Œstradiol (E2) | Clinique Omicron Québec
Valeurs de référence selon le statut hormonal
| Situation clinique | Œstradiol E2 (pmol/L) | Œstradiol E2 (pg/mL) |
|---|---|---|
| Phase folliculaire précoce (J2–J5 du cycle) | 73 à 275 pmol/L | 20 à 75 pg/mL |
| Phase folliculaire tardive (J7–J12) | 110 à 1 650 pmol/L | 30 à 450 pg/mL |
| Pic ovulatoire (J13–J14) | 735 à 2 200 pmol/L | 200 à 600 pg/mL |
| Phase lutéale (J15–J28) | 184 à 1 100 pmol/L | 50 à 300 pg/mL |
| Grossesse (1er trimestre) | 1 100 à 36 700 pmol/L | 300 à 10 000 pg/mL |
| Ménopause (post-ménopause) | < 110 pmol/L (souvent < 55 pmol/L) | < 30 pg/mL (souvent < 15 pg/mL) |
| Femme prépubère | < 37 pmol/L | < 10 pg/mL |
| Homme adulte | 40 à 160 pmol/L | 11 à 44 pg/mL |
| Conversion des unités | 1 pg/mL = 3,67 pmol/L + 1 pmol/L = 0,272 pg/mL | |
Principales indications du dosage de l'œstradiol
- Bilan d'aménorrhée primaire ou secondaire : dosage en J3 du cycle (ou à tout moment si aménorrhée) simultanément à FSH + LH + prolactine + TSH + testostérone + DHEA-S + 17-OH-progestérone → un œstradiol bas avec FSH et LH élevées (hypergonadotrophique) → insuffisance ovarienne primaire + un œstradiol bas avec FSH et LH basses (hypogonadotrophique) → cause centrale (hypothalamus ou hypophyse) ou fonctionnelle (restriction calorique + hyperactivité physique + stress)
- Évaluation de la réserve ovarienne (bilan de fertilité) : prélèvement en J2–J3 du cycle simultanément à FSH + AMH (hormone anti-müllérienne) + compte des follicules antraux (CFA) à l'échographie + un œstradiol basal élevé (> 200–250 pmol/L) en J2–J3 peut masquer une FSH élevée et signer une mauvaise réserve ovarienne → signe indirect d'épuisement folliculaire
- Surveillance d'une stimulation ovarienne en FIV : dosages répétés tous les 1 à 2 jours pendant la stimulation pour guider les doses de gonadotrophines + prévenir l'hyperstimulation ovarienne (SHO) + un œstradiol dépassant 10 000–15 000 pmol/L avec de nombreux follicules → risque de SHO sévère → nécessité de déclenchement par agoniste de GnRH et de congélation des embryons (freeze-all)
- Confirmation et suivi de la ménopause : pas indiqué pour le diagnostic de la ménopause (défini cliniquement par 12 mois d'aménorrhée après 45 ans) + utile pour confirmer la ménopause précoce (< 40 ans) avec FSH et LH élevées + pour évaluer l'adéquation d'un traitement hormonal de la ménopause (THM) + pour documenter un hyperœstrogénisme relatif ou une insuffisance estrogénique persistante
- Exploration d'une puberté précoce chez la fille : un œstradiol élevé avant 8 ans + accélération de la vitesse de croissance + développement mammaire prématuré → bilan de puberté précoce (LH + FSH + IRM hypothalamo-hypophysaire)
- Chez l'homme : gynecomastie + dysfonction érectile + infertilité masculine + évaluation de la réponse à un traitement antihormonal (cancer de la prostate) → un œstradiol élevé chez l'homme évoque une obésité (aromatisation accrue) + une tumeur à cellules de Leydig + une cirrhose hépatique + un traitement par estrogènes
Causes d'œstradiol bas (hypoœstrogénisme)
| Cause | Mécanisme et contexte clinique | FSH et LH associées |
|---|---|---|
| Ménopause naturelle | Épuisement du stock folliculaire ovarien → chute de la production d'œstradiol + après 45 ans + aménorrhée ≥ 12 mois + bouffées vasomotrices + sécheresse vaginale + troubles du sommeil + ostéoporose progressive | FSH > 40 UI/L + LH élevée → profil hypergonadotrophique caractéristique |
