandationsRéférences et recommandations
Décalage horaire (jet lag) et travail de nuit
Jet lag mélatonine efficacité — décalage vers l'est vs ouest — posologie 0,5 mg 3 mg — heure de prise — direction du voyage — adaptation circadienne — travail de nuit rotation postes — somnolence diurne — chronothérapie lumière vive — Herxheimer Cochrane
Mélatonine et décalage horaire (jet lag) — la preuve la plus solide : mécanisme : le jet lag résulte d'un décalage entre l'horloge interne (NSC) et le nouvel horaire local → la mélatonine réinitialise l'horloge circadienne en signalant l'heure de la nuit → accélère l'adaptation → Herxheimer 2002 — Cochrane : mélatonine + jet lag → méta-analyse → mélatonine efficace pour réduire la sévérité et la durée du jet lag → surtout si traversée de ≥5 fuseaux horaires → vers l'est (plus difficile — avance de phase) + vers l'ouest + posologie et timing : 0,5 mg (dose physiologique) à 5 mg → prendre l'heure du coucher souhaitée dans le pays de destination → commencer le soir du départ ou le soir d'arrivée → continuer × 3–5 jours → les doses plus élevées (5–10 mg) ne sont pas plus efficaces et augmentent la somnolence diurne → vers l'est : commencer le traitement 2 jours avant + prendre le soir à l'heure de destination → vers l'ouest : prendre le soir local uniquement à l'arrivée + travail de nuit et rotations de postes : mélatonine 3 mg PO → prise 30 min avant le coucher diurne post-nuit → améliore la qualité et la durée du sommeil diurne → efficacité modérée → Liira 2014 — Cochrane : mélatonine + travail de nuit → amélioration du sommeil diurne → Santé Canada : mélatonine produit de santé naturel (PSN) → dose journalière maximale approuvée : 10 mg (adulte) → déconseillée chez l'enfant sans avis médical + grossesse et allaitement Herxheimer 2002 — Cochrane : mélatonine + jet lag → efficacité → référence + Liira 2014 — Cochrane : mélatonine + travail de nuit → amélioration sommeil diurne → Auger 2015 — Journal of Clinical Sleep Medicine (AASM) : troubles du rythme circadien + mélatonine → guidelines + Santé Canada : mélatonine + PSN + doses approuvées + INESSS Québec : mélatonine + trouble du sommeil + ordonnance non requise + RAMQ : mélatonine LP (Circadin 2 mg) → remboursée si >55 ans + insomnie primaire selon critères
Syndrome de retard de phase et troubles circadiens
SRPS syndrome retard phase — DLMO — chronothérapie — lumière vive thérapie — mélatonine 0,5 mg à faible dose — personnes aveugles rythme non-24h — tazimelteon — insomnie primaire Circadin — sujet âgé mélatonine LP — TCC-I thérapie cognitive comportementale insomnie
Mélatonine et troubles du rythme circadien du sommeil : syndrome de retard de phase du sommeil (SRPS) : incapacité à s'endormir et à se réveiller aux heures souhaitées (endormissement naturel très tardif — 2h–6h du matin) → somnolence diurne chronique → adolescents et jeunes adultes ++ → traitement par chronothérapie + mélatonine à faible dose + lumière vive le matin : mélatonine 0,5 mg prise 5–6 heures AVANT le DLMO habituel (soit environ 20h si le DLMO est à 2h) → avance progressivement la phase circadienne → Auger 2015 — JCSM + Morgenthaler 2007 — Sleep : SRPS + mélatonine + lumière → recommandations AASM + rythme non-24h (chez les personnes aveugles) : absence de synchronisation par la lumière → horloge circadienne dérive librement → troubles du sommeil importants + conséquences socioprofessionnelles majeures → tazimelteon (Hetlioz — agoniste MT1/MT2) : premier médicament approuvé FDA (2014) + Santé Canada pour le rythme non-24h chez les personnes aveugles → mélatonine peut être utilisée hors indication + insomnie primaire chez le sujet âgé : mélatonine à libération prolongée (LP) : Circadin 2 mg → libération contrôlée sur 8–10h → mimique le profil physiologique nocturne → Wade 2007 — Current Medical Research and Opinion : Circadin 2 mg + sujets âgés (>55 ans) + insomnie → amélioration de la qualité du sommeil + de l'état d'alerte le matin → sans effet rebond ni dépendance → approbation EMA 2007 + Santé Canada → la TCC-I (thérapie cognitive et comportementale pour l'insomnie) reste le traitement de 1re ligne de l'insomnie primaire (recommandations AASM + Société canadienne du sommeil) — la mélatonine est un adjuvant et non un substitut à la TCC-I + mélatonine chez l'enfant et l'adolescent : usage répandu pour le SRPS pédiatrique + les troubles du spectre autistique (TSA) + le TDAH → données de sécurité à long terme limitées → usage court terme (quelques semaines) + doses faibles (0,5–3 mg) + avis médical recommandé + Santé Canada déconseille la mélatonine sans avis médical chez les enfants <12 ans Wade 2007 — Current Medical Research and Opinion : Circadin + sujet âgé + insomnie → référence + Morgenthaler 2007 — Sleep (AASM) : troubles circadiens + mélatonine + lumière → recommandations + Auger 2015 — JCSM (AASM) : SRPS + traitement → Lockley 2015 — Lancet Neurology : tazimelteon + rythme non-24h aveugles → référence + Santé Canada : tazimelteon + approbation + mélatonine enfant → déconseillée sans avis médical <12 ans + RAMQ : Circadin 2 mg → remboursé si ≥55 ans insomnie primaire selon critères INESSS
Interactions médicamenteuses, contre-indications et effets indésirables
Effets indésirables somnolence — céphalées — vertiges — humeur — interactions fluvoxamine CYP1A2 — bêtabloquants réduisent mélatonine — AINS réduisent mélatonine — anticoagulants AVK — grossesse allaitement déconseillée — conduite automobile — surdosage — qualité des suppléments — réglementation Health Canada
Effets indésirables, interactions et limites de la mélatonine : effets indésirables de la mélatonine exogène : somnolence diurne (si prise trop tôt ou dose trop élevée) → peut réduire la vigilance et les réflexes → déconseillée si conduite automobile ou activités dangereuses dans les heures suivant la prise + céphalées + vertiges + irritabilité + humeur dépressive (rare) → nausées + cauchemars (rares, surtout haute dose) + hypothermie légère + à fortes doses : désynchronisation circadienne paradoxale si prise à la mauvaise heure → aggraver les troubles du sommeil au lieu de les améliorer → interactions médicamenteuses importantes : fluvoxamine (antidépresseur ISRS — inhibiteur puissant du CYP1A2) : multiplie par 12 les taux plasmatiques de mélatonine → somnolence marquée → association à éviter + ou utiliser des doses de mélatonine très faibles + ciprofloxacine + autres inhibiteurs CYP1A2 → mêmes effets + anticoagulants (AVK — warfarine) : quelques cas de potentialisation de l'anticoagulation → surveiller l'INR + médicaments qui réduisent la mélatonine endogène : bêtabloquants (propranolol → réduction majeure de la production nocturne) + AINS (ibuprofène + aspirine) + benzodiazépines + alcool + caféine tard le soir → contre-indications et précautions : grossesse et allaitement : données insuffisantes → déconseillée + enfant <12 ans sans avis médical → maladies auto-immunes : mélatonine peut stimuler l'immunité → prudence dans le LED + PR + thyroïdite auto-immune + épilepsie : peut modifier le seuil épileptique (controversé) → qualité des suppléments : le dosage réel peut varier de 83 % à 478 % de la dose indiquée sur l'étiquette (Erland 2017 — Journal of Sleep Research) → choisir des produits certifiés (NPN Santé Canada) + effets sur la lumière bleue : réduction de l'exposition aux écrans (téléphones + tablettes + ordinateurs) 1–2h avant le coucher → lumière bleue inhibe la sécrétion de mélatonine endogène → mesure comportementale fondamentale avant toute supplémentation Erland 2017 — Journal of Sleep Research : mélatonine + suppléments + dosage variable → référence qualité + Buscemi 2005 — BMJ : mélatonine + effets indésirables + méta-analyse + Herxheimer 2002 — Cochrane : mélatonine + jet lag → interactions + Santé Canada : mélatonine + PSN + réglementation + NPN + Wade 2007 — CMRO + Auger 2015 — JCSM + AASM guidelines : mélatonine + insomnie + interactions + INESSS Québec : mélatonine → médicament non remboursé en général sauf Circadin si critères + mélatonine PSN disponible sans ordonnance
ℹ️ La mélatonine est efficace pour le décalage horaire (jet lag) et les troubles du rythme circadien — mais la dose optimale est faible (0,5–3 mg) et le moment de la prise est plus important que la dose : prendre la mélatonine à la mauvaise heure peut aggraver le décalage au lieu de le corriger. La TCC-I (thérapie cognitive et comportementale pour l'insomnie) reste le traitement de 1re ligne de l'insomnie — la mélatonine n'est qu'un adjuvant. La fluvoxamine multiplie par 12 les taux plasmatiques de mélatonine — surveiller les associations. La qualité des suppléments commerciaux varie considérablement — choisir des produits certifiés NPN (Santé Canada).
Situations nécessitant une évaluation médicale plutôt qu'une auto-médication par la mélatonine