| Insuffisance ovarienne prématurée (IOP) | Ménopause avant 40 ans + prévalence 1 % de la population féminine + causes : auto-immune (anticorps anti-ovaires) + génétique (syndrome de Turner 45,X + prémutation FMR1 de l'X fragile) + iatrogène (chimiothérapie + radiothérapie pelvienne + chirurgie ovarienne) | FSH > 25–40 UI/L + LH élevée sur deux dosages à 4–6 semaines d'intervalle |
| Aménorrhée fonctionnelle hypothalamique | Déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) + anorexie mentale + restriction calorique sévère + stress chronique intense → suppression du générateur de pulsatilité de la GnRH hypothalamique → arrêt de la stimulation FSH/LH → ovaires inactifs | FSH et LH basses ou normales basses → profil hypogonadotrophique + LH pulsatilité réduite |
| Hyperprolactinémie | Adénome hypophysaire à prolactine (prolactinome) + médicaments hyperprolactinémiants (antipsychotiques + métoclopramide + dompéridone) → inhibition de la pulsatilité GnRH → hypoœstrogénisme fonctionnel + galactorrhée + aménorrhée | FSH et LH basses ou normales basses + prolactine élevée → dosage de la prolactine systématique dans le bilan d'aménorrhée |
| Hypogonadisme central (hypothalamo-hypophysaire) | Syndrome de Kallmann (anosmie + hypogonadisme hypogonadotrophique congénital) + tumeurs hypothalamo-hypophysaires (craniopharyngiome + macroadénome) + hypopituitarisme post-radique + infiltrations (sarcoïdose + hémochromatose) | FSH et LH basses → IRM hypothalamo-hypophysaire indispensable |
| Iatrogène (médicaments) | Agonistes de la GnRH (leuproréline + triptoréline — utilisés pour l'endométriose + les fibromes + le cancer du sein + la stimulation ovarienne contrôlée) → suppression de l'axe gonadotrope → castration médicale réversible + inhibiteurs de l'aromatase (anastrozole + létrozole + exémestane — traitement du cancer du sein hormono-sensible) → blocage de la synthèse d'œstradiol périphérique | FSH et LH variables selon l'agent utilisé (supprimées sous agoniste GnRH + élevées sous inhibiteur de l'aromatase) |
Causes d'œstradiol élevé (hyperœstrogénisme)
- Grossesse : première cause à exclure chez toute femme en âge de procréer + l'œstradiol monte progressivement tout au long de la grossesse sous l'effet du placenta + dosage de bêta-hCG à réaliser en premier devant un œstradiol élevé inattendu
- Tumeurs ovariennes sécrétantes : tumeur de la granulosa (la plus fréquente des tumeurs ovariennes sécrétantes en estrogènes + inhibe B de l'AMH comme marqueur) + tumeur des cellules de Leydig + peut causer une puberté précoce chez l'enfant + métrorragies et hyperplasie endométriale chez la femme adulte ou ménopausée
- Obésité : aromatisation périphérique accrue des androgènes surrénaliens et ovariens en œstradiol dans le tissu adipeux (aromatase CYP19A1) → hyperœstrogénisme relatif sans sécrétion ovarienne excessive + associé au risque de cancer de l'endomètre et du sein hormono-dépendant
- Cirrhose hépatique : réduction de la dégradation hépatique des estrogènes → accumulation + gynécomastie chez l'homme + troubles menstruels chez la femme + signes d'hyperoestrogénisme cutanés (érythème palmaire + angiomes stellaires)
- Apport exogène : contraceptifs oraux estroprogestatifs + traitements hormonaux de la ménopause (THM) + utilisation non médicale de crèmes aux estrogènes + phytoestrogènes en fortes doses
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : hyperandrogénisme ovarien avec conversion périphérique en œstradiol + l'œstradiol peut être modérément élevé ou dans la norme haute + l'anovulation chronique maintient l'endomètre sous stimulation estrogénique sans opposition progestative → risque d'hyperplasie et de cancer endométrial
Traitement hormonal de la ménopause (THM) et œstradiol cible
- Indication du THM : syndrome climatérique modéré à sévère (bouffées vasomotrices + troubles du sommeil + sécheresse vaginale + troubles de l'humeur) altérant la qualité de vie + ostéoporose ménopausique précoce + ménopause précoce (< 45 ans) → THM recommandé jusqu'à l'âge de la ménopause naturelle
- Voies d'administration et formes galéniques : œstradiol transdermique (gel + patch + spray) → évite le premier passage hépatique → pas d'augmentation du risque thromboembolique veineux (TEV) contrairement à la voie orale → préférée par les sociétés de gynécologie canadienne et française + œstradiol oral → biodisponibilité variable + augmentation des protéines de coagulation hépatiques + non recommandé chez les femmes à risque thrombotique + œstradiol vaginal (crème + ovule + anneau) → efficace pour les symptômes vaginaux locaux + absorption systémique minimale
- Progestatif obligatoire si utérus présent : l'estrogène seul est contre-indiqué chez les femmes non hystérectomisées en raison du risque d'hyperplasie et de cancer de l'endomètre + progestérone micronisée naturelle (Prometrium® + Utrogestan®) → profil de tolérance favorable + pas d'augmentation du risque cardiovasculaire ni de cancer du sein aux doses standard + progestérone ou progestatif de synthèse en continu (saignements moins fréquents) ou séquentiel (règles artificielles)
- Suivi biologique sous THM : le dosage de l'œstradiol sous THM n'est pas systématiquement nécessaire si les symptômes sont contrôlés + utile si insuffisance d'efficacité malgré une dose apparemment adéquate + ou pour adapter la dose + cible approximative sous THM transdermique : œstradiol 150 à 400 pmol/L (40 à 110 pg/mL) pour le contrôle des symptômes + valeurs supérieures à 700–800 pmol/L → risque théorique d'hyperstimulation endométriale + réévaluation annuelle de la balance bénéfice-risque + mammographie et examen clinique des seins recommandés
Une consultation médicale dans les jours suivants est recommandée devant une aménorrhée de plus de 3 mois chez une femme de moins de 40 ans — une insuffisance ovarienne prématurée est une urgence médicale relative nécessitant une confirmation biologique rapide (FSH + LH + œstradiol + AMH) et l'instauration d'un traitement hormonal substitutif pour prévenir l'ostéoporose précoce et les complications cardiovasculaires — ainsi que le counseling de fertilité si un projet parental est présent. De même, la survenue de bouffées vasomotrices invalidantes, d'une sécheresse vaginale sévère ou d'une atrophie génitale chez une femme ménopausée précoce doit conduire à une évaluation rapide pour discuter d'un traitement hormonal de la ménopause.
Pour le dosage de l'œstradiol, l'interprétation du bilan hormonal gynécologique et la discussion d'un traitement hormonal de la ménopause adapté, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron prescrivent et interprètent le dosage de l'œstradiol dans le cadre d'un bilan de fertilité, d'une aménorrhée, d'une ménopause précoce ou d'un suivi de traitement hormonal, assurent le bilan hormonal gynécologique complet (FSH + LH + prolactine + AMH + progestérone + TSH) et accompagnent les patientes dans la discussion et la mise en place du traitement hormonal de la ménopause le plus adapté à leur profil. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un gynécologue-endocrinologue. L'interprétation du dosage de l'œstradiol exige de connaître le contexte clinique précis (phase du cycle, statut ménopausal, traitements en cours) et doit toujours être intégrée dans un bilan hormonal complet et une évaluation clinique globale.
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