Insomnie chronique (>3 mois) + somnolence diurne sévère + ronflements + apnées rapportées par le partenaire + ou réveils nocturnes multiples + hypertension artérielle + obésité → syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) → la mélatonine ne traite pas les apnées → polysomnographie ou test de dépistage portable → PPC (pression positive continue) si SAOS confirmé → NE PAS remplacer le diagnostic et le traitement du SAOS par la mélatonine.

Troubles du sommeil + dépression ou anxiété associées + humeur dépressive + anhédonie + fatigue persistante + ou idées sombres → la mélatonine n'est pas un traitement de la dépression ni de l'anxiété → consultation médicale urgente + traitement de la dépression ou de l'anxiété sous-jacente (TCC + antidépresseur) → la mélatonine peut être un adjuvant mais jamais un substitut au traitement psychiatrique.

Enfant ou adolescent + troubles du sommeil sévères + ou comportements inhabituels nocturnes + ou somnolence diurne excessive interférant avec la scolarité → évaluation médicale pédiatrique avant d'utiliser la mélatonine → exclure un SAOS pédiatrique + narcolepsie + troubles circadiens + TSA + TDAH → la mélatonine chez l'enfant <12 ans nécessite un avis médical (Santé Canada).

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins de Clinique Omicron évaluent les troubles du sommeil dans leur contexte clinique complet, prescrivent et interprètent le dosage de la mélatonine (sérique + urinaire) si indiqué dans le cadre d'un bilan circadien spécialisé, conseillent sur le bon usage de la mélatonine exogène (posologie + timing + qualité des produits), orientent vers la TCC-I comme traitement de 1re ligne de l'insomnie chronique, prescrivent le Circadin (mélatonine LP) chez les patients âgés éligibles, et dépistent les pathologies du sommeil sous-jacentes (SAOS + narcolepsie + dépression). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un spécialiste en médecine du sommeil. La mélatonine est un produit de santé naturel réglementé par Santé Canada — son utilisation chez l'enfant de moins de 12 ans, pendant la grossesse ou l'allaitement, ou en association avec certains médicaments (fluvoxamine + anticoagulants) requiert un avis médical préalable.

Clinique Omicron

Besoin de consulter un médecin ?

Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